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K Rockshire : "We make cook not art"

K Rockshire : "We make cook not art"

K Rockshire est un duo de bidouilleurs de sons poilus et légumineux. Gregorth et Maniax ont, semble-il, une haine farouche du sens du sérieux : tant mieux, leur loufoque bicoque n'en est que plus plaisante !

Vous étiez attendu, et la porte était ouverte : vous avez donc simplement frappé le battant et pénétré le hall sans attendre de réponse. Le robot-majordome vient à votre rencontre toutes roues grinçantes, et décharge sur vous le contenu du porte-manteau. Pendant que vous vous dépêtrez dans la masse textile, le porte-manteau est cordialement indroduit dans la maison par l'audacieux assemblage fer blanc/pvc.

Suivant du regard l'improbable couple qui se dirige résolument vers un mur de la pièce, vous découvrez une grande vitrine d'apothicaire recelant la plus improbable des collections d'instruments de musique. Vous remarquez, entre aute :
- l'orgue à patates ()
- le micro popClub (http://krockshire.podemus.net/Image/gorth/popclub.jpg)
- la banane magique (http://krockshire.podemus.net/Image/gorth/banane.jpg)
- les plaques de cuisson (version standard : http://krockshire.podemus.net/dpcm.jpg, version pocket : http://krockshire.podemus.net/Image/gorth/IMG_9609.JPG)
- une collection de ukulélés débiles (oui, je sais, pléonasme!) (dummy stick : http://krockshire.podemus.net/Image/gorth/uku elec.jpg - schtroumpf : http://krockshire.podemus.net/Image/schtroumflele.jpg)
- les souliers infrarouges ()

Ferraille et bois semblent avoir emprunté un raccourci un chouillat téméraire en traversant le mur - fort heureusement en simple torchis - et en disparaissant dans un vide sombre et crasseux : cellier ou trémie d'escalier, vous préférez en rester là, d'autant qu'une chose accroche le bas de votre pantalon et vous tire dans la direction d'un grand escalier. Cyber-cerbère, hack canin, semble mieux fonctionner que son homologue.

Le grand escalier est tout ce qu'il y a de plus traditionnel : chêne massif foncé, 120 cm de large au bas mot, double rampe menuisée avec la boule en verre en bas jusqu'au tapis style persan dans les bordeaux. La grande classe quoi... enfin sauf le ménage qui est de style bourgeois également, mais plutôt branche "Addams" que "Rotschild"... Vous montez les marches, invité que vous êtes par un étrange ronronnement. Petit cri de surprise en découvrant feu Sam, l'ancienne mascotte Krockshirienne empaillée sur le palier (http://krockshire.podemus.com/files/krockshire/samsoul.jpg) mais on se resaisit bien vite.

Le ronronnement, qui s'était intensifié à la montée des marches, s'est soudain stoppé. "Cyber, aux pieds". aboiements synthétiques déplorables : le synthé-jouet de ma fille fait mieux. Riff de batterie midi navrant - votre hôte n'avait pas pris la peine d'ôter ses chaussons à la con.

Il vous introduit dans une grande pièce couvrant tout l'étage (200, 300 m2 ?) organisée façon squatt. Ce qui doit être un coin de vie est constitué principalement de 2 canapés couverts de couvertures et de croûtes de pizza dans leurs boîtes. Plusieurs grandes tables mèlent détritus alimentaires et électronique. "We make cook not art" vous dit un deuxième gars l'air au moins aussi halluciné que celui qui vous a cueilli légèrement défaillant auprès de Sam. Soyez honnête, avouer qu'il a poussé ce cri en lituanien, mais que vous trouvez le sloggan plus percutant dans la langue de Bush. Effectivement, il y a un côté "cuisine après Katrina" dans ce lieu improbable, mais ce mélange de pelures de patates, de fers à souder, de faisceaux bordeliques de fils et de machines soufflant les tripes à l'air laisse plutôt penser à je-ne-sais-quelle expérience contre nature en cours. Hybridation chien-paon-usb ? cyber-greffe d'orgue à patate sur schrompf musicien ? Que nenni ! "nous étions en plein popSet(tm)" vous expliquent en coeur les deux larrons. Vous n'osez pas demander de quoi il s'agit : c'est peut-être un piège.

A aucun moment On ne vous demande pourquoi vous êtes venu vous fourrer dans ce merdier, et curieusement, personne ne vous demande rien non plus. On vous invite à vous mettre à l'aise mais tellement de trucs dangereux encombrent ce qui pourrait donner matière à seoir que vous déclinez l'offre. La proposition de "boire quelque chose" vous séduit dans un premier temps mais au moment de répondre, vos yeux tombent sur des bocaux où baignent des foetus canins dans leur jus jaune orangé. Quelle puissance que le pouvoir de suggestion ! l'envie est passée comme elle est venue. Entendant votre indisposition sans visiblement la partager, ils n'insistent pas et ne vous proposent pas de collation. Dommage, l'étagère du dessous et ses bocaux de pâte marron intitulés "York Madame Froufard, 1986, rue d'Albi, RC". "RC c'est pour Royal Canin, quand on a l'habitude, on peut retrouver la marque de croquettes à l'odeur" précise Gregorth, vous voyant vous rapporcher avec intérêt de la vieille étagère métallique. Envie de chocolat, d'ailleurs, sur un plan de travail tout proche, 2 grosses mouches bleues se disputent un pot de Nutella. Ou alors elle copulent, allez savoir. Maniax se lève, cherche le couvercle du pot, le ferme avec les mouches et part le ranger sous un coussin de canapé, l'oeil malveillant vissé sur vous. "Il partage sa musique avec bonheur, mais faut pas toucher à son caca comme il l'appelle" vous explique Gregorth en vous montrant une très ancienne trace de morsure sur son poignet gauche.

Quelqu'un enclenche un bidule qui lance un truc, et vous voilà à mille lieues de la vieille maison bourgeoise pourrie, dans le moyen orient du grand ouest. Vous voilà propulsé dans l'Interzone. "Vous êtes ici" : [dog eat dog in da west.mp3]. Vous allez encore devoir faire votre petit numéro de Guillaume Tell pour vous en sortir.

PAN! Votre femme tombe à terre, vous reposer le bocal de merde sur son étagère avec un léger sourire et une pointe de dégoût. Vous inspirez la poussière tiédasse de la grande pièce un peu humide, rouvrez les yeux : les originaux vous sourient. Une bonne expiration, un rayon de soleil ou deux filtrent. quiétude. [no bone no meat.mp3] Vous voici dans une grande étendue herbeuse non identifiable. La brise est douce et parfumée. Vous imaginez tout ce que ce genre de scène peut amener comme cliché, de la Meuh(tm) avec sa cloche au vol de papillon parmi les boutons d'or. Un baillement vous échappe, vous êtes détendu, votre cervelle baigne dans un léger ennui apaisant.

Au rez-de-chaussée, Cerbère obéit à son cyber-instinct : aboiements après le facteur derrière la porte. Un vent frais, piquant et joyeux se lève sur le vallon. Les maisons, commerces, immeubles poussent à grande vitesse autour de vous, le béton broutte le trèfle, on se croirait dans une pub pour Bouygues. La nuit tombe, une nuit blanche version canine : partout des clebs s'ébattent dans les rues désertes, se chamaillent les poubelles éventrée, ils sont des centaines, des milliers, ils aboient, bondissent, sortent les crocs, se poursuivent par bandes entières. Toutes les habitations sont fermées-verrouillées-calfeutrées mais leurs habitants ne dorment pas. On entrevoit parfois derrière un volet entrouvert ou un rideau qui bouge le regard terrorisé d'un maître. Vous dansez comme un fou avec les autres batards, la bave aux babines. [the doggyStyle.mp3] Putain ça fait du bien !

Vos hôtes vous aboient un truc, Cerbère vous traduit : "je serais vous, je partirai fissa, ils vont faire un popSet(tm)". "mais pourquoi, c'est quoi un..." "chut, cours j'te dis, t'en entendra bien assez de loin". Vos hôtes aboient à nouveau puis descendent dans le hall. Vous les suivez, encore doggy. Ils s'arrêtent devant la vitrine, sortent la banane magique, le micro popSet et l'orgue... NOOON ! PAS L'ORGUE A PATATES !" Vous prenez vos pattes à votre cou, vous enfoncez la porte et dévalez les marches de granit radioactif du perron. Le chien à deux pattes vous précède de peu dans votre fuite mais gagne peu à peu du terrain ( ). Il a plu, l'herbe vos mouille les pattes, le ventre, l'eau vous gicle jusqu'à l'arrière-train. Vous avez mis quelques centaines de mètres entre vous et l'Antre lorsque retendit l'inommable, l'inimaginable, l'abominable hurlement : ORTHOPHOSPHATE MONOCALCIQUE ! ()

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