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Musique et capitalisme.

Bonjour à tous !
Comme je l'ai peut-être déjà dit (je ne sais plus) j'essaye de réaliser un mémoire sur l'esthétique de la musique libre.
J'aurais voulu savoir si vous aviez des livres à me conseiller qui traite des rapports entre la musique et le capitalisme, en particulier sur la manière dont le capitalisme transforme l'esthétique musicale.
j'ai déjà lu "Le Caractère Fétiche dans la musique" d'Adorno, "L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique" de Benjamin ou "La société du spectacle" de Guy Debord, mais je bloque un peu pour trouver d'autres sources.
Des idées ?
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Réponses

  • Postproduction de Nicolas Bourriaud, aux éditions Les presses du réel.
    Quatrième de couverture :
    Les artistes évoluent dans un univers de produits en vente, de formes préexistantes, de signaux déja émis, de batiments déja construits, d'ininéraires balisés par leurs devanciers. Ils ou elles ne considèrent plus le champ artistiques comme un musée contenant des oeuvres qu'il faudrait citer ou "dépasser", ainsi que le voudrait l'idéologie moderniste du nouveau, mais comme autant de magasins remplis d'outils à utiliser, de stocks de données à manipuler, à rejouer et à mettre en scène.

    Par le même auteur, il y a Esthétique relationnelle qui étudie aussi les effets de la société de consommation sur l'art.
  • salut manumanu
    Comme je l'ai peut-être déjà dit (je ne sais plus) j'essaye de réaliser un mémoire sur l'esthétique de la musique libre
    mazette
    écoute c'est très intéressant et très bizarre en même temps comme sujet
    j'aimerais vraiment que tu nous tiennes au courant de tes réflexions (pourquoi pas ici-même)
    dans quelle discipline ce mémoire s'inscrit-il ?
    et surtout, j'ai une première question qui me turlupine là :
    comment articules-tu la problématique "esthétique" et la "musique libre" (qui semble-t-il renvoie d'abord à une question de droit) ?
    considères-tu les "musiques libres" comme un "mouvement culturel" ? ce qui à la limite pourrait déboucher sur une considération d'esthétique générale (parce que si on se contente de considérer les "musiques libres" comme une questionn de droit, ça va être coton d'articuler ça avec l'esthétique :)
    mais qu'est-ce qu'un "mouvement culturel" ?
    etc etc
  • Salut !
    merci KoKo, je vais chercher ça !

    Sinon, Dana, c'est un mémoire de médiation culturelle.
    L'idée derrière tout ça, c'est que le phénomène de la musique libre s'inscrit dans la montée ces dernières années de la scène amateur (qu'il ne faut pas voir péjorativement).
    Le fait que de plus en plus de monde puisse réaliser et diffuser de la musique, et le fasse, marque à mon avis un changement dans la relation que nous avons avec la musique.
    Puisque les conditions de production de ces musiques sont différentes du système commercial tel qu'il existait dans les années 80, ça induit des changement dans la manière dont nous percevons l'art, dont nous jugeons les œuvres, dans le rapport que nous avons avec ces œuvres. Les valeurs que nous utilisons pour juger la musique libre ne sont plus les mêmes que celle qu'on utilisait pour juger la musique au tout début des années 80.
    Mais pour expliquer tout ça, il faut que j'explique comment le système marchand, depuis la fin du XIX ème siècle, a influer sur la forme des œuvres. Et comment, peut-être, l'émergence de la scène amateur marque un changement dans notre manière de percevoir la musique et de la faire.
    On passerait par exemple d'une valeur centrale de l'art depuis le XVIIIème siècle, qui est la valeur de "l'authenticité", vers d'autres types de valeurs, par exemple celle de "l'expressivité". Pour le dire autrement, alors qu'on demandait hier à un artiste d'être quelqu'un de génial, vivant pour son art, dans l'idéal de l'artiste romantique, on passe peut-être aujourd'hui de plus en plus vers du "tout le monde artiste", et les critères pour évaluer la production artistique change en conséquence.

    Donc l'idée de base, ce n'est pas de dire que les musiques libres se ressemblent comme les groupes de punk, mais plutôt que l'émergence même de la musique libre marque un changement dans l'idéologie dominante de l'art, et donc dans l'esthétique générale. Quand les moyens de production changent, l'art qui est produit change aussi.
  • mais plutôt que l'émergence même de la musique libre marque un changement dans l'idéologie dominante de l'art, et donc dans l'esthétique générale. Quand les moyens de production changent, l'art qui est produit change aussi.

    c'est qu'on ne donne pas le même sens au mot esthétique alors :)

    sinon il y a tout un courant de la sociologie contemporaine de l'art qui fournit pas mal de modèles intéressants (à réadapter à ton sujet évidemment) et surtout des méthodes (disons la sociologie post-bourdieusienne).

    les travaux d'antoine henion, de nathalie heinich, pour la France et des gens comme Alfred Gell (le livre fondamental Art as Agency vient d'ailleurs d'être traduit en français)
  • juin 2009 modifié
    mon amie delphine qui fait sa thèse en sociologie de l'art me dit qu'il faut que tu lises le livre de Eve Chiapello (qui a bossé avec Luc Boltanski) : Artistes versus Managers
    y'a de larges extraits dans google book :

    http://books.google.fr/books?id=npMaBSYJ5yQC&pg=PT1&lpg=PT1&dq=eve+chiapello+artistes+versus+manager&source=bl&ots=3EnNfJJw_M&sig=fvxJj5L7qECE8hpkaF11924ARXU&hl=fr&ei=VKMrSsqJI4arjAf4k7TqCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4#PPA9,M1

    et aussi me dit-elle Bruits de Jacques Attali (et surtout la nouvelle version réactualisée)
    http://www.amazon.fr/Bruits-essai-léconomie-politique-musique/dp/2253038482

    je te file le mail de delphine en pm

    ha et j'oubliai !!
    il faut lire aussi les travaux de Pierre-Michel Menger
    le portrait de l'artiste en travailleur par exemple (j'en ai critiqué certains aspects dans mes propres travaux, notamment la dissémination)
    une interview du monsieur ici
    Pierre-Michel Menger

    et aussi donc cet interview d'antoine hennion
    http://www.univ-metz.fr/culture_sport/sam/Productions/Scienceshumaines/hennion.html
  • pour préciser ma pensée au sujet de ce qui me gène dans l'emploi du mot esthétique

    qu'est-ce qui légitime de parler de "musique libre" au sens d'un mouvement culturel susceptible d'être décrit en termes d'esthétique ? hé bien justement, ça ne peut pas être des critères esthétiques !
    je donne un contre exemple : quand tu tombes sur une oeuvre d'art brut, il y a des chances, si tu es un peu au courant, que tu te dises (même si tu ne sais pas que c'est dans une collection d'art brut) : tiens, ça me fait penser à de l'art brut.. autrement dit, j'ai en tête une idée esthétique et je reconnais quelque chose, une forme, une manière de travailler, un aspect qui me parait différent des oeuvres d'art qu'on voit habituellement dans les mondes de l'art etc.
    Mais je défie quiconque, à la simple écoute d'une oeuvre musicale de dire comme ça : tiens ça doit être de la musique libre :)

    qu'en penses-tu ?
    ou alors qu'entends tu exactement par esthétique ?
  • merci pour toutes tes réponses.

    Effectivement je me suis déjà un peu plongé dans les travaux d'Antoine Hennion et de Natalie Heinich, mais merci pour les autres références.

    En fait par esthétique je désigne la manière dont nous jugeons l'art. En quelques sortes, les œillères grâce auxquelles nous regardons les œuvres d'art. Il ne s'agit pas pour moi de dire qu'il y a une esthétique "musique libre" comme il y a une esthétique punk ou hip-hop, mais plutôt que l'apparition de la musique libre et son évolution ces dernières années va changer la manière dont nous percevons la musique et le musicien. (partiellement, en fait il s'agit plus d'ajouter que de transformer radicalement). En clair, l'artiste du XXIème siècle n'aura pas le même statut que l'artiste du XXème, tout comme celui du XVIIIème n'était pas le même que celui du XVème siècle.

    Tout ceci s'inscrit, je crois, dans une évolution générale depuis ces 30 dernières années vers une pratique plus générale de l'art, moins réservée à une "élite". (Fête de la musique, glissement des missions du ministère de la culture de la conservation du patrimoine vers l'accompagnement de la pratique, explosion du nombre de musicien amateur, licences libres, punk, hip-hop, electro...).
    Mais comme le statut de l'artiste change, et avec lui les moyens de productions, l'art qui est produit change aussi
    Le système capitaliste a conditionné les œuvres d'art produites au XXème siècle, tout comme le mécénat a conditionné celui du XVème siècle.
    La question que je me pose, c'est de savoir en quoi, justement, les œuvres d'art produite sous licence libre, représentatives de cette évolution, dessinent un statut différent de l'artiste.
  • mais plutôt que l'apparition de la musique libre et son évolution ces dernières années va changer la manière dont nous percevons la musique et le musicien
    ok
    l'esthétique comme perception (mais pas sensible, plutôt idéelle si je comprends bien).. j'avoue ne pas connaître un tel usage du mot esthétique (qui de mon point de vue renvoie forcément au sensible et à la subjectivité mais bon), ok
    sinon je trouve ton sujet tout à fait passionnant, et je suis vraiment curieux de savoir où ça mènera
    c'est typiquement le genre de travail que j'appelle de mes voeux depuis des années (dans la plupart des textes que j'ai publié sur le net à ces sujets, y'a toujours un appel au sociologue qui nous manque dans le domaine des musiques libres)
    donc
    n'hésite pas à nous en causer ici
  • Pour avoir le côté obscure de la force je t'encourage vivement a lire "La gratuité c'est le vol" de Denis Oliven. Ca vaut le détour.

    Sinon t'as "La musique assiégée" de Charlotte Dudignac et François Mauger. Personnellement je trouve ce livre détestable (sauf la première partie qui est un historique bien fait de l'industrie du disque).

    Sinon, c'est interessant de lire comment les acteurs du système musical actuel essayent de s'adapter a toutes les nouveautés mais toujours avec les repère de la vieille industrie du disque (le tout tartiné de trucs a la mode comme "commerce équitable" "écologie" et gna et gna)...
  • il y a aussi "Bruits" de Jacques Attali qui est un bouquins interressant sur la musique car en plus d'étudier ce qui se passe actuellement (et historiquement) il se projette dans l'avenir et je pense que sa lecture est importante.

    "Musique, une très brêve introduction" de Nicolas Cook, très bon aussi mais moins centré sur ce qui semble être ton sujet


    voilou




    ...
  • En ligne il y a tout un tas de ressources qui dépassent le cadre de la musique pour embrasser une réflexion plus globale sur le capitalisme en général, la société consumériste, les technologies participatives et leurs implications sociales, dans la culture notamment.
    Tu peux commencer par Bernard Stiegler en allant sur son site :
    http://www.arsindustrialis.org/les-pages-de-bernard-stiegler
    Pour te donner une idée, il y a un article parut sur Télérama :
    http://www.telerama.fr/techno/bernard-stiegler-il-existe-beaucoup-d-inventions-qui-ne-produisent-aucune-innovation,43551.php
  • allez je radote encore et encore sur c e type que je découvre, pas spécifiquement ax" sur la musique ou la culture mais sur le mode de production participatif (p2p) des biens, culturels ou autre, mais aussi de la construction démocratique comme hyper démocratique (tout le monde participe), et les adaptations nécessaire de l'idée de marché.
    Michael Bauwens, gogole te permet de trouver gavé de textes et conférences, en anglais sur le web mais il a écrit deux ouvrages en français sur les mêmes principes et idées.
    Je me creuse la tête pour optimiser pragmatiquement une structure de prod pour produire un truc précis (un dessin animé pour tout dire).

    dF
  • yeah merci a tous !

    Bon y'en a quelques uns que j'ai déjà lu (bruits, la musique assiégée, N Heinich, A Hennion, la gratuité c'est le vol, musique une très brève introduction).
    En fait ce que je cherchais plus particulièrement, c'est plutôt des réflexions "philosophiques" dans le style d'Adorno, de Benjamin ou de Guy Debord, mais je vais me mettre sur ceux que vous m'avez conseillé.

    Et puis je vais lire les bouquins de Dana :)
  • bah quand tu as Guy Debord t'as plus besoin de rien d'autre ...

    :lol:


    ...
  • Up !
    Bon, j'ai commencé la rédaction, ça avance petit à petit, pas aussi vite que je le voudrai, évidemment...
    Résultat j'ai relu ce fil, et je me rend compte que ma définition de mon sujet n'est pas très claire.

    Ce que j'appelle "esthétique de la musique libre" s'oppose en fait à "l'esthétique du capitalisme", qui a été discuté, entre autre, par Adorno, Benjamin, Debord (pour ne prendre que ceux qui ont une vision la plus "en dehors" de la manière dont le système capitaliste nous fait voir les choses).

    En fait, je pense (et je crois que je ne suis pas le seul), que l'existence même d'un système repose forcement sur une idéologie, une manière de voir les choses partagée par le plus grand nombre, un certains nombre de valeurs qui ne sont pas remises en cause.

    Une des particularité du mot "art", c'est que le terme ne définit rien de concret. En fait, son utilisation désigne toujours quelque chose de différent en fonction des époques, des lieux, des sociétés... Il fait parti des termes qui sont les plus facilement manipulables par une idéologie.

    La définition du mot "art" est donc un enjeu pour tous les acteurs de la société, d'un point de vue politique, car il permet de définir la réalité. Celui qui possède le pouvoir de dire : "l'art c'est ça, ça et ça, mais c'est pas ça" possède le pouvoir tout court. Ou plutôt, la définition du mot "art" est constituée par les enjeux de pouvoirs entre les différents acteurs de la société.

    Les acteurs de la musique libre (vous et moi, entre autre) font parti de ces groupes d'acteurs qui essayent de tirer la définition du mot "art" vers eux. C'est un enjeux énôôôôôrme !

    L'idée de mon travail, c'est d'essayer de définir cette utilisation du mot "art" par les acteurs de la musique libre. Qu'est ce qu'elle propose, quelle sont les différence avec d'autre vision de l'art, etc. ?

    Voila, c'est un peu plus clair maintenant. :D
    A part ça, Dana, j'ai lu "professionnel vs amateur" et ça risque de m'être bien utile ! 8)
  • merci de nous tenir au courant !
    bon à ce que je vois ta perspective est plutôt disons "sociologie critique" (bourdieusienne, c'est marrant que tu ne cites pas Bourdieu dans ton résumé là). Moi je me situe plutôt dans ce qu'on appelle la sociologie pragmatique et j'avoue que les références quasi mystiques à Debord ont tendance à me gonfler :)

    Tiens je vais te raconter une anecdote
    J'ai causé récemment avec un directeur de FRAC - une big institution qui défend l'art contemporain, achête beaucoup d'oeuvres etc..
    Je lui demande comme ça : "vous ne croyez pas qu'il y a un paradoxe dans l'idée que l'art contemporain soit devenu le fleuron des institutions dans ce pays ? Que, comme le dit Heinich, la subversion soit devenue la règle de l'art "officiel" ? "
    Il me répond : "vous savez, à chaque élection, locale ou nationale, on est très conscient que du jour au lendemain, on peut nous couper les vivres, que ces centres d'art contemporain peuvent disparaître demain. et d'autre part, une FRAC comme la nôtre est en lutte constante pour faire passer telle ou telle oeuvre, telle ou telle expo. Il arrive fréquemment que le pouvoir mette son veto, il nous est arrivé d'organiser une expo malgré la censure des collectivités locales etc."
    Je me demande si dans une certaine mesure, la possibilité que nous avons de voir encore des oeuvres d'art contemporain, malgré le retour du moralisme et de la pudibonderie (cf. les associations de défense des familles etc.. qui s'en prennent à tout ce qui les dérange un peu dans leur vision de la famille ricorée - en tant que psychanalyste, on est en première ligne :), donc si, en l'absence des institutions type FRAC, il y aurait encore de l'art contemporain, je veux dire, des expos, des projets ambitieux.. Christo a mis trente ans avant de convaincre les dirigeants et le peuple allemand d'emballer le reichstag..
    C'est jamais gagné..

    Bon, il n'empêche que la manière dont les institutions font la pluie et le beau temps heurte effectivement mon sentiment libéral de base :) mais je crois que les choses sont beaucoup plus complexes qu'on ne le croit..
  • et fasse à l'art comptemporain, il y a internet dont à émergé une forme d'art comptemporain qu'on peut appeler l'art Libre (je place dedans des gens comme Antoine Moreau ou GOTO10).

    mais dans internet, l'art Libre n'est pas la forme dominante, car il n'y a pas encore tout à fait d'institutions (c'est en train d'émerger).
    Il y a eut une texte qui parlait de ça dans la revue Multitude N°35 "La Souveraineté Numérique" de Harry Halpin
    Les institutions émergentes sont batie par ceux qui prennent les rennes du net et on y voit beaucoup plus d'art comptemporain hérité des années 80 (l'art compt a pas beaucoup évoluer depuis). En fait en dehors des cercles du Libre, rien ne change vraiment en art comptemporain.



    ...
  • salut decay
    excuse mais je me dois de relever ce délicieux lapsus
    par ceux qui prennent les rennes du net
    par les cornes ?
    j'adore !!

    sinon
    oui effectivement il y a liés à la licence art libre certains artistes contemporains, et on retrouve bien d'ailleurs dans l'esprit et les discours du groupe un côté disons "conceptuel", "activiste" - je n'ai rien contre le conceptuel en art, bien au contraire, mais c'est vrai que ça a pu occasionner des malentendus assez sévères à une époque.. maintenant, j'ai le sentiment que les fondateurs d'Art Libre ne causent plus autant qu'autrefois..
    rien ne change vraiment en art contemporain dis tu
    heu
    tu veux dire au niveau des structures, du rapport création/institution etc ?
    parce que bon, ça change et ça crée quand même, malgré ou grâce au "soutien des pouvoirs publics" parfois (ça créé aussi beaucoup sans ce soutien :) Dieu merci !
    je m'en vais lire le texte de Harry Halpin alors
    y'a un truc quand même qui me frappe, un truc assez basic : on peut présenter les rapports artistes et institutions comme un jeu de dupes. Ce paradoxe par exemple de la subversion comme règle : les artistes sont dupés, parce que leur pouvoir subversif peut sembler anihilé de fait par la récupération institutionnelle (ou "culturelle", la culture étant une grande machine à dégoupiller les grenades si l'on y songe), ou que les institutions se dupent elle-mêmes en présentant des oeuvres qui parfois constituent de véritables actes terroristes contre les valeurs de tels ou tels organisations : mais mais
    je crois aussi que les choses sont plus complexes que ça
    qu'on ne peut pas réduire la structure de l'art contemporain à un face à face rusé et sournois entre création et institution
    qu'il existe en réalité au sein des institutions des groupes très différents, certains franchement militants, voire résistants, d'autres qui sont au contraire pieds et mais liés au Ministère (et la force publique)
    et même chez les artistes, différents degrés d'implication, donc de cynisme
    etc
  • Rien ne change vraiment dans l'art comptemporain aujourd'hui par rapport à ces 20 dernières années.
    Le soutient des pouvoir public à toujours exister, les artistes ont toujours reçu des commandes pour lesquel ils ont créé.

    je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il existe tout un tas de degrés dans l'investissement des artistes et des institutions dans l'art. tout n'est pas blanc ou noir.




    ...
  • Rien ne change vraiment dans l'art comptemporain aujourd'hui par rapport à ces 20 dernières années.
    Le soutient des pouvoir public à toujours exister, les artistes ont toujours reçu des commandes pour lesquel ils ont créé.

    heu
    sauf que
    certains artistes contemporains sont effectivement soutenus voire adoubés par les autorités
    (et généralement, du même élan par le marché)
    mais bon
    la plupart des artistes commencent leur travail dans une galère noire
    et de très nombreux artistes contemporains (je veux dire, non pas les artistes d'aujourd'hui, mais ceux qui parmi les artistes d'aujourd'hui, pourraient prétendre, parce que leurs travaux répondent à certaines règles de ce qu'on appelle "art contemporain") de très nombreux donc ne connaîtront jamais la consécration des dites autorités ou du marché

    d'autre part, peut-être que les choses les fonctionnements n'ont pas beaucoup changé, mais je pense qu'on devrait se dire que c'est pas pour ça que ça changera pas
    certaines oeuvres qui étaient tout à fait exposables il y a 20 ans, peuvent aujourd'hui poser de sérieux problèmes "moraux", ou qui touchent certains groupes prétendant représenter la "moralité"
    c'est très frappant : regarde l'affaire de l'exposition sur l'enfance au CAPC de Bordeaux il y a quelques années, ou plus récemment, les débats en Allemagne concernant la dernière proposition de Gregor Schneider (il existe un remarquable documentaire intitulé : "la mort s'expose" qui doit être disponible quelque part on the web j'imagine)
    on peut tout à fait imaginer qu'un de nos futurs gouvernements décide de censurer les oeuvres les plus dérangeantes
    (j'ai ouï dire, mais je tiens cela d'une source disons private, qu'une exposition d'un FRAC sur Luc Tielemans (un des grands artistes d'aujourd'hui) avait été interdite par les financeurs publiques - ce qui n'a pas empêché le dit FRAC de faire l'expo quand même, de manière disons "discrète")

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