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les dix ans de "classiques des sciences sociales"

Jean-Marie Tremblay, le créateur de ce site historique (dans l'histoire d'internet au moins) fête les dix ans des "classiques des sciences sociales", et à l'occasion propose pour les lecteurs européens (il est québecois) une interview dans non fiction (excellent site aussi soit-dit en passant).

j'ai moi-même à l'occasion de mes petites recherches beaucoup fréquenté ce site, et , quand on n'a pas les thunes pour acheter des livres dont on a besoin, ou quand on cherche certains articles difficiles d'accès ou des textes dont les éditioons sont épuisées, hé bien les "classiques des sciences sociales" peuvent rendre un bon service.
Bon, c'est pas toujours les éditions les plus à la pointe ou les plus savantes mais cest déjà pas mal.


un extrait sympathique :
Nonfiction.fr- À la différence des "classiques", la section sur les "contemporains" contient peu d’ouvrages de chercheurs européens. Comment l’expliquez-vous ?

Jean-Marie Tremblay : Deux raisons expliquent que les chercheurs québécois soient plus nombreux que les chercheurs européens dans la collection “les sciences sociales contemporaines”.
La première raison et la plus importante, c’est que dès le départ j’entendais diffuser les œuvres des auteurs classiques (Durkheim, Tarde, Spencer, Saint-Simon, Tocqueville, Montesquieu, Machiavel, Descartes, Bergson, Alain, Mauss, Maspero, Granet, Marx, etc.), mais je voulais aussi diffuser les travaux des chercheurs contemporains en sciences sociales, notamment les travaux des chercheurs québécois, puisque ce sont eux que je connais le mieux. Pour diffuser des œuvres qui ne sont pas du domaine public, —ce qui est le cas de tous les chercheurs contemporains—, il me faut obtenir leur autorisation de diffuser dans Les Classiques des sciences sociales ou, s’il sont décédés il y a moins de 50 ans, l’autorisation de leurs ayant-droits.
Dès que j’ai commencé à communiquer avec les chercheurs québécois, notamment Roch Denis, Marc-Adélard Tremblay, Léon Dion, Guy Rocher, Nicole Laurin-Frenette, Gilles Bourque, Gérard Bergeron, entre autres, leur réponse a été immédiatement favorable et enthousiaste à l’endroit de l’œuvre que j’avais créée, Les Classiques des sciences sociales.
En fait, les chercheurs québécois sont extrêmement favorables à la diffusion, en accès libre et gratuit, de leurs publications dans une bibliothèque numérique comme la nôtre. Leur réponse est rapide et limpide.

Quant aux chercheurs européens, c’est beaucoup plus difficile de les joindre et ils sont beaucoup plus hésitants à mettre leurs œuvres en ligne sur internet. Pour de nombreux chercheurs québécois, rendre leurs œuvres accessibles en ligne, librement et gratuitement, dans une bibliothèque comme la nôtre, c’est un juste retour des choses. Puisque ceux-ci ont été subventionné par l’État, donc la collectivité, pour réaliser leurs recherches, que celles-ci deviennent accessibles aux gens qui ont permis leur réalisation par les deniers publics dont les chercheurs ont bénéficié, devient un juste retour des choses.
J’ai communiqué, par l’intermédiaire d’un professeur de l’Université Laval, Pierre Maranda, anthropologue, ami de Claude Lévi-Strauss, avec Claude Lévi-Strauss pour lui demander sa permission de diffuser certaines de ses œuvres épuisées ou non rééditées. Celui-ci s’est montré tout à fait opposé à toute diffusion numérique de ses œuvres. J’ai communiqué avec les ayant-droit de Pierre Bourdieu. Jamais de réponse. J’ai communiqué avec Jean-Claude Passeron. Celui-ci s’est montré intéressé, mais cela semble tellement compliqué que finalement nous n’avons obtenu la permission de diffuser qu’un petit article de lui.

Par contre, j’ai écrit à des chercheurs et professeurs d’université, notamment Laurent Muchielli, Philippe Combessie, Robert Fossaert et leur réponse a été immédiatement favorable et enthousiaste. Lorsque j’ai écrit à M. Serge Moscovici un samedi soir, dès le lendemain matin, je recevais un courriel me disant : “Vous pouvez diffuser toutes mes publications dans Les Classiques des sciences sociales”. Après dix ans d’existence maintenant, les chercheurs européens se montrent plus favorables qu’auparavant, mais beaucoup moins que les chercheurs québécois. Je suis convaincu qu’il y a une différence de culture et d’attitude face à la publication et la diffusion numérique.

Merci Monsieur Tremblay !
(vive le québec libre :)

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