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La SACEM ne passera pas par moi.

(Bonjour les gens).

Oui, mais pourquoi donc ?

Tiens, voila une question qu'elle est bonne et dont je n'ai toujours pas la réponse formelle.
Cela fait maintenant environ 3 ans, voire un peu plus, que la vie, le temps, etc., me tiennent éloigné des forums et de l'activité, au sens large, autour de la musique en libre diffusion.
Honte sur moi, mais je me suis bien marré et ça continue encore, je trainais sur MySp@ce et Facebook où qu'on se fait plein d'amis.
Un constat : lorsque je trainais sur Artlibre.org et sur Dogmazic, il semblait évident que le monde ne parlait plus que de licences libres (en plus, je suis informaticien, ce qui n'arrange rien), mais force est de constater que de l'autre côté : on s'en tape le coquillard.
Sans rire (enfin, si : ceux qui touche un peu de SACEM me regarde avec un sourire).

Je lis ici ou là "attention, la SACEM veut pas que tu mettes TA musique sur TON site, etc., etc."
Me demande bien si ladite SACEM attaque les profils MySp@ce qui sont pour la plupart hors-la-loi.
Les groupes s'en tapent.

Je lis ici ou là "tu mets ta musqiue en libre diffusion et tu peux te faire de la thune en jouant live et en vendant des CDs et des tee-shirts."
Bin voyons.
Au pays de Candy, sans doute.
Si quelqu'un connait connait un bar qui paye (même mal), je suis preneur.
Parce que c'est pas 2 tee-shirts et un CD qui vont mettre du beurre dans les épinards.
Remarquez, je m'en fiche, j'ai un métier qui paye.

J'ai croisé sur MySp@ce et Facebook des artistes qui ont touché (beaucoup, pas mal) et encore un peu de la SACEM, d'autres qui "commencent à toucher", et toute une floppée qui ne touchent rien... rien, comme dans le monde des licences libres.
Donc : si je ne suis pas bon, si je ne sais pas me vendre, si je correspond pas, etc., y a pas de raisons pour que je touche plus ou que je touche moins avec l'une ou l'autre des formules.

Je lis ici ou là "faut j'écrive à tel site qui utilise ma musique pour essayer de tenter de signer un contrat avec lui, etc."
Ce serait quand même plus simple si un organisme s'en occupait...
Un organisme qui aurait des frais de fonctionnement, etc.
Genre, une SACEM.

Bref.

J'ai retrouvé récemment un ami de trente ans (ah MySp@ce...) devenu depuis producteur.
Ledit producteur me dit en gros "j'aime bien c'que tu fais (avec Natural Sheen), mais si on fait un truc ensemble viens pas me parler de CC : soyons sérieux. La SACEM n'est pas un organe du Capital, c'est tip-top, ça protège de manière optimale même les plus petits, etc."

Et là, et j'en appelle à vous tous, je me dis que, finalement, je ne suis pas certain d'avoir des arguments solides pour le persuader (à part "j'suis un rebelle : fuck da SACEM !".

Voial.

Après toutes ces années passées loin de vous, je suis preneur d'arguments...

See you soon on da moon!

Patric(k).
«1

Réponses

  • salut,

    "Parce que c'est pas 2 tee-shirts et un CD qui vont mettre du beurre dans les épinards.
    Remarquez, je m'en fiche, j'ai un métier qui paye. .."

    Mais si tu as un metier qui paye pourquoi vouloir absolument faire des tunes avec ta musique?
    beaucoup d'artistes font ça par plaisir , d'autre pour "mettre le beurre dans les épinards" , mais au bout du compte les questions que tu te poses dépendent tout d'abord du "pourquoi on fait de la musique?" "qu'es qui motive chacun a jouer en public?" .....la reconnaissance?le plaisir? l'argent?le partage?

    En fonction de cela il y a plusieurs optiques....
  • Hello Totoresk,
    TOTORESK écrit:
    Mais si tu as un metier qui paye pourquoi vouloir absolument faire des tunes avec ta musique?

    Tu as raison : je me suis mal exprimé ; je me mettais dans la peau d'un de ceux que je croise et dont la musique est aussi le "métier".

    Mon problème à moi, si c'est un problème, c'est de répondre à un producteur qui va peut-être produire un objet physique, me trouver deux trois dates très sympathiques, que sais-je, et qui me dit "CC ? soyons sérieux"...
    TOTORESK écrit:
    au bout du compte les questions que tu te poses dépendent tout d'abord du "pourquoi on fait de la musique?" "qu'es qui motive chacun a jouer en public?" .....la reconnaissance?le plaisir? l'argent?le partage?

    Euh... Bin tout ça, non ? Y compris l'argent : quand je joue, ça me coûte de la baby-sitter... :(

    See ya!
  • "Euh... Bin tout ça, non ? Y compris l'argent : quand je joue, ça me coûte de la baby-sitter..."

    oui , et justement si ta réponse c'est "par plaisir" c'est clair que n'avoir a sortir aucun frais pour pouvoir s'amuser , y compris des frais de baby-sitter c'est claire que ça serai mieux ....

    "Mon problème à moi, si c'est un problème, c'est de répondre à un producteur qui va peut-être produire un objet physique, me trouver deux trois dates très sympathiques, que sais-je, et qui me dit "CC ? soyons sérieux"... "

    je ne sais pas si c'est très pertinent et si ton "producteur" est ouvert , mais peut être voir avec l'assoce musique libre! pour réussir a convaincre ton producteur que oui , les licences libres c'est du sérieux...ça reste a argumenter , certes ......mais il y a des gens mieux calés que moi pour t'apporter un bon soutien d'argumentation sur ce sujet......

    Mais ça serai bien d'avoir son argumentation , a lui , pour comprendre pourquoi l'adhésion sacem coule de sens de son point de vue....Et pourquoi ,pour lui , les licences libres ne seraient pas sérieuses...?

    c'est la qu'on se rend compte que musique libre a un rôle important a jouer auprès des artistes qui souhaiteraient au fond d'eux-même pouvoir utiliser les licences libres(si je peut me permettre d'imaginer avoir cerné ta position) mais qui se retrouve devant un mur qui prône la gestion collective pour pouvoir t'offrir une évolution dans ta pratique artistique........

    mais comme tu le souligne les mentalités n'évoluent pas tel qu'on en reverrai .....
  • dibp écrit:
    Un constat : lorsque je trainais sur Artlibre.org et sur Dogmazic, il semblait évident que le monde ne parlait plus que de licences libres (en plus, je suis informaticien, ce qui n'arrange rien), mais force est de constater que de l'autre côté : on s'en tape le coquillard.

    Tout à fait. Il est effectivement bon de le rappeler parfois. Le musicien, il veut avant tout faire de la musique, et que celle-ci soit entendue. Le reste, il s'en cogne. Le mélomane, lui, il veut écouter de la musique qu'il aime. Le reste, il s'en cogne.
    A nous, militants du libre, de prouver aux premiers que la libre diffusion non seulement n'empêche pas la création mais la favorise, et aux seconds qu'il y a dans la musique en libre diffusion de quoi étancher leur soif. Et puis aussi que ce faisant, on change le monde, mais bon.
    Après ça, il y en aura encore un paquet qui s'en taperont le coquillard et préféreront les délices insipides et abrutissants de la fausse communication des réseaux "sociaux" (social mon cul) et du marketing 2.0. Bon ben tant pis.

    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "attention, la SACEM veut pas que tu mettes TA musique sur TON site, etc., etc."
    Me demande bien si ladite SACEM attaque les profils MySp@ce qui sont pour la plupart hors-la-loi.
    Les groupes s'en tapent.
    Cet argument est effectivement un peu jésuite. Car il est vrai que la SACEM n'attaque pas ses propres adhérents. Il m'est arrivé de m'en servir pour promouvoir la libre diffusion auprès de musiciens qui n'en avaient jamais entendu parler. Je conviens avec toi que non seulement l'argument est finalement spécieux, mais que les groupes assurément s'en tapent.
    En même temps, une interdiction qui n'est pas appliquée, cela relève du bon vouloir (ou du laxisme, selon le point de vue) de celui qui a fait le règlement. Ce n'est donc pas tout à fait du même ordre qu'une liberté dûment établie.
    C'est dire qu'en critiquant la SACEM, on se situe moins dans ce cas du côté de l'intérêt pratique que de celui de l'éthique. Tu me diras que la plupart des gens ne pensent qu'à leur intérêt pratique, et bien peu aux grands principes, à l'intérêt général et à l'éthique. Et les artistes souvent égocentriques, parfois incultes et bas du front (ce qui n'enlève rien au talent), ne sont pas mieux lotis que la moyenne. Sans parler de la lol-génération. Mais on peut toutefois essayer de temps en temps d'élever un peu le débat, non ?
    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "tu mets ta musqiue en libre diffusion et tu peux te faire de la thune en jouant live et en vendant des CDs et des tee-shirts."
    Bin voyons.
    Au pays de Candy, sans doute.
    Si quelqu'un connait connait un bar qui paye (même mal), je suis preneur.
    Parce que c'est pas 2 tee-shirts et un CD qui vont mettre du beurre dans les épinards.
    Remarquez, je m'en fiche, j'ai un métier qui paye.
    Très juste. J'ai toujours trouvé cet argument empli de mauvaise foi, et pour tout dire dangereux. Personnellement, je suis musicien, pas presseur de CD, et encore moins fabricant de T-shirts. Et si on renonce au financement par les droits d'auteur au profit d'un financement par la vente de T-shirts fabriqués en Chine, je vois pas où est le progrès.
    C'est pour la même raison que je suis toujours mal à l'aise quand on me vante les vertus du mécénat. Le paiement de droits d'auteur a précisément permis aux artistes de se libérer de la tutelle des mécènes. Je ne souhaite certainement pas en revenir là.
    Je pense donc qu'il faut cesser de faire croire (ce que personne ne croit, d'ailleurs) qu'un auteur en libre diffusion peut vivre de son art. Ceux qui y parviennent peut-être (du genre Nine Inch Nails), s'appuient sur un succès déjà acquis dans le cadre du copyright. Mais il faut aussi rappeler que, pour la très grande majorité des auteurs, la SACEM ne procure pas non plus de quoi vivre, et même pas un peu de beurre dans les épinards.
    dibp écrit:
    J'ai croisé sur MySp@ce et Facebook des artistes qui ont touché (beaucoup, pas mal) et encore un peu de la SACEM, d'autres qui "commencent à toucher", et toute une floppée qui ne touchent rien... rien, comme dans le monde des licences libres.
    Donc : si je ne suis pas bon, si je ne sais pas me vendre, si je correspond pas, etc., y a pas de raisons pour que je touche plus ou que je touche moins avec l'une ou l'autre des formules.
    Parfaitement.
    Mais quelle est la solution ?
    A très long terme :
    Qu'un revenu universel de vie permette à tous les citoyens de vivre. Et que ceux qui se sentent une fibre artistique utilisent leur temps libre pour créer. Ça, c'est l'idéal.

    A très court terme :
    Ben si tu veux vraiment vivre de ta musique, ou si tu veux gagner suffisamment pour lancer des projets très coûteux, tu te démerdes pour trouver ta place sur le marché, et là, tu t'inscris à la SACEM, et t'as intérêt à ce que le marché veuille bien de toi, sinon, faudra quand-même que t'ailles pointer à l'usine, et tu ne pourras même pas te consoler en faisant légalement cadeau de ta musique à la terre entière. Ou alors, tu restes "musicien du dimanche", comme disent les sacémeux, et tu fais une croix sur l'idée de vivre de ton art, parce que finalement, t'es plutôt content comme ça. Bienvenue au club.

    A moyen terme :
    Tu milites pour qu'une gestion mutualiste des droits d'auteur puisse voir le jour. Au lieu de te faire des amis sur Facebook ou Myspace, tu participes à des projets collectifs avec mise en commun des ressources, implication intelligente du public... Eventuellement, tu fais pression sur la SACEM pour qu'elle cesse de considérer la musique uniquement comme une marchandise : perception des droits d'auteur sur les utilisations commerciales et non plus sur les diffusions publiques. Ainsi, ceux qui veulent soutirer un peu de fric au marché pourront le faire, mais la musique sera tout de même un "bien commun".
    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "faut j'écrive à tel site qui utilise ma musique pour essayer de tenter de signer un contrat avec lui, etc."
    Ce serait quand même plus simple si un organisme s'en occupait...
    Un organisme qui aurait des frais de fonctionnement, etc.
    Genre, une SACEM.
    Entièrement d'accord avec toi. Pour percevoir des droits d'auteur, y a pas mieux que la SACEM (sauf que le gâteau est limité et que bien peu nombreux sont ceux qui en auront une part). Parler de "gestion individuelle" comme on le fait (trop souvent à mon avis), n'a de sens que s'il n'y a rien d'autre à gérer que du droit moral (et encore).
    S'il s'agit de percevoir un revenu au titre des droits d'auteur, seul un organisme collectif a une chance de récolter quelque chose et de créer un rapport de force favorable face aux utilisateurs commerciaux. L'auteur qui vient individuellement réclamer ses droits d'auteur à une entreprise se fera toujours chier sur la gueule.

    dibp écrit:
    J'ai retrouvé récemment un ami de trente ans (ah MySp@ce...) devenu depuis producteur.
    Ledit producteur me dit en gros "j'aime bien c'que tu fais (avec Natural Sheen), mais si on fait un truc ensemble viens pas me parler de CC : soyons sérieux. La SACEM n'est pas un organe du Capital, c'est tip-top, ça protège de manière optimale même les plus petits, etc."
    Ton ami a raison dans la mesure où la SACEM te protège effectivement (grâce à son monopole et à son exclusivité)... contre toi-même ! Puisqu'elle t'interdit de vendre ta musique au rabais ou de la céder pour que dalle. Il est en revanche victime d'un conformisme très répandu qui fait que les "pros" ne veulent traiter qu'avec des gens qui sont à la SACEM parce que selon eux ça fait pro. Parce qu'en réalité, ton producteur, s'il te "signe", investit du pognon dans ta musique. Il doit ensuite vendre celle-ci pour rentrer dans ses fonds et faire son bénef. Il faut juste qu'il se démerde pour vendre assez.
    Quel rapport avec la SACEM ? A moins qu'il ne veuille être aussi ton éditeur... et là, il a effectivement grandement intérêt à ce que tu sois à la SACEM.
    dibp écrit:
    Et là, et j'en appelle à vous tous, je me dis que, finalement, je ne suis pas certain d'avoir des arguments solides pour le persuader (à part "j'suis un rebelle : fuck da SACEM !".
    Tout dépend de ce à quoi tu aspires. Si tu as le désir de toucher des droits d'auteur, et l'espoir que ta musique se vende suffisamment pour cela, alors effectivement, ton intérêt pratique serait plutôt d'adhérer à la SACEM.
    Si en revanche tu te soucies de l'intérêt des mélomanes plus que de l'idée de vivre de ton art, que tu refuses que ta musique soit considérée uniquement comme une marchandise, que tu veux pouvoir diffuser à ta guise, alors reste en libre diffusion. Cela n'empêchera nullement ton producteur de vendre la musique qu'il aura produite. Que tu sois à la SACEM ou pas ne change rien pour lui.
  • Tout à fait. Il est effectivement bon de le rappeler parfois. Le musicien, il veut avant tout faire de la musique, et que celle-ci soit entendue. Le reste, il s'en cogne. Le mélomane, lui, il veut écouter de la musique qu'il aime. Le reste, il s'en cogne.
    A nous, militants du libre, de prouver aux premiers que la libre diffusion non seulement n'empêche pas la création mais la favorise, et aux seconds qu'il y a dans la musique en libre diffusion de quoi étancher leur soif. Et puis aussi que ce faisant, on change le monde, mais bon.
    Après ça, il y en aura encore un paquet qui s'en taperont le coquillard et préféreront les délices insipides et abrutissants de la fausse communication des réseaux "sociaux" (social mon cul) et du marketing 2.0. Bon ben tant pis.

    Sauf ...
    Sauf que...
    on peut se taper tous les coquillards de la planète, les siens et même ceux des autres,
    il n'en reste pas moins que ces échanges sont cadrés par le droit.

    Si l'artiste ne respecte pas cela il peut mettre le public en porte à faux
    Si le mélomane s'en tape, il risque un retour de manivelle.

    Retour potentiel, très potentiel puisque que la "tolérance" ou le "j'men foutisme" ambiant ne participe pas a communiquer clairement sur les droits et devoirs usuels de chacun.
    Et c'est en me mordant les lèvres que je dirais que c'est peut etre grace à un hadopi efficient que les tout le monde prendra la chose un peu plus au sérieux et que l'on s'en tapera moins la coquillette.
  • Réponses intéressantes...
    A digérer...

    Je me rends compte malgré tout du manque de clarté de mon message initial : j'ai pris plusieurs casquettes (celle de celui a qui la SACEM aurait déjà versé, celle de celui qui aimerait faire de la musique son métier, etc.)

    Il n'en reste pas moins qu'il semble que l'on puisse faire un parallèle avec le monde du logiciel en libre diffusion : la thune se gagne en exerçant un métier à côté (ou en s'adjoignant les services d'un tiers qui exerce ce métier). Je veux dire : j'écris un logiciel, je le mets en libre diffusion, ça ne me rapporte rien (le plaisir, quand même, la reconnaissance, peut-être) et je deviens auteur d'un manuel, ou formateur == Je ponds un disque et je deviens merchandiser.

    Ca me rappelle un concert GRATUIT récent où le type venu du Japon nous a fait 5 minutes sur le fait qu'on pouvait trouver ses CDs et des répliques de ses bijoux à la sortie de la salle...

    Je noircis ?
  • juin 2010 modifié
    Ce que je me tue à dire c'est :
    les licences libres ne sont en rien un moyen de gagner de l'argent avec sa musique
    (je ne suis pas sûr que la sacem le soit non plus d'ailleurs : si vous êtes un artiste inconnu et que personne n'a envie de dépenser des thunes pour jouir de votre création, quelle qu'en soit les raisons, ben la sacem ne vous donnera rien non plus :)

    La plaie pour les licences libres, c'est d'être obligé de répondre à une problématique pour laquelle nous n'avons jamais eu aucune réponse sérieuse, et de croire qu'en face il y aurait des réponses sérieuses
    ce n'est pas de s'inscrire à la sacem ou d'adopter une licence art libre qui fait le succès.
    Point barre

    ce thème est un thème que les tenants du système (le gouvernement, les majors, et bien des gens à leur insu, nous y compris quand nous écrivons durant des pages entières sur le sujet : "comment gagner de l'argent avec la musique", les auditeurs, enfin bref, quasiment tout le monde) ont réussi à imposer
    Le problème c'est que les gens du libre ont eu trop tendance ces derniers temps à réagir au quart de tour et à s'inscrire dans cette discussion en défendant les licences libres. Ce qui est stupide : nous ne sommes pas responsables du fait que beaucoup de musiciens ne peuvent pas gagner de l'argent avec leur musique.
    Nous finissons par adopter et la logique et la grammaire et le vocabulaire des gens qui tiennent à ce système, qui inventent des mahcins genre hadopi, ou qui défendent la logique de PAYER POUR JOUIR
    je répète ça depuis 2001
    en vain

    sur le fond, ce que j'en pense est là :
    http://outsiderland.com/dissemination/?p=86
    pour les paresseux ou ceux qu ont autre chose à faire que de lire cette littérature accablante, je redonne ma conclusion :
    5° si l’on veut améliorer la situation des auteurs, il faut améliorer la situation sociale générale

    C’est pourquoi les artistes, et ceux qui prétendent les défendre, devraient arrêter de réclamer un privilège et s’engager dans les luttes sociales au côté de tous les citoyens. Le meilleur moyen de favoriser la création dans ce pays, c’est d’améliorer les conditions de vie en général, par exemple augmenter les salaires, créer des aides sociales décentes (est-il normal que les allocations dans ce pays soient explicitement en dessous des revenus correspondant au seuil de pauvreté ? N’est-ce pas une manière d’accepter le fait que des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ?)

    Bref : la question des revenus des créateurs devrait être noyée à mon sens sous les questionnements relatifs aux revenus des citoyens en général. Les citoyens-artistes pauvres, à l’approche d’un hiver 2007 que nous sommes nombreux à espérer « agité » sur le plan social, pourraient tout à fait s’engager politiquement dans ces futurs et inévitables conflits. Ils pourront le faire en tant que travailleurs ou en tant que chômeurs ou RMIstes, ce serait sans doute plus efficace qu’en tant qu’intermittents du spectacle ou qu’en tant que créateurs. À l’heure où le gouvernement en place adopte délibérément une attitude visant à diviser pour mieux régner, en multipliant les boucs émissaires (chômeurs, RMIstes, étrangers, délinquants, dans un amalgame qui fait craindre le pire, si tant est que le pire ne soit pas déjà de fait, dans les consciences d’une partie de la population, advenu), en sectarisant le traitement social, ou en tirant tout le monde vers le bas, en favorisant les plus riches, qui n’avaient pas besoin de ça, nous devons plus que jamais dépasser le sectarisme, nous efforcer de bâtir des actions collectives, issues d’une concertation portant à la fois sur nos intérêts singuliers et communs.

    En quelques mots : l’indignation que suscite la situation des créateurs pauvres, dont certains sont géniaux (et l’histoire de la musique ne manque pas de ces Jackson C. Franck qui finirent à la rue, de ces génies de la soul music exploités par des producteurs véreux et contraints à une misère scandaleuse, à ces song writers magnifiques dont le quotidien consiste à vendre des pizzas entre deux concerts pour survivre), certains médiocres, mais qu’importe, cette indignation donc, devrait engendrer un véritable engagement politique dans le sens le plus large du terme. Les débats récurrents sur les téléchargements légaux ou illégaux, les arguties des uns et des autres sur la crise supposée (et en réalité tout à fait irréelle, car on n’a jamais écrit autant de musique qu’aujourd’hui) de la création, les vêtements éthiques dans lesquels nos dirigeants (et les actionnaires qui leur dictent leurs discours dans les couloirs de l’Assemblée) se drapent : « il faut sauver la création » et autres fadaises, tout ceci ne représente qu’un écran destiné à capter l’attention des mélomanes et des créateurs eux-mêmes, afin de leur faire croire qu’on se soucie réellement de leur cas, et de les détourner d’un engagement politique digne de ce nom.
  • et la sacem je m'en branle complet
    sauf que.
    ce serait bien qu'elle fasse son travail jusqu'au bout, c'est-à-dire en sanctionnant ses membres qui agissent contrairement au règlement de la société à qui ils doivent tellement
    ou bien que la dite société changent clairement son règlement intérieur pour être cohérente
    je suis pour la suppression de toutes ces pages myspace tout à fait illégales si on prend au sérieux le RI de la sacem et qu'on leur foute des grosses amendes au cul à ces putains d'artistes
    :)

    (edit : ha oui, pour l'abruti qui ne comprend rien : JE PLAISANTE ! je mù'en fiche vraiment en fait, mais c'est vrai que l'intérêt du libre, ce serait que la sacem soit un peu plus cohérente et claire d'une manière ou d'une autre)
  • @ dibp :

    Ce qui serait intéressant, c'est que tu nous dises quels sont les arguments invoqués par ton pote producteur. Qu'est-ce qui l'empêche de bosser avec toi si tu n'es pas à la SACEM ?
    Si c'est juste que ça ne fait pas "sérieux" de ne pas y être, c'est assez pauvre.
  • dana écrit:
    Ce que je me tue à dire c'est :
    les licences libres ne sont en rien un moyen de gagner de l'argent avec sa musique
    (je ne suis pas sûr que la sacem le soit non plus d'ailleurs : si vous êtes un artiste inconnu et que personne n'a envie de dépenser des thunes pour jouir de votre création, quelle qu'en soit les raisons, ben la sacem ne vous donnera rien non plus :)

    Ah bin voila.

    Ca devient super intéressant, j'vais m'imprimer l'topic... ;)

    Maintenant : qu'est-ce qui pourrait faire que l'adhésion à la SACEM soit un préalable pour un producteur ou qu'un producteur puisse penser que j'ai, pour moi et pour moi seul, un intérêt évidemment évident à adhérer ? (oui, je sais, je pourrais lui poser la question directement, j'vais l'faire, tiens, mais ça m'intéresse vu d'ici). Genre "quand tu as joué à tel endroit, si tu avais été SACEMisé, tu aurais pu prétendre, au titre de je-ne-sais-plus-quoi, à un % sur les entrées".
  • oui ben la réponse c'est que les producteurs et les organisateurs de concerts et les médias n'ont rien pané aux Licences libres.
    Qu'ils considèrent que c'est synonyme d'amateurisme ou de je ne sais quoi de pas sympathique en tous cas :)
    et la réponse à la question qui s'impose derrière : c'est que les acteurs du libre n'ont pas su communiquer correctement pour faire comprendre les licences ibres à aux acteurs de la musique.
    et la réponse à l'autre question qui s'impose c'est : ben le discours sur les licences libres a été phagocyté par des espèces d'abrutis style Jamendo et rendu complètement opaque par des institutions style creative commons, et qu'on a que ce qu'on mérite
    bref on s'est fait nické et instrumentalisé en beauté

    mais :
    ça va changer !
    on se bouge le cul et on va imposer notre STAIYYLE maintenant
  • dibp écrit:
    Maintenant : qu'est-ce qui pourrait faire que l'adhésion à la SACEM soit un préalable pour un producteur ou qu'un producteur puisse penser que j'ai, pour moi et pour moi seul, un intérêt évidemment évident à adhérer ? (oui, je sais, je pourrais lui poser la question directement, j'vais l'faire, tiens, mais ça m'intéresse vu d'ici). Genre "quand tu as joué à tel endroit, si tu avais été SACEMisé, tu aurais pu prétendre, au titre de je-ne-sais-plus-quoi, à un % sur les entrées".

    Il est sympa, ton producteur, de se soucier de ce que toi tu aurais pu gagner si tu avais été sacemisé. Pas sûr qu'ils soient tous comme ça. M'enfin bon, à celui-là, tu peux toujours lui répondre que tu t'occupes toi-même de ton propre bonheur et qu'il peut se contenter, lui, de s'occuper du sien.

    Ensuite, toucher un pourcentage sur les entrées, c'est pas réservé aux sacemisés, tu sais. Même moi, ça m'est arrivé. Par exemple, tu joues dans un rade qui s'appelle, je sais pas moi, "le Noir", à Tourcoing, et là, les gentils organisateurs des "vendredis noirs" qui sont en cheville avec le rade te refilent une partie de la recette après le concert. Eh ben personne te demande si t'es à la SACEM ou si t'es sous licence ouverte.

    Moralité : tu n'as pas besoin d'être à la SACEM pour toucher du pognon. Et si le rade ne te donne rien, ben t'auras que d'chi dans tous les cas.

    Remarque que si tu es à la SACEM, celle-ci est censée te redistribuer des droits d'exécution publique pour ce type de concert (indépendamment du pourcentage que tu pourrais avoir touché sur les entrées, qui ne la concerne en rien). D'ailleurs, le rade où tu as joué paie peut-être un forfait à la SACEM, justement ? Ben oui, mais t'a-t-il fait remplir une déclaration SACEM avec les titres des morceaux joués, la durée et le nom du ou des auteurs et éditeurs ? Non ? Ah ben, dans ce cas, même si tu es sacemisé, tu peux toujours te brosser pour toucher quelque chose. La SACEM n'est pas au courant que tes morceaux ont été joués publiquement. Ce que paie le rade ira dans la poche d'un autre, ou finira dans les irrépartissables, exactement comme si tu n'étais pas à la SACEM !
    Moi, en 58 ans de carrière intergalactique, on m'a demandé deux fois de remplir une déclaration pour la SACEM. La majorité des petites salles ou des rades ne se font pas chier avec ça. A la fête de l'Huma (qui paie forcément la SACEM), on ne m'a rien fait remplir non plus. C'est dire.

    Moralité : même si t'es à la SACEM, t'as peu de chances de toucher des droits d'auteurs pour un concert.

    Si tu n'as pas grande estime pour ta propre musique, et que tu es prêt à tout pour gagner du fric avec malgré tout, tu peux toujours essayer de vendre de la musique au mètre pour des pubs, des jingles, des films institutionnels, enfin tout ce qui tache un peu le son, quoi. Ça peut payer (enfin bon, ça eut payé, surtout, parce que depuis que des pigeons comme les bisounours de Jamendo refilent leurs merdes pour que dalle en rêvant de visibilité, les boîtes finissent par ne plus vouloir payer la daube qu'elles peuvent avoir pour rien ou presque rien — Heureusement, il doit tout de même rester quelques patrons débiles qui sont prêts à payer très cher parce que ça leur donne l'impression d'être Pinault). Sauf que la boîte qui acceptera de t'acheter un peu de musique, bien souvent, elle, elle voudra surtout pas payer de droits d'auteur. Elle préfère payer une fois pour toutes à la commande ou à la livraison, et puis basta. Et donc ne te paiera la passe que si tu n'es pas à la SACEM. Amusant, non ?

    Question subsidiaire : tu demandais plus haut si quelqu'un connaissait un bar qui paye ; connais-tu, de ton côté, des exemples d'auteurs qui gagnent leur vie grâce à Facebook ou Myspace ? Ou qui attirent vraiment des "amis" (pas leurs vrais potes de la vraie vie) à leurs concerts ? Ça m'intrigue, moi, cette ruée moutonnière sur ces trucs laids et mal foutus qui rapportent rien.
  • Finalement, vos réponses m'inquiètent.

    Il me semble, je me trompe peut-être, que vous avancez, consciemment ou pas, quelque chose qui ressemble à :

    si t'es pas un poil connu, t'as tout intérêt à pas être à la SACEM, tu gagneras pas moins ta vie mais peut-être que tu seras plus diffusé dans le petit monde du libre

    Je m'explique : si t'es un poil connu, ça dure pas longtemps, tu ne joues plus uniquement dans les bars mais aussi dans des (petites) salles qui te font remplir les papiers zadéquats, tu passes (un peu) sur des radios qui jouent le jeu également. La SACEM te reverse donc (un petit) quelque chose. Plus ton cachet négocié par ton tourneur.

    Par contre, effectivement, si t'es pas un poil connu, tu restes confiné aux bars du coin (ou pas, d'ailleurs), t'as pas de tourneur, t'es pas à la SACEM, tu te démerdes tout seul pour toucher un truc.

    Puisqu'on est sur les bars, petite pub pour les vendredis noirs au noir à tourcoing, c'est souvent tip-top, et lora et polan sont très cool. ;)

    Concernant mon ami producteur, il semble que :
    - il y ait bel et bien un côté "dans le métier, la CC ça fait pas sérieux" qui l'empêche d'avoir des contacts de qualité (subventions, radios, etc., j'imagine) pour les groupes qu'il managerait...
    - il confonde "libre" et "gratuit", encore que confondre ne soit pas le bon verbe. je crois comprendre que de son point de vue "toute peine mérite salaire" et que sans un organisme de contrôle comme la SACEM y a du pognon qui se perd pour l'artiste. (mais bon, c'est le choix de la gestion individuelle).
    - il y ait une notion de concurrence déloyale (un peu comme avec les micro-entrepreneurs). InCaudaVenenum l'évoque dans son msg ci-dessus.
    Question subsidiaire : tu demandais plus haut si quelqu'un connaissait un bar qui paye ; connais-tu, de ton côté, des exemples d'auteurs qui gagnent leur vie grâce à Facebook ou monpauvrelieu ? Ou qui attirent vraiment des "amis" (pas leurs vrais potes de la vraie vie) à leurs concerts ? Ça m'intrigue, moi, cette ruée moutonnière sur ces trucs laids et mal foutus qui rapportent rien.

    Bah oui c'est laid et mal foutu.
    MySp@ce c'est plein de pubs par des pseudo-amis, mais on y entend parfois de bon groupes, on se découvre parfois des affinités, on se voit conseiller un lieu, un disque... Bien utilisé, ou le moins mal possible, ça peut déboucher sur des choses étonnantes. J'y ai une page fan club non officielle d'un rennais, légende du rock français des 90's, voyez qui ? , et j'ai croisé dans la vraie vie des fans adorables. Ceci dit, j'ai croisé aussi des gens adorables de Dogmazic, même s'ils ne me mailent plus depuis qu'ils sont papas, par exemple... ;) (OK, je fais pareil)

    Facebook, moins de pubs, mais plus de contacts. Sans Facebook, moi qui suis pas du métier, j'aurais pas réussi à faire revenir ledit rocker en région lilloise. Là, les amis de mes amis étant mes amis, le réseau se constitue et certains adhèrent à tes projets et t'épaulent. Ca pourrait arriver ici aussi, mais il se trouvent que mes idoles n'y viennent pas ;)

    Mais c'est un autre débat.

    Bon, vive la Musique en Libre Diffusion quand même, hein ? ;)

    See ya!
  • "si t'es pas un poil connu, t'as tout intérêt à pas être à la SACEM, tu gagneras pas moins ta vie mais peut-être que tu seras plus diffusé dans le petit monde du libre"

    Déja, être un poil et vouloir être tondu, c'est être suspecté de masochisme. Je ne suis pas sûr que ça aide dans le monde enchanté du Libre.


    :arrow:
  • En chantier de faire votre plein d'essence, Bot Hunter.
  • Salut dipb

    Je comprends tes remarques qui sont fréquentes
    et tente certaines réponses ou ouverture de portes.(sans les enfoncer)
    dibp écrit:
    (Bonjour les gens).
    [...]
    Un constat : lorsque je trainais sur Artlibre.org et sur Dogmazic, il semblait évident que le monde ne parlait plus que de licences libres (en plus, je suis informaticien, ce qui n'arrange rien), mais force est de constater que de l'autre côté : on s'en tape le coquillard.

    - Juste comprendre que tu parles là de plateformes historiques et que c'est tout naturel que les discussions soient très axées libres ! d'autant plus qu'on a besoin d'en parler et de réfléchir ensemble à comment le développer.

    - Qu'aussi parler du libre c'est des certaines approches de la cultures (je dis "des" parce que moults variantes) ; et ca change du mercantilisme ambiant.

    - Y a aussi ce que l'asso Musique Libre! fait ; et là tu vois on bosse sur des outils contractuels pour accompagner les parcours émergents en tout cas ; voir + si affinité.
    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "attention, la SACEM veut pas que tu mettes TA musique sur TON site, etc., etc."
    Me demande bien si ladite SACEM attaque les profils MySp@ce qui sont pour la plupart hors-la-loi.
    Les groupes s'en tapent.

    Mais bien sure que tout le monde s'en tape ; comme de voter. comme de consommer moins d'eau. comme de respecter son prochain (amen)

    Ce n'importe quoi ambiant , aide à la désinformation, au flou qui permet un monopole de fait de corporations d'artistes, de "professionnels" qui disposent de l'Idée de ce que doit être la culture ; comme ton producteur. (qui au passage n'a aucun intérêt a ce que ton œuvre soit sous licence libre...ca ferait chier de s'assoir sur ces droits voisins, voir de ne pas pouvoir récupérer une partie de tes droits d'auteurs...si t"en touche...pendant 10 ans oui parce que cà dure 10 ans la sacem. A t il 10 ans de carrière a te proposer?

    Ce flou , ce laxisme évite a chacun d'entre nous de lire de code de la propriété intellectuelle ; l'as tu lu? oui? parce que c'est important de le lire et de le comprendre.
    Alors du coup c'est bueno pour dire aux gens que télécharger ce qui est accessible c'est gratuit ; que ce qui est gratuit mais légal c'est pourri voir limite limite
    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "tu mets ta musqiue en libre diffusion et tu peux te faire de la thune en jouant live et en vendant des CDs et des tee-shirts."
    Bin voyons.
    Au pays de Candy, sans doute.
    Si quelqu'un connait connait un bar qui paye (même mal), je suis preneur.
    Parce que c'est pas 2 tee-shirts et un CD qui vont mettre du beurre dans les épinards.
    Remarquez, je m'en fiche, j'ai un métier qui paye..

    Sous jascent ce que tu dirais c'est que le modèle économique de la musique pré internet serait rémunérateur. Mais pour qui?
    Tv, radio, des niches médiatiques diffusant quelques élus qui gagnait par effet de rareté.

    internet c'est l'abondance ; ton producteur ne l'a t il pas compris? c'est un média ou tout le monde peut être diffusé ; il y avait une centaine de milliers de sociétaires ; mais il pourrait maintenant en avoir des millions; En imaginant qu'elle saurait tous les accueillir la SACEM saura t elle répartir équitablement et suffisamment pour mettre des épinards, avec le beurre, le steak et la pièce montée? Elle ne le fait déjà pas aujourd'hui.
    dibp écrit:
    J'ai croisé sur MySp@ce et Facebook des artistes qui ont touché (beaucoup, pas mal) et encore un peu de la SACEM, d'autres qui "commencent à toucher", et toute une floppée qui ne touchent rien... rien, comme dans le monde des licences libres.
    Donc : si je ne suis pas bon, si je ne sais pas me vendre, si je correspond pas, etc., y a pas de raisons pour que je touche plus ou que je touche moins avec l'une ou l'autre des formules.
    rien a redire là ; sauf préciser que l'usage des licences libres est en émergence et qu'elle ne bénéficie pas d'un monopole de fait. Alors comparer les systèmes....avoue que les dés son un peu pipés.
    dibp écrit:
    Je lis ici ou là "faut j'écrive à tel site qui utilise ma musique pour essayer de tenter de signer un contrat avec lui, etc."
    Ce serait quand même plus simple si un organisme s'en occupait...
    Un organisme qui aurait des frais de fonctionnement, etc.
    Genre, une SACEM.

    La liberté comme l'exclusivité ont toutes les deux un prix.
    Si tu loues en pension complète cet été faudra pas gueuler sur le buffet ou les animation de ton village vacances ; lol
    Si tu pars en routard, tu mangeras ce que tu veux quant tu veux mais tu ne sauras pas le menu en avance.

    je crois pas t'avoir aider...mais bon tu as une certaine manière de planter le décor...Ok si tu veux en parler au tel ; je te le file en mp.

    je conclurais en disant que tout est émergeant.
    mais que voilà c'est pas tout cuit sur un plateau
    que si tu n'as pas besoin de rente pour vivre passe toi en et reste libre
    et que si vraiment tu peux pas faire autrement que de devoir toucher cet oseille et bah signe l'exclu et voilà.
  • Yep Yop and Yeah!

    Die IBP est sous Artlibre, Natural Sheen sous CC : a priori, pas de raisons que ça change.
    (Mais, quand même, Gainsbarre disait : "j'ai retourné ma veste le jour où je me suis aperçu qu'elle était doublée en vison")

    Comme écrit plus haut, le topic n'est pas des plus clairs parce que j'ai pris plusieurs casquettes.

    J'essaye de trouver des arguments simples à opposer à mon ami producteur (et quand je dis "ami", je sous-entends qu'au moins avec moi il est sincère).

    Alors, peut-on valider quelques points (des postulats ?) :

    - JE N'AI PAS L'INTENTION DE GAGNER DE L'ARGENT AVEC MA MUSIQUE : JE N'AI AUCUN INTERET A ME SACEMISER ET, POUR LA TRANSPARENCE AVEC MES AUDITEURS, JE CHOISIS UNE LICENCE DE LIBRE DIFFUSION.

    - JE N'AI PAS DE PUBLIC PARCE QUE MON TRUC FONCTIONNERA JAMAIS (C'EST MOCHE, C'EST PAS MAINSTREAM, JE SUIS MOCHE, QUE SAIS-JE ENCORE) : QUELQUE SOIT MON CHOIX, CA VA ETRE DUR DE GAGNER DE LA THUNE, MEME UN PETIT PEU. JE PEUX ME SACEMISER PARCE QUE C'EST TROP LA FRIME OU PASSER EN DOMAINE PUBLIC PARCE QUE C'EST TROP REBELLE. ICI, C'EST DELICAT PARCE QU'ON A TOUS TENDANCE A PAS SE CLASSER VOLONTAIREMENT DANS CETTE CATEGORIE.

    - MON OEUVRE DECHIRE TOUT, MES FANS DECHIRENT MES TEE-SHIRTS ET LA JE SUIS EMMERDE : QU'EST-CE QUE J'OPPOSE A MON PRODUCTEUR QUI ME DIT QU'IL Y A DE LA THUNE QUI SE PERD (POUR LUI ET) POUR MOI, QU'ON VA PAS S'EN SORTIR SANS SOCIETE DE GESTION COLLECTIVE ET QUE DE TOUTES FACONS POUR ETRE SUR DEEZER BELIEVE MACHIN FAUT ETRE SACEM ?

    C'est ce dernier point qui mérite d'être éclairci : quelqu'un est-il en mesure de lister ce qu'apporte/enlève, et à qui, l'adhésion à la SACEM quand :
    - je sors une autoprod
    - un tiers produit mon CD (physique ou digital)
    - je joue live
    - je passe à la radio

    Tiens, une question con : le téléphone sonne en pleine nuit et mon pote me dit "salut coco, je suis avec David (Bowie) là, il adore c'que tu fais, il voudrait que tu lui écrive un titre pour le prochain album...". Putain, le délire. DAVID PEUT-IL AVOIR UN TITRE EN ARTLIBRE OU EN CC SUR LE PROCHAIN CD ?

    Tcho!
  • le problème de ce genre de raisonnements (les 3 cas que tu décris), c'est qu'ils prétendent mettre des principes (le choix des licences libres) à l'épreuve de la réalité mais que de la réalité, on ne retient que la dimension disons sonnante et trébuchante. Ce qui est tout de même une version bien plate et réductrice de la réalité.
    C'est évidemment un point de vue très répandu. Au point que les militants des licences libres passent leur temps à parler de questions de revenus, de rémunérations, de "comment vivre de sa musique", etc.
    or
    il est évident que les licences libres n'ont qu'un rapport extrêmement ténu avec le fait de gagner ou pas de l'argent. Elles n'ont pas été conçues dans cette perspective (même si, Ram Samudrala, notre grand pa, quand il inventât la free music licence, consacrait déjà un chapitre à cette question, mais pour la considérer comme peu fondamentale).
    Le grand économiste Amartya Sen, et d'autres après lui, ont essayé de construire une théorie économique de la richesse qui ne soit pas réduite à l'examen du PIB. Ce qu'il reproche aux économistes classiques, c'est de considérer l'être humain comme un individu purement intéressé, uniquement préoccupé d'augmenter ses revenus, dont les préférences sont entièrement organisées autour de ce but. Il se propose du coup de modifier les instruments de mesure traditionnels des économistes : il montre en étudiant certaines sociétés (notamment en Inde) comment la réalité des désirs et de ce que les gens souhaitent est beaucoup plus vaste que "gagner plus". Bon.. je détaille pas plus ici, on trouve pas mal de textes de Sen sur le net à ce sujet.
    Les licences libres renvoyaient originairement à une question de principe, et de ce point de vue, concernaient des personnes pour qui le partage, la circulation libre de la culture, la facilitation de l'accès aux oeuvres, l'accroissement de la créativité par la collaboration entre créateurs, constituaient des valeurs ou des principes prioritaires.
    Dans l'ambiance actuelle, et même dans le monde des utilisateurs des licences libres, ces valeurs ont été en quelque sorte mises au rencart, et sont de plus en plus passées sous silence, au profit d'un discours qui pose comme priorité d'autres valeurs, comme "gagner de l'argent", devenir une star, gagner en visibilité etc.
    Du coup, malheureusement à mon avis, les discussions autour des licences libres tendent à se focaliser sur des problèmes de rémunération, alors que, je le répète, ce n'était absolument pas le destination première de ces outils.
    C'est un peu comme si vous demandiez à l'entreprise TOTAL des conseils en matière de gestion de l'environnement. Ça n'a pas de sens.

    Pour quand même donner une espèce de réponse à tes suggestions ironiques :
    si un musicien a le malheur d'avoir du succès, on s'attend à ce qu'il ressente comme une nécessité de s'inscrire dans le système traditionnel (sacem etc.) - c'est-à-dire que, alors même qu'ayant du succès il commence à gagner de l'argent (en multipliant les concerts par exemple), on suppose qu'il n'aurait dès lors qu'une envie : EN GAGNER ENCORE PLUS.
    C'est bizarre quand même.
    Et on se dit alors qu'il se retrouve devant un dilemme pratique : ou bien il reste sous LLD et il ne gagne pas autant d'argent qu'il pourrait en gagner en faisant autrement
    ou bien il entre dans le système etc..
    Mais le problème dans ce cas, ce n'est pas les licences libres.
    C'est pourquoi donc alors qu'il commence à être connnu, voudrait-il forcément gagner plus ?
    D'autant plus que gagner plus d'accord.. mais entrer dans le système, c'est également se soumettre à un tas de contraintes dont on ne parle jamais.. Si vous signez avec une major par exemple, vous sacrifiez une bonne part de votre liberté créative. Si vous abandonnez vos principes, vous risquez de vous sentir un peu moins à l'aise qu'autrefois, psychiquement parlant.
    Est-ce tellement improbable qu'il se trouve quelques artistes pour dire : non, je ne considère pas que gagner plus vaut la peine d'abandonner mes principes. Je ne dis pas que ça puisse devenir une option majoritaire (je m'en fiche d'ailleurs, les gens font bien ce qu'ils pensent vouloir). Mais pourquoi ça semble tellement impossible d'imaginer qu'un type pareil puisse exister ?

    Et pourquoi ça semble poser quand même un problème aux gens d'imaginer qu'ils puissent pour des raisons financières abandonner les LLD ? On voit bien que derrière il y a quand même un attachement à des principes, de la morale, un rapport de fidélité à ses idées, qu'il n'est pas si simple finalement de retourner sa veste.

    Il est vrai que ce genre de considération est devenu très inactuel, l'ambiance étant quand même globalement au cynisme.. Sauf que non, y'a quand même pas mal de gens, des groupes, qui tiennent autour de certains principes.. Tout le monde n'est pas happé par le cynisme ambiant (et je crois que même chez le pire des cyniques, ça ne va pas de soi quand même parfois, y'a une petite lumière morale certes ténues mais qui s'allume de temps en temps.. à part chez le psychopathe bien sûr).
  • dibp écrit:

    C'est ce dernier point qui mérite d'être éclairci : quelqu'un est-il en mesure de lister ce qu'apporte/enlève, et à qui, l'adhésion à la SACEM quand :
    - je sors une autoprod
    - un tiers produit mon CD (physique ou digital)
    - je joue live
    - je passe à la radio

    Tiens, une question con : le téléphone sonne en pleine nuit et mon pote me dit "salut coco, je suis avec David (Bowie) là, il adore c'que tu fais, il voudrait que tu lui écrive un titre pour le prochain album...". Putain, le délire. DAVID PEUT-IL AVOIR UN TITRE EN ARTLIBRE OU EN CC SUR LE PROCHAIN CD ?

    Tcho!

    Alors, David Bowie, le malheureux, il me semble qu'il est indisposé en ce moment, pour ne pas dire subclaquant (snif). Mais s'il se refait une santé, il peut sans doute adopter une licence libre pour ce qu'il veut puisqu'il est sous le régime du copyright, qui est moins contraignant de ce point de vue que celui de la SACEM.

    - autoprod :
    Tu te mets d'accord avec toi-même dans le mesure du possible, et tu te réclames ce que tu veux. Si tu veux commercialiser ta zic, toutefois, il va sans doute falloir que tu crées une boîte ou que tu te mettes en auto-entrepreneur. Si ta zic autoproduite est diffusée publiquement et que tu es à la SACEM, tu pourras toucher quelque chose. Si toutefois tu es ton propre diffuseur, tu devras toi-même raquer auprès de la SACEM pour que celle-ci te redistribue une partie de la thune. [edit : si tu n'es pas à la SACEM, faudra que t'expliques patiemment à la SDRM que tu ne lui dois rien].

    - CD produit :
    Le contrat entre le producteur et toi se négocie de gré à gré. A toi de bien lire ce qui est écrit en tout petit, et d'exposer tes conditions. Tu peux vouloir, par exemple, que le contrat ne soit pas exclusif, ou qu'il vaille pour une certaine durée... etc. Le producteur peut vouloir au contraire l'exclu totale, que tu sois à la SACEM et que tu le prennes comme éditeur (pour qu'il puisse palper 1/3 des droits de diff et une partie des DRM). Tout dépend du rapport de force (ou d'amitié)...
    Y a la question des royalties, de l'avance sur recette, de la prime de commande, de la propriété du master...
    Mon opinion perso : nous autres qui diffusons notre zic autoproduite sous LO, nous n'avons a priori besoin de personne, même sans Harley Davidson. Nous ne demandons rien. Nous nous suffisons à nous-mêmes. Nous n'avons pas besoin du "système" (ou du moins nous avons appris à nous en passer). Si le "système" s'intéresse à nous, c'est à lui de s'assouplir pour s'adapter à nos exigences. Pas l'inverse. Et donc nous devons être plus chers que les autres, en somme, si jamais nous nous abaissons à accepter de rentrer dans le système. Car nous sommes un luxe (oui, je sais, ce que je dis là est une inversion totale par rapport au lieu commun du jeune talent en voie de professionalisation).
    Tu veux diffuser sous LAL ou CC ? Fort bien. Tu le fais déjà, et sans producteur. Ton pote producteur, s'il s'intéresse à ta musique, c'est à lui, en fait, de te proposer un deal qui te convienne (par exemple, en acceptant la libre-diffusion) tout en ménageant évidemment ses propres intérêts.
    reste un point évoqué plus haut par Eisse : celui des droits voisins (producteur, interprètes...). A ce sujet, les textes des LO ne disent rien, ce qui est tout de même une sacrée lacune : on ne parle que de droit des auteurs

    - Live :
    SACEM ou pas, tu peux percevoir un cachet, si t'as de la chance.
    Si t'es à la SACEM et si la salle te déclare, tu toucheras des droits d'exécution publique. Sinon que dalle. A moins de réclamer directement à la salle (voir ci-dessous ce que je dis en remplaçant radio par salle).

    - Radio : si t'es à la SACEM et que la radio déclare bien sa playlist, tu palpes. Sinon, si tu n'es pas à la SACEM, tu peux demander toi-même, individuellement, à toucher tes droits d'auteur. Accroche-toi pour faire valoir tes droits tout seul. Mais bon, si t'es sous LAL ou CC by-sa, je ne vois pas au nom de quoi tu irais réclamer des droits auxquels tu renonces précisément par ta licence. Y aurait même abus de confiance, à mon sens. A mon avis, ça peut se faire dans le cas d'une clause NC uniquement, et si la radio est commerciale (pub).
  • Merci InCauda et Dana
    Alors, David Bowie, le malheureux, il me semble qu'il est indisposé en ce moment, pour ne pas dire subclaquant (snif). Mais s'il se refait une santé, il peut sans doute adopter une licence libre pour ce qu'il veut puisqu'il est sous le régime du copyright, qui est moins contraignant de ce point de vue que celui de la SACEM.

    Mauvais exemple, alors. Prenons Alain Chamfort. C'est moins fun.
    dana écrit:
    C'est pourquoi donc alors qu'il commence à être connnu, voudrait-il forcément gagner plus ?

    Je veux juste rappeler que dans mon topic j'ai mis du producteur et donc une dimension financière.

    Die IBP est sous LAL, j'écris mes petits trucs, je les poste ici, et ensuite je sais pas trop ce qu'ils deviennent. Ca m'amuse de voir les stats, et ça me plait d'avoir parfois de leurs nouvelles. Je les joue pas live. Je les vends pas gravés. J'ai pas fait de tee-shirt. Je suis juste content de les avoir écrits ces petits trucs.

    Natural Sheen, c'est un peu différent. C'est sous CC-by-nc-nd, on est deux, et comme ça se veut un poil cynique sur le système ça s'accommoderait bien de merchandising histoire d'être un peu plus dans le paradoxe (genre : pour l'achat d'un tee-shirt + 1 euro on vous offre le dernier 4 titres sur K7). Quand on joue sur scène, ça nous coûte des RTT + bonbon en baby-sitter. Il y a bel et bien une dimension commerciale derrière.

    Tout ça pour dire que je ne suis/serais pas choqué par un éventuel retour de thunes.

    Dans mon topic, au départ, il y avait aussi la casquette du type qui veut vivre de sa musique et qui voit son truc prendre de l'ampleur : il a un statut d'inter, il backline, il joue un peu, il vend 3 tee-shirts... et le retour SACEM bin ça ajoute un peu sur son compte en banque. Si je viens lui dire "t'as songé aux CC ?", il me prend pour un fou... Sauf si j'ai le bon argument à lui opposer.

    Là, je tourne en rond : la gestion individuelle ça doit être ne serait-ce que chronophage.

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