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Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie

Ca y est, HADOPI à sortie l'artillerie marketing : après un mauvais départ ils mettent le paquet pour nous convaincre que se sont EUX les good guys.

Je ne commenterais pas, ni les affiches, ni le message véhiculé. Préparez-vous juste à être légèrement énervé par ces dernières.

C'est d'ailleurs précisément la raison de ce post.

HADOPI, PUR, et toutes ces conneries : on s'en fout. Mais alors à un point.... je dirais même qu'on s'en balance GALACTIQUEMENT.

Notre combat est un bien non-rival

De la même façon qu'écouter un morceau de musique n'empêche personne de l'écouter aussi, HADOPI ne peut pas nous empêcher de faire ce que nous faisons.

N'oublions jamais que c'est la plus grande force du libre : contrairement à beaucoup d'autre combat qui se heurte PHYSIQUEMENT à l'opposition, nous pouvons littéralement manœuvrer en parallèle ; sans interférence, avec ce que nous combattons.

Je n'insisterais jamais assez sur le point que je viens de soulever, car c'est notre meilleure arme. Essayer de contrer HADOPI ou de convaincre tout ces gens qu'ils ont tord serait -au mieux- une perte d’énergie et -au pire- suicidaire.

Tout ce que nous avons à faire, c'est ce que nous avons toujours fait :
essayer de faire ce qu'on fait du mieux qu'on peut. Des outils fantastiques ont été mis en place et ils ont besoin d'être améliorés constamment.

- Les sites ont besoins d'êtres mis au gout du jours
- les festivals ont besoins de main-d’œuvres
- On a besoin des outils pour guider les gens dans ce méandre (dans lesquels nous sommes nous-mêmes un peu perdu)

et j'en passe et des meilleurs...

On à pas de temps à perdre à répondre à leurs provocation, et cil n'y a que la perspective des belles choses à venir chez nous qui peuvent refaire partir à la hausse notre énergie.

Choisissons nos amis

Dans les faits, trouver des alliés dans le monde culturel est un combat de tout les instant tant la situation est critique pour tout le monde (i.e. les caisses sont vides).

Il faut les entendre ces petits labels (qui devraient être nos meilleurs potes depuis bien longtemps) rentrer dans la spirale du "sauve qui peut" en pactisant avec n'importe qui et en essayant d'"innover" tout azimuts. Comment leur en vouloir? On ne réfléchit pas droit quand on est dans l'urgence.

Là où, partout, la "responsabilité individuelle" s'affiche comme l'arbre devant la forêt, nous devons mettre en avant les problèmes systémiques.

Là encore ne perdons pas notre temps à raisonner ceux qui essaie de protéger leur lopin de terre (souvent derrière de beaux discours fraternels). En revanche, notre combats peut trouver bien des échos avec d'autres indignés tant tout est liés une fois les choses un peu mis en perspectives.

Le futur de la musique libre est génial. Allons-y joyeusement en jetant un œil amusé sur ceux qui se battent pour les derniers os.
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Réponses

  • Je ne partage pas complètement ton avis.

    Effectivement sur le papier, hadopi ne devrait avoir aucune incidence sur les cultures libres, au contraire, en faire la promotion comme une offre légale parmi d'autres.

    Mais ce qui est valable en théorie ne l'est pas en pratique.
    J'en veux pour preuve un faisceau d'indices qui tentent à prouver que certains lobbies industriels ont délibérément choisi de promouvoir et faire promouvoir par le législateur et le gouvernement leurs contenus appelés "offre légale" sans y adjoindre naturellement et avec justesse les cultures libres qui sont légales par nature là où les cultures industrielles ne le sont qu'aux forceps et dans des conditions burlesques.

    Le phénomène dont je cause ici est collatéral.
    Il s'agit de l'élimination des cultures libres parce que les FAI mettront systématiquement en avant les contenus dont ils font la promotion contractuellement et en aucun cas des contenus culturels libres qui ne leur rapporte rien.
    Par ailleurs les systèmes de "filtrages" vont devenir des systèmes de "sélection", de prescription forcée, l'ultime outil marketing : Empêcher le consommateur d'aller consommer des cultures indépendantes libres et le diriger systématiquement vers des produits industriels, et ce dès la connexion à internet.

    Il se pourrait, ce qui nous fera rire puis pleurer, que Dogmazic.net soit considéré rapidement comme un site "dangereux", j'en prend le pari ici.

    Ne sous-estimez pas la malice de certains industriels et ne sur-estimez pas la capacité des publics à contourner les systèmes de prescription forcée.

    Sans parler enfin de la labellisation officielle de certains sites comme Jamendo , qui comptent un grand nombre d'oeuvres relevant de la gestion collective des droits d'auteur (Sacem) ou du système de protection anglo-saxon (Copyright / Publishing).
    Cette situation devrait conduire à la fermeture pure et simple de ce site mais va conduire à une labellisation officielle, de qui se moque-t-on?

    Certains esprits étroits vont dire "super, ils ont grugé le système", d'autres qui comprennent les conséquences que cela peut avoir seront triste pour l'avenir très chaotique que cela prépare à l'existence même des licences libres qui pourraient ainsi être considérées comme un outil ingérable et nocif à la protection des droits d'auteurs, non par sa nature, mais par les usages inconscient et irresponsables que certains en font.

    Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
    Ce n'est pour le moment pas le cas.
  • Je ne partage pas complètement ton avis.

    je m'en doute bien , vu que ce texte est (en partie seulement) une réflexion amorcée à par tes 2 dernières productions :lol:
    Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
    Ce n'est pour le moment pas le cas.

    Oui... sauf que c'est pas comme ça que ça marche. Les acteurs institutionnels ils vont pas se jeter à corps perdu dans le libre juste parce qu'on a l'air sympa.

    Le monde de la culture est une grosse machine qui, comme toutes les grosses machines, aime user les vielles recettes et n'en changera qu'avec une formidable inertie.

    Et puis soyons honnête!! Si l'HDOPI se mettait à défendre les licences libres est-ce que nous voudrions de leur label? Voudrions-nous être estampillé par la haute autorité de N. Sarkozy?

    Voudrions-nous vraiment travailler main dans la main avec les maisons de disques, si elles se mettaient à voir l'intérêt financier des LLO? Même si ça signerait la fin des soucis d'argent de MLO, accepterions-nous?

    Bien sûr que non!

    On ne PEUT PAS à la fois dire que nos gouvernants ont une politique culturelle de merde et réclamer leur reconnaissance.

    on ne PEUT PAS à la fois pointer du doigt les injustices du système de distribution de la musique tout en espérant qu'ils nous tendent gentiment la main

    Le seul truc à faire, c'est cuisiner la meilleure soupe possible dans notre coin. Mais attention, ça ne veut pas dire tout seuls! Il y a tout un tas de gens avec lesquels je regrette qu'on ne travail pas d'avantage... que ce soit parmi le logiciel libre, certains élu, ou de nombreux mouvements citoyens, politiques etc...

    En revanche pour les "acteurs culturels institutionnels"... ceux qui veulent nous filer un coup de main pas de soucis, mais les autre je m'en cogne.
  • Je ne suis pas pour une "reconnaissance" mais simplement du respect.
    C'est à dire de veiller à ce que les cultures libres soient accessibles à tous quel que soit le FAI et qu'elles soient citées systématiquement lorsqu'on parle abusivement d'offre légale au lieu de dire "offre commerciale protégée"

    Donc il ne s'agit pas de "main tendue" mais bien d'inviter la partie politique des institutions Kulturelles de ce pays à respecter la place des cultures indépendantes libres pour ce qu'elles sont, surtout les pratiques et les usages d'ailleurs, tout le monde peut trouver une place sans gêner les autres et chacun peut tracer sa route dans une indifférence froide et bienséante.

    Cela dépasse le cadre strict du libre de mon point de vue, c'est une pathologie collective.

    Ce que je critique, ce n'est pas la politique culturelle de ce pays, elle n'est pas forcément "parfaite", et ne se limite pas à la lutte contre les "pirates", bien heureusement.
    Ce que je critique c'est bien l'utilisation du prétexte culturel ou du prétexte du droit d'auteur (il a bon dos celui là) pour favoriser de manière déloyale et insupportable tel ou tel autre groupe industriel en face des productions indépendantes, voire artisanale si je puis m'exprimer ainsi, ou même individuelles.

    Donc en ce sens je ne demande ni l'aumône , ni une "reconnaissance" quelconque des cultures libres (de toutes façons elles sont déjà reconnues dans des lieux culturels hors d'internet), mais un juste respect d'une part et une concurrence "libre et non faussée d'autre part".

    Parce qu'il s'agit bien d'une "concurrence" au final, mise en place à partir de 2006 jusqu'à aujourd'hui visant à exclure tout autre contenu de l'internet que celui produit par l'industrie des loisirs numériques. (je rappelle les dons de bons d'achat "virgin" ou "universal" sais plus, à l'assemblée nationale lors des débats DADVSI en 2006).
    Même si personne bien entendu ne veut prononcer ou écrire ce mot, c'est de la concurrence entre différents contenus.

    Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.

    Rien de plus.
  • Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.

    +1

    Ne croyons pas que nous sommes à l'abris des choses ; celà représente trop d'argent.

    Un amendement proposé au sujet de la pédagogie auprès des scolaires sur "l'offre légale" a été rejeté lors de hadopi II (proposé par Brard) ; il demandait simplement d'aborder aussi les œuvres sous licences libres et d'expliquer à nos bambins ce qu’étaient les licences libres.
    Amendement refusé. (!)
    Il avait été rédigé par des membres de l'April.

    Christophe dit rarement des bêtises.
    Et j'invite vraiment tout le monde à prendre conscience de se qu'il se passe, et de se joindre aux efforts que ce soit dans l'arène ou dans le maquis.
    Mon avis.
  • Débattons Christophe, en toute amitié bien sûr ^^
    ChristopheE écrit:
    Je ne partage pas complètement ton avis.

    Effectivement sur le papier, hadopi ne devrait avoir aucune incidence sur les cultures libres, au contraire, en faire la promotion comme une offre légale parmi d'autres.

    Mais ce qui est valable en théorie ne l'est pas en pratique.
    J'en veux pour preuve un faisceau d'indices qui tentent à prouver que certains lobbies industriels ont délibérément choisi de promouvoir et faire promouvoir par le législateur et le gouvernement leurs contenus appelés "offre légale" sans y adjoindre naturellement et avec justesse les cultures libres qui sont légales par nature là où les cultures industrielles ne le sont qu'aux forceps et dans des conditions burlesques.

    Ma récente entrevue avec M.Walter à ce sujet montre que l'Hadopi a été "maladroite dans sa sémantique concernant le thème 'offre légale'". Déclaration confirmée ici :
    Éric Walter écrit:
    « L’objectif n’est pas de séparer les plateformes labellisées des plateformes non labellisées. Le label ne veut pas dire légal, le label est un signe pour que l’utilisateur sache avec certitude que le contenu est légal. Cela ne veut pas dire que sur d’autres, qui n’auraient pas demandé de labellisation, le contenu ne le soit pas. »
    Source : http://www.pcinpact.com/dossiers/hadopi-pur-label-reponse-graduee/192-1.htm

    Néanmoins, et là je te rejoins sur les effets d'une telle labélisation et où je rejoins totalement l'article que j'ai cité, cela crée de fait "un marché à deux entrées" : celle labélisée, sure, "pur", et une "jungle internet" où tout n'est pas sécurisé, et potentiellement illégal...
    Je me rappelle notamment de mon intervention devant ce mônsieur en parlant d'artistes Sacem sur certains sites (genre Jemendo) : (avec un mouvement de la main) "oui, oui, à la mââârge, à la marge..."
    ChristopheE écrit:
    Le phénomène dont je cause ici est collatéral.
    Il s'agit de l'élimination des cultures libres parce que les FAI mettront systématiquement en avant les contenus dont ils font la promotion contractuellement et en aucun cas des contenus culturels libres qui ne leur rapporte rien.

    Très sincèrement cela se passe déjà aujourd'hui (voir SFR et Universal, Bouygues et TF1, et les MVNO (nrj et cie)). On renverse ta phrase et on peut constater qu'aucun FAI ne fait la promotion d'œuvres libres aujourd'hui. Veux-tu dire que cela deviendra plus difficile ? Mais est-ce qu'une licence libre ou ouverte n'est pas déjà une "labélisation" ?
    Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.
    ChristopheE écrit:
    Par ailleurs les systèmes de "filtrages" vont devenir des systèmes de "sélection", de prescription forcée, l'ultime outil marketing : Empêcher le consommateur d'aller consommer des cultures indépendantes libres et le diriger systématiquement vers des produits industriels, et ce dès la connexion à internet.

    Il se pourrait, ce qui nous fera rire puis pleurer, que Dogmazic.net soit considéré rapidement comme un site "dangereux", j'en prend le pari ici.

    Ne sous-estimez pas la malice de certains industriels et ne sur-estimez pas la capacité des publics à contourner les systèmes de prescription forcée.

    Je ne connais pas le poids des cultures libres par rapport aux cultures dites industrielles. Il me semble qu'en voyant le peu de concerts, d'événements, qu'elle est encore d'une faible importance par rapport aux monstres médiatiques que tu cites. Ce que tu décris est plus large que la simple confrontation entre cultures libres et industries culturelles. Cela remonte à l'histoire même de cette industrie depuis les années 60, puis les révolutions industrielles (à mon sens) de la radio FM et du CD dont la tentation est toujours de créer un circuit fermé à base d'inconscient collectif et de primeur de présence dans les médias... (autrefois publics, aujourd'hui privés)
    ChristopheE écrit:
    Sans parler enfin de la labellisation officielle de certains sites comme Jamendo , qui comptent un grand nombre d'oeuvres relevant de la gestion collective des droits d'auteur (Sacem) ou du système de protection anglo-saxon (Copyright / Publishing).
    Cette situation devrait conduire à la fermeture pure et simple de ce site mais va conduire à une labellisation officielle, de qui se moque-t-on?

    "à la marge, à la marge..." selon Walter. :)
    ChristopheE écrit:
    Certains esprits étroits vont dire "super, ils ont grugé le système", d'autres qui comprennent les conséquences que cela peut avoir seront triste pour l'avenir très chaotique que cela prépare à l'existence même des licences libres qui pourraient ainsi être considérées comme un outil ingérable et nocif à la protection des droits d'auteurs, non par sa nature, mais par les usages inconscient et irresponsables que certains en font.

    Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
    Ce n'est pour le moment pas le cas.

    Non pour le moment, nous sommes pris comme un "effet de mode" en marge des débats sur internet et le droit d'auteur. Quand nous aurons un poids important dans les têtes et les esprits (DES festivals, DES théâtres, DES opéras...), effectivement, là on pourra se poser la question d'une menace importante de l'empire sur nous. Je pense que la menace est percevable mais qu'elle touche toutes les sphères des militants culturels, des petites structures (salles de concerts, associations culturelles, labels, disquaires (!), radios locales...) comme de certaines subventionnées... Et que c'est bien là que se situe le combat à mener, pas seulement "le libre contre le reste".
  • aisyk écrit:
    Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.

    Un truc qui m'échappe là, ça veut dire quoi déposer une œuvre chez Hadopi ?
  • Zeco écrit:
    aisyk écrit:
    Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.

    Un truc qui m'échappe là, ça veut dire quoi déposer une œuvre chez Hadopi ?

    Ça veut dire qu'ils ne surveillent pas "toutes" les œuvres par défaut mais bien qu'il faille les déposer au préalable avant qu'elles ne fassent partie d'un échantillon surveillé.
    http://www.pcinpact.com/actu/news/60692-hadopi-selection-fichiers-oeuvres-tmg.htm
  • “déposer une œuvre chez Hadopi”: leur envoyer un fichier numérique audio ou vidéo. ils le mettent sur eMule et Cie, et celui qui le télécharge est coupable de cotrefaçon puisqu'en même temps il le met à la disposition d'autres intenautes. Mais comme celui qui les accuse a provoqué l'infraction, il ne peut pas l'accuser de contrefaçon. Par contre, le fait que la ligne ne soit pas sécurisée avec diligence ou taxi ou tramway, ce n'est pas Hidiopit qui l'a provoqué, donc on accuse de ne pas avoir sécurisé (comprendre "filtré en version Minitel surveillé") la ligne.

    EDIT: je suis trop lent
  • En parlant d'Hadopi, je me permets de faire tourner à nouveau (?) cette page très bien fait et mise à jour très récemment...

    http://linuxmanua.blogspot.com/2009/04/10-antidotes-anti-hadopi.html
  • ChristopheE écrit:
    Je ne suis pas pour une "reconnaissance" mais simplement du respect.

    En fait la reconnaissance est plus facile à obtenir que le respect qui induit un sentiment de considération. On peut reconnaître les licences libres pour ce qu'elles sont et les mépriser. Mais au moins elles sont reconnues et prises en compte.
    C'est à dire de veiller à ce que les cultures libres soient accessibles à tous quel que soit le FAI et qu'elles soient citées systématiquement lorsqu'on parle abusivement d'offre légale au lieu de dire "offre commerciale protégée"

    Je ne comprends pas cette phrase. Tu veux que les cultures libres soient incluses dans l'offre des FAI ? Pourquoi ?
    Pour voir mis en avant des plateformes centralisatrices qui se servent de certaines licences libres de diffusion comme d'un alibi ?
    Donc il ne s'agit pas de "main tendue" mais bien d'inviter la partie politique des institutions Kulturelles de ce pays à respecter la place des cultures indépendantes libres pour ce qu'elles sont
    C'est justement le problème. D'un côté une culture marchandisée représentée par des acteurs identifiables avec des ramifications chez les politiques et de l'autre, une pratique non centralisatrice, non évaluée, sur laquelle il n'existe pas d'études sur lesquelles les pouvoirs publiques pourraient s'appuyer.
    Ce que je critique c'est bien l'utilisation du prétexte culturel ou du prétexte du droit d'auteur (il a bon dos celui là) pour favoriser de manière déloyale et insupportable tel ou tel autre groupe industriel en face des productions indépendantes, voire artisanale si je puis m'exprimer ainsi, ou même individuelles.

    Ce que tu critiques c'est le libéralisme économique qui avec la complicité des politiques tuent toute formes d'expressions "artisanales" au profit de grands groupes multinationaux. C'est désormais valable dans tous les domaines de la vie et c'est un vaste combat qui dépasse le Libre.
    Donc en ce sens je ne demande ni l'aumône , ni une "reconnaissance" quelconque des cultures libres (de toutes façons elles sont déjà reconnues dans des lieux culturels hors d'internet), mais un juste respect d'une part et une concurrence "libre et non faussée d'autre part".

    Je ne sais pas d'où sort cette affirmation, parce que dans mon expérience quotidienne, je retrouve souvent au mieux une confusion entre Libre et libre de droits hors Internet, la plupart du temps, les notions de liberté dans l'art sont comprises comme la possibilité de faire ce que l'on veut en tant qu'artiste. Même sur Internet d'ailleurs et pas seulement chez Jamendo.
    Je ne comprends pas ce que la "Concurrence libre et non faussée" vient faire là. Comme Tumulte, je pense que la culture libre n'est pas en concurrence avec la culture marchandisée. Je pense comme lui qu'elle est un monde parallèle et qu'elle ne rejoint la culture marchandisée que quand on utilise les licences libres pour faire de la promo, pour faire du lowcost comme le dit Sam, ou comme contenu gratuit pour plateforme centralisatrice.
    Parce qu'il s'agit bien d'une "concurrence" au final, mise en place à partir de 2006 jusqu'à aujourd'hui visant à exclure tout autre contenu de l'internet que celui produit par l'industrie des loisirs numériques. (je rappelle les dons de bons d'achat "virgin" ou "universal" sais plus, à l'assemblée nationale lors des débats DADVSI en 2006).
    Même si personne bien entendu ne veut prononcer ou écrire ce mot, c'est de la concurrence entre différents contenus.

    Oui c'est de la concurrence entre contenus, donc dans un contexte marchand et du point de vue de l'industrie de la propagande et de l'amusement dans le but d'abrutir les masses. Mais strictement les artistes libres ne sont pas en concurrence avec les produits culturels de l'industrie.
    Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.

    Sauf qu'à l'époque on ne parlait pas de légalité. L'usager d'Internet échange tant du Libre que du non Libre de manière naturelle. Internet est conçu pour cela.
    C'est avec l'avènement du Web 2.0 marchand que ça s'est compliqué et que le Légal sur le Réseau est devenu un terme récurrent. Distinguer le Légal du Pirate est un moyen de réduire l'offre et donc de retourner à la rareté artificielle avec laquelle seulement les marchands sont capables de faire de l'argent.

    Cette culture libre que tu veux fédérée, mettre en avant, mettre au même niveau que la culture marchandisée existe toujours et se développe de par les usages des usagers d'Internet et du Web. Ce n'est pas parce qu'on ne la cite pas ou rarement qu'elle n'existe pas et ne prospère pas. Bien au contraire.

    Je crois que même parmi les acteurs "visibles" du Libre comme ici, on a du mal à accepter que le Libre est autonome, furtif, partout, invisible, qu'il se construit seul sans l'aide d'une entité centralisatrice, en dehors du politique, en dehors de la concurrence, de manière anarchique, au son de quelques discours de personnalités reconnues de temps en temps.

    Je suis d'accord avec Tumulte dont je comprends la prose, moins avec ce qui suit et qui est argumenté comme un discours technocratique d'adjoint à la culture de mairie.

    Hadopi, et autres labels débiles du type PUR sont des épiphénomènes.

    En tant que citoyen, je me sens concerné par toutes ces conneries liberticides, Dadvsi, Acta, Hadopi, PUR, et celles qui viendront les compléter. En tant que Libriste, non.

    La guéguerre concernant l'offre en streaming entre les FAI Orange et SFR via Universal contre Deezer, tout ça c'est du caca en barre, de la bagarre industrielle entre marchands pour avoir un monopole et imposer UN Internet à leurs clients qui n'a rien à voir avec Internet. Ca ne concerne pas les culture libres.

    De mon point de vue, bien sûr. :)
  • On est tous d'accord que les LLO devraient être au centre du net et de la culture du 21ème siècle.

    C'est déjà un bon point de savoir à peu près ce qu'on veut ; tout les mouvements politiques ne peuvent pas en dire autant.

    Si j'ai écrit ce post c'est pour mettre en avant qu'on peut facilement perdre toute notre énergie et notre motivation si on se goure de cible.

    Parce que c'est la LA SEULE menace d'Hadopi : la démoralisation.

    HADOPI montre ses gros sous, ses gros moyens publicitaires (pour quel résultat :S) ses amis puissants... Et on est ni conviés, ni conchiés.

    On nous rappel qu'on ne vaut même pas la peine. Et, oui, quand ça fait des années qu'on consacre du temps, de l'argent et du cœur à quelque chose, ça fait chier.

    Eh bien tant pis. Ils ne prennent pas la peine de se soucier de nous? Ne prenons pas la peine de nous soucier d'eux.

    Pour prendre une analogie à la con : Si tu fais un super jus de fruits bio trop bon, tu ne le vendra pas mieux en disant :

    "Coca Cola ils sont méchant, c'est pas bon pour la santé, ils sont de mèche avec les grande surface"

    Le fait est que tout le monde le sait. A quoi bon en rajouter une couche. Le seul truc à faire, c'est de continuer à faire le meilleur jus de fruit possible et de le faire goûter à un maximum de gens.


    Après ce post j'arrête, parce que je ne vais pas dépenser une once d'énergie en plus pour essayer de vous convaincre de ne pas perdre de l'énergie sur des vains combats.









    [/quote]
  • Nul ne peut arrêter Internet, à quoi bon se battre sur du légal, certes je respecte les licences libres, mais au final, ils n'arriveront pas à leurs fins, c'est à dire arrêter Internet.

    Le légal, c'est bien joli, d'accord on s'en sert, je m'en sers, mais sur le net, ça n'a plus grande valeur, Hadopi c'est une machine à spam, rien d'autre, après c'est vrai qu'il faut être honnête, si un artiste distribue librement/gratuitement sa création, on est dans son bon droit de l'écouter, si un artiste veut passer par la gestion collective, on paie le montant nécessaire. Hadopi doit cependant être combattu, parce que laisser partir des millions de l'argent public en fumée pour du spam, il y a bien d'autres choses plus importantes à faire de cet argent, énergies renouvelables, etc...

    Il va sans dire que pour une machine à spam, tu prends un dédié, un script et tu envoies les pourriels, pas besoin d'une Haute Autorité... :lol:

    Bref, si vous avez (je ne suis pas français) une opportunité de combattre Hadopi, faites-le, autrement garder votre énergie pour simplement respirer l'air frais du matin... :)
  • @Aisyk
    Concernant la définition "offre légale", je m'appuie sur les débats législatifs de 2009 qui sont à l'origine de cette loi et qui sont très clairs.
    Le rattrapage que peut faire ce monsieur derrière ne me semble pas avoir le même poids.

    Le fait de mettre à disposition des oeuvres relevant du régime de la gestion collective est puni par DADVSI et Hadopi, donc pour moi point de "Maaarge" ou alors c'est la loi qui est remise en question.

    Oui, je veut dire que ce sera de plus en plus difficile d'accéder aux contenus sous licences libres et ouvertes.

    Le poids du libre/ouvert sur internet est plus important que l'industriel, c'est mécanique, la production est bien plus importante (musique, photos, vidéos, littérature)
    Par contre en effet hors d'internet c'est l'industriel qui prime bien entendu puisque les canaux de diffusion sont vérouillés.

    @Rufus
    Il ne s'agit pas d'inclure le libre dans l'offre des FAI mais plutôt de veiller à ce que l'accès direct soit toujours possible. (on en reparlera quand le filtrage tournera à plein régime de ce petit détail).

    Concernant l'étude comportementale sur la culture et internet il existe des études, j'en ai lu et aussi des recherches par exemples chez les FAI pour arriver à comprendre et maîtriser ce phénomène (le libre), source perso de 2006 lors d'un entretien avec un "chercheur" financé par Orange...

    Je ne critique pas le libéralisme économique, ce que je critique c'est la collusion nauséabonde entre certains industriels et le législateur qui usent de la loi pour aider à conquérir un marché.
    Ce n'est pas une pratique "libérale" mais bien une pratique oligarchique qui remet en question le mot "égalité" et par là même le fondement de la nation.

    L'internet a toujours eu un côté marchand, comme l'était le minitel, le Web.zéro est un concept marketing, comme le green IT ou le cloud comptine, des mots, rien que des mots.
    Ce qui change effectivement c'est que le non marchand n'a plus de place.
  • ChristopheE écrit:
    Concernant la définition "offre légale", je m'appuie sur les débats législatifs de 2009 qui sont à l'origine de cette loi et qui sont très clairs.
    Le rattrapage que peut faire ce monsieur derrière ne me semble pas avoir le même poids.
    La loi a changé depuis 2009, il y a eu des amendements, on en est la loi Hadopi 2, contrairement à une croyance répandue, la loi change tout le temps, évolue et se modifie (jurisprudence aussi)...
    ChristopheE écrit:
    Le fait de mettre à disposition des oeuvres relevant du régime de la gestion collective est puni par DADVSI et Hadopi, donc pour moi point de "Maaarge" ou alors c'est la loi qui est remise en question.
    Ce n'est pas une remise en question, pour l'Hadopi il y a clairement une "tolérance" vis-à-vis de cette pratique qui représente une infime partie, selon eux, des contenus. Tout comme il peut y avoir une tolérance de la Sacem sur certains comportements, cela leur coûterai trop cher d'appliquer à la lettre la loi.
    ChristopheE écrit:
    Oui, je veut dire que ce sera de plus en plus difficile d'accéder aux contenus sous licences libres et ouvertes.

    Le poids du libre/ouvert sur internet est plus important que l'industriel, c'est mécanique, la production est bien plus importante (musique, photos, vidéos, littérature)
    Par contre en effet hors d'internet c'est l'industriel qui prime bien entendu puisque les canaux de diffusion sont vérouillés.
    Oui, et c'est bien de cela qu'il s'agit. Parler d'industrie culturelle, parler de mémoire collective, mais surtout ne pas se limiter à internet. Dans nos débats, nous parlons de cultures, et nous avons tout autant la légitimité pour le faire que d'autres.
    ChristopheE écrit:
    @Rufus
    Il ne s'agit pas d'inclure le libre dans l'offre des FAI mais plutôt de veiller à ce que l'accès direct soit toujours possible. (on en reparlera quand le filtrage tournera à plein régime de ce petit détail).

    Concernant l'étude comportementale sur la culture et internet il existe des études, j'en ai lu et aussi des recherches par exemples chez les FAI pour arriver à comprendre et maîtriser ce phénomène (le libre), source perso de 2006 lors d'un entretien avec un "chercheur" financé par Orange...

    Je ne critique pas le libéralisme économique, ce que je critique c'est la collusion nauséabonde entre certains industriels et le législateur qui usent de la loi pour aider à conquérir un marché.
    Ce n'est pas une pratique "libérale" mais bien une pratique oligarchique qui remet en question le mot "égalité" et par là même le fondement de la nation.

    L'internet a toujours eu un côté marchand, comme l'était le minitel, le Web.zéro est un concept marketing, comme le green IT ou le cloud comptine, des mots, rien que des mots.
    Ce qui change effectivement c'est que le non marchand n'a plus de place.

    Oui surtout que la directive Bolkenstein qui vise à amalgamer tout service donné par une association à une concurrence déloyale (et donc devra être soumise aux mêmes taxes...), à supprimer la notion d'intérêt général au nom de la concurrence libre et non faussée... Cette vision "non marchande" n'est pas attaquée seulement par le web2.0demes2, mais bien par une partie de certaines politiques libérales.
    Concrètement, cela donne cela : http://www.cnafal.org/LA-DIRECTIVE-BOLKESTEIN-A-ENCORE
    http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:72bqQD_VO-EJ:www.associations.regioncentre.fr/docs/positionCPCAsurSMI171104.pdf+associations+europe+directive+non+lucratif&hl=fr&pid=bl&srcid=ADGEEShrqQdm-wxcXZQMfhTQnqR_b9PNYHpAomsvdquueOkom852UmBfCzE9k6Wt5JndgHgrDWWQkwRsxF1oyvuoWv-eNdMDbDB7nW8A8rQKMjRNgF6zir-Qv-wrPAUCldQQ0DxzRxxt&sig=AHIEtbSIwQA37YE-p9brS3cqdpeD1rfINg
  • La définition d'offre légale n'a pas évolué, c'est du cosmétique ou de la sémantique mais le fonds reste le même, hadopi 1 ou 2, personne n'a dit officiellement :
    Désolé on vous a abusé, offre légale en fait, c'est offre commerciale et de préférence en streaming par abonnement payant mensuel, abonnez-vous et fermez-la.


    Je ne suis pas d'accord, la "Tolérance" n'est pas une notion légale, ne peut pas exister dans cette affaire à moins de ne pas sanctionner les publics qui téléchargent des contenus protégés, permettant ainsi un équilibre entre plateformes labellisées qui proposent des contenus protégés en téléchargement illégal et internautes qui les téléchargent.
    Et à ce compte là la loi ne sert plus à rien.
    Il me semble important de regarder comment saisir le conseil d'état sur le sujet parce que c'est un déni de démocratie et de justice et qu'alors c'est la loi qui devient illégale.

    On ne peut pas bourrer le mou à tout le monde avec l'internet civilisé et les usages responsable quand on est pas capable de balayer devant sa porte.
  • ChristopheE écrit:

    @Rufus
    Il ne s'agit pas d'inclure le libre dans l'offre des FAI mais plutôt de veiller à ce que l'accès direct soit toujours possible. (on en reparlera quand le filtrage tournera à plein régime de ce petit détail).

    Il s'agit dans ce cas d'un problème global de censure et de disparition de l'accés à l'Internet pour n'avoir plus qu'un accés à l'Internet Orange, Apple, SFR, Free, etc...
    Les possesseurs de smartphones connaissent déjà ce phénomène même s'ils n'en n'ont pas conscience. Les FAI vendent déjà des bouquets de services, brident déjà l'accès à des contenus pour favoriser leurs partenaires commerciaux. Nous sommes déjà dedans.

    Le développement des terminaux portable, la simplification des interfaces hommes/machines, la surexposition des réseaux sociaux centralisés, l'abandon progressif du navigateur au profit de l'icône clicable, et la méconnaissance même aujourd'hui du potentiel de l'Internet par le grand public font que ce dont nous discutons dans ce fil n'est qu'une préoccupation de gens spécialisés. La plupart des usagers d'Internet sont passés à côté d'une révolution sans le savoir.

    La question que je me pose est de savoir si on doit protéger les gens d'eux-mêmes.

    Le but du Libre toutes disciplines confondues est la transmission du savoir sous toutes ses formes sans limitations techniques que ce soit à l'accès au Réseau aussi bien qu'en ce qui concerne l'appropriation, l'étude et la manipulation de ce savoir.

    L'Internet a été conçu pour cela et rien d'autre.

    Le Web marchand qui s'est développé par-dessus n'est pas du tout adapté. L'actualité nous montre que la centralisation des données et les transactions financières ne peuvent être garanties car le Réseau n'est pas sécurisable de cette façon. Il est plus facile de protéger un million de serveurs individuels que de protéger un serveur contenant les données personnelles d'un million d'usagers. Parce que simplement on peut difficilement braquer un million de serveurs at home. Le rapport entre l'effort et la récompense pour un cracker n'est pas rentable.

    Qu'est-ce qui fait que l'Internet a pris la direction du Web marchand plutôt que celui de l'Internet du partage et de la transmission ? La publicité ? La fainéantise ? La béatitude devant la technologie brillante et clignotante ?
    L'Internet est quand même un exemple de ce que peut être la liberté totale. Nous avons tous la possibilité de mettre à disposition, de chercher et de trouver l'information dont nous avons besoin. Même en ces temps de contrôle de plus en plus assidu, l'information reste trouvable. Pourtant c'est l'Internet fermé, privateur, centralisateur et donc fragile qui a la plus grosse part. C'est bien que les utilisateurs le souhaitent.

    C'est pourquoi je ne crois pas à une prise de conscience de masse par rapport aux contenus libres. Ca restera un phénomène marginal non par la quantité de références mises à disposition mais par la compréhension et les usages du grand public. C'est mon avis, je peux me tromper.

    Alors que les usagers d'Internet peuvent très facilement prendre conscience par eux-même que l'utopie peut devenir réalité, c'est juste à portée de leurs doigts, ils n'en font pas le choix, ils en font d'autres antinomiques. Quel serait l'intérêt de se battre pour porter à leur attention quelque chose qui est déjà là mais qu'ils ne voient pas parce qu'ils ne sont pas curieux ?
    Personnellement, je n'en vois pas. Je n'ai pas envie de convaincre des gens d'ouvrir les yeux alors qu'ils pourraient le faire tout seul.

    Concernant l'étude comportementale sur la culture et internet il existe des études, j'en ai lu et aussi des recherches par exemples chez les FAI pour arriver à comprendre et maîtriser ce phénomène (le libre), source perso de 2006 lors d'un entretien avec un "chercheur" financé par Orange...

    J'ignorais. Mais quel est le but de ces études ? Essentiellement commerciales, orientées donc.
    Je parlais plus d'une étude sociologique indépendante. Existe-t-il des thèses sur le sujet ? Des documents qui pourraient être les bases d'une loi par exemple ?
    Je ne critique pas le libéralisme économique, ce que je critique c'est la collusion nauséabonde entre certains industriels et le législateur qui usent de la loi pour aider à conquérir un marché.
    Ce n'est pas une pratique "libérale" mais bien une pratique oligarchique qui remet en question le mot "égalité" et par là même le fondement de la nation.

    Le libéralisme économique c'est la dérégulation par l'amenuisement du pouvoir de l'état. C'est le démantèlement des services et de l'espace public. C'est la loi de la jungle où seuls les plus forts ( plus riches ) survivent au détriments des plus faibles. C'est la disparition progressive de la démocratie basée sur la solidarité collective. C'est la disparition du fait de se sentir concerné par autre chose que sa personne et sa survie.

    Le libéralisme économique c'est le détournement des biens public au profit d'une oligarchie qui détient le pouvoir économique et politique, et bouffe tranquillement ce que les citoyens de ce pays ont payés pendant des générations et acquis dans le sangs des révolutions et des guerres successives.

    Moi, je critique ce libéralisme-là qui d'un côté nous vante la concurrence comme une vertu intrinsèquement humaine et de l'autre oeuvre dans les coulisses de la démocratie pour voler le bien collectif que nous ont transmis nos arrière-grand-parents, grand-parents et parents en le payant de leur vie, de leur santé et de leurs impôts.
    L'internet a toujours eu un côté marchand, comme l'était le minitel, le Web.zéro est un concept marketing, comme le green IT ou le cloud comptine, des mots, rien que des mots.
    Ce qui change effectivement c'est que le non marchand n'a plus de place.

    Ben non. Je suis d'accord pour reconnaître que la plus grande partie de l'histoire de l'Internet est marchand puisque le Web 2.0 est arrivé très vite, mais l'Internet n'a pas été développé pour cela, mais pour la transmission du savoir et la mise en réseau de l'intelligence collective. Je ne suis pas non plus d'accord avec ta dernière phrase. Il y a toute la place que l'on veut sur Internet, pour tout. C'est dans l'espace médiatique qu'il n'y a pas de place pour tout le monde et c'est très différent.

    Là on est clairement dans la concurrence marchande des contenus proposés au grand public. Mais est-ce que nous souhaitons entrer en concurrence quant à la proposition des contenus. Pour ma part, non.

    Nous pouvons continuer à exister sans avoir besoin de nous battre pour occuper une place dans cette concurrence. Malgré la censure prodiguée par les gouvernements et les FAI l'Internet sera toujours là et les contenus Libres aussi. Il est aussi possible que l'Internet s'adapte et qu'une rupture technologique change complètement la donne. Enfin, tout ce bordel économico-politico-médiatique depuis 2006 ne pourra pas durer encore très longtemps, le système même dans lequel nous vivons est à bout de souffle.
  • Je suis globalement vachement d'accord avec toi Rufus
    C'est pourquoi je ne crois pas à une prise de conscience de masse par rapport aux contenus libres. Ca restera un phénomène marginal non par la quantité de références mises à disposition mais par la compréhension et les usages du grand public. C'est mon avis, je peux me tromper.

    Alors que les usagers d'Internet peuvent très facilement prendre conscience par eux-même que l'utopie peut devenir réalité, c'est juste à portée de leurs doigts, ils n'en font pas le choix, ils en font d'autres antinomiques. Quel serait l'intérêt de se battre pour porter à leur attention quelque chose qui est déjà là mais qu'ils ne voient pas parce qu'ils ne sont pas curieux ?
    Personnellement, je n'en vois pas. Je n'ai pas envie de convaincre des gens d'ouvrir les yeux alors qu'ils pourraient le faire tout seul.

    Il y a juste sur ce point où je serait un poil plus optimiste. Je pense pas que les gens soient intrinsèquement cons, ou qu'ils manquent de curiosité...

    En tout cas j'ai la conviction qu'il y a des millions de gens qui sont à quelques mots d'être convaincus, mais qu'il ne nous entendent juste pas.

    C'est fou comme on peut passer des millions de fois devant un truc sans le voir si on ne sait pas que ça existe...

    Donc,Quitte à radoter salement, je maintient que la seule façon que ces gens nous entendent c'est de continuer à faire en sorte que le libre soit de plus en plus enthousiasmant...
  • Tumulte écrit:
    Je suis globalement vachement d'accord avec toi Rufus
    C'est pourquoi je ne crois pas à une prise de conscience de masse par rapport aux contenus libres. Ca restera un phénomène marginal non par la quantité de références mises à disposition mais par la compréhension et les usages du grand public. C'est mon avis, je peux me tromper.

    Alors que les usagers d'Internet peuvent très facilement prendre conscience par eux-même que l'utopie peut devenir réalité, c'est juste à portée de leurs doigts, ils n'en font pas le choix, ils en font d'autres antinomiques. Quel serait l'intérêt de se battre pour porter à leur attention quelque chose qui est déjà là mais qu'ils ne voient pas parce qu'ils ne sont pas curieux ?
    Personnellement, je n'en vois pas. Je n'ai pas envie de convaincre des gens d'ouvrir les yeux alors qu'ils pourraient le faire tout seul.

    Il y a juste sur ce point où je serait un poil plus optimiste. Je pense pas que les gens soient intrinsèquement cons, ou qu'ils manquent de curiosité...

    En tout cas j'ai la conviction qu'il y a des millions de gens qui sont à quelques mots d'être convaincus, mais qu'il ne nous entendent juste pas.

    C'est fou comme on peut passer des millions de fois devant un truc sans le voir si on ne sait pas que ça existe...

    Donc,Quitte à radoter salement, je maintient que la seule façon que ces gens nous entendent c'est de continuer à faire en sorte que le libre soit de plus en plus enthousiasmant...

    Je ne crois pas que les gens soient intrinsèquement cons. Je crois que leur connerie est une conséquence du problème pas la cause.

    Je crois aussi que tu as raison, il faut continuer à convaincre au corps à corps pour continuer à faire basculer ceux qui sont déjà alertés mais qui n'ont pas le bagage nécessaire, les outils ou la curiosité d'y arriver tout seul. Nous avons tous une responsabilité vis-à-vis de ceux qui demandent. Nous devons les aider à passer au niveau suivant.

    Ce que je voulais dire, c'est que pour trouver des choses débiles, inutiles et chronophages sur Internet, j'en connais qui sont clairement plus motivés que pour mettre cette énergie et ce temps à s'enrichir l'esprit. Et le discours de la pub leur fournit l'alibi dont ils ont besoin pour ne pas culpabiliser d'utiliser un outil fait pour la connaissance uniquement pour le divertissement vulgaire.

    Et ceux-là ils peuvent rester dans leur médiocrité car il serait dommageable pour tous les autres qui cherchent et ne trouvent pas forcément de se mettre à leur portée.

    Ma crainte ( toute relative ) serait que le Libre décide de simplifier son message, de devenir consensuel et deviennent partie d'une idéologie partisane de type UMP / PS comme l'écologie qui aujourd'hui est clairement vidée de sa substance et cuisiné à toutes les sauces.
  • aisyk écrit:
    ChristopheE écrit:
    Concernant la définition "offre légale", je m'appuie sur les débats législatifs de 2009 qui sont à l'origine de cette loi et qui sont très clairs.
    Le rattrapage que peut faire ce monsieur derrière ne me semble pas avoir le même poids.
    La loi a changé depuis 2009, il y a eu des amendements, on en est la loi Hadopi 2, contrairement à une croyance répandue, la loi change tout le temps, évolue et se modifie (jurisprudence aussi)...

    Merci, pourrais tu préciser les amendements en question car si je comprends ce que dis Christophe n'aurais plus de sens à ce jour.
    Pour nous permettre d'y voir clair , un petit lien et un argumentaire motivé serait bien car sinon comment traiter ta remarque?
  • delgarma écrit:
    aisyk écrit:
    ChristopheE écrit:
    Concernant la définition "offre légale", je m'appuie sur les débats législatifs de 2009 qui sont à l'origine de cette loi et qui sont très clairs.
    Le rattrapage que peut faire ce monsieur derrière ne me semble pas avoir le même poids.
    La loi a changé depuis 2009, il y a eu des amendements, on en est la loi Hadopi 2, contrairement à une croyance répandue, la loi change tout le temps, évolue et se modifie (jurisprudence aussi)...

    Merci, pourrais tu préciser les amendements en question car si je comprends ce que dis Christophe n'aurais plus de sens à ce jour.
    Pour nous permettre d'y voir clair , un petit lien et un argumentaire motivé serait bien car sinon comment traiter ta remarque?

    Pas de problèmes.

    1- Il n'est pas mentionné dans la loi "d'offre légale", c'est bien à l'Hadopi d'en définir des contours, or ils précisent bien que des offres légales existent sans avoir leur label "HadopiPUR".
    2- Relire la FAQ de l'Hadopi à ce sujet est fort intéressant :
    Hadopi écrit:
    Exemples choisis : "Qu'est-ce qu'une offre légale ?
    Une offre légale est une offre respectueuse des droits de propriété intellectuelle.
    Cette offre a pris en compte la rémunération des ayants droit, c'est-à-dire, des producteurs, des auteurs, des interprètes, et de toute la filière, quand elle est due."
    "Aucun mode de diffusion n’est en soi légal ou illégal : la technologie est neutre."
    Source : http://www.hadopi.fr/faq.html#thematique_faq_c
    3- Sur la censure par le Conseil Constitutionnel de la riposte graduée : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/06/10/hadopi-le-conseil-constitutionnel-censure-la-riposte-graduee_1205290_651865.html
    4- Sur le filtrage : http://www.pcinpact.com/dossiers/loi-hadopi-riposte-graduee-anefe/162-8.htm
    PCI écrit:
    "En clair, il faudra bien des arguments en béton pour qu’un filtrage soit imposé dans les mains d’un FAI et affectant la liberté de communication de millions d’utilisateurs tout cela pour protéger une poignée de MP3."
    5- M.Walter, et Tumulte qui était présent à la réunion pourra vous en témoigner tout autant que moi, travaille avec des députés UMP sur une Hadopi 3.
    6- Sur les décrets d'application publiés : http://www.laquadrature.net/fr/hadopi

    Donc, oui les choses ne sont pas gravées dans le marbre et une déclaration dans un débat parlementaire en 2009, ne fait pas office de loi mais d'un discours d'une personne à un moment T.

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