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[mini-tutorial] mixer en direct avec IDJC

08:23 modifié dans Tech
Salut,

Si vous y avez encore échappé jusqu'à ce jour, depuis quelques temps je me suis mis à faire des DJ Sets que je publie ensuite - souvent ils sont retransmis en direct sur Wumzle Radio pendant l'enregistrement.

(hors-sujet) : d'ailleurs pour le set d'hier soir, pour la première fois je l'ai annoncé sur Dogmazic, et résultat le compteur est monté jusqu'à trois auditeurs simultanés. Ce qui me motive à planifier un prochain set, très probablement samedi 21 avril, 22 heures heure de Paris, qui devrait être diffusé en direct sur Wumzle Radio. C'est possible aussi que je mixe sur cette radio à d'autre moments dans l'intervalle, et au minimum ces session de DJing seront annoncées sur le blog du label, donc si ça vous intéresse vous pouvez vous abonner à celui-ci. Il y a des flux RSS pour l'abonnement. J'ajoute une fonction d'abonnement par email immédiatement, tiens ! (fin du hors-sujet)

IDJC est un logiciel de mix, le plus simple et direct de tous ceux que j'ai essayé. Il n'est pas aussi riche en fonctionnalité que Mixxx, par exemple (qui propose une fonction d’enchaînement automatique des morceaux), mais a de très bon cotés.

Comme la plupart des logiciels de cette catégorie, IDJC peut envoyer votre mix en direct vers une webradio IceCast ou ShoutCast. La quasi totalité des webradios sont soit une radio ShoutCast, soit une webradio IceCast. À moins d'une requête directe, je ne détaillerai pas ici cet aspect des choses, je vais me concentrer sur le mixage et son enregistrement.

IDJC est disponible sur les Unix/Linux, donc avec un peu d'huile de coude il doit être possible de le faire tourner sur Mac OS X.

IDJC utilise Jack pour communiquer avec le sous-ensemble 'son' du système d'exploitation. Ça ajoute un peu de complexité à la mise en œuvre, mais cela implique que toutes les fonctions avancées de routage du signal audio que Jack propose seront disponibles, et il sera possible d'interfacer IDJC avec tout programme supportant Jack. Par exemple, en février 2011 j'ai enregistré et diffusé en direct un Live de musique électronique. J'utilisais LMMS pour générer les sons en live, et via Jack je routais le signal vers IDJC qui s'occupait de l'enregistrement et de la retransmission radio.

**installation**

Pour installer IDJC, les instructions sont spécifiques à chaque système d'exploitation, par exemple sous Ubuntu Linux (et probablement aussi sous Debian Linux) vous pouvez entrer la commande (dans un terminal)

sudo apt-get install idjc

Sudo va vous demander votre mot de passe administrateur (nécessaire pour installer un logiciel), puis apt-get va télécharger et installer IDJC.

Alternativement, vous pouvez aller chercher le logiciel via une interface graphique comme "Logithèque Ubuntu" (Ubuntu Software Center) ou "Logithèque Debian" (Debian Software Center) et l'installer de cette façon.

Dans ces deux cas, Jack sera automatiquement installé au passage.

Sur la plupart des système, il vous sera proposé d'activer ou non le mode 'temps réel' de Jack lors de l'installation. Activer le mode 'temps réel' signifie que cette option sera disponible dans Jack, pour que le signal soit toujours routé, sans coupure, peu importe à quel point vous sollicitez la puissance de calcul de votre machine. Ce qui peut conduire à un blocage temporaire de votre machine si vous allez vraiment très loin, le temps que Jack traite les données. Sur une machine de puissance moyenne, il y a déjà largement assez de puissance disponible pour gérer une session de mix sans recourir au mode 'temps réel'. Je n'ai jamais eu à l'utiliser.

**Lancement**

Si on lance IDJC, par défaut Jack sera lancé au passage. Mais moi je préfère lancer Jack à l'avance, puis lancer ensuite IDJC.

Pour lancer Jack dans un terminal, j'entre la commande

jackd -d alsa

qui lance Jack en utilisant le "device" alsa, qui est le périphérique sonore par défaut sous Linux. Si vous voulez plus d'option pour Jack sans trop vous prendre la tête il existe des interfaces graphiques pour démarrer Jack avec tout un choix d'options, comme par exemple qjackctl.

Une fois que Jack est démarré, je lance IDJC, ce qui peut être fait graphiquement depuis le menu de beaucoup de gestionnaires de bureau, ou en ligne de commande dans un terminal, avec la commande

idjc

**interrompre le programme**

Pour arrêter IDJC, il suffit de fermer la fenêtre.

Si vous avez lancé Jack à la main, il faudra aussi l'arrêter, en retournant sur la fenêtre de terminal que vous avez utilisée pour le lancer, puis en pressant la touche [Ctrl] et la touche C simultanément,

**bon, et alors, c'est quand qu'on DJette ?**

IDJC propose deux listes de lecture. Vous pouvez ajouter vos fichiers audio à chacune des listes avec le bouton 'Eject' inversé.

Généralement, j'utilise IDJC avec deux fois la même liste de morceaux. Sous chaque liste il y a une boite déroulante 'Playlist mode' qui propose le mode de lecture, comme par exemple, 'Loop' (lecture en boucle de tous les morceaux) ou 'Random' (lecture aléatoire continue).

N'oubliez pas de régler le 'Audio Feed' des deux listes, et le 'Monitor Mix', sur 'Stream', pour que vous puissiez entendre ce qui est effectivement joué.

Il suffit, ensuite, de lancer la lecture sur les deux listes. En dessous de ces deux blocs, il y a l'historique des morceaux joués durant la session. Et encore en dessous, il y a le crossfader.

Le crossfader vous permet de sélectionner quelle liste de lecture le public va entendre. Aussi, en admettant que vous avez lancé la lecture sur les deux listes :

-en positionnant le crossfader à fond à gauche, le public entendra le morceau joué dans la liste de lecture de gauche.
-en positionnant le crossfader à fond à droite, le public entendra le morceau joué dans la liste de lecture de droite
-en positionnant le crossfader au milieu, le public entendra les deux morceaux joués dans les deux listes de lectures, simultanément

Et toutes les possibilités dans l'intervalle. Par exemple, avec le crossfader positionné à 80% à gauche, le signal joué sera composé des deux sources, avec un rapport de 4 à 1 pour le volume de celle de gauche par rapport au volume de celle de droite.

Il y a des boutons pour positionner rapidement le crossfader à fond à gauche, à fond à droite, ou au milieu.

Il est également possible de programmer le crossfader pour qu'il glisse tout seul d'un coté à l'autre en prenant plus ou moins son temps :

Le bloc 'time' permet de définir combien de temps durera la transition (20 secondes maximum)

Le bouton Pass permet de déclencher effectivement cette transition

Sinon, le bloc Response permet de définir la courbe qui sera utilisée par le crossfader pour déterminer le pourcentage de chaque signal qui sera joué.
Pour les besoin du mix en direct, j'ai tendance à trouver que la courbe légèrement arrondie est la plus adaptée : le volume général reste constant, et le temps durant lequel on entendra un peu des deux sources est assez réduit.

Vous savez quasiment tout. Juste, sous chaque liste de lecture, il est possible de définir un enchainement ('fade') de 0, 5 ou 10 secondes, quand un morceau dans une liste de lecture en particulier se termine et que le suivant commence. Si par exemple vous sélectionnez '10 secondes', sur les dernières secondes du morceau, on commencera à entendre le prochain en sur-impression.

Enfin, il y a un bouton 'Microphone'. Vous appuyez dessus et la musique ne sera plus routée vers les auditeurs, à la place ils entendront tout ce que vous direz dans un éventuel micro. J'ai assez peu testé cette fonction et j'ai peu d'info, tout ce que je peux dire c'est qu'un second clic met fin à la capture et remet la musique sur le flux.

**enregistrement**

Pour enregistrer votre mix, il faut cliquer sur le bouton 'Output'. Tout en bas de la fenêtre, il y a une section 'Record'. Pour une qualité optimale il faut sélectionner 'Flac+CUE'... En gardant à l'esprit que ça prendra beaucoup de place sur votre disque dur, par exemple mon set d'hier soir, durant environ 2 heures 30, pèse dans les 2 gig.

Juste à coté du bloc qui permet de sélectionner 'Flac+CUE', il y a un bouton qui permet de choisir où le fichier sera sauvé. On sélectionne simplement un dossier, et les fichiers y seront enregistrés, avec comme nom la date de début d'enregistrement.

Le fichier FLAC est le fichier audio. Le fichier CUE est un simple fichier texte qui indique, à la seconde près, vers quel morceau penchait le plus le crossfader à un moment donné, tout au long de la session de mix. Notez que les infos de morceaux seront obtenues via les tags, il vous faudra donc mixer des fichiers audio convenablement taggués pour tirer parti de cette fonctionnalité.

Fin du tuto. En annexe, quelques remarques générales et non-exhaustives pour ce qui est de la légalité d'une publication de votre mix - juste ce qui me passe par la tête là, maintenant, et, il est possible que je raconte n'importe quoi :

-Si vous mixez des artistes déposés SACEM ou autre SRDP (quasi tout ce que vous voyez à la télé, entendez sur les radios, lisez dans la presse), la SRDP ne vous laissera pas diffuser votre œuvre dérivée pour rien. Déjà, vous ne pourrez pas la proposer gratuitement, et vous devrez reverser une certaines somme sur les ventes éventuelles de votre mix. Bien sûr vous ne pourrez pas mettre votre mix sous licence de libre diffusion.

-Si vous mixez des artistes qui proposent leur musique sans être inscrit à la SACEM ou autre, mais sans non plus utiliser une licence libre/ouverte, vous devrez négocier au cas par cas, avec chaque artiste, les conditions auxquelles ils vous autoriseront peut-être à publier le mix.

-Si vous mixez des artistes dont la musique est sous licence libre ou ouverte... Vous bénéficiez des droits accordés par la licence. Au delà de ça, vous pouvez aussi négocier avec les artistes des autorisations particulières, mais on y reviendra.

Il y a déjà la question de l'attribution. Moi je me contente généralement d'indiquer

a) quels artistes sont présentés dans le mix
b) quels morceaux sont présents dans un mix, sans préciser à quel moments des extraits du morceau surviennent

Comme je ne suis pas certain que ce soit suffisant comme attribution - devrais-je indiquer en plus à quel moment précis du mix chaque morceau est joué ? - le plus simple est encore de toujours contacter le groupe/le projet avant de publier le mix, de préciser comment l'attribution sera faite, et d'attendre une autorisation éventuelle.

Comme, généralement, mes propres mixs sont consacrés à un artiste en particulier, j'indique le nom de l'artiste directement dans le titre du set, avec aussi une vague indication de quels morceaux sont joués

(genre "any songs from the releases 'do this/do that' and 'These Guys Are'", "A selection of songs from the 2009 era", ce genre de chose).

Il y a deux trois trucs à savoir, sinon :

-si une licence dit 'pas d'œuvres dérivées', il faudra l'autorisation des ayants-droits pour publier votre mix, qui est une œuvre dérivée, et bien sûr il est probable que ceux-ci voudront que votre mix soit sous licence 'pas d'œuvre dérivée' également. Si ce n'est pas le cas, il deviendrait possible de créer des œuvres dérivées de votre mix, donc des œuvres dérivées des morceaux originaux. Si les artistes ont chois une clause 'no deriv" ils seront probablement opposés à ça.

-si une licence dit 'attribution et rien d'autre' (genre, la CC-BY), vous pouvez placer votre mix sous n'importe quelle licence, et combiner les morceaux sous BY avec des morceaux sous une licence introduisant de la viralité sans problème.

-pour les morceaux originaux sous une licence introduisant une viralité (par exemple, CC-BY-SA, CC-BY-NC-SA, LAL), à moins d'avoir l'autorisation des artistes pour faire autrement, vous DEVREZ placer votre mix sous la même licence que le morceau original. Ce qui signifie que vous ne pourrez pas mélanger des morceaux sous BY-SA avec des morceaux sous LAL, par exemple. Car vous ne pouvez pas respecter la clause de viralité des deux licences simultanément.

Voilà, j'espère que ce message donnera des idées à certain(e)s.

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