Pour nous contacter : soyez au rendez-vous sur IRC ! (voir : http://dogmazic.net/irc )

Godzenbuth - Opus IV final, dernier titre de l'EP GODZENBUTH - OPUS IV


LE COUPABLE ET L'INNOCENT (ou du nouveau, vrai et certain Sacrifice)



Le cortège pompeux des prévôts boiteux et bossus pénétra dans la salle estimable du tribunal des honnêtes gens.

L'assistance s'agenouilla et entonna le cantique de la nouvelle ère nouvelle, la vraie et certaine comme l'affirmaient certains de leurs zélateurs, tous membres du cercle de jeu de dupe diplomatique et emphatique.

La lumière sournoise des projecteurs de bonne conscience fardait d'un ton blafard les silhouettes prosternées, et leurs ombres chancelantes semblaient vaciller tels des ectoplasmes fuyant leur ancienne demeure glauque et putride.

Au bas bout se tenaient couchés, faces contre terre en signe de soumission, ceux qui signèrent l'acte de capitulation des suiveurs de drapeaux. Ce renoncement les dispensaient, malgré leur châtiment, de courir sans fin après une bannière ne signifiant rien.

Après avoir lu le décret intitulé : « les innocents forcément innocents », parce que découlant de la clause des intérêts bien entendus, le président des prévôts pointa de son doigt inquisiteur et disgracié le banc du coupable.

« Ô toi le monstrueux coupable tout trouvé, bouc-émissaire de la médiocrité et du calcul, produit facturé du mensonge, de la lâcheté, de l'hypocrisie et de la duplicité, nos chères perversités cardinales, qu'as- tu à dire pour ta défense ? »

Le faquin se leva et esquissa le souffle d'un mot.

«C'en est trop, insolent, tout t'accuse », et l'assistance reprit en chœur : « Au nom de la bonté altruiste qui rapporte, il ne vaut rien, au bucher, au bucher ! »

« Nous, prélat de la haute cour contre-nature, et en vertu des mythes incapacitants, nous érigeons et glorifions la nouvelle économie des fonds de commerce de la victimisation et tutti quanti, dispensant les innocents désignés et leur clique de tout examen contradictoire. La dissimulation, l'imposture, la fausseté, la perfidie, la sournoiserie, la ruse et la tromperie seront les sept joyaux inquisitoires de la culpabilisation comminatoire ! »

Un déchainement hystérique fit trembler la salle. Les enragés se jetèrent sur le pauvre hère et projetèrent sur son front à la pointe sèche, le ternaire maudit, intolérable attribut détaché de leur psychisme inférieur.

On put lire en lettre de sang : infamie, diffamation, sodomie intellectuelle.
Ils le traînèrent par les pieds jusqu'au bucher entretenu par leur haine.

Ainsi je sortais de mon sommeil éthylique. Silène m'en sait gré, pour qui ivresse et sagesse ne furent que les deux faces d'une même pièce, et que dire de sa boite ! Il rendit bien des services à Pan gambadant en haut des cimes, dissuadant les intrus de s'élever sans en avoir les talents, et Dionysos se souvient de sa fougue à défaire les géants. Quant à Midas, ne vous y trompez pas, il savait changer l'eau en vin.

BONNE ECOUTE !

Ajouter un commentaire