J'ai un peu modifié, ça donne :
1/ Vous sentez-vous concerné par le projet de loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information qui a été discuté à l’Assemblée Nationale ? Si oui, dans quelle mesure ?
Nous ne pouvons qu'être concernés par un projet qui gêne considérablement le développement de la culture libre au profit d'une offre industrielle formatée et qui tente de contrôler l'accès à la diversité culturelle sous un faux prétexte de lutte contre la contrefaçon des œuvres protégées par le copyright et issues du marché industriel.
2/ Quelle est votre position par rapport à ce projet de loi ? Expliquez vos raisons.
Notre position est simple :
La loi doit permettre aux auteurs qui ont fait le choix de la gestion individuelle des droits d'auteur de pouvoir diffuser leur musique sur internet sans l'obligation d'apposer de mesure technique de protection sur leurs fichiers.
La loi doit permettre l'interopérabilité des outils informatiques permettant au public d'accéder aux œuvres diffusées sous licence de libre diffusion.
3/ Quels sont les enjeux de ce dossier tant sur le plan économique que juridique ou bien encore artistique ?
Voir 1/
Voir le livre blanc sur le P2P auquel nous avons participé, en téléchargement à partir du site :
http://musique-libre.org/download.php?op=mydown&did=39
4/ Quelle réaction vous a inspiré l’amendement sur la licence globale voté fin décembre 2005 ?
La licence globale n'est une bonne chose pour personne :
Elle ne tient absolument pas compte de la gestion individuelle des droits d'auteurs et oblige le public à payer pour accéder à une offre gratuite et légale, tout en sachant que la somme collectée ne sera jamais, même en partie redistribuée au titre de la gestion individuelle. Le seul aspect positif est la dépénalisation des échanges sur internet, ça reste tout de même un pis aller.
5/ En tant que label indépendant de musique, quelle est votre position par rapport au téléchargement sur les réseaux peer to peer ? Etes vous favorable ou non à l’instauration de la licence globale ? Quelle solution préconisez-vous ?
Nous ne sommes pas un label indépendant. Notre association regroupe des labels et des artistes indépendants dont le point commun est d'avoir choisi la libre diffusion de leurs œuvres.
Le P2P n'est qu'une technologie parmi d'autres, se focaliser dessus c'est oublier 90% d'internet !
Nous considérons le p2p comme un excellent moyen de promotion des œuvres en libre diffusion.
Notre opinion sur la licence globale, c'est comme nous l'avons dit plus haut qu'elle ne tient pas compte de notre existence.
Nous n'avons pas besoin de trouver une solution, puisque nous avons résolu le problème de notre côté, en misant sur la générosité des artistes et du public. Tous le monde peut avoir accès aux œuvres en libre diffusion, et sans aucune contrainte, ce n'est pas une solution, c'est l'esprit même de l'internet.
Quant aux traqueurs de pirates, ils ont le droit d'interdire le téléchargement de leurs œuvres par tous les moyens, comme nous avons le droit de l'autoriser. Il va sans dire que nous ne partageons pas la même conception des droits d'auteur.
6/ On constate que les plateformes de téléchargement en ligne type La Fnac, Virgin ou iTunes séduisent de plus en plus mais les jeunes y restent majoritairement insensibles. Pourquoi ?
Ces plateformes ne proposent qu'une infime partie du fond culturel disponible sur internet et ne s'ouvrent pas ou peu aux arts naissants ou aux musiques actuelles pour des raisons de format ou de contrainte en rentabilité industrielle.
Il est donc normal qu'un certain public n'y trouve pas son compte culturellement.
D'autre part la fracture numérique et la sélection économique ne permettent pas à tout les publics d'accéder à ces plateformes, qui ne sont pas des plateformes "légales" mais des plateformes "industrielles et commerciales".
Musique-libre.org est une plateforme "légale".
7/ En quoi votre offre se différencie-t-elle ?
Nous proposons au public de télécharger et écouter de la musique gratuitement et légalement.
Nous informons les artistes et le public sur ce qu'est la culture libre et ce que sont les licences libres.
Nous informons les professionnels sur l'intérêt de travailler avec des artistes diffusant leurs créations sous licence libre.
Nous inventons de nouveaux rapports public/oeuvre/artiste.
Nous inventons d'autres modèles économiques plus justes dans la répartition entre public,éditeur,artistes et labels.
8/ Le catalogue de votre label est-il disponible sur les plates formes d’offre légale ?
Nous ne sommes pas un label.
9/ Face aux différentes offres proposées (offre légales, réseaux peer to peer, open music), comment convaincre les jeunes d’adhérer au téléchargement légal ?
Il suffit de leur parler de musique-libre.org qui représente la seule voie médiane et juste entre le tout-commerce ou la licence globale et l'emergence d'une diversité culturelle accessible à tous, dans le respect du public, des labels et des artistes.
10/ Pensez-vous qu’à long terme les réseaux P2P disparaîtront ?
Quelles sont les propositions que l’on peut envisager à long terme ?
Les réseaux P2P ne disparaîtront pas, ils sont partie intégrante d'internet loi ou pas, contrefaçon ou pas.
D'autres technologies vont voir le jour qui seront bien plus efficaces et moins contrôlables que le P2P et tout ceci n'aura pas servi à grand chose.
11/ En tant que label indépendant présent sur Internet, que pensez-vous du développement de certains artistes qui percent uniquement par ce média ?
Nous ne sommes pas un label.
On ne peut percer à partir d'un seul média, il faut avant tout rencontrer un public, faire des concerts et malgré ça ce n'est pas donné à tout le monde de percer, même à grand renforts de marketing direct et indirect.
L'activité artistique n'est pas un marché, une œuvre n'est pas un produit, c'est bien plus que cela et très peu d'artistes arrivent à "vivre" de leur art.
Vivre de son art peut être considéré comme une exception, que la musique libre rend elle aussi possible d'une manière différente que le circuit classique en pleine crise structurelle.