(...)
Qu'advient-il [en effet] si l'individu renonce à maximiser son bien-être personnel ( y compris la compassion), non par souci impartial d'autrui en général, mais par engagement vis-à-vis d'un groupe particulier, que ce soit son quartier ou la classe sociale à laquelle il appartient ? Nous sommes obligés de constater que la structure [de l'économie classique] est encore insuffisante.
(...)
etc."
juste quelques phrases d'un essai d'Amartya SEn, "des Idiots rationnels", qui est un de mes auteurs de prédiclection : SEN AMARTYA, Ethique et économie, PUF, 1993.
cette idée d'engagement, qui, comme le dit l'auteur, ne rend pas forcément l'homme moins rationnel, ni plus noble, a perdu de sa vigueur ces dernières décennies : il me semble toutefois que dans nos choix popur des licences de libre diffusion, il y a beaucoup de cela, de l'engagement. Le texte d'A. Sen ne cause évidemment pas de nos petits problèmes (il s'intéresse plutôt à des questions comme : la famine, la liberté d'accéder aux biens premiers, et par là il veut dire, la bouffe par exemple, pas la musique
Mais bon :
dans notre position, ne sommes nous pas souvent pris entre deux feux ?
d'une part ceux qui nous futsigent parce que nous serions irrationnels (c'est ce que dit l'industrie du disque : nous sommes stupides, dilletantes, pas sérieux, parce que nous sacrifions notre intérêt pour une cause , parce que nous nous comportons comme des ADOLESCENTS (c'est bien là l'idée, nous ne sommes pas encore adultes : les licences libres, c'est une lubie de jeunesse, comme l'écologie, l'égalité etc.)
d'autre part, ceux qui nous fustigent parce que nous ne serions pas assez désintéressés, pas assez généreux, pas assez de gauche (c'est la critique de certains défenseurs des licences libres logicielles, critiques certe très minoritaires et dont tout le monde se branle mais bon)
hé bien!
admettons que nous ne sommes pas si nobles que les adeptes de la licence art libre ou GPL
admettons que nous ne sommes pas si rationnels que l'homo economicus parfait dont rêve les fabricants de divertissement
et alors ?
quand bien même..