Naoned a écrit :Vous ne lui devez pas la musique libre mais un peu d'audience, ceux qui ont découvert la musique libre grace a Jamendo et qui ont trouvé dogmazic ensuite...
Mouais... on va pas faire des comptes d'apothicaire des échanges vaguement volontaires de traffic, hein.
Naoned a écrit :Et pour moi universelle et mondiale on la même signification ...
Alors il va falloir pratiquer la masturbation intellectuelle avec un peu plus d'assiduité. Ça ne garantit pas l'orgasme philosophique, mais au moins on évite de mettre dans le même sac des mots qui n'ont pas grand chose à voir.
Naoned a écrit :Sans le marché pas de production de masse et pas d'ordinateur pour le grand public ...
Le fait que nous utilisons des machines issues du marché signifierait donc que tout dans notre vie doit répondre aux règles du marché? Et notamment la musique que nous créons et que nous écoutons?
Il me semble que l'on peut
imaginer,
désirer ou
souhaiter autre chose, non? Et même: il ne s'agit pas de savoir si une autre manière de faire et de découvrir la musique est possible: Dogmazic est un modeste exemple qui prouve que ça l'est. Tu as ici des artistes et des mélomanes (pas tous ceux qui fréquentent/utilisent Dogmazic, mais une partie non négligeable) qui font les choses autrement, qui attendent autre chose que le fonctionnement économique du marché que tu décris, en A+B et les troupeaux seront bien gardés.
Le discours «soyons réaliste, il faut s'intégrer au marché» est un discours tautologique (du type «la vie c'est la vie»). Le seul cas de figure où il est nécessaire de s'intégrer au marché, c'est quand on souhaite fonctionner selon les règles du marché. Sur ce site, tu trouveras certains artistes qui refusent cela justement, et qui préfèrent à titre personnel rester «hors marché», «amateurs», etc.
Ensuite, il est vrai que ça ne résume pas tout le «mouvement» de la libre diffusion, loin de là. Pour ma part, je distingue trois grandes démarches:
1 - Jamendo+une partie des artistes qui diffusent leur musique sur Jamendo et Dogmazic et ailleurs: une démarche du type «la libre diffusion est un outil», point barre. C'est à dire: un outil pour faire de l'argent (pour les artistes, les diffuseurs... enfin pour les artistes ça reste à prouver dans le cadre de cette démarche), toujours selon les règles du marché (notamment via la vente d'espaces publicitaires) mais en utilisant deux ou trois innovations de détail qui permettent de se placer sur une niche particulière de marché.
2 - Pragmazic+nombre de micro-labels qui utilisent les licences de libre diffusion: la libre diffusion est à la fois un outil commercial et un principe philosophique, et on essaie tant bien que mal de combiner les deux. Dans cette démarche, les attendus philosophiques et éthiques rendent difficile l'utilisation de la publicité. On a donc plutôt recours au don (un peu) et à l'achat de musique (un peu plus).
3 - Dogmazic en partie+certains artistes sur Dogmazic, moins sur Jamendo: la musique peut être gratuite et non marchande, la création musicale peut se développer en dehors du marché.
Bien sûr, les frontières ne sont jamais très claires. On peut cumuler ou combiner certaines démarches (un mix de 2 et 3 par exemple).
Quoi qu'il en soit, face à une réalité aussi complexe (et notamment des désirs différents de la part des différents acteurs, et différents même et surtout entre les artistes), le discours du type «ne crachez pas dans la soupe» ou «il faut bien passer par le marché» est forcément biaisé, car il répond aux désirs de certains, mais certainement pas aux désirs de tous.