Article de danelweb et norbert tiniak
Poun, une ode (unod) à la démonstration par l’absurde.
Des arrangements minimalistes et quasi aléatoires soutiennent un univers décalé qui n’est pas sans rappeler les audaces des artistes de fiction records ou beggars banquet et consorts, parmi lesquels les amateurs de musique non conformiste auront apprécié les talents de The Glove (alliance psyché de Robert Smith et Steven Severin autour de Siouxsie Sioux), Cocteau Twins, Ann Clarke voire d.e.v.o, même Pj Harvey (en beaucoup moins rock cependant).
WONDERSTUFF, premier opus de poun et FAST RIDING DONNIE, le dernier en date, vous offrent des trésors à découvrir. Il vous faut pour cela être prêt(e)s à accueillir un mode d’expression aussi original que Laurie ANDERSON a su le proposer avec Big Science et son « O Superman », par exemple.
Poun est un surnom de petite fille (celle de feu son père Maurice Regnault, poète célébrant l’acte poétique au-delà de tout académisme).
Sa voix tantôt fragile (Dumb / WONDERSTUFF ; Candy Marx / FAST RIDING DONNIE), tantôt fébrile (sHer / WONDERSTUFF), souvent lascive (Fast Riding Donnie / FAST RIDING DONNIE) et parfois rageuse (No sugar / WONDERSTUFF ; Stop thinking – hors série avec son complice Jankenpopp) enveloppe parfaitement un parti pris d’artiste composant des morceaux qu’on dirait sortis d’un bug électronique. Son anglais approximatif renforce une volonté qu’il faut bien prendre pour délibérée de « ne pas se la péter ».
Ça ne l’est pas !
Le travail de poun est bien réel. L’évolution de sa production en témoigne et les nombreuses résidences qui jalonnent son parcours LIVE étayent la portée de ses compositions originales.
Sur le web, on aime faire vite alors, nous vous livrons d’emblée nos coups de cœur inconditionnels : Wonderstuff (de l’album éponyme, un titre qui revisite Alice au Pays des Merveilles – celui de Carroll, pas du Disney, hein ?), Pinocchio (instrumental extrait de FAST RIDING DONNIE, ou comment faire face à un pantin qui prétend à la vie) et pour explorer au fond le spleen et l’idéal que nous mettions en exergue To li(ea)ve alone, série de titres fondus enchaînés à une douleur bien intime et finalement structurante : la mort du père qu’il nous faudra bien toutes et tous (filles et fils) regarder en face, un jour plutôt que l’autre.
Escomptant vous entendre prochainement fredonner :
what a fortune that me had
what a dumb
i was
to think
i was so sad
A bons entendeurs, saluts !