on est tous en concurrence. j'ai bien compris que le mot te déplaisait, car il est connoté marché, enrichissements d'un coté, pauvreté ou exploitation de l'autre... bref, c'est un mot moche. pourtant, encore une fois, parce que tu n'as qu'une vie (jusqu'à preuve du contraire), toute ton existence sera faite de choix, donc de mise en concurrence d'individus, de faits, de rhétoriques, de pugilats
ce qui est marrant c'est que il y a des gens précisément que j'exaspère parce que je suis POUR la libre concurrence, en tant que libéral (modéré) : et surtout contre la constitution de monopoles (privés ou publics ou semi-publics)
surtout dans ce qu'on appelle la culture
c'est bizarre que tu m'identifies précisément à des gens qui me considèrent en général comme un dangereux libéral.
sinon ton truc là de chiffrer le nombre d'internautes créatifs comme dit Aysik : ça fleure bon la rhétorique web 2.0. fink machin
mais qu'entendez-vous par créatif ?
il est simplement à prévoir que le net reliera, à courte échéance, toute personne vivant sur cette planète.
hum
admettons (faudrait quand même que toute cette part de l'humanité qui subit la plus extrême pauvreté puisse être reliée à quoi que ce soit.. mais passons, les philosophes du wenb 2.0. ne s'embarassent pas de telles considérations)
je veux bien
mais que signifie "relier"
"être relié"
quand on a dit ce genre d'évidence (qui n'est même pas si évidente mais qu'importe), on n'a strictement rien dit. On ne fait qu'applaudir à la technique ( puisque tu lis Hannah Arendt, demande toi si tu n'es pas justement en train de confondre le moyen technique et les finalités humaines : le côté pervers de la technique, c'est qu'elle impose ses propres finalités a-morales. Et la faiblesse de l'homme c'est de confondre l'objet de son désir, avec l'objet partiel que lui tend la technique. ça te paraîtra peut-être confus, et ça l'est, mais la plupart des discours sont pris dans cette confusion (à commencer par les discours dominants : consumérisme et marketing). Qu'on soit clair : je n'ai rien objectivement contre le consumérisme le marché le marketing (subjectivement c'est un autre problème, mais là c'est de l'ordre de la chose privée) : mais je suis accablé quand ces "pensées" là constituent l'alpha et l'omega de toute pensée. C'est ce qui se passe dans la "philosophie" web 2.0. (enfin genre chez fink) : on considère comme acquis que la réalité met en jeu des consommateurs, des marketingeurs, etc. et on prétend dresser ainsi un horizon indépassable de toute pensée (et c'est là que la référence aux grecs ou à Arendt ou à Marx me fait bondir.. faut pas déconner quand même). Et puis il y a ce nouvel objet : internet. Alors là c'est bien pratique pour les philosophes qui veulent devenir spécialiste de quelque chose. Internet comme objet philosophique, c'est quand même moins galère à commenter que La République de Platon ou Le Léviathan de Hobbes. Disons que c'est de la philosophie à peu de frais. Et on risque pas grand chose à le penser. C'est la pensée gadget, la pensée pour hommes pressés en quête de certitudes. ça donne du phallus sans beaucoup d'efforts. Je me range dans la caste d'ailleurs , sans vraiment l'avoir désiré : c'est pas bien dur de devenir une référence quand tu es un des premiers à défricher un domaine de pensée. C'est de la gloriolle vite fait (il y en a même qui se dégottent un poste à l'université pour ça). Je dis pas ça pour toi Julienb, vu que je sais pas si tu as publié quoi que ce soit sur le net ou ailleurs..
sinon julienb
tu as une façon de prendre les gens pour des cons
mon dieu