Un jour, pour faire chier un fâcheux, j'ai posté sur je ne sais plus quel forum une diatribe sarcastique sur « ces écrivains amateurs qui viennent manger le pain des professionnels », avec des « arguments » voisins. (C'était du second degré, mais certaines personnes l'ont apparemment prise au premier. L'ironie ne passe pas toujours très bien sur le wèbe.)
ha j'ai vécu un truc dans ce goût aussi
pourtant franchement, le second degré me semblait assez explicite..
http://www.another-record.com/danahilli ... ulture.htm
et oui le recours à Van Gogh ou Rimbaud.. arggll
quand j'avais 17 ans, je m'étais entiché d'une charmante jeune femme qui devait avoir la vingtaine, ce qui me sembalit immensément terrifiant, et au premier rendez vous, j'attendais avec une angoisse et une fébrilité telle que je n'en ai jamais ressenti depuis, le belle en question. J'avais préparé mon coup si je puis dire : à la table du café posé bien en évidence un livre de Rimbaud et un cahier (dont j'espérais qu'il suscitât chez ma promise l'idée que moi aussi comme Rimbaud etc.).
Résultat des courses on a filé au cinoche voir 37°C 2 le matin avec la chatte de Béatrice Dalle en plein écran et c'était dix fois mieux que Rimbaud - je veux dire, plus "efficace" dans les perspectives que nous nous étions fixés (je vous fais pas le détail mais vous laisse imaginer - je l'ai vu trois fois de suite ce film.. )
bon j'étions un tout jeune abruti hein
le problème c'est que Jean-Louis Bergheaud , il n'a plus vraiment 17 ans.
Ma carrière de poète rimbaldien s'est arrêté là d'ailleurs, j'avais 17 ans, et c'était déjà trop tard pour écrire un chef d'oeuvre d'artiste précoce maudit et raté.
(bon un an plus tard ça m'a repris parce que j'avais trouvé mon Verlaine, mais passons
excellent fernand raynaud
Après le truc du poète maudit, y'en a plein dans l'indie et le rock n roll. Moi je dis, une bonne psychanalyse, et ça vous remet les malédictions à leur juste place (je prèche pour ma paroisse hein

et l'avantage qu'on a à cesser de se penser comme un maudit, c'est qu'on redécouvre le plaisir des choses simples et les consolations (ce petit enfant en nous qui cherchent désespérément une consolation).
Et pour en revenir à Murat.... d'toutes façons j'ai jamais pu blairé ce genre d'artiste rebel consensuel, ils sont des dizaines comme ça dont le seul mérite est d'être, fils, fille, neveu, nièce, cousin, voisin de...
oui dakat
on le sait pas assez ça
(cela dit je doute que jean-louis soit un fils de..)
dans le biz de la musique, le succès dépend beaucoup des filiations, comme dans l'immobilier ou les affaires. Il faut de la thune pour se montrer dans les alles branchées parigotes, afin d'y rencontrer machin et machin, et se payer des studios d'enregistrement de la mort. (bon c'est vrai, il y a une atre options : il faut savoir sucer aussi) C'est-à-dire que si vous faites abstraction de cette filiation ou de ce voisinage, soudainement, il n'y pas de papiers dans Libération, les inrocks vous ignorent, les salles de concert parisiennes ne répondent pas à vos courriers. C'est général dans l'art et la culture, bien qu'il y ait heureusement des exceptions.
ET ce qui est très répandu aussi, surtout en ce moment, c'est de parler de a réussite d'untel ou untel sans préciser que s'il n'avait pas été le fils de.. les choses auraient sans doute tourné très différemment. Je pense par exemple à un certain président de la république qui invite ses administrès à travailler plus, considérant que la réussite se gagne à la force du poignet, mais qui oublie de préciser que sa fortune lui vient en quasi-totalité d'être bien né, comme on disait autrefois, et qu'évidemment, c'est quand même plus facile de faire fortune quand on est déjà d'emblée fortuné. (je divise en ce moment le monde en deux : ceux qui ont de la propriété par héritage et ceux qui n'en ont pas : ça fait une énorme différence.. on en revient à des distinctions pré-révolutionnaires (1789) )
bon Pauvre Murat.. là pour le coup, vu ce qu'il se prend dans la tronche il va bien finir par avoir de bonnes raisons de se plaindre.