First of all : lecture de ton texte en cous itou...
Premier point : faire exploser la conception conceptuelle amateur vs pro
J'ai donc repris ma réflexion basée sur mon expérience personnelle, que j'avais posté sur le thread de la pétition. Tout d'abord la problématique et le rejet de se bidule me paraissait assez facile : cette dichotomie amateur/pro est ridicule, on peut être soi-même son propre concurrent déloyal.
Puisque pour moi un professionnel c'est quelqu'un qui est rémunéré (salarié ou à son compte) pour son activité principale à savoir la musique...c'est aussi ce qui est retenu dans ton analyse.
Mais à y regarder de plus près, on considère surtout que c'est quelqu'un qui est reconnu par ses pairs grâce à ses diplômes ou bien son nombre d'albums vendus ou bien encore le nombre de spectateurs venus lors de ses prestations scéniques.
Dans ce cadre là, un amateur fait de la concurrence déloyale dès qu'il touche de l'argent à la place d'un pro même quelques cachuètes pour remboursement de frais... Mais qui est donc ce professionnel spolié ? Quelqu'un qui aurait eu un blanc seing de qui ? de quoi ? en fait on ne sait pas trop. Les diplômes des structures des musiques amplifiées, c'est un peu pipeau si je ne m'abuse (mais voyez comme je suis méchante....)
Pourtant il y a fort à parier qu' à moment donné, quelques-uns de ceux sont aujourd'hui pro furent des amateurs... tout le monde est d'accord là-dessus.
Comment faire le tri aujourd'hui ? Sur quels critères objectifs ... ou pas (le talent ?) ... ?
Je n'ose imaginer le référentiel administratif qu'il faudrait mettre en place et donc les moyens financiers pour à la fois le mettre sur papier et ensuite l'appliquer. A l'heure où l'Etat cherche à faire des économies de bouts de chandelles (hors salaire présidentiel et voyages diplomatico-agrémentés) je le vois mal mettre la main à la poche pour ça !
Dana ton point 4.1. Le concept d' « amateur » ou le forçage de la réalité
me paraît idéal pour résumer le fond de ma pensée
Les projets qu'on nous prépare sont à mon sens directement liés à l'incapacité des experts à circonscrire et à produire un savoir sur ces fameuses pratiques amateurs. Cet échec était prévisible : en effet, on ne peut pas trouver et connaître ce qui n'existe pas. C'est parce que le concept d'amateur n'a aucune valeur descriptive, parce qu'il ne s'applique pas à la réalité telle qu'elle est, plurielle et mouvante, que ces études aboutissent à un échec. L'administration des amateurs constitue donc une manière de forcer la réalité à correspondre au concept dont on ne souhaite manifestement pas se défaire. Administrer, dans ce cas là, c'est faire preuve d'ignorance, et aveu d'impuissance. Et plutôt que de réadapter ses outils conceptuels au regard de la réalité, l'Etat préfère forcer la réalité à illustrer ses concepts. Cette démarche est tout à fait typique d'une politique française qui, à bien des égards, n'a pas fait son deuil du despotisme éclairé comme méthode de gouvernement valide. On préfère s'adosser à quelque définition fantasmatique de l'immigré, plutôt que d'observer la pluralité et de corriger ses analyses en considérant le destin singulier des personnes qui s'installent dans notre pays. L'Etat despotique n'aime pas la pluralité. Il n'aime pas que des têtes non décorées par ses soins dépassent. Il n'aime pas que des citoyens élaborent des solutions sans en référer à ses services. Il préfère que ses administrés adoptent les solutions qu'il propose.
Et si on parlait des pros maintenant....
En fin de compte la démarche artistique ne nait pas d'un impératif économique même si parfois les investissements financiers impliquent une destinée commerciale...
Le problème c'est que cette destinée commerciale est devenue, pour beaucoup et surtout pour nos élus et nos chers "experts"une fin en soit. Pour moi la principale dichotomie est là et on ne protège plus l'intérêt des artistes, mais les intérêts financiers qui gravitent autours (on a vu la même chose avec DADVSI). Je pourrais citer Dana mais j'ai la flemme...
En fait, par cet avant-projet ridicule, on veut s'assurer de manière me semble-t-il, trop dictatoriale, que l'intégralité de la money ira bien dans les poches des professionnels de l'organisation du spectacle vivant ceux qui gèrent si bien les cordons de la bourse.
Preuve en est : le rapport cité par l'IRMA. C'est édifiant ! Ce rapport en lui-même c'est un mauvais point pour cette réforme : il prouve tout simplement que beaucoup de pro ne respectent pas les règles. Et oui, les pro bidouillent aussi avec la fiscalit, et les charges sociales...mais à plus grande échelle.
Les pauvres, s'ils ne respectent pas les règles; c'est à cause de la concurrence déloyale, hein...bien sûr.
Les profesionnels n'étant plus garants de grand-chose, je propose : qu'on ne nous casse plus les pieds avec ces conneries...bon c'est pas très politiquement correct et ça fait pas joli dans un livre blanc mais bon, vous voyez l'idée.