hash a écrit :Certes en France, la situation de monopole de la Sacem donne une orientation "éthique "induite à l'utilisation des LLD mais uniquement dans le cas où l'artiste en LLD a bien compris les tenants et les abooutissants des LLD et ce que cela implique d'un point de vue idéologique dans une réalité comme la nôtre.
c'est sûr que joue énormément, en France et dans les pays où la société de gestion de droits impose l'exclusivité, Espagne par ex., Belgique, etc... les gens de CC-France, au début du travail avec CC.org, les américains, ceux-ci ont halluciné complètement en apprenant l'existence de ce "léger problème" d'exclusivité et incompatibilité. pour eux un truc totalement absurde. - bien pour ça qu'il y a pu avoir l'album CC-Wired avec Beastie, David Byrne, Rapture, etc.. à l'ososphère 2006 à Strasbourg, j'ai discuté avec un des membres de Rapture, ben oui ils ont fait une chanson en CC sur cet album, ok, mais il s'en souvenait comme ça, juste pour la musique. aucun problème de droit, ni de droits, etc. donc pour lui le côté militant, engagé, n'entrait pas en ligne de compte, tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'opposition du système ou de barrière à affronter.
hash a écrit : On peut aussi lui dire que le spam est une vilaine habitude mais pas de "mal" utiliser les licences de libre diffusion.
Je crois qu'il faut l'admettre, en France de par l'exclusivité des contrats Sacem les LLD sont des contrats à durée déterminée pour l'artiste qui veut entrer dans l'industrie du disque. Et je ne crois pas qu'il y est un artiste qui ait les épaules assez solides pour imposer à un label dans le "système" l'utilisation des LLD.
DJSHAWAN a écrit :Merci pour cette definition enfin exactes des licence libre...
c'est "contrats à durée déterminée pour l'artiste qui veut entrer dans l'industrie du disque" la définition enfin exacte ?, ah non, pas d'accord du tout..
ça c'est une interprétation, à courte vue, pour le bénéfice supposé des musiciens qui adoptent les licences dans cet unique but opportuniste et pour le bénéfice réel exclusif du "système", pouvant "profiter" en toute bonne conscience et hypocrisie, sans évoluer d'un iota : même répartition du pouvoir et des revenus, des miettes pour les musiciens, le gros gâteau pour les majors, et le public lui raque et se tait.
je sais bien que c'est l'usage des LLD que font (ou sont tentés de faire) pas mal de musiciens. mais si c'est pour diffuser librement avant d'entrer dans le système, pas besoin de LLD : plein de musiciens ont de tout temps diffusé eux-mêmes, en gestion individuelle, avant d'entrer à la Sacem et/ou dans le système. pas besoin des LLD pour ça, sauf à vouloir utiliser le côté hype, "in", qu'on peut supposer que les LLD commencent à avoir.(ah, et puis aussi il faut choisir une licence pour s'inscrire sur dogmazic, jamendo, boxson, et profiter là aussi de la notoriété qu'on peut supposer à ces platesformes)
c'est tout l'enjeu. est-ce que l'on considère les choses comme ça, mais ça suppose quand même, pour que cela puisse continuer, que l'industrie du disque évolue un tout petit peu : car pour l'essentiel, les licences libres sont une tentative de redresser, rééquilibrer le système perverti à leur avantage par les intermédiaires, à mesure de leur position de plus en plus dominante. "righting copyright" selon l'excellent titre d'un article américain que j'avais relevé il a qq temps.
où bien considère-t-on que le "système" va résister encore longtemps dans sa crispation (et ça fait déjà longtemps : en 87-89, Zappa avec un fonds d'investissement new-yorkais proposait un système de distribution numérique à l'industrie... t'imagines la sclérose des mecs, depuis 87 ils ont pas bougé...),
et alors les LLD ne sont pas seulement un outil momentané, passager, de diffusion sur le net pour se faire connaître avant de signer : ce qui les réduirait au rôle peu glorieux de "patch", de pis-aller pour concilier maladroitement le fonctionnement d'un système vérolé avec la révolution numérique. si c'est ça, j'ai rien à faire là-dedans, moi.
hash a écrit :Et je ne crois pas qu'il y ait un artiste qui ait les épaules assez solides pour imposer à un label dans le "système" l'utilisation des LLD.
un artiste, tout seul, non. un artiste accompagné par un netlabel avec lequel il travaille déjà, un peu moins impossible. plusieurs cas d'artistes et de netlabels parvenant à faire leur place, d'abord dans le public : on oublie un peu le public dans toute cette discussion. qui est le seul allié possible, d'abord pour se faire connaître, reconnaître, et ensuite pour faire bouger les lignes, évoluer le système. là ça devient un peu plus possible, et progressivement on pourra avoir des surprises.