Ouais je suis au courant de tout ça ... les thunes ... les artistes (j'en suis un moi même si on peut dire) ... la "conjoncture" actuelle ... l'aspect "si je fait ca c'est pas pour gagner du pognon" et "c'est pas ça qui me fera vivre plus vieux" Sourire etc etc. Ma préoccupation principale en ce moment est de me créer une structure blindée pour permettre de mener tout ça à bien sans se faire emmerder ... Là ou j'ai du mal c'est l'aspect administratif mais je commence à piger certains trucs grace à l'aide de ceux qui se sont cassés le nez sur certains points (deja pas d'artistes ayant qq chose à voir avec la SACEM et ça élimine pas mal de pbs, et faire gaffe aux possibilités d'adhésion de n'importe qui... etc).
ok

bon alors, si tu le sens bien avec le genre de projets style another record, l'association est la meilleure structure. Effectivement tu as raison sur ces deux points :
1° ne pas sortir d'artistes inscrits à la sacem. Ça coûte un surcroît d'argent qui ne revient aux artistes qu'amputé de 20 %. En plus dans la réalité, les petits labels obligent généralement les artistes à avancer eux-mêmes leurs droits sacem. On en arrive à la situation absurde suivante : l'artiste paye la sacem (au nombre de morceaux x par le nombre d'exemplaires commercialisés) et, quelques mois plus tard, reçoit de la sacem les mêmes droits moins 20% de frais. C'est débile. Les petits labels n'ont pas les moyens de jouer à ce jeu là. Ils préfèrent investir cette somme dans autre chose (une jolie pochette par exemple)
2° Les adhésion effectivement, mieux vaut les "blinder" comme tu dis. Style : article 5 : pour devenir membre du Conseil d'administration, il faut être coopté par deux membres du bureau - ce qui calme tout de suite

On n'est pas là pour faire de la démocratie participative mais pour faire marcher un truc impossible.. faut que ce soit clair. Pareil, si possible avoir une équipe restreinte mais composée de gens en qui tu as toute confiance (et si possiblle des bosseurs et si possible des mecs et des nanas pas chiants
Sur le reste, tout change selon les choix suivants à mon avis :
1° le choix d'entrer dans le circuit pressage/distro/disquaires
2° le choix de demander des subventions ou non
Dans les deux cas, c'est un max de boulot en plus. Un dossier de sub, c'est pénible dans le sens où tu dois te plier au désir du grand autre (excuse pour ce lacanisme) en l'occurrence et aussi sympathique soit-elle une administration (chez another on avait fait le choix de ne demander auxune sub, de manière à demeurer le plus indépendant possible - bon après c'est mon problème avec l'institution en général ça.. je cmprend qu'on puisse voir les choses autrement)
L'autre conséquence des sub, c'est que du coup, l'administration a un droit de regard sur les comptes de l'asso. ça oblige à faire une compta qui ait de la gueule.. c'est pas forcément le truc qui passionne les créateurs de labels ça (ou alors faut se dégoter un vrai tésorier
sur le circuit bisness : pressage/distro./disquaires, ça demande beaucoup de boulot. En effet pour intéresser une distro, faut du BUZZZZ. faut un article dans les inrocks (ou n'importe quel mag coté). Et ça.. c'est très aléatoire (à moins de connaître machin qui connaît machin). faut des concerts, de l'actu.. ça dépend de ton énergie, et de l''énergie des groupes avec qui tu bosses. Et bien sûr du genre de musique qu'ils font.. là aussi c'est très aléatoire et de toutes façons il faut du temps avant de s'imposer dans le paysage (ha oui, tout ce qui vient d'another record, c'est cool.. ça tu y arrives au bout de 5 ans et 20 scuds
Le conseil donc, commencer petit. Tous les labels que j'ai cités dans l'autrre post ont commencé tout petit.. Et puis un jour tu sors un groupe qui cartonne et voilà, c'est parti (nous c'était gatechien et half asleep, d'autres angil ou cornflakes heroes voilà.. faut être patient et faire son job convenablement)
La circulation de l'argent. Je conseille d'avoir un compte spécial bien sûr.. Le problème c'est qu'on n'a pas le droit de sortir l'argent pour rémunérer des personnes privées. En fait la philosophie du truc c'est : on ne redonne pas d'argent aux artistes directement. Ils bénéficient de tout le travail du label (et l'investissement que ça représente : les factures téléphoniques, le courrier, le temps passé, les compétences du label, sa notoriété, les frais de production, les voyages en train pour accompagner le groupe en tournée ou au studio, enfin bon.. plein de choses passionnantes mais couteuses). Du coup les revenus qu'on peur espérer de la vente des scuds reviennent au label. Chez another (mais je sais que beaucoup de labels font pareil) on offre aux artistes un certain nombre de scuds qu'ils sont libres de commercialiser lors de leurs concerts ou de refiler à droite à gauche. ça leur fait un peu de sous s'ils le souhaitent. Le reste revient au label donc, et du coup sert à financer la suite des aventures : par exemple le prochain album, mais quel que soit le groupe concerné (ça a été un peu dure à faire comprendre à mon premier groupe ça : l'argent récolté sur leur disque pouvait aussi servir à financer le disque d'un autre groupe : il faut travailler avec des gens qui acceptent cette règle comunautaire. Tant mieux si un disque marche, on pourra sortir trois autres disques qui ne marcheront pas : c'est la même démarche que sur les majors soit dit en passant.. )
Bon.
tu peux préciser quel genre de musique tu comptes défendre ?
Et envisages-tu le pressage/distro ?
etc.