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Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
kokonotsurecords
Messages : 1776
Inscription : 16 mars 2008, 17:42

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par kokonotsurecords »

Depuis le départ de ce topic, je suis largué.
En fait je viens de comprendre pourquoi, c'est parce que l'idée d'une structure collective pour prélever de l'argent auprés des diffuseurs est trés éloignée de ma conception des licences ouvertes.
Pour moi, le droit d'auteur est juste un droit moral, pas un droit à être rémunéré parce que diffusé. Ca c'est une conception du siècle passé, une époque où les moyens techniques étaient contrôlés par des spécialistes et où l'électronique était trés coûteuse et le contrôle encore possible. Aujourd'hui, le réseau est le diffuseur. Le coiffeur, le bar, que sais-je passent par le web pour diffuser de la musique ou des films ( c'est de plus en plus le cas ). Les diffuseurs s'appellent FAI. Le mode de diffusion des media est à la demande et parallèle, non linéaire comme c'est le cas sur un média classique. Un même morceau de musique peut être diffuser des milliers de fois simultanément partout à travers le monde. Alors qu'est-ce qu'on en a à foutre de passer sur une radio locale ou un réseau national et encore plus de récupérer des droits ?

J'ai l'impression que vous avez un train de retard sur la question et que vous commettez une erreur en ne tenant pas compte du fait que le mode de diffusion dépend de la technologie et de rien d'autre et que la technologie se développe à vitesse grand V en se foutant pas mal de comment les Humains vont devoir s'adapter.

La musique devient moyen de promotion quand elle est sous la forme d'un fichier numérique et objet monnayable quand elle est gravée sur un support physique. Le moyen de vivre de sa musique sera la scène et c'est pour ça qu'il faut monter des structures pour nous permettre d'ouvrir et de maintenir ouvertes les portes des salles parce que les sacemisés vont tout squatter et nous reléguer au spectacle vivant non rémunérer sous l'appellation : amateurs.
Pire ; Quand la sacem et les autres sprd vont s'apercevoir qu'il n'est pas réaliste de transposer la collecte des droits de diffusion du monde réel vers le net, ils risquent d'utiliser les cc non commerciales pour leur promo sur le net et occuper toute la visibilité au détriment des artistes qui utilisent les licences ouvertes depuis des lustres.

Excusez-moi pour cette vision d'Apocalypse. Sarkozy nous rend visite le 25 à bordeaux en tant que président de la France, de l'Europe, d'internet et du cul de sa femme et ça me rend nerveux. :D
suppr4046
Messages : 1018
Inscription : 11 févr. 2006, 16:13

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par suppr4046 »

Salut,

On retombe toujours sur le meme débat.
Mais il n'y a pas de débat sur ce qui serait bien ou pas bien.

Chaque artiste fait ce qu'il veut de ce qu'il produit et a mon sens rien n'est critiquable.
Tu décides de libérer à 100% et ne pas vouloir de remuneration ; soit. D'autres pensent que la rénumération peut rester possible (et pas obligatoire) suivant le projet dérivé à l'oeuvre.
C'est tout.

Ce qui est sure c'est que monter une férération c'est répondre a toutesl es spécficités et tous les tempéramments ; chacun aura a lors sa place et exprimera les permissions qu'il donne comme il l'entend. Ainsi tous les outils nécessaires seront mis a disposition.

si effectivement libérez sa musique a 100% avait, en terme de promotion, plus de portance que libération partielle, l'artiste saura ce qu'il doit faire.
Offrons tous les outils déjà et laissons les gens en faire usage.

C'est la force de la gestion individuelle et celle du code actuel sur les droits d'auteurs.

Faudrait il rayer du CPI les notions de droits patrimoniaux d'après ton avis?
Car c'est cela que tu décris.
Ne serait ce pas alors a ton tour d'etre celui qui imposerait un systeme?
Nous avons le choix ; une alternaive ; conservons cet etat d'esprit ; enfin c'est ce que je crois pour ma part.

Je respecte bien sure ton avis kokono. :wink:

didier
yza
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Inscription : 03 mai 2005, 13:23

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par yza »

Il est vrai que créer une fédé indépendante qui ne serait pas une SPRD aurait l'avantage de coller aux plus près de la logique des licences ouvertes.

En effet les SPRD distinguent les différents droits (ce qui permet des apports partiels) en fonction des modes de diffusion : reproduciton mécanique (cd...) TV, radio, internet, satellite... comme si aucun de ces flux ne pouvaient être copier pour aller sur l'autre : ce qui aujourd'hui est possible grâce à la numérisation des fichiers.
Ce qui rend le principe de fonctionnement des SPRD complexe, obscur et pour moi obsolète.

Alors que les licences ouvertes considèrent les droits non pas en fonction du mode de diffusion mais en fonction des usages que l'on peut en faire : non commercial / commercial, modifiable / non modifiable.

Il est donc très difficille de faire fonctionner l'un avec l'autre et c'est pourquoi il y a des restrictions importantes dans les SPRD qui s'ouvrent aux CC-nc. La clause nc sera toujours interprétée à l'identique alors qu'à la base le choix est possible au cas par cas.

Mais ce n'est pas focément une mauvaise chose de voir des sociétés s'ouvir aux CC-nc cela permettra c'est un début d'ajustement du système qui finira par trouver son équilibre. Qui sait peut-être que les SPRD finiront par aller vers la distinction en terme d'usages... à force de pédaler dans la choucroute et tenter désespérément de rendre leurs flux étanches pour conserver leur système actuel.
LaSp
Messages : 751
Inscription : 12 sept. 2005, 13:29

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par LaSp »

C'est pas facile , parce que la technologie arrive et emporte tout sur son passage. On est dans un changement de paradigme (= de comment on conçois les choix dans nos têtes) et c'est dur de capter la tendance.
A mon avis didier, tu te trompe sur un point : le choix. Les choses changent, et yza explique très bien comment réagissent les anciens acteurs :
pédaler dans la choucroute et tenter désespérément de rendre leurs flux étanches pour conserver leur système actuel.
Je pense que c'est un changement radical, qui s'opère certes doucement, avec certains qui freinent des 4 fers pour conserver leurs avantages, et d'autres qui arrive à trouver le sens du courant. Mais ce changement , même si on y prend part, il arrivera de toute facon, il est en marche.

Ca, c'est pour mon analyse du changement, et j'en suis persuadé.

Maintenant, la tendance c'est plus chaud de faire des prévisions.
A titre perso, je suis totalement d'accord avec kokonotsurecords.
C'est peut être dommage pour certain, même des musiciens, surtout ceux qui ne jouent pas en live, mais peu importe, c'est si ca sera comme ca, ca sera comme ca.
Je serais juste un peu moins alarmiste concernant la SACEM, il faut s'en méfier, certes, mais tout ce qu'il peuvent faire des donner des coups de pieds dans l'eau.

Nous vivons dans une époque passionnante, non ?
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aisyk
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Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par aisyk »

De mon côté je reste persuadé que si 45% des personnes en france n'ont pas internet, c'est que beaucoup de ces gens n'ont pas accès aux possibilités de copies... et à la "révolution" que l'on vit ici. De même, parmi les 55% de gens qui ont le net, ils ne sont pas tous dans un esprit de découverte culturelle, parfois consummériste, surtout beaucoup de personnes utilisent internet comme un outil du quotidien (mails, recherches) pas encore comme un média.

Alors je reste dans cette posture là. J'essaie quand même de limiter cet enthousiasme post "bulle2000" qui voudrait que tout le monde soit connecté, en me disant que la réalité d'un outil informatique, c'est que c'est un apprentissage, plus important qu'une tv, radio ou autre et qu'il n'est pas accessible à tout le monde (ou que tout le monde n'y voit pas encore son utilité).

Et à mon sens, si la fédération des acteurs libres ne prend pas en compte ces réalités, on passerai à côté de justement... la réalité quotidienne des personnes qui découvrent encore des musiques grâce au concert de la fête du village, à la bibliothèque du coin... bref des réalités que nous, urbains, nous ne connaissons pas du tout, mais qui valent la peine d'être prises en considération.
dana
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Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par dana »

ce que vous dites sur la technologie ça m'intéresse d'autant plus que je suis justement en train d'écrire un truc là dessus (en vue d'artichaud et concombres justement)
bon, sans entrer dans les détails, je voulais juste faire remarquer une chose qui concerne aussi bien l'invention du droit d'auteur (XVIIè-XVIIIè) que la création de la sacem (au XIXè) : il ne faudrait pas oublier que ces deux moments cruciaux dans l'histoire de la circulation de la musique se produisent à une époque où il n'existe aucun moyen d'enregistrement (faudrait détailler ce que j'entends par enregistrement, mais ce sera l'objet de mon éventuel laius à Lyon)
Deux points sont donc à relever : 1° la musique repose encore à cette époque sur la présence d'un musicien et d'un instrument, donc il y a là une nécessaire promiscuité physique. Contrôler le flux musical, c'est suivre les musiciens 2° ET, suite à l'invention de l'imprimerie, on dispose désormais de ce qu'on appelle une partition. Certes,; l'écriture de la musique existe bien avant l'invention de l'imprimerie, mais cette représentation (car il s'agit bien là d'un représentant de l'oeuvre et de l'auteur, ce bout de papier avec des symboles desssus), devient reproductible à l'infini, comercialisable. le droit d'auteur, et par suite le contrôle des flux par la sacem, n'aurait pas été possible sans la partition reproductible. Les premières maisons de "musique" (et non pas de disques) sont des maisons d'édition. Cela permet à la jeune fille de jouer sur son épinette de salon des sonates de Scarlatti adaptée au clavecin (on trouve d'ailleurs dès le XVIIè des versions pour instrument de salon des grandes oeuvres du repertoire). Évidemment, il faut encore un interprète pour que la musique puisse être entendue : un bout de papier ne suffit pas.

Avec l'enregistrement, tout change. Y compris notre rapport à la musique. Et la possibilité d'un commerce et d'un capitalisme de la musique si je puis dire maladroitement. Je crois qu'en fait, nous n'avons pas encore pris la mesure de cette révolution :)

Est-ce que les fichiers numériques constituent une autre révolution ? Je ne crois pas. je crois que la dernière révolution importante dans l'histoire de la circulation de la musique, c'est l'invention de l'enregistrement,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Edison
:)

to be continued :)
yza
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Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par yza »

Ce ne sont pas les fichiers numériques mais la possibilité de les dupliquer donnée à chacun d'entre nous par des moyens de plus en plus nombreux ...

Personnellement je ne cherche pas à relever ce qui est révolutionnaire ou pas, je constate juste que la gestion des droits d'une SPRD est bien moins adaptée à la circulation des oeuvres que les licences ouvertes.

Dans le fond distinguer les types de flux comme ils le font est-il adapté à la nature même de la musique ?
En réalité on a pu faire beaucoup d'argent sur la musique en la "matérialisant" ... aujourd'hui cette "materialisation" perd de sa valeur par la multiplication des copies, la facilité à les accomplir (internet est un duplicateur exponnentiel, mais avant il y avait la cassette). Il me semble que cela aurait tendance à remettre les choses dans l'ordre car par nature la musique est immatérielle...

Les licences ouvertes considèrent les usages et pour moi c'est vraiment beaucoup plus en adéquation avec la nature de la musique.

Sur ces hautes considéradions , je m'envais prendre un kawa ! :arrow:
suppr4046
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Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par suppr4046 »

qui saurait faire une synthèse dès la fin de ce post que je trouve pationnant.
je n'en ai pas le temps ArtIsChaud oblige mais ca vaudrait vraiment le coup ; on y décelle les différentes perspectives de vues, ce que cela touche, bouscule ou donne à réfléchir.

didier
kokonotsurecords
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Inscription : 16 mars 2008, 17:42

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par kokonotsurecords »

Mais pour qu'il y est synthèse il faudrait que quelqu'un écrive FIN :D

Il s'est pasé un truc bizarre dans les années 80 du siècle passé, la musique alors analogique est devenue progressivement numérique. Le compact disc a été adopté par l'ensemble de l'industrie musicale. A l'époque cette révolution technologique n'a pas été imposée et les Majors étaient beaucoup moins grosses qu'aujourd'hui. Certaines sous-marques de l'Universal d'aujourd'hui étaient des labels puissants qui auraient pu dire non. Mais l'appât du gain, la perspective de voir le consommateur être obliger de changer son matériel d'écoute sous prétexte de performance de science-fiction et donc de gagner à nouveau de l'argent en re-édiatnt les catalogue et fonds de catalogue nous ont mené à aujourd'hui : uniformisation et absorbtion de structures qui faisaient encore du développement d'artistes par des monstres qui sont devenues des multinationales du divertissement.
A l'époque personne n'a prit la mesure des problèmes que poseraient la technologie numérique parce que le fichier-son-clône n'était pas encore affranchit de son support qui ressembait encore à un disque ( objet familier ). Pour la Sacem, le contrôle était encore possible car la musique était dépendante du disque. Seulement, les mêmes qui avaient créer la technologie du disque numérique se sont mis à commercialiser le disque numérique à graver soi-même... Et là tout a commencer à partir en bavure.

Car comment contrôler les déplacements des disques-clônes copiables facilement, et non plus en temps réel comme une bonne vieille K7, sans que rien ne distingue la copie de l'originale. Dans une famille une personne achetait l'originale et faisait x copies pour les autres membres. La technologie est devenue de moins en moins chère, les ordinateurs plus puissants, certains graveurs se passaient de la complexité de l'informatique et étaient juste des platines de salon, la Sacem n'a pas prit l'ampleur du problème, les Majors non plus, la caisse enregistreuse fonctionnait à plein régime !
Parallèlement, le Réseau est devenu incontournable. Plein de serveurs offrant de l'espace disque pour héberger des fichiers, le P2P facile à utiliser a permis l' échange massif de fichiers de toutes sortes. La Sacem et les majors, là encore n'ont pas prit l'ampleur des problèmes ( pour eux ) à venir. C'est ça de confier le pouvoir à la même génération depuis 50 ans.


Pour faire du commerce et s'enrichir, il faut établir un contrôle, c'est le b.ab.a. Autrefois, c'était les comptoirs et les routes maritimes, avant les caravanes. De tout temps, c'est celui qui avait le contrôle grâce notamment à la technologie ( bateaux, animaux, puissance militaire... ) qui s'enrichissait; Ca s'est d'abord pratiqué au niveau de l'Etat puis au niveau de structures trés puissantes, les multinationales, jamais au niveau du simple mortel.

Jusqu'à présent c'était ainsi. Pour une raison que je ne comprends pas moi-même, un jour, tel le feu donné par Prométhée aux Humains, ces multinationales nous ont donné le pouvoir de rendre leurs produits et les nôtres volatiles et copiables à l'infini, semblables à des virus se répandant dans un espace virtuel à la vitesse de l'électron. Nôtre musique, nos films, nos photos sont littéralements "in the air", libres comme... l'air.

C'est une sorte de retour aux sources, à une époque lointaine, où dans la caverne familiale, on se racontait des histoires d'Atlantide transmises de générations en génération sans personne pour dire : " bonjour c'est la Sacem, vous nous devez un peu de thune pour avoir raconter cette histoire".

Je ne suis pas d'accord avec Aisyk lorqu'il écrit que pour un grand nombre de Français l'informatique reste un truc complexe et qu'ils n'y ont pas accés. Si quelqu'un n'a pas encore accés à la technologie, un autre dans son entourage fait le boulot à sa place.

Le truc qu'il faut comprendre avec la technologie de masse à bas prix, c'est que les gens mutualisent facilement leurs moyens et distribuent aussi plus facilement autour d'eux. Le wifi est un bon exemple. Ca coûte peu cher, on n'hésite pas à arroser ceux qui ne peuvent pas se le payer. A côté de chez moi, il y a un Lavomatique qui propose le wifi en accés libre, il est toujours blindé et pas que par les gens qui lavent leur linge, beaucop d'étudiants n'ont que cette connection au réseau.

Le problème que rencontre toute la chaîne de l'industrie du divertissement n'est pas lié à la curiosité culturelle des internautes, sinon, nous serions beaucoup plus des méga-rock-stars. Non, le problème vient du fait que les internautes ont la possibilité d'avoir gratuitement quelque chose dont on fait massivement la pub à la télé. L'entertainment fait, sans le savoir de la pub massive pour ce qu'ils appellent le "piratage".
Et ça va s'aggraver car contrairement à ce que dit Aisyk ( -.o ), on présente de plus en plus internet comme un média traditionel. L'écran plat reçoit maintenant directement la Box qui devient un centre multimedia et internet devient télévision, plus facile d'accés pour la majorité des Français qui n'ont pas suivit le train technologique depuis les années 90. La télévision via internet est devenu l'argument de vente de la plupart des quatre FAI encore en activité en France ( >.<). Seulement ce qui passe dans la boîte ce n'est plus la télé, ce sont des fichiers numériques qu'on appelle soi-même, mélangés à nos photos de vacances, nos films vidéos, les films qu'on a copié ou qu'on nous a copié via le P2P ou un graveur etc, etc... Il y a confusion des genres, personne n'a la présence d'esprit de dire au public : "Hé, ho ! il y a des règles !"

Eduquer un consommateur c'est lui donner la possibilité d'avoir un avis sur ce qu'on veut lui vendre, c'est pas du tout bon pour le commerce de masse. Donc la Sacem et les Majors vont continuer à voir s'aggraver leurs problèmes et nous à bien nous taper sur les cuisses. :D

Et comme les scientistes qui pensent qu'on peut continuer à polluer la planète puisque la science va un jour tout résoudre, la Sacem et les Majors pensent qu'ils vont pouvoir enrayer l'hémorragie de leurs capitaux grâce à une solution légale et technique de filtrage du Réseau.

Vraiment ?
C'est ça d'être issu d'une génération qui prône des valeurs du 19eme siècle et qui prétend être libérale là où je ne vois que du conservatisme.

Désolé pour la tartine :D :)
taro
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Inscription : 26 sept. 2006, 13:04

Re: Bruxelles bouleverse la gestion des droits d’auteurs

Message par taro »

- Créer une interface entre l'utilisateur et l'artistes
ah ! une interface... :) héhé, c'était une des fonctionnalités de mon mort-né mondogmazicv3 ;) avec en plus une gestion complète de la "généalogie des dérivations"... :) bon, j'avais une fois évoqué ailleurs une approche syndicalisante pour répondre aux requins du commerce qui viennent se servir dans le libre, la conclusion fut que c'est chacun sa merde et que même on peut vendre sa musique au prix qu'on veut. bon...

alors fédé ou syndicat, pour tout vous dire, moi, je n'y crois pas (au jour d'aujourd'hui). a fortiori si la démarche est proactive. car c'est créer une nouvelle structure sur du vide. sur du "ah ! ça serait trop cool si...". surtout s'agissant de commerce : c'est le marché, la compétition. la survie y est extrêmement difficile, surtout en ces temps où tout est nivellé par le bas... alors les discours irréalistes du genre "tu peux vendre la musique 65416543548614 € si tu veux car tu es en gestion individuelle", c'est juste n'importe quoi. bon, je ressors mon blabla sur l'importance politique de la fixation d'un prix de vente etc. bon mais peu importe, je vous le demande, combien ici ont, depuis qu'on en a parlé, monté sa micro-entreprise pour aller quotidiennement essayer de vendre sa musique et avoir peu ou proue des revenus ?... ;)

c'est seulement quand plusieurs personnes seront dans cette démarche proactive qu'iil deviendra alors important que ces quelques-uns se regroupent pour mutualiser leurs efforts etc. et après, alors, d'autres pourront venir s'y rattacher et alors après la structure pourra éventuellement grandir etc. en fait il faut plusieurs djefffouille, mais qui au lieu d'aller vendre de la visibilité vendra des artsites libres à un forfait 20% moins cher que celui de la sacem etc. etc. (avec toutes les dérives que ça peut supposer en plus :D ... bon...)

mais soyons pragmatique, stratégiquement, il me semble beaucoup plus primordial, sur ce sujet, de s'occuper de la plate-forme existante (dogmazic), et donc de son système de don qui ne marche pas bien du tout. c'est uniquement quand dogmazic tournera à 2000-3000 € de don mensuel qu'elle aura les moyens de faire ce qu'elle est censée faire. par exemple organiser chaque mois des concerts dans plusieurs villes, et quand ces événements tourneront régulièrement et que ça fera tourner certains artistes libres talentueux qui rempliront effectivement les salles, on pourra les payer décemment etc. etc. ne mettons pas la charrue avant les boeufs.

quant à la scène comme solution pour tous pour avoir des revenus subtantiels de sa musique, je n'y crois pas du tout. déjà tout le monde n'est pas bon. et puis il n"y a pas assez de scène pour tout le monde. et on est déjà payé au lance pierre quand on joue dans les troquet etc alors bon. et puis la scnèe, c'est pour les interprètes. on peut être bon compositeur et très mauvais interprète. et quoiqu'on dise, le public est de moins en moins sensible à l'idée de payer pour assister un à live. etc. il y a aussi le fait que la france est culturellement très en retard. au japon, la moindre petiite ville moyenne a sa salle pour la musique acoustique. ici, on a des salles polyvalentes ! et on en est encore à la flûte à bec dans les cours de musique (quand il y a des pays où c'est normal qu'un lycée ait son harmonie) etc. c'est dire le fossé !

tiens un point qui me semble essentiel, c'est que la gestion individuelle, c'est de la gestion à échelle humaine. on est dans le local... la gestion collective correspond à l'échelle de masse. elle se fait au niveau mondial. la gestion individuelle au niveau global, c'est irréalisable. c'est donc une erreur de fond d'envisager une sprd du libre. ça n'empêche pas une mutualisation des efforts bien sûr (je suis tout à fait opposé au discours disant que c'est chacun sa merde). la gestion individuelle, ce n'est pas une histoire de garder l'indépendance etc., c'est avant tout cette histoire de local / global... conformation d'un réseau particulier à taille humaine vs. le réseau global de masse. mais bon, c'est une autre histoire encore...
En effet les SPRD distinguent les différents droits (ce qui permet des apports partiels) en fonction des modes de diffusion : reproduciton mécanique (cd...) TV, radio, internet, satellite... comme si aucun de ces flux ne pouvaient être copier pour aller sur l'autre : ce qui aujourd'hui est possible grâce à la numérisation des fichiers.
Ce qui rend le principe de fonctionnement des SPRD complexe, obscur et pour moi obsolète.

Alors que les licences ouvertes considèrent les droits non pas en fonction du mode de diffusion mais en fonction des usages que l'on peut en faire : non commercial / commercial, modifiable / non modifiable.
dans le cas d'une levée de clause nc, ça peut être très restrictif : tu autorises tel usage (ex : musique de pub tv) pour telle durée (ex : le temps de la campagne publicitaire), pour tel montant proportionnel... à la fin de la campagne, si l'entreprise veut encore utiliser la musique, ça sera un nouveau contrat etc. ou si l'entreprise veut l'utiliser pour la durée qu'elle veut, ça sera plus cher... si elle veut l'exclusivité, ça sera encore plus cher etc.

mais une question à tsunam : pourquoi caresses-tu l'idée d''entrer dans une sprd ? pour tes passages radio ? quel est exactement ton manque à gagner actuel ?
http://saceml.deepsound.net/baremes_radio.html

:)

sur la question de la technologie, la révolution est qu'avec les réseaux, on n'est plus du tout dans la copie à volonté (c'est une idée dépassée ça les mecs !) mais que tout est là, présent, immédiatement sur tous les disques durs connectés au réseau. on ne copie plus un fichier, le fchier est déjà partout. la limite n'est plus que le temps d'accès. ce qui caractérise un fichier immatériel, cen 'est donc pas sa duplicabilité (car le "fichier" est alors pensé comme quelque chose de matériel mais que ce serait plus facile à copier parce qu'immatériel... :D ) mais son caractère hologrammatique... tout est là, partout, immédiatement accessible. mais la limite sera toujours le temps (d'accès) et le matériel (aux deux sens du terme - incluant par là aussi, aussi contradictoire que cela puisse paraître, le logiciel, mais bon c'est une autre histoire...).

la rareté (spécificité du temps et de la matière à être unique et non hologrammatique) provient donc du temps d'accès et du matériel. onpeut y couper à cette rareté là. je prédis donc l'extension de la redevance sur la copie privée à toute interface matérielle permettant d'accéder à un contenu soumis au droit d'auteur (a fortiori quand à terme tout sera connecté au réseau (pc, téléphones, frigo, vêtements...). ce ne sera plus celui qui possède un poste de tv qui paiera la redevance sur l'audiovisuel mais celui qui regarde ce poste de tv. ce ne sera pas la carte flash du lecteur mp3 qui sera taxé mais le convertisseur NA, l'ampli casque et les écouteurs.

:lol:

l'hologramme permet de remettre en perspective la notion de rareté. la rareté est nécessaire. tout est là partout, mais je ne peux pas pour autant écouter 3571168735445546574 disques, voir 956468735453 films, je ne peux pas avoir 35452725168767 amis, je n'ai pas 62655265678785651 heures à vivre. et quand bien même je pouvais écouter autant de disques que je veux, avoir autant d'amis que je veux, ce qui compte, c'est ma capacité à apprécier pleinement le disque, c'est ma capacité à entretenir de vraies relations humaines et profondes avec mes amis etc. bref ce qui devient précieux pour moi, c'est donc la possibilité d'accéder à la musique qui me parle ou qui va me parler. caricaturons : je n'ai que faire de pouvoir accéder aux 24190 morceaux de l'archive (masse), je veux pouvoir accéder aux quelques morceaux qui marqueront ma vie. si ce sont 10 morceaux, alors 24190 - 10 = 24180, il y a 24180 morceaux qui polluent mon paysage musical. ;)

:lol:

défions-nous de faire de la musique au kilomètre. seule la rareté nous sauvera du chaos et de la musique d'ascenseur.

8) 8) 8) 8)

;)

voilà, c'était mon tour de participer au concours de tartine :D
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