très intéressant article dana, merci. avec des vues tout à fait justes sur des tas de choses. excellent.
et le recording de la conf, elle arrive quand ?
juste un point quand même. histoire de te faire part de ma partielle réflexion.
je m'interroge sur la pertinence du clivage regsitre éthique / registre utilitariste. Bon elle a sa pertinence, mais quant à la portée, pour la mise en perpective, je me demande... mais la réflexion reste à mener. je vais un peu réfléchir tout haut hein.
c'est mills non?, à moins que ce ne soit bentham, bon peu importe, qui disait que l'altruiste est un utilitariste. en aidant les autres, en faisant le bien, il a plus de chance de s'assurer une sécurité à long terme, il a aidé, donc on l'aidera, il a fait le bien, donc il sera aimé en retour etc. On peut très bien imaginer un capitaliste multimillardaire égoïste et sans scrupule améliorer considérablement la vie de la population de sa ville juste pour être sûr qu'il peut marcher dans la rue sans se faire agresser. etc. bon.
as-tu essayé le clivage prédateur / universel ? euh, bon ça ne décrit pas tout à fait mon propos, car il y aurait aussi une troisième terme, l'indifférent, euh mais bon, je développe quand même :
- le prédateur est le vorace, celui qui n'écoute que son ventre, qui cherche à occuper le maximum de place, qui ne voit que le bot de son nez, parce qu'il est au fond guidé par une inquiétude intrinsèque (il n'aura pas de nourriture demain). tendance qu'on retrouve chez les multinationales comme chez les moi-je-écoutez-ma-zik-lâche ton com'-regarde-comme-je-suis-beau... (bon, qui est peut-être aussi étape nécessaire, cf. les enfants, mais passagère... ah, donc les multinationales, ce sont juste des gamins en fait alors ?)... donc le prédateur se sert des LL pour dévorer. c'est un pouvoir envahissant, opportuniste, destructeur, aveugle.
- l'universel, lui, ne craint rien. sa simple présence fait autorité. il est à sa place. l'universel, lui, n'a pas besoin des LL au sens utilitaire. Ils résonnent du même pouvoir, de la même aura. c'est une puissance lumineuse, généreuse.
(deux abstractions, deux tendances. yin et yang. pas d'opposition)...
bon mais le temps et les mots me manquent pour développer...
tant pis, tiens, puisque j'y pense, j'en profite pour poser une question quand même :
«Du point de vue de la création, l'évolution que je vois se dessiner est que la musique va devenir semblable au langage. Personne ne possède la langue anglaise; de même, personne ne possédera ce que la musique va devenir. La raison pour laquelle personne ne peut posséder la langue anglaise est qu'un très grand nombre de gens ont contribué à sa formation, à son développement et à son adaptation - si bien que tout le monde la possède, ou alors personne.»
«(...) l'artiste, s'est inspiré de la créativité de nombreux autres musiciens, et il se doit de donner sa créativité en retour»
j'ai toujours trouvé ce raisonnement spécieux...
ou c'est moi qui ne sait pas lire ?!
non parce que :
de fait, la langue anglaise n'appartient à personne...
et de fait, la musique non plus n'appartient à personne...
Mais Shakespeare a utilisé la langue anglaise qui n'appartient à personne
pour écrire Hamlet.
Hamlet reste donc une oeuvre de Shakespeare
même si la langue dans laquelle elle est écrite ne lui appartient pas...
Samudrala écrit plus loin :
Il en ira de même, dans l'avenir, pour la musique: un morceau que vous écrirez pourra inclure tant de contributions et de méta-contributions qu'il deviendrait absurde de prétendre en détenir les droits exclusifs.
je ne comprends pas ce "dans l'avenir". ça a toujours été ainsi. une création inclue forcément des tas de contributions et de méta-contributions. Hamlet s'inspire d'une histoire réelle, etc. Il y avait même plusieurs oeuvres similaires à l'époque racontant en gros la même histoire. etc. etc. etc. Mais Shakespeare a fait sienne ce fait divers de roi assassiné en lui imposant sa patte, sa personnalité...
La somme des acquis est supérieur à leur amoncellement épars. mais ce ne sont pas nos acquis qui sont importants, mais la façon dont elles s'agencent. Il est donc non seulement absurde mais ridicule de prétendre "détenir les droits" (sic) d'un simple amoncellement formel de "contributions et de méta-contributions". Car le propos est bien la façon dont les contributions sont mises en forme, forme forcément nouvelle donc, émanation de la personnalité de l'auteur...
et c'est quand la patte est absente qu'on pourra dire que c'est banal, ou que c'est du plagiat. etc.
bon mais c'est du b-a-ba du droit d'auteur tout ça.
il y a d'autres passages spécieux comme ça dans son texte... je trouve !
c'est pour ça, je n'ai jamais compris pourquoi ce texte fait référence...
(entre nous, le "dissémination" est quand même bien plus pertinent !)
bref, si c'est moi qui n'arrive pas à lire son texte, je voudrais bien qu'on me l'explique !
les LLD étant par nature éthiques (certaines plus que d'autres mais on va pas pinailler)
les LL n'ont rien d'éthique. ce sont des contrats de cession. Ils sont nés d'un souci éthique certes... mais quand on invente le marteau pour bâtir des maisons, s'il y a des gens qui se servent du marteau pour fracasser la tête des gens, ça n'enlève rien à la valeur "éthique" que représente le fait de bâtir des maisons. car ce n'est pas le marteau qui est important mais le fait de bâtir des maisons.
la compréhension que j'ai moi de la problématique c'est que le "registre éthique" est indépendant des licences. Celles-ci ne sont qu'un outil juridque pour faire valoir ce registre, mais, étant un outil, il peut tout aussi bien servir à faire valoir le regsitre "utilitariste".
le débat est alors sans fin (la controverser est sans fin).
or il y a des gens qui publient sous LL qui sont à des années lumière l'un de l'autre et je connais des gens qui ne sont pas du tout dans la "mouvance" libre, qui ne les intéressent pas du tout, mais que je trouve vriament très proches, éthiquement, philosophiquement, etc. du "regsitre éthique" du libre...
encore une fois ce n'est pas l'adoption ou non d'une licence qui détermine "l'éthique" et donc le camp, mais la posture éthique, le comportement éthique, qui détermine l'éthique...
la tendance universelle (sic) esquissée au début est donc que je n'ai pas besoin des LL pour faire valoir mon registre éthique car chacun de mes gestes s'inscrit dans le mouvement de cette universalité.
autrement dit, les LL ne sont qu'une infime partie de l'édifice impératif et catégorique qui s'actualise dans mes actes et dans ma vision du monde : l'universel se sert de tout ce qui se présente à sa portée (et invente des outils etc.) pour ek-siter chaque seconde : des LL, du financement par le don, de l'absence de pub, de la réflexion etc. etc. etc.
(cet "universel" étend son ek-sistence à toutes les sphères de la vie. le mouvement polyamoriste par exemple est pour moi une manifestation similaire de l'éthique universelle etc.)
si certains trouvent un intérêt financier à tirer toute la couverture à eux, ils le feront, quitte à marginaliser complètement la posture éthique par exemple
marginaliser par rapport à qui à quoi ? la part éthique va perdre de la visibilité tu veux dire ?:lol:
non mais je ne crois pas du tout : si les CC deveinnnent le macdo du libre, ta posture éthique va simplement se retrouver renforcée !
