Marcel, tu prends le show Poprock comme référence pour le spectacle vivant, ce n'est qu'une vision de ce qu'est l'expression scénique.
Et non, l'avenir du live électro ce n'est pas le groupe de ROck.
Je hais ces groupes qui sortent des disques fait en home-studio et qui viennent proposer un live rockeux sur scène. Ca démontre, non pas leur volonté de jouer live, mais plutôt leur incapacité à transposer leur son sur scène. Ca veut dire aussi que leur musique fabriquée avec des machines ne tient jamais compte du jeu scénique. Pour ne pas le citer, je ne parlerais pas ici de Rubin Steiner.
Le spectacle PopRock s'est imposé comme LA façon de faire le spectacle sur scène mais ça correspond à un type de public, à une époque où se déhancher, mettre son corps au centre du show était un moyen de choquer le bourgeois et d'exciter l'adolescent; Aujourd'hui c'est une attitude surannée; markétée, une recette que tout bon groupe de Rock se doit d'appliquer, ça fait parti de l'emballage médiatique. Sauf que ça n'a rien à voir avec l'art mais uniquement avec le service aprés vente.
Si on suit ton raisonnement, alors on va jeter pratiquement toute la scène folk et ces gens qui jouent assis avec leur guitare sèche et un micro comme seuls compagnons de scène. On va dire que les jazzmen dans leur grande majorité, manquent d' un je ne sais quoi. Que Miles Davis jouait de dos pour ne pas montrer qu'en fait il jouait en playback. Que la musique de chambre c'est vraiment un truc d'art plastique conceptuel à mort. Que certaines chanteuse de jazz sont vraiment des grosses mémères pas trés glamour, etc...
Le Show PopRock m'emmerde prodigieusement et ses apôtres aussi.
D'abord c'est un truc pour les immatures qui pensent que brasser de l'air démontre quelque chose. Et ce type de musique c'est surtout bon pour les minet et les minettes de 14 ans ( âge mental inside ), les autres, ceux que la musique intéresse avant le corps du chanteur ou du musico transpirant, ceux-là se concentrent sur le travail de l'artiste et le reconnaissent quand il est là. Parce qu'aller voir quelqu'un jouer sur scène c'est l'aboutissement de tout un travail personnel d'écoute, de recherche et d'intérêt pour l'artiste mais aussi pour son style. Bref, ces gens-là, ne vont pas au concert pour affoler leurs hormones pré-pubères, vu qu'ils ont dépassé ce stade, ils vont au concert pour voir si ce qu'on leur a promis est vrai et si c'est vrai alors ils donnent à l'artiste sa récompense d'être lui, authentique et intègre. Et ça, ça peut se faire derrière un laptop et une souris.
La performance physique est une chose récente dans l'histoire de l'expression scénique musicale. Personnellement, j'aime les gens calmes et posés sur scène, les gens qui me balancent les harmonies qui me touchent avec le son adapté et pas juste du brutal asséné au forceps en m'imposant le corps comme seule et unique possibilité d'un spectacle réussit. En tant que musicien, je n'aime pas les publics indisciplinés qui me les brisent avec du :"Allez, allez " ou du : "c'est énorme", une bouteille de bière à la main pendant que l'autre, en l'air, bat la mesure. En concert, quand j'y vais et c'est de plus en plus rare, je respecte l'artiste, j'écoute, je ressens, et je ne m'exprime qu'à la toute fin.
Les joueurs de machines et de laptop ont tout à inventer, c'est un fait, et le public qui n'est pas un mais est multiple est capable d'apprécier une performance statique parce que l'électro c'est avant tout une performance intellectuelle avant d'être une expérience de dance floor. Mais bon, comme en toute chose, ça dépend du public visé.
Ton fil c'est un fil qu'on pourrait transposer sur des forums de cinéma où quelqu'un viendrait critiquer le cinéma d'art et essais sous prétexte que contrairement au cinéma Hollywoodien, il n'y a pas assez d'explosions et de montage cut. Ben ouais, c'est vrai mais dans les salles américaines, il n'y a que des ados gavés de popcorn et de coca.
Il faut juste savoir ce qu'on veut pour soi-même et lâcher la grappe aux autres.