putain on se comprend mal

Moi je vous parle d'une diversité, celle d'où je viens, celle qui m'a quand même sorti moi, et tout le rock français jusqu'à maintenant. Quoi que l'on en pense, je ne vois pas pourquoi il faut systematiquement l'opposer à celle dont vous parlez, qui en est une toute autre, par d'autres moyens.
Je ne comprend pas ce besoin d'avoir quelque chose sur lequel chier pour pouvoir construire ailleurs autre chose. Pourquoi s'étonner du repli des labels sur les grosses merdes commerciales alors que le public ne veut pas payer pour le peu qu'ils produisent de different?
Moi je ne vois pas la musique libre comme ennemie de la production commerciale.
tdBT t'es marrant, tu reproches au label sa frilosité alors que tu sais déjà que tu ne vas pas le payer pour son taf

Tu ferais pareil mon gars, à sa place dans un contexte actuel, cent fois plus qu'hier.
KOKONOT.. Le home studio est une chose qui n'est pas valable pour tous. En dehors du fait que s'équiper c'est loin d'être gratuit, et encore moins si tu pretend faire quelque chose d'écoutable. Ce n'est pas la même chose selon la musique que tu fais. Ce n'est pas universel dans le sens que le son c'est quand même quoi qu'on en dise et qu'on en pense, un métier. Mixer de la musique faite avec des machines est plus facile, les sons sont calibrés, et encore mixer pour que ça sone de la mort chez toi, ouais ça se fait, mais mixer pour que ça sonne partout sur chaque support, radio comme le plus petit bafle pourri, ça c'est encore un metier. Sincerement moi à ce jeux là je suis nul. Alors mixer des trucs comme un accordéon, un piano, une guitare accoustique et un chant par ex, et bin c'est pas à la portée de n'importe quel pousse bouton. Comme de prendre le son non plus. Mixer une voix dans tout ça c'est dur aussi. Si j'étais seul, je serai incappable de faire un disque écoutable. Pourtant je me sers de pro tools tous les jours pour travailler, enregistrer les repettes et composer.
Alors nous parlons de diversités, mais il faut penser aussi à toutes les diversités de fonctionnement de la production de la musique. Ce n'est pas parce que tout une cuulture se suffit de sons synthetique que moi je dois abandonner la musique accoustique, jouée à la papa avec de vrais être humains remplis de culture comme Regis Guisavo, accordéoniste malgache qu'aucune machine au monde ne remplacera.
Alors il y a disque et disque, ce n'est pas du tout un jugement de valeur, mais de moyens mis en oeuvre pour y arriver. Que certains puissent produire des albums entiers sans rien demander aux gens, bin tant mieux, sans dec, mais que ceux qui investissent des moyens aient le droit de les réclamer en retour je ne vois vraiment pas au nom de quel morale ils deviendraient des pourris de le faire.
Pour en revenir à cette question a laquelle j'oublie de répondre. pourquoi je me suis auto-produit? Ah là putain j'en ai pour une heure dans un post à ralonge. Mais en gros en dehors de tout ce que j'avais à reprocher à la major au niveau de son immobilisme de créativité zero sur le net, car j'ai passé quand même trois ans à les faire chier à leur dire qu'on était pas en guerre, qu'au lieu de chialer comme des ptites vieilles ils n'avaient qu'à offrir, créer des dynamiques sur le net eux-même, offrir une vraie visibilité à TOUS leurs artistes au lieu de se concentrer sur le top 50, etc, en dehors de ça j'avais envie aussi de prendre la parole. De faire une démonstration, d'éssayer de m'adresser au public autrement en lui expliquant rouage par rouage la production de mon album. Montrer par là que je ne suis pas tout seul, que les gens qui me mailent "mano, donne moi une adresse où je peux t'envoyer de la tune, j'ai telechargé ton skeud mais je veux pas engraisser tous ces pourris" se trompent, qu'en fait s'ils m'envoient dix euros j'en fais quoi moi? Je vais voir un par un les zicos, les techniciens, et toute la chaine pour leur filer quelques centimes chacun? Je me suis autoproduit pour montrer que ce n'était pas possible en fait. Qu'à la limite moi je pouvais me la pêter de le faire là, parce que je suis déjà connu et que j'ai Dejà mon public, mais que jamais un groupe qui démarre ne pouvait le faire seul avec les moyens que moi j'ai mis en oeuvre pour ça. Tout ça en fut une démonstration. Ce n'est pas aussi une question de moyen, mais une question de metier aussi. Il est évident que je connais la chaine entiere de production et suis à même de l'entreprendre. Mais ça je l'ai appris sur le tas, encore une fois parce que je suis là depuis longtemps. En second temps j'ai lancé une souscription pour expliquer aux gens qu'en fait c'est bien joli d'avoir fait la premiere part du travail c'est à dire, enregistrer, fabriquer et distribuer l'album, mais si personne ne sait qu'il existe tu l'as dans le cul. Alors la souscription était donc clairement lancée pour payer la promotion de l'album, c'est à dire acheter des encards presse, des affiches, et embaucher un service de presse. J'ai communiqué comme j'ai pu autour de tout ça sans cesse, pour montrer en permanence à quel point je ne suis pas seul et à quel point des tas de choses sont mises en oeuvres avant que vous soyez au courant et qu'un album arrive dans un bac.
Je l'ai fait aussi en autoproduction parce que évidement on me taxe de valet du capital, alors que moi ce que je défend c'est une chaine logique et culturelle. J'ai hypotequé ma baraque pour faire cette démonstration. Est-ce ça que l'on demande demain à l'artiste? Devenir chef d'entreprises en risquant sa baraque? Vous êtes surs que beaucoup sauront y arriver?
Ce que j'ai démontré aussi et surtout avec tout ça, c'est qu'au mieux avec tout ce barnum bin j'ai remboursé la banque et je n'ai absolument pas gagné de quoi produire le moindre prochain album. Alors qu'encore une fois je vous rapelle que je roule en cadillac de bourge sur cette autoproduction, comparré à ce qu'on pense d'habitude avec ce mot. J'ai eu des moyens qu'aurait mis un bon ptit label. Ce n'est pas pour ça que les gens ont soutenu plus le projet. Alors l'ethique maintes fois entendue sur le net "je veux pas engrosser les major pourries" c'est marrant mais je ne l'ai pas vu se verifier, en tout cas pas sur mon album. C'est plutot qu'il est devenu culturel de ne pas vouloir payer pour un disque. Sa provenance en fait tout le monde s'en fout. Aujourd'hui j'ai signé en licence avec Wagram, sinon je ne vois pas comment j'aurais pu serieusement sortir un disque au delà de mon petit microcosme.
Parce que pour enfin finir c'est que moi vos histoires de diffusions en fait pour l'instant c'est secondaire et je m'en fous à moitié, ce qui me fait peur c'est justement la disparition des moyens de production. Internet diffuse, milite pour diffuser dans tous les sens, mais ne produit rien, ne donne de moyens à personne. J'ai tout le temps l'impression que la guerre ne se cantonne autour de la diffusion alors que le terrain primordial est de continuer à avoir quelque chose de bon à diffuser. Parce que si vous tenez tant à pouvoir diffuser/partager du commercial sans payer c'est bien que vous admettez que c'est pas forcement de la merde! C'estt bien parce que l'ouverture crée par les licences libres ne vous suffit pas. C'est pas du tout un jugement de valeur, mais c'est vrai.
Alors il est temps d'arreter les sophismes sur la musique. La diversité c'est le gratuit et le payant, il faut respecter les deux et tout le monde y gagne.