Moi je dis que si on se dit de Gauche et que ça signifie lutter contre l'exploitation de l'Homme par l'Homme, alors il faut télécharger illégalement toutes les oeuvres copyrightées, toutes et tout de suite !
Car de cette façon, on libère de leur emploi tous les maillons de la chaîne de production. Le P2P devient donc une forme d'émancipation de l'Homme par l'Homme, donc le P2P c'est de Gauche.
Alors que toi Mano, tu veux que ces pauvres maillons gardent leurs chaînes pour t'aider à faire du disque-produit. Tu les enchaînes à leur boulot et donc à la société de consommation, et donc à leur banquier et donc à leurs crédits. Tu en fais des animaux domestiques ne sachant réagir qu' à la caresse ou à la frappe, appeurés par le flic et l'huissier.
En ouvrant ton mypisse, tu confirmes ton engagement dans l'alliénation de ton prochain sous le vernis de la subversion facile. Tu embrigades les esprits faibles en leur vendant l'apparence de l'amancipation au lieu de leur montrer comment s'émanciper.
Tu pourrais rejeter tes propres chaînes en te séparant de ton apparente sécurité d'artiste signé et reconnu. Tu pourrais nous rejoindre, te fondre dans une communauté d'anonymes, d'amateurs, d'expérimentateurs, de filles et de garçons qui gèrent l'art selon leurs propres besoins, envies et modèles. Tu pourrais mettre l'ensemble de ton oeuvre sur les serveurs de libre difusion, on pourrait te télécharger via Automazic dans toutes les médiathèques de France, et Pragamazic pourrait être ton distributeur en ligne.
Au lieu de ça, tu viens nous narguer comme un sale gosse qui croit faire chier ses parents parce qu'il a pissé sur la moquette. Mais Mano, en ouvrant une page moche sur le réseau social de Murdoch, tu es juste une victime de la transposition des pires moments de la société de consommation sur Internet. Tu utilises déja le Minitel 2.0.
En vérité, Mano, tu n'es déja plus grand chose, un 3615 machin truc au milieu des starlettes pré-adolescentes et des kids qui se font les yeux au noir en attendant de rentrer dans le rang.
Je te bouh !
