Pourquoi un énième fil sur le sujet ?
L'objet de ce fil n'est pas de vous donner une liste d'équivalence de ce que le monde Linux propose aux artistes.
Comme le dit Morphéus : "Je peux t'expliquer ce qu'est la Matrice, mais ce sera toi seul qui devra l'expérimenter."
Critiquer les softs proprios quant à la qualité de leurs prestations serait stérile et polémique, la plupart des softs de musique sous Windows et Mac sont des références reconnues par les amateurs et les pros.
Mais est-ce pour cela que tout le monde les utilise ?
La réponse est non.
Pour l'amateur, il y a la vente liée qui lui fait adopté Windows et les logiciels qui vont avec. Une fois mis le doigt dans l'engrenage, difficile de ne pas y aller jusqu'à la tête. Il y a aussi l'environnement social qui joue un rôle non négligeable. Les copains, amis, parents, profs, collègues de travail utilisent aussi Windows et Mac, on s'aligne sans trop réfléchir aux raisons et pour ne pas trop se singulariser tout seul dans son coin, même si la geek attitude est devenue à la mode.
Mac est un choix à part entière pour l'amateur qui veut se retrouver dans un environnement de travail plébiscité par les pros. Pendant longtemps, Mac avait un avantage certain sur le monde pc quant à la qualité de ses ordinateurs pour faire de la musique. Pour les plus vieux d'entre nous, je rappèlerais qu'il existait déja des machines toutes dédiées à la musique, puissantes et novatrices, Atari et Amiga notamment.
Il n'y a pas de guerre idéologique entre le soft libre et le soft proprio. Ce n'est pas faire du lobbying que de porter la "bonne parole" aux "égarés" du logiciel proprio
Il y a un vrai problème avec le soft proprio, un problème de modèle de société, rien de moins.
Je sais bien que ce n'est pas la première chose dont on se préoccupe quand on fait de la musique. Pourtant, un artiste étant une personne sensible par définition devrait se poser la question de l'environnement dans lequel il crée et sa place ainsi que celle de son oeuvre dans cet environnement.
Je n'ai pas dit qu'il fallait se prendre la tête, juste se demander ce qu'on fait, pourquoi, et ce qu'on veut vraiment pour son oeuvre, son art, ses fans, pour soi-même, ses enfants, la planète, le pays dans lequel il vit, son quartier, etc...
Cette réflexion n'a pas pour but de culpabiliser, juste de devenir conscient. Ensuite, on prend une décision en étant en accord avec soi-même, pas juste un consommateur aveugle.
C'est quoi un logiciel de musique ?
Un outil de production automatisé.
Autrement dit, une fois la période d'apprentissage plus ou moins longue passée, c'est un outil de production de masse avec lequel on atteint une forme de rendement assez facilement. De par son côté tout en un, on peut remplacer toute la chaîne de production à l'aide d'un seul de ces outils, et grâce au Web publier en temps réel la moindre création. Là où au 20 ème siècle, produire et distribuer la musique prenait du temps à cause d'une chaîne pleine d'intermédiaires administratifs et techniques, aujourd'hui, on a raccourci considérablement ce temps, d'où une profusion d'albums, de morceaux, solos, de remixes, de catalogues de samples, etc...
Nous aurions besoin de plusieurs vies, pour pouvoir, seulement aprés 10 ans d'existence, embrasser l'intégralité de la production mondiale parue sur le Net.
Comme tout instrument, car il s'agit d'un instrument, une fois qu'on a trouvé celui avec lequel on a le plus d'affinité, on l'étudie à fond et on travaille d'autant plus confortablement avec. Il y a un vrai plaisir à l'utiliser et à atteindre le but rechercher, au même titre qu'un musicien prend beaucoup de plaisir à travailler avec un instrument analogique classique. C'est aussi pour cela qu'il devient contraignant de devoir quitter ce logiciel avec lequel on est si bien pour envisager une nouvelle façon de faire de la musique sur ordinateur. C'est aussi pour ça que l'équivalence entre en ligne de compte dans le passage à Linux, c'est aussi pour ça que nombre de gens n'y passent pas ou que s'y étant essayés sont déçu et deviennent des addicts au logiciel proprio pour longtemps.
L'équivalence, qui est souvent l' argumentaire principal des défenseurs de Linux est aussi ce qui perdra l'OS libre si on n'y prend pas garde. Soit Linux deviendra de plus en plus un Windows/OSX like mais libre pour satisfaire le plus grand nombre, soit les déçus seront de plus en plus nombreux en faisant des adversaire farouches argumentant de leur expérience courte mais douloureuse.
Les choses sont ainsi faîtes que l'on a oublié que l'apprentissage d'un OS libre ou proprio est toujours source de prise de tête. Chacun demande à l'utilisateur de s'adapter, chacun a des défauts avec lesquels nous transigeons pour continuer à avancer, certains ont des avantages que les autres n'ont pas et c'est la même chose pour les tares. Ainsi, malgrés son apparente facilité d'utilisation, OSX est une vraie prise de tête en terme de paramétrage si l'on s'obstine à ne pas vouloir utiliser itunes ou Quicktime, par exemple.
Windows XP, le seul OS de Microsoft que je connaisse bien n'est pas un modèle de stabilité ni de gestion de ressources quant il n'est pass optimisé. Linux, n'est ni mieux, ni pire, il est juste plus respectueux des utilisateurs finaux du débutant à l'expert. Il est juste plus transparent dans son fonctionnement pour peu que l'on commence à être un utilisateur avancé et le support, je le sais pour avoir à la maison les trois OS pré-cités, est supérieur aux autres systèmes, pourtant Linux est gratuit. C'est le monde à l'envers.
Voilà pour l' introduction.