Apparemment, les artistes pensent qu'il y a une forme de légitimité à récupérer le fruit de son travail sous la forme d'une réttribution en euros. Pourquoi pas.
Mais fonder sa vie d'artiste sur cet espoir, c'est finir par faire autre chose à terme. un peu comme la moto
Comment pratiquement gagner de l'argent avec l'art ?
La recette est simple et éprouvée. Un artiste pour vendre le produit de son travail va devoir le vendre.
Pour ça, c'est comme pour n'importe quoi d'autre, il faut déja savoir si il existe un créneau dans lequel ce qu'on fait s'inscrit ( un marché ). De deux choses l'une, soit, le créneau existe et alors il va falloir trouver un biais pour que le client vienne acheter ma musique et pas celle du voisin, soit le créneau n'existe pas et là on va se retrouver à faire du développement; c'est risqué, long et surtout coûteux en temps et en argent. ( l'artiste prudent qui n'en veut des sous évitera )
Conclusion : L'art est un produit comme les autres, on le vend de la même façon, en communicant.
Je ne vais pas vous donner les recettes pour être un bon communicant.
Il y a cependant au moins deux choses à savoir :
Prendre les gens pour des gens intelligents est payant,
leur vendre un produit proche de l'unique est une bonne manière d'arriver à ses fins.
Conclusion : Là comme ailleurs, la médiocrité et la facilité ne marchent qu'un temps. Il faut être patient et savoir que là comme ailleurs personne ne nous attend et que nous ne méritons rien.
Pour vendre en France, il faut être en règle avec la loi. On doit donc créer une entité dîte morale.
La plus simple, notamment pour exister auprés des institutions, intervenants techniques, mairies, Consiel Généraux, salles, etc, est l'association loi 1901. Facile à monter, ne coûte pas cher ( 36 euros ), permet d'ouvrir un compte en banque et de percevoir des subventions. C'est une bonne structure juridique pour un label. Coûts de gestion trés faible, pas besoin de local.
Ensuite vient tout le panel des structures commerciales allant de l'entreprise individuelle, en passant par l'EURL, la SARL, voir la coopérative. Dernièrement est arrivé le statut de l'auto-entrepreneur.
Dans le cas où vous voudriez vendre votre musique sous la forme de fichiers ou de supports divers et variés, vous êtes obligés de passer par une telle structure.
Pour ce qui est de vivre de la scène, soit on passe par une structure juridique comme pré-citée, soit par un prestataire.
Deux possibilités :
L'intermittence,
la note d'auteur.
Dans les deux cas, il faudra passer par une structure tiers.
Pour l'intermittence, il s'agit d'un contrat à durée déterminée passé avec une entreprise agrée disposant d'une licence d'entrepreneur du spectacle. Cet entreprise vous salarie et prend une commission au passage. Vous avez tous les avantages sociaux des salariés et cela ouvre des droits aux assedics, si bien sûr vous cumulez suffisamment d'heures dans l'année. La note d'auteur quant à elle est une facture émise par un artiste / auteur affilié à l'AGESSA.
Une troisième possibilité est le portage salarial. Des structures de portage salarial pour les artistes commencent à voir le jour. Vous êtes alors salariés par une entreprise de portage.
En dehors de ces possibilités, tout travail est au noir. Outre le fait que c'est risqué légalement, ça n'est surtout pas concevable pour une activité sur le long terme.
Conclusion : Pour vivre de sa musique, il faut un statut juridique, ça demande à se documenter, à comprendre comment fonctionne les lois de son pays et du temps.
NOTE : Il faut savoir une chose importante pour ceux qui font de la musique sur ordinateur. Dans le cas où vous vous déclarez sous une forme ou une autre, vous devez posséder toutes les licences des logiciels que vous utilisez en studio et sur scène. Vous pouvez être contrôlé et ça coûte assez cher. Donc l'achat des licences est à prendre en compte. Sinon, Linux est votre ami, mais ça demandera encore un peu plus de travail
Enfin, la dernière solution :
Signer sur un label. Le rêve pour la plupart des artistes. La voiture de fonction, le salaire mensuel, les droits qui pleuvent, les tournées avec les putes et la coke, le prestige, l'érection permanente, Josiane la secrétaire, le look de l'artiste dans la rue ( oulah, lui c'est un artiste... ), les notes de frais.
BLAM !!!
Certainement la moins bonne des solutions. Pourquoi ?
Parce qu'on entre en concurrence avec d'autres artistes qui, peut-être, auront de plus nombreux et meilleurs contacts, donc une oreille plus attentive auprés d'un label manager remisant votre cd au fond de la pile, celle qui prend la poussière depuis trois ans.
parce qu'on passe sa vie à se faire un carnet d'adresse et à rencontrer plein de cons et ça use prématurément,
parce qu'il y a une crise du disque et que les labels n'ont plus les moyens de faire du développement d'artistes, vu qu'ils tirent leur / votre revenu de la vente des disques,
parce que les labels accèdent de plus en plus difficilement aux scènes importantes,
parce les labels cherchent des produits prêts à l'emploi capables de se positionner rapidement sur un marché de niche.
parce que s'en est fini de l'indépendance artistique.
parce que souvent ils obligent à s'inscrire à la Sacem, on ne sait pas trop bien pourquoi.
Conclusion :
Aujourd'hui, un artiste a tous les outils pour composer, produire, diffuser et promouvoir ses oeuvres lui-même.
Si il n'est pas compétent, il peut monter un collectif pour mettre en commun des compétences de graphistes, ingé-son, commerciaux, logisticiens, secrétaires, webmestre, etc...
Chacun devient spécialisé, le temps est multiplié par le nombre d'individus, l'artiste reste dans sa partie et il a l'impression de faire ce pour quoi il est né, son égo ne se sent pas diminué, ses crises de diva seront moins fortes
Maintenant, on peut voir les choses différemment. Ne pas se mettre la pression, composer et diffuser facilement via Dogmazic, par exemple, se faire connaître sur le trés long terme, comprendre qu'être connu vite, c'est aussi retourner à l'anonymat rapidement et durablement. Un artiste ne développe pas qu'un art, ni une oeuvre mais surtout lui-même. C'est lui l'instrument. Sa technique n'est qu'une conséquence de son expérimentation de la vie. Concevoir la musique comme une activité entre 8 heures et 19 heures, c'est se gourrer. La création n'a pas d'heures, pas de frontières d'activités, ne connaît pas les week-end ou les vacances.
Bien sûr on peut pondre un truc génial pendant son temps libre, ce n'est pas la question, mais un artiste est un malade mental qui a eu un problème avec sa mère et qui recherche une route que jamais il ne trouvera. Puis il les verra... Les Envahisseurs.......
Je ne crois pas au mythe de l'artiste qui est un artiste parce qu'il est soumis à 100% à l'exercice de son art. ce sont des conneries de marketeux, de l'image pour vendre des céréales. Il y a plein d'exemples dans l'histoire de l'art qui montre des écrivains qui écrivent de telle à telle heure chaque jour, ou de compositeurs qui travaillaient à côté ou de solistes géniaux qui passaient plus de temps le nez dans la coke que le bec collé à leur instrument.
Bref. les solutions existent pour gagner sa vie avec l'art mais ça demande des connaissances, de savoir ce que l'on veut, d'avoir confiance en soi, de ne compter que sur soi, de ne pas tenir compte de l'avis des autres, de persévérer, de passer du temps à se vendre sans faire la pute ( au choix ), de comprendre que vendre est un métier qui demande un certain engagement, d'être ingénieux, curieux, à l'écoute, de connaître son marché, etc...
Alors plutôt que de geindre et de réclamer un statut qui permettrait de palper de la thune parce qu'on a sa carte d'artiste, ben... REMUEZ-VOUS LE CUL !
Et qu'on ne vous entende plus
Quelques piste :
Dogmazic, bien sûr,
les licences libres et ouvertes parce que quit à être copier autant que ce soit légal,
Pragmazic, un distributeur qui ne fait que dans le libre, il suffit de monter son asso 1901 et de passer la sélection.
Etre humble et patient,
Cordialement.