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Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
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jeremienestel
- Messages : 38
- Inscription : 31 août 2009, 10:38
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Merci à Sam, et à TBDT et à tous ceux qui ont bien voulu répondre à ma question ouverte.
EN VRAC
1. Je suis en train de travailler sur cette question, et je souhaitais ouvrir non pas un débat mais voir les réponses possibles à cette question. C'était aussi pour moi une façon d'échanger en toute liberté.
2. Je suis moins addict que vous à ce forum pour poster et être réactif, mais j'ai suivi et lui quand j'en avais le temps l'ensemble des réponses.
3. Je pense qu'une charte éthique devrait être mise en place car il n'est pas normal que sur un Forum on trouve des attaques personnels que l'on critique le contenu oui, que l'on attaque des personnes s'est totalement déplacé.
4. Je précise toujours quand je m'exprime en faisant référence à L.A. J'ai pas envie que cette étiquette à la con empêche de jouer en candide et qu'elle m'enlève de la liberté. Et je trouve déplacé de chosifier pour certains une personne autant. Mais passons.
5. Je pense que le Ministère de la Culture va travaillé sur une mise en avant de plateforme proposant une offre légale dans le cadre d'Hadopi. Cela implique de privilégier l'apparition de certains catalogues devant d'autre. En soit favoriser que certains sites ou plateforme devienne à terme invisible pour des internautes lambda. La loi Hadopi 1 prévoyait pour l'éducation national de privilégier l'utilisation de certains catalogues au dépend d'autre. C'est un enjeux de valoriser et de défendre le catalogue de dogmazic en terme de qualité.
6. En Europe la Suisa et d'autres sociétés d'auteur travaillent à reconnaître les CC by NC au moins pour donner un cadre légale et un outils de promotion des oeuvres (c leurs discours pas le mien). Avoir une vision clair de l'utilisation commerciale d'une oeuvre et donc important. A plus forte raison pour des auteurs souhaitant utiliser des licences libres et menés une carrière professionnelle, au même titre que d'autre.
La vente d'oeuvre par catalogue et la rémunération des auteurs via des plateformes est d'actualité. CD1D est d'autre sont en train de créer une plateforme en libre écoute ou l'ensemble des auteurs seront rémunérés via un accord obtenu avec la SACEM (de mémoire). Cela ne me semble pas anormal de rémunérer des auteurs via des plateformes d'écoute.
7. Les différentes taxes qui vont arrivés sur Internet, sur la publicité, sur Google ou les FAI vont tenter de rémunérer les auteurs en fonction des flux d'échange. Si on considère que les CC et Art Libre ne veule pas d'argent et qu'ils sont de toutes façon gratuit, cela exclura d'entrée de jeu les artistes CC voulant être rémunéré et faire valoir les échanges liés à leurs œuvres. Ce ne sont pas la des petites questions, cela mérite réflexion pour ceux faisant le choix des licences ouvertes avec la volonté de vivre en tant qu'auteur.
J.
EN VRAC
1. Je suis en train de travailler sur cette question, et je souhaitais ouvrir non pas un débat mais voir les réponses possibles à cette question. C'était aussi pour moi une façon d'échanger en toute liberté.
2. Je suis moins addict que vous à ce forum pour poster et être réactif, mais j'ai suivi et lui quand j'en avais le temps l'ensemble des réponses.
3. Je pense qu'une charte éthique devrait être mise en place car il n'est pas normal que sur un Forum on trouve des attaques personnels que l'on critique le contenu oui, que l'on attaque des personnes s'est totalement déplacé.
4. Je précise toujours quand je m'exprime en faisant référence à L.A. J'ai pas envie que cette étiquette à la con empêche de jouer en candide et qu'elle m'enlève de la liberté. Et je trouve déplacé de chosifier pour certains une personne autant. Mais passons.
5. Je pense que le Ministère de la Culture va travaillé sur une mise en avant de plateforme proposant une offre légale dans le cadre d'Hadopi. Cela implique de privilégier l'apparition de certains catalogues devant d'autre. En soit favoriser que certains sites ou plateforme devienne à terme invisible pour des internautes lambda. La loi Hadopi 1 prévoyait pour l'éducation national de privilégier l'utilisation de certains catalogues au dépend d'autre. C'est un enjeux de valoriser et de défendre le catalogue de dogmazic en terme de qualité.
6. En Europe la Suisa et d'autres sociétés d'auteur travaillent à reconnaître les CC by NC au moins pour donner un cadre légale et un outils de promotion des oeuvres (c leurs discours pas le mien). Avoir une vision clair de l'utilisation commerciale d'une oeuvre et donc important. A plus forte raison pour des auteurs souhaitant utiliser des licences libres et menés une carrière professionnelle, au même titre que d'autre.
La vente d'oeuvre par catalogue et la rémunération des auteurs via des plateformes est d'actualité. CD1D est d'autre sont en train de créer une plateforme en libre écoute ou l'ensemble des auteurs seront rémunérés via un accord obtenu avec la SACEM (de mémoire). Cela ne me semble pas anormal de rémunérer des auteurs via des plateformes d'écoute.
7. Les différentes taxes qui vont arrivés sur Internet, sur la publicité, sur Google ou les FAI vont tenter de rémunérer les auteurs en fonction des flux d'échange. Si on considère que les CC et Art Libre ne veule pas d'argent et qu'ils sont de toutes façon gratuit, cela exclura d'entrée de jeu les artistes CC voulant être rémunéré et faire valoir les échanges liés à leurs œuvres. Ce ne sont pas la des petites questions, cela mérite réflexion pour ceux faisant le choix des licences ouvertes avec la volonté de vivre en tant qu'auteur.
J.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Désolé mais c'est débile. Conditionner le revenu à la circulation à la "masse" d'échange est une abération totale quand on parle de licence de LIBRE DIFFUSION.rémunérer les auteurs en fonction des flux d'échange.
Cela dit je m'améliore de jours en jours en code divers et en php, si à un moment les revenus de l'artiste sont calculés sur des stats web, du traffic ou ce genre de truc, là je ferais un effort pour créer un chouette robot qui me fera péter mes stats et je pactolerais. (j'avais déjà l'idée de le faire pour déloger le Poussah parigot du ranking dogmazic, mais il n'en vaut pas la sueur
Donc CD1D il peuvent bien faire ce qu'ils veulent et dealer avec la sacem, ils ne sont PAS pour la libre circulation, donc moi j'en ai cure de ce qu'ils font.
Ensuite certes hadopi part en sucette dans tout les coins, mais je ne crois pas une seule seconde qu'un ministère, fut-il autoritaro-sarkoziano-lefevrien (donc brillant
Enfin et pour conclure, je commence à tirer une légitime fierté d'avoir choisi un pseudo et nom de scène que quasiment personne n'arrive à écrire correctement (sauf parfois _sam mais c'est parcequ'il me surveille comme le lait sur le feu
dF
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jeremienestel
- Messages : 38
- Inscription : 31 août 2009, 10:38
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Cher tdBt (merci à Ctrl C)
"Désolé mais c'est débile. Conditionner le revenu à la circulation à la "masse" d'échange est une abération totale quand on parle de licence de LIBRE DIFFUSION."
Oui mais ils peuvent le faire, voir pire une rémunération en fonction des ventes des standards commerciaux. 2 attitudes : Soit on s'en tape (pas besoin de troller) soit on pense que les auteurs CC AL pourraient être concerné et là question c'est comment participer au débat, et quelle piste proposer.
"Donc CD1D il peuvent bien faire ce qu'ils veulent et dealer avec la sacem, ils ne sont PAS pour la libre circulation, donc moi j'en ai cure de ce qu'ils font."
J'en arrive à ne plus faire de différence entre les producteurs indépendants et les auteurs en libre diffusion, il y a un certains nombre de problématique qui sont les mêmes pour penser la rémunération des auteurs le souhaitant.
"Ensuite certes hadopi part en sucette dans tout les coins, mais je ne crois pas une seule seconde qu'un ministère, fut-il autoritaro-sarkoziano-lefevrien (donc brillant Triste ), puissent rendre invisible une plateforme web. Au mieux on pourrais imaginer qu'il en ferais un martyr de la liberté d'expression, et ça souvent ça se retourne-de-baton très sévère. "
Non, mais juste rendre son accès caduque sur des accés internet tel Iphone, Nitendo DS, et box 5 à la con que sais - je . Y aura tellement de plateforme et de blogue noyé qu'il n'y aura pas de martyr, juste la lettre e qui aura disparu comme dans le livre de Perec.
Moi je vois un enjeu à rentrer dans les négos des plateformes proposant du contenu légal. Mais ca ne me regarde pas directement. C'est Musique Libre! et Inlibro veritas de réfléchir.
J.
"Désolé mais c'est débile. Conditionner le revenu à la circulation à la "masse" d'échange est une abération totale quand on parle de licence de LIBRE DIFFUSION."
Oui mais ils peuvent le faire, voir pire une rémunération en fonction des ventes des standards commerciaux. 2 attitudes : Soit on s'en tape (pas besoin de troller) soit on pense que les auteurs CC AL pourraient être concerné et là question c'est comment participer au débat, et quelle piste proposer.
"Donc CD1D il peuvent bien faire ce qu'ils veulent et dealer avec la sacem, ils ne sont PAS pour la libre circulation, donc moi j'en ai cure de ce qu'ils font."
J'en arrive à ne plus faire de différence entre les producteurs indépendants et les auteurs en libre diffusion, il y a un certains nombre de problématique qui sont les mêmes pour penser la rémunération des auteurs le souhaitant.
"Ensuite certes hadopi part en sucette dans tout les coins, mais je ne crois pas une seule seconde qu'un ministère, fut-il autoritaro-sarkoziano-lefevrien (donc brillant Triste ), puissent rendre invisible une plateforme web. Au mieux on pourrais imaginer qu'il en ferais un martyr de la liberté d'expression, et ça souvent ça se retourne-de-baton très sévère. "
Non, mais juste rendre son accès caduque sur des accés internet tel Iphone, Nitendo DS, et box 5 à la con que sais - je . Y aura tellement de plateforme et de blogue noyé qu'il n'y aura pas de martyr, juste la lettre e qui aura disparu comme dans le livre de Perec.
Moi je vois un enjeu à rentrer dans les négos des plateformes proposant du contenu légal. Mais ca ne me regarde pas directement. C'est Musique Libre! et Inlibro veritas de réfléchir.
J.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
flûte j'avais pas fini ... berf voilà mon point de vue sur l'aspect commercial et les licences libres oui oui libres ^^
Donc pour bien préciser, je ne suis pas contre la commercialisation des œuvres en licences ouvertes et ce, quelle que soit la licence. Pour résumer, ma position est proche (voir quasiment identique) de celle de Nina Paley.
Pour moi, la commercialisation et tout ce qui va avec ne doit pas se faire au détriment de l'objectif premier des licences et notamment des libretés fondaentales qu'elles accordent aux utilisateurs... Peut-être est-il utile de re-dire encore une fois que les licences ne "protègent" pas les auteurs, mais les utilisateurs en ouvrant des droits plus grands que ceux accordés de base par le CPI.
Cela étant dit, là où je rejoins Nina Paely dans la conception commerciale des choses, c'est sur la distinction contenant / contenu : le contenu est libre et le contenant (produits dérivés, interventions publiques etc etc) est source de commercialisation et de donc de rémunération.
@incauda et _sam, vous abordez les choses de travers concernant les licences libres SA et LAL :
Permière notion à rectifier et qui va vous faire peur voire détester encore plus ces licences vraiment libres, si je m'en tiens à votre approche :
Le partage à l'identique, la viralité ne sont pas des clauses que l'on peut "lever" puisque c'est ce qui garantit la non "réaproppriation" exclusive.
Votre carrouf préféré de même que votre coiffeur adoré peut parfaitement diffuser des titres en cc-by sa ou en LAL à partir du moment où ils mettent à dispo une playlist quelquepart, car il n'y a pas de modification de l'œuvre.
Et cela peut se faire sans reverser un centime aux titres des droits patrimoniaux puisque c'est écrit dans la licence.
Arghhh le vilain dumping, mais en réalité le font-ils ? Non... ils préfèrent payer via sacem ou jamendo pro pour être sûr qu'il n'y aura pas de souci, pas de réclamation a posteriori. Et puis, plus ils sont "gros " plus ils vont "investir" En effet, s'il venaient à diffuser que du libre "non payant" et qu'on venait à découvrir, ce serait très mal vu par les hadopistes et par tout un tas de gens qui trouvent que ne pas rémunérer les auteurs "c'est le mal".
L'expérience de Nina paley, qui a choisi de libérer son film a posteriori sous une licence libre (cc-by-sa) est très interessante à ce titre : plus l'intermédiaire (distributeur de film ou de produits dérivés) est gros et/ou pubic et/ou riche plus il va chercher à se barder juridiquement avec des contrats et payer via licence pour l'usage de l'œuvre.
Le plus difficile est de faire comprendre qu'il n'y aura jamais d'exclusivité et pour pouvoir faire en sorte que son film soit diffusé ou bien pour créer des produits dérivés, elle accepte l'argent de ces firmes et elle les "endorse" . La boite peut alors apposer un logo qui signifie qu'une partie des bénéfices ira a Nina.
Mais au départ elle n'exige rien et elle l'accepte mais n'endorse pas ceux qui ne lui reversent rien. Et ô miracle ça fonctionne, il y a plus de gens qui lui reversent de l'argent que l'inverse.
Ce qui, de son point de vue la protège des dérives c'est la très grande visiblité (notamment sur internet) que lui confère la licence libre.
Autre chose : passer par le système classique ne l'aurait pas plus enrichi au contraire et c'est pour cela qu'elle a placé son film en LO, parce que signer une exclusivité chez un distributeur et passer par des SPRD non seulement, lui enlevait la liberté de diffusion mais la rémunérait mal (à son goût). Avec beaucoup d'humour elle répondait aux distributeurs "classiques" : "vous me proposez d'être pauvre, ça je sais très bien le faire moi-même" (quelque chose dans ce goût là).
C'est pourquoi, quand j'entend parler de dumping, je rigole... de quelle rémunération parle-t-on ? à combien de centimes d'euro s'élèvent le dumping des œuvres libres en concurrence avec les vrais pros et les clauses "nc" ? Et lorsqu'elles ont du succès commercial, à combien s'élève le supposé "manque à gagner" issu des pilleurs avides tapis dans l'ombre ?
Petite digression en zone non commerciale ...
Il y a une autre dimension qui n'est pas la moindre quant à l'avantage d'utiliser une licence libre dans un contexte de large diffusion, c'est la liberté d'expression. Le film de Nina Paley n'a pas de distributeur officiel en Inde car il n'y est pas bien vu puisqu'il se base sur des écrits religieux et effleure un sujet tabou : la palce de la femme dans la société traditionnelle (ou actuelle ^^). Les fondamentalistes l'ont menacée de mort. Via le système classique le film aurait été officiellement diffusé mais censuré et elle n'aurait rien pu y faire. Grâce à la licence, ce film peut être vu là-bas dans sont intégralité et c'est le cas. Alors que potentiellement la licence permet de le censurer, étrangement, c'est l'effet inverse qui se produit.... bizarre n'est-il pas
Tout ça pour dire que penser que l'on gagne plus d'argent en encadrant l'usage commercial via une clause nc ou sacémisation au lieu d'une licence libre est une vue de l'esprit.
Comme dit plus haut par je ne sais plus qui (désolée) les requins sont les requins, ils pilleront ce qu'ils voudront, copyrighté ou pas. Quand on cherche à illustrer un film, une pub, animer un lieu public ou autre, on ne choisit pas des œuvres pour leur licence mais pour ce qu'elles sont en tant qu'œuvres.
De plus, comme rappelé plus haut, le droit moral existe (et même la SACEM le rappelle dans ces zolis pages web expliquant comment exploiter son répertoire) pour s'opposer à une utilisation hors de l'appréciation de l'auteur. (nb : et là on n'est pas d'accord avec Mme Paley ^^ puisqu'elle est contre l'existence même du droit moral).
A propos des clauses NC :
De mon point de vue à moi (et visiblement ceui de Nina Paley) lorsque vous utilisez des licences avec clauses nc, vous ne vous prémunissez pas d'un danger bien plus grand que le dumping.
Ce danger c'est l'exclusivité.
Si un jour, par l'odeur alléchés, vous acceptez de signer chez un éditeur que vous kiffez grave, en contrepartie de l'exclusivité commerciale, je ne vous souhaite qu'une chose c'est que jamais vous ne vous fachiez avec lui, que j'amais ils ne se fasse phagociter par un sony ou autre vivendi et que toutes les clauses en petits caractères ne soient pas aussi velus que les trolls que nous voyons ici parfois...
Je ne suis en rien contre l'existence des licences clauses nc, je pense juste qu'on leur prête des vertus qui sont au final pas si vertueuse si on y regarde de plus près. Et j'aimerais qu'on évite de cloisonner les usages commerciaux/non commerciaux en fonction de ces clauses...
Par exemple, j'espère voir beaucoup d'autres labels comme AMMD, prendre leur place dans l'environnement musical qu'il soit commercial ou pas ^^
J'espère que de telles expérience pourront exister et seront encouragées et non pas exclu par les manœuvres consistant à pousser la clause nc en avant comme panacée univerelle en matière de rémunération des zauteurs sous LLD.
Personnellement je ne vais pas militer pour l'intégration de clauses nc chez les SPRD pour le grapillage, même si, ce fut un temps mon idée à des fins de "terrorisme économique" : "pourquoi useraient-ils de l'argent qui "nous" revient ? tapons là ou ça fait mal : le pognon, et réclamons notre du."
Mais je vois que cela est aujourd'hui pris au pied de la lettre : on y voit le moyen de rémunérer tous les auteurs par saupoudrage et voilà que l'on réinvente la gestion collective. Là, je ne suis pas d'accord. Puisqu'on en viens à exiger que toute forme de mise à disposition soit rémunérable, hors cela (encore une fois) va à l'encontre des libertés fondamentales accordées par les LLD.
Par contre une idée m'interese, celle de pouvoir créer avec des sacémisés sans contrainte et sous LLD, je militerais volontiers pour pousser les SPRD comme la SACEM à permettre une gestion collective œuvre par œuvre, ce qu'elle fera de toute façon si les accords permettant la getion des nc chez Buma Koda devait s'ouvrir aux usages internationaux.
Mais je ne souhaite pas que cela profite uniquement aux clauses nc, je souhaite que tout type de licence libre puisse être utilisé par les auteurs affiliés à une SPRD. Les œuvres sous licences vraiment libres sortant purement et simplement du cadre de la gestion collective. Cela dit je pense que ce genre de modif ne peut venir que de l'interieur et que c'est surtout aux sacémisés de se bouger les fesses (plus que nous).
Piiouuuuuuuf... ce post est super long...désolée... et bon courage à ceux qui le liront.
Donc pour bien préciser, je ne suis pas contre la commercialisation des œuvres en licences ouvertes et ce, quelle que soit la licence. Pour résumer, ma position est proche (voir quasiment identique) de celle de Nina Paley.
Pour moi, la commercialisation et tout ce qui va avec ne doit pas se faire au détriment de l'objectif premier des licences et notamment des libretés fondaentales qu'elles accordent aux utilisateurs... Peut-être est-il utile de re-dire encore une fois que les licences ne "protègent" pas les auteurs, mais les utilisateurs en ouvrant des droits plus grands que ceux accordés de base par le CPI.
Cela étant dit, là où je rejoins Nina Paely dans la conception commerciale des choses, c'est sur la distinction contenant / contenu : le contenu est libre et le contenant (produits dérivés, interventions publiques etc etc) est source de commercialisation et de donc de rémunération.
@incauda et _sam, vous abordez les choses de travers concernant les licences libres SA et LAL :
Permière notion à rectifier et qui va vous faire peur voire détester encore plus ces licences vraiment libres, si je m'en tiens à votre approche :
Le partage à l'identique, la viralité ne sont pas des clauses que l'on peut "lever" puisque c'est ce qui garantit la non "réaproppriation" exclusive.
Votre carrouf préféré de même que votre coiffeur adoré peut parfaitement diffuser des titres en cc-by sa ou en LAL à partir du moment où ils mettent à dispo une playlist quelquepart, car il n'y a pas de modification de l'œuvre.
Et cela peut se faire sans reverser un centime aux titres des droits patrimoniaux puisque c'est écrit dans la licence.
Arghhh le vilain dumping, mais en réalité le font-ils ? Non... ils préfèrent payer via sacem ou jamendo pro pour être sûr qu'il n'y aura pas de souci, pas de réclamation a posteriori. Et puis, plus ils sont "gros " plus ils vont "investir" En effet, s'il venaient à diffuser que du libre "non payant" et qu'on venait à découvrir, ce serait très mal vu par les hadopistes et par tout un tas de gens qui trouvent que ne pas rémunérer les auteurs "c'est le mal".
L'expérience de Nina paley, qui a choisi de libérer son film a posteriori sous une licence libre (cc-by-sa) est très interessante à ce titre : plus l'intermédiaire (distributeur de film ou de produits dérivés) est gros et/ou pubic et/ou riche plus il va chercher à se barder juridiquement avec des contrats et payer via licence pour l'usage de l'œuvre.
Le plus difficile est de faire comprendre qu'il n'y aura jamais d'exclusivité et pour pouvoir faire en sorte que son film soit diffusé ou bien pour créer des produits dérivés, elle accepte l'argent de ces firmes et elle les "endorse" . La boite peut alors apposer un logo qui signifie qu'une partie des bénéfices ira a Nina.
Mais au départ elle n'exige rien et elle l'accepte mais n'endorse pas ceux qui ne lui reversent rien. Et ô miracle ça fonctionne, il y a plus de gens qui lui reversent de l'argent que l'inverse.
Ce qui, de son point de vue la protège des dérives c'est la très grande visiblité (notamment sur internet) que lui confère la licence libre.
Autre chose : passer par le système classique ne l'aurait pas plus enrichi au contraire et c'est pour cela qu'elle a placé son film en LO, parce que signer une exclusivité chez un distributeur et passer par des SPRD non seulement, lui enlevait la liberté de diffusion mais la rémunérait mal (à son goût). Avec beaucoup d'humour elle répondait aux distributeurs "classiques" : "vous me proposez d'être pauvre, ça je sais très bien le faire moi-même" (quelque chose dans ce goût là).
C'est pourquoi, quand j'entend parler de dumping, je rigole... de quelle rémunération parle-t-on ? à combien de centimes d'euro s'élèvent le dumping des œuvres libres en concurrence avec les vrais pros et les clauses "nc" ? Et lorsqu'elles ont du succès commercial, à combien s'élève le supposé "manque à gagner" issu des pilleurs avides tapis dans l'ombre ?
Petite digression en zone non commerciale ...
Il y a une autre dimension qui n'est pas la moindre quant à l'avantage d'utiliser une licence libre dans un contexte de large diffusion, c'est la liberté d'expression. Le film de Nina Paley n'a pas de distributeur officiel en Inde car il n'y est pas bien vu puisqu'il se base sur des écrits religieux et effleure un sujet tabou : la palce de la femme dans la société traditionnelle (ou actuelle ^^). Les fondamentalistes l'ont menacée de mort. Via le système classique le film aurait été officiellement diffusé mais censuré et elle n'aurait rien pu y faire. Grâce à la licence, ce film peut être vu là-bas dans sont intégralité et c'est le cas. Alors que potentiellement la licence permet de le censurer, étrangement, c'est l'effet inverse qui se produit.... bizarre n'est-il pas
Tout ça pour dire que penser que l'on gagne plus d'argent en encadrant l'usage commercial via une clause nc ou sacémisation au lieu d'une licence libre est une vue de l'esprit.
Comme dit plus haut par je ne sais plus qui (désolée) les requins sont les requins, ils pilleront ce qu'ils voudront, copyrighté ou pas. Quand on cherche à illustrer un film, une pub, animer un lieu public ou autre, on ne choisit pas des œuvres pour leur licence mais pour ce qu'elles sont en tant qu'œuvres.
De plus, comme rappelé plus haut, le droit moral existe (et même la SACEM le rappelle dans ces zolis pages web expliquant comment exploiter son répertoire) pour s'opposer à une utilisation hors de l'appréciation de l'auteur. (nb : et là on n'est pas d'accord avec Mme Paley ^^ puisqu'elle est contre l'existence même du droit moral).
A propos des clauses NC :
De mon point de vue à moi (et visiblement ceui de Nina Paley) lorsque vous utilisez des licences avec clauses nc, vous ne vous prémunissez pas d'un danger bien plus grand que le dumping.
Ce danger c'est l'exclusivité.
Si un jour, par l'odeur alléchés, vous acceptez de signer chez un éditeur que vous kiffez grave, en contrepartie de l'exclusivité commerciale, je ne vous souhaite qu'une chose c'est que jamais vous ne vous fachiez avec lui, que j'amais ils ne se fasse phagociter par un sony ou autre vivendi et que toutes les clauses en petits caractères ne soient pas aussi velus que les trolls que nous voyons ici parfois...
Je ne suis en rien contre l'existence des licences clauses nc, je pense juste qu'on leur prête des vertus qui sont au final pas si vertueuse si on y regarde de plus près. Et j'aimerais qu'on évite de cloisonner les usages commerciaux/non commerciaux en fonction de ces clauses...
Par exemple, j'espère voir beaucoup d'autres labels comme AMMD, prendre leur place dans l'environnement musical qu'il soit commercial ou pas ^^
J'espère que de telles expérience pourront exister et seront encouragées et non pas exclu par les manœuvres consistant à pousser la clause nc en avant comme panacée univerelle en matière de rémunération des zauteurs sous LLD.
Personnellement je ne vais pas militer pour l'intégration de clauses nc chez les SPRD pour le grapillage, même si, ce fut un temps mon idée à des fins de "terrorisme économique" : "pourquoi useraient-ils de l'argent qui "nous" revient ? tapons là ou ça fait mal : le pognon, et réclamons notre du."
Mais je vois que cela est aujourd'hui pris au pied de la lettre : on y voit le moyen de rémunérer tous les auteurs par saupoudrage et voilà que l'on réinvente la gestion collective. Là, je ne suis pas d'accord. Puisqu'on en viens à exiger que toute forme de mise à disposition soit rémunérable, hors cela (encore une fois) va à l'encontre des libertés fondamentales accordées par les LLD.
Par contre une idée m'interese, celle de pouvoir créer avec des sacémisés sans contrainte et sous LLD, je militerais volontiers pour pousser les SPRD comme la SACEM à permettre une gestion collective œuvre par œuvre, ce qu'elle fera de toute façon si les accords permettant la getion des nc chez Buma Koda devait s'ouvrir aux usages internationaux.
Mais je ne souhaite pas que cela profite uniquement aux clauses nc, je souhaite que tout type de licence libre puisse être utilisé par les auteurs affiliés à une SPRD. Les œuvres sous licences vraiment libres sortant purement et simplement du cadre de la gestion collective. Cela dit je pense que ce genre de modif ne peut venir que de l'interieur et que c'est surtout aux sacémisés de se bouger les fesses (plus que nous).
Piiouuuuuuuf... ce post est super long...désolée... et bon courage à ceux qui le liront.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
je réponds à un point (en attendant d'apporter une réponse plus complète sur les autres, mais je risque à nouveau, comme toi, de me répeter sur la distinction auteur/compo et interprète, etc. ) :
c'est malheureusement faux, j'en ai moi même fait les frais, j'ai remplacé "au pied levé' (et je regrette de l'avoir fait), un morceau de placebo trop cher dans un court métrage. et ce qui est interessant, c'est que justement, ce que tu donnes pour acquis dans ta phrase, ne reflète pas la réalité complexe des choses : le prod, la réal, cherchaient un 'placebo' like qu'ils pouvaient se payer.Quand on cherche à illustrer un film, une pub, animer un lieu public ou autre, on ne choisit pas des œuvres pour leur licence mais pour ce qu'elles sont en tant qu'œuvres
- incaudavenenum
- Messages : 843
- Inscription : 18 mai 2006, 21:07
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Yza, je réponds à quelques uns des points que tu évoques.
En fait, c'est une question qui ne m'a jamais mobilisé parce que ce n'était tout simplement pas mon problème (et ça ne l'est toujours pas). Mais quand j'entendais parler de la gestion collective comme du diable, eh ben ça me faisait tout bizarre (un peu comme quand il y avait des manifs pour "l'école libre" autrefois : il m'avait fallu du temps avant de comprendre que les bourgeois qui manifestaient ne parlaient pas de l'école publique mais au contraire de l'école privée), parce que pour moi, le mot "collectif" a une charge nettement moins péjorative en fait que le mot "individuel".
Et quand un béotien demandait : "mais de quoi qu'ils vivent, là, vos artistes libres, si leur zic est gratuite" et qu'un de mes petits camarades du libre répondait : de concerts, de dons, de primes de commande, de cachets, de mécénat, de vente de produits dérivés... eh ben, ça me faisait bizarre aussi sans que je susse (désolé) vraiment pourquoi.
Bon, je déglutissais, respirais par le nez, et me disais que mes petits camarades, ils avaient vachement pensé leur truc et que le principal, c'était bien de diffuser nos machins sans entrave et sans dépendre de l'industrie du disque.
Les concerts, ok, sauf que depuis, je me suis rendu compte que les prix des billets pour de gros concerts devenaient de plus en plus prohibitifs (culture pour tous mon cul), et que les artistes compositeurs mais pas interprètes, ils allaient en chier.
Les "dons", ça m'évoquait un peu la charité chrétienne (et du coup, le fait que les dons n'aient jamais fait vivre un artiste ne m'a jamais non plus dérangé).
Quand j'entendais "primes de commande", "cachets", j'avais en tête l'image d'un chevelu avec sa guitare dans le dos se présentant naïvement devant un parterre de gros cigares, d'avocats véreux et de bureaucrates ternes pour négocier ses contrats (y a des clichés qui vont se nicher jusqu'au fond du cerveau reptilien).
Quant au mécénat, ça me faisait penser à ces anciens despotes protecteurs qui s'offraient qui un de Vinci qui un Molière pour agrémenter leurs châteaux et briller en société. L'artiste comme valet des puissants, glurp, j'avalais encore ma salive et évitais de creuser la question, puisqu'après tout, je ne me sentais pas concerné par cet aspect-là. Aujourd'hui, si tu veux un mécène, faut que tu plaises à qui : Pinault, Arnault, Dassaut... ? Et pourquoi pas Pablo Escobar ? En passant, je repense à l'histoire des grands donateurs espérés par la SARD. Pouah !
Quant à la vente de produits dérivés, ça n'était pas forcément formulé de cette manière, on parlait par exemple de diffuser gratos en format numérique et de vendre des supports genre CD chiadés en édition limitée avec pochette dédicacée. Je trouvais ça plutôt chouette (avec en arrière-plan tout de même le mot "fétichisme" qui clignotait faiblement). Et puis un jour quelqu'un (sam, je crois, encore lui) a dit à peu près : "ben moi je fais de la musique, je vends pas des t-shirts", et là j'ai dégluti encore plus fort.
Enfin bon, bref, la question du revenu des artistes, moi, perso, je m'en tamponne le coquillard. Mais le discours émanant du libre, à ce sujet, a des accents parfois difficiles à avaler, pour moi en tout cas.
L'idée de non "réapropriation exclusive" est belle, mais elle ne tient pas dans un contexte de rapport de force, où l'individu isolé qui gère lui-même ses droits sera soumis à des pressions terribles.
Quand quelqu'un que je n'ai jamais sollicité me contacte pour utiliser commercialement une de mes musiques, je m'amuse de manière assez simple à mesurer l'intérêt porté à mon oeuvre "pour ce qu'elle est en tant qu'oeuvre" : je dis que mes tarifs sont au minimum ceux de la SACEM. Et là, mon oeuvre, en tant qu'oeuvre, elle perd immédiatement de son intérêt.
C'est au contraire la force de la SACEM, quoi qu'on puisse lui reprocher par ailleurs, d'établir une règle collective interdisant à ses membres de se faire exploiter.
Je n'ai répondu que sur les points avec lesquels je me sens vraiment en désaccord. Moi qui m'élève fréquemment contre certaines dérives, j'ai l'impression d'émettre un point de vue pouvant être considéré comme largement déviant par rapport aux principes fondamentaux du libre. Mais je ne suis pas fâché et ne veux brûler personne, hein. Je profite juste de cette discussion pour clarifier ma propre vision des choses.
Je commence tout juste (au bout de plusieurs années d'utilisation des licences ouvertes) à cerner de plus près un truc qui m'a chiffonné dès le début dans certains discours autour du libre. Et c'est bien cette question de la commercialisation/rémunération.yza a écrit : Cela étant dit, là où je rejoins Nina Paely dans la conception commerciale des choses, c'est sur la distinction contenant / contenu : le contenu est libre et le contenant (produits dérivés, interventions publiques etc etc) est source de commercialisation et de donc de rémunération.
En fait, c'est une question qui ne m'a jamais mobilisé parce que ce n'était tout simplement pas mon problème (et ça ne l'est toujours pas). Mais quand j'entendais parler de la gestion collective comme du diable, eh ben ça me faisait tout bizarre (un peu comme quand il y avait des manifs pour "l'école libre" autrefois : il m'avait fallu du temps avant de comprendre que les bourgeois qui manifestaient ne parlaient pas de l'école publique mais au contraire de l'école privée), parce que pour moi, le mot "collectif" a une charge nettement moins péjorative en fait que le mot "individuel".
Et quand un béotien demandait : "mais de quoi qu'ils vivent, là, vos artistes libres, si leur zic est gratuite" et qu'un de mes petits camarades du libre répondait : de concerts, de dons, de primes de commande, de cachets, de mécénat, de vente de produits dérivés... eh ben, ça me faisait bizarre aussi sans que je susse (désolé) vraiment pourquoi.
Bon, je déglutissais, respirais par le nez, et me disais que mes petits camarades, ils avaient vachement pensé leur truc et que le principal, c'était bien de diffuser nos machins sans entrave et sans dépendre de l'industrie du disque.
Les concerts, ok, sauf que depuis, je me suis rendu compte que les prix des billets pour de gros concerts devenaient de plus en plus prohibitifs (culture pour tous mon cul), et que les artistes compositeurs mais pas interprètes, ils allaient en chier.
Les "dons", ça m'évoquait un peu la charité chrétienne (et du coup, le fait que les dons n'aient jamais fait vivre un artiste ne m'a jamais non plus dérangé).
Quand j'entendais "primes de commande", "cachets", j'avais en tête l'image d'un chevelu avec sa guitare dans le dos se présentant naïvement devant un parterre de gros cigares, d'avocats véreux et de bureaucrates ternes pour négocier ses contrats (y a des clichés qui vont se nicher jusqu'au fond du cerveau reptilien).
Quant au mécénat, ça me faisait penser à ces anciens despotes protecteurs qui s'offraient qui un de Vinci qui un Molière pour agrémenter leurs châteaux et briller en société. L'artiste comme valet des puissants, glurp, j'avalais encore ma salive et évitais de creuser la question, puisqu'après tout, je ne me sentais pas concerné par cet aspect-là. Aujourd'hui, si tu veux un mécène, faut que tu plaises à qui : Pinault, Arnault, Dassaut... ? Et pourquoi pas Pablo Escobar ? En passant, je repense à l'histoire des grands donateurs espérés par la SARD. Pouah !
Quant à la vente de produits dérivés, ça n'était pas forcément formulé de cette manière, on parlait par exemple de diffuser gratos en format numérique et de vendre des supports genre CD chiadés en édition limitée avec pochette dédicacée. Je trouvais ça plutôt chouette (avec en arrière-plan tout de même le mot "fétichisme" qui clignotait faiblement). Et puis un jour quelqu'un (sam, je crois, encore lui) a dit à peu près : "ben moi je fais de la musique, je vends pas des t-shirts", et là j'ai dégluti encore plus fort.
Enfin bon, bref, la question du revenu des artistes, moi, perso, je m'en tamponne le coquillard. Mais le discours émanant du libre, à ce sujet, a des accents parfois difficiles à avaler, pour moi en tout cas.
Quand j'ai parlé de lever la clause SA dans mon post précédent (de même que certains lèvent leur clause NC pour vendre leurs bouzins), je pensais à ce genre d'exemple : une musique sous CC by-sa intéresse une prod audiovisuelle. Pas de clause NC donc la musique peut être utilisée gratuitement, mais à condition de respecter le "partage à l'identique", ce que les producteurs du film n'accepteront jamais, parce que eux, précisément, ils veulent qu'il y ait "réapropriation exclusive". Donc, le gars avec sa licence virale destinée à contaminer l'économie mondiale (ce qui est très séduisant), eh bien soit il campe sur ses positions et sa musique n'est pas utilisée (donc elle contamine que dalle, la licence), soit il lève sa clause SA (il a le droit, non, puisqu'il est en "gestion individuelle" ?), éventuellement en échange d'un peu de pognon (et donc il inhibe complètement l'aspect viral de sa licence).yza a écrit :@incauda et _sam, vous abordez les choses de travers concernant les licences libres SA et LAL :
Permière notion à rectifier et qui va vous faire peur voire détester encore plus ces licences vraiment libres, si je m'en tiens à votre approche :
Le partage à l'identique, la viralité ne sont pas des clauses que l'on peut "lever" puisque c'est ce qui garantit la non "réaproppriation" exclusive.
L'idée de non "réapropriation exclusive" est belle, mais elle ne tient pas dans un contexte de rapport de force, où l'individu isolé qui gère lui-même ses droits sera soumis à des pressions terribles.
Je ne sais pas à combien s'élève le "manque à gagner" : ce n'est pas une question de chiffrage. Une chaine de télé, autrefois, payait la SACEM pour utiliser telle ou telle zic dans ses émissions, voire filait en plus du blé à la commande à l'auteur. Aujourd'hui, la même chaîne achète un programme à un producteur indépendant qui fait réaliser le programme par des sous-traitants, en externalisant le plus de choses possible vers des pays à main d'oeuvre pas chère, et en bout de chaîne (c'est ce brave Salo Mono qui aimait l'image de la chaîne), un gars doit trouver une zic la moins chère possible en trois minutes avec prière de dégoter un truc qui soit pas à la SACEM. Et en bout de course, le brave zicos sous LLD qui accepte de faire sauter sa clause NC, ou de s'asseoir sur la viralité de sa clause SA, en échange de l'affichage de son nom au générique ou même d'un petit bifton, il participe effectivement à un dumping global. Non que lui ait eu réellement la possibilité de gagner plus, mais parce qu'il cautionne une pratique qui transforme la musique en merde sans valeur.yza a écrit :C'est pourquoi, quand j'entend parler de dumping, je rigole... de quelle rémunération parle-t-on ? à combien de centimes d'euro s'élèvent le dumping des œuvres libres en concurrence avec les vrais pros et les clauses "nc" ? Et lorsqu'elles ont du succès commercial, à combien s'élève le supposé "manque à gagner" issu des pilleurs avides tapis dans l'ombre ?
Ce n'est absolument pas sous cet angle que je vois les choses : si je prône un encadrement des usages commerciaux, ce n'est pas pour que tel ou tel artiste sous LLD (même pas sam) puisse gagner plus d'argent. C'est pour que ceux (pas nous) qui gagnaient gentiment leur croûte sous LSD ne se retrouvent pas sur la paille à cause de nous (parce que ce n'est pas notre but, hein ?). Et que ceux d'entre nous qui souhaitent en croquer un peu (bonne chance à eux, effectivement) ne soient pas utilisés précisément dans ce but : faire "chuter les cours".yza a écrit :Tout ça pour dire que penser que l'on gagne plus d'argent en encadrant l'usage commercial via une clause nc ou sacémisation au lieu d'une licence libre est une vue de l'esprit.
Les commentaires des clients de Jamendo Pro sont pourtant souvent éloquents sur les raisons de leur choix.yza a écrit :Comme dit plus haut par je ne sais plus qui (désolée) les requins sont les requins, ils pilleront ce qu'ils voudront, copyrighté ou pas. Quand on cherche à illustrer un film, une pub, animer un lieu public ou autre, on ne choisit pas des œuvres pour leur licence mais pour ce qu'elles sont en tant qu'œuvres.
Quand quelqu'un que je n'ai jamais sollicité me contacte pour utiliser commercialement une de mes musiques, je m'amuse de manière assez simple à mesurer l'intérêt porté à mon oeuvre "pour ce qu'elle est en tant qu'oeuvre" : je dis que mes tarifs sont au minimum ceux de la SACEM. Et là, mon oeuvre, en tant qu'oeuvre, elle perd immédiatement de son intérêt.
La vertu que je leur prête, c'est celle d'annoncer clairement la couleur : "non commercial". Il ne s'agit pas de protection ou je ne sais quelle autre chimère. Si faiblesse il y a dans cette clause, à mon sens, c'est que du fait de la gestion individuelle, il suffit selon les individus d'exercer la pression adéquate pour que ledit individu, seul face aux forces et tentations du tout puissant marché, fasse sauter sa putain de clause.yza a écrit :Je ne suis en rien contre l'existence des licences clauses nc, je pense juste qu'on leur prête des vertus qui sont au final pas si vertueuse si on y regarde de plus près. Et j'aimerais qu'on évite de cloisonner les usages commerciaux/non commerciaux en fonction de ces clauses...
C'est au contraire la force de la SACEM, quoi qu'on puisse lui reprocher par ailleurs, d'établir une règle collective interdisant à ses membres de se faire exploiter.
Encore une fois, je ne crois à aucune panacée uiverselle en matière de rémunération des zauteurs sous LLD, et même, je suis bien convaincu qu'une compatibilité SACEM/NC ne changerait rien financièrement pour les auteurs sous LLD. Mais cela pourrait mettre le libre non commercial relativement à l'abri des marchands : la musique libre ne pourrait plus être considérée comme marchandise de valeur inférieure à celle du marché.yza a écrit :Par exemple, j'espère voir beaucoup d'autres labels comme AMMD, prendre leur place dans l'environnement musical qu'il soit commercial ou pas ^^
J'espère que de telles expérience pourront exister et seront encouragées et non pas exclu par les manœuvres consistant à pousser la clause nc en avant comme panacée univerelle en matière de rémunération des zauteurs sous LLD.
"On" peut-être, mais pas moi : ce n'est pas du tout pour grapiller quoi que ce soit que j'en suis venu à prôner cette compatibilité.yza a écrit :Personnellement je ne vais pas militer pour l'intégration de clauses nc chez les SPRD pour le grapillage, même si, ce fut un temps mon idée à des fins de "terrorisme économique" : "pourquoi useraient-ils de l'argent qui "nous" revient ? tapons là ou ça fait mal : le pognon, et réclamons notre du."
Mais je vois que cela est aujourd'hui pris au pied de la lettre : on y voit le moyen de rémunérer tous les auteurs par saupoudrage
Là encore, je conteste : je ne veux pas réinventer la gestion collective mais en finir avec l'illusion de la gestion individuelle car lorsqu'on se place dans le monde du marché, régi par des rapports de force, l'individu présenté comme valeur infinie a en réalité une valeur zéro.yza a écrit :et voilà que l'on réinvente la gestion collective. Là, je ne suis pas d'accord. Puisqu'on en viens à exiger que toute forme de mise à disposition soit rémunérable, hors cela (encore une fois) va à l'encontre des libertés fondamentales accordées par les LLD.
Je n'ai répondu que sur les points avec lesquels je me sens vraiment en désaccord. Moi qui m'élève fréquemment contre certaines dérives, j'ai l'impression d'émettre un point de vue pouvant être considéré comme largement déviant par rapport aux principes fondamentaux du libre. Mais je ne suis pas fâché et ne veux brûler personne, hein. Je profite juste de cette discussion pour clarifier ma propre vision des choses.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
du coup, je n'ai plus a répondre aux points que tu dis yza : incaudavenenum a expliqué tout ce que je pensais, et le pourquoi je suis pour la gestion collective.
je reviens aussi sur l'histoire des produits dérivés parce que c'est le genre d'arguments qui poussent au 'fétichisme'. c'est une solution financière a court terme et sans interêt (pour moi, même si je dois bien avec un t-shirt nirvana quelque part, et que j'ai mon t-shirt dogmazic depuis les RMLL)
à mon avis, le 'problème' aujourd'hui, c'est aussi les musiciens qui cautionnent un système très très inégal et espérent (pas tous bien entendu), devenir calife à la place du calife, et donc acceptent d'être pauvre en croyant pouvoir devenir l'un des 10 plus riche de la profession. j'ai lu ça dans un livre d'éco, qui faisait le parallèle avec les dealer, ou, d'après étude socio, la plupart habitaient chez maman, sauf le caïd, et qu'ils acceptaient tous cette condition en espérant devenir le prochain grand caïd.
ça dérive un peu du sujet, mais je trouve que si l'on aborde la rémunération, ça aide à réfléchir sur la redistribution.
je reviens aussi sur l'histoire des produits dérivés parce que c'est le genre d'arguments qui poussent au 'fétichisme'. c'est une solution financière a court terme et sans interêt (pour moi, même si je dois bien avec un t-shirt nirvana quelque part, et que j'ai mon t-shirt dogmazic depuis les RMLL)
à mon avis, le 'problème' aujourd'hui, c'est aussi les musiciens qui cautionnent un système très très inégal et espérent (pas tous bien entendu), devenir calife à la place du calife, et donc acceptent d'être pauvre en croyant pouvoir devenir l'un des 10 plus riche de la profession. j'ai lu ça dans un livre d'éco, qui faisait le parallèle avec les dealer, ou, d'après étude socio, la plupart habitaient chez maman, sauf le caïd, et qu'ils acceptaient tous cette condition en espérant devenir le prochain grand caïd.
ça dérive un peu du sujet, mais je trouve que si l'on aborde la rémunération, ça aide à réfléchir sur la redistribution.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Je dirais que c'est qu'on se rend compte que c'est profession de foi, un engagement.Là encore, je conteste : je ne veux pas réinventer la gestion collective mais en finir avec l'illusion de la gestion individuelle car lorsqu'on se place dans le monde du marché, régi par des rapports de force, l'individu présenté comme valeur infinie a en réalité une valeur zéro.
C'est comme, je ne sais pas, l'honnêteté. Il y a des gens honnêtes, intègres, tu auras beau tenter de les soudoyer, il n'entreront jamais dans ce processus.
C'est donc fondamentalement une affaire humaine.
Le /plus/ indéniable des licences libres étant leur caractere irrévocable. Donc quelques soient tes motivations ou tes faiblesses, que tu sois un utilisateur utilitariste des licences libres changeant de chemise à chaque fois que le vent tourne ou intégriste incorruptible, de toute façon à partir du moment où tu as libéré une uvre, elle va circuler avec sa licence. Enfin si elle trouve des abeilles pour la disséminer ; et tu contribues au bien commun (selon les règles d'un darwinisme qui est propre aux lois de la dissémination).
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
en théorie oui, en pratique hélas, c'est moins certain. le double jeu de bon nombre contribue à brouiller les pistes. Lorsque la démarche est assumée de a à z avec le retournement de veste compris, oui il n'y a pas de problème, mais lorsque ce n'est pas le cas ? je songe à tout les aliénés de la visibilité qui se sont servis (ou se serve encore) des licences libre comme caution d'un potentiel auprès des pontes des industries et engrossant ensuite sans scrupules les rangs de la sacem. Leur oeuvres, précédemment sous LLD ont été de suite immédiatement retiré des sites de diffusion sous LLD. Il se peut que certaines soient encore disséminés via les réseaux p2p, mais seront-elles encore considérée telle si l'on assistait à un absurde épisode de chasse aux sorcières, comme l'époque s'y prête (quoiqu'elle se prête à mieux aussi mais bon), et si l'auteur, maintient mordicus que cette libération n'a jamais été de son fait ?taro a écrit :Le /plus/ indéniable des licences libres étant leur caractere irrévocable
le caractère de l'irrévocabilité des licences tient dans un système ou il y a une traçabilité assurée et fiable. Or cela n'est pas le cas. Aujourd'hui ce qui porte caution de la licence, c'est au mieux une déclaration de l'auteur sur son site. Je maintiens à penser que ce n'est pas suffisant et qu'il faudra trouver une solution pour ça.
de même j'ai entendu aussi ici ou ailleurs je ne sais plus, ne pas vouloir aller contre la volonté d'un auteur qui retournerait sa veste. ça peut partir d'un bon sentiment, le pauvre ti auteur qui ne savait pas ce qu'il faisait ou qui à lu en diagonale le contrat qu'il proposait aux auditeurs. Je crois au contraire qu'il serait préférable de poursuivre la dissémination des oeuvres "dîtes" problématique.
enfin bon, c'était une parenthèse dit en passant.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
@a-Sansara :
Même si l'auteur peut changer d'avis (droit de retrait) l'utilisateur final peut faire valoir la licence s'il est de bonne foi et il y a de forte chance pour qu'il puisse prouver qu'il l'est.
Materiellement c'est très compliqué pour un auteur de changer de licence et surtout pour passer à quelque chose de plus restrictif. Même avant l'utilisation massive des licences libres le droit de retrait n'étit pas facile à faire valoir, donc il vaut mieux savoir ce que l'on fait quand on adopte une licence libre.
Même si l'auteur peut changer d'avis (droit de retrait) l'utilisateur final peut faire valoir la licence s'il est de bonne foi et il y a de forte chance pour qu'il puisse prouver qu'il l'est.
Materiellement c'est très compliqué pour un auteur de changer de licence et surtout pour passer à quelque chose de plus restrictif. Même avant l'utilisation massive des licences libres le droit de retrait n'étit pas facile à faire valoir, donc il vaut mieux savoir ce que l'on fait quand on adopte une licence libre.