J'essaie de répondre à tes questions :
"mais créer quoi ? "
N'importe quoi, pourquoi devoir juger les créations ?
"est-ce qu'on veut dire la même chose par créer et par rendre public ses créations (et en dehors de rendre public ses créations, on voit pas bien l'intérêt d'internet non?) "
Non, et internet n'est pas en cause là, le même paradigme existe pour le peintre qui veut se faire exposer dans une galerie...
"est-ce qu'écrire 120 mots sur twitter c'est créer au même sens que créer une symphonie par exemple ? "
Le forme d'une création est variable, changeante... le monochrome de whiteman est-il plus méritant qu'un tableau de picasso ? l'intérêt de l'art ne réside pas seulement dans sa forme mais aussi dans sa démarche, son discours...
"peut-on dire que henry Darger est un créateur mais pas un artiste ? ou bien doit-il être considéré comme un artiste ? avant d'être exposé dans un musée, qu'est-ce qu'il était au juste ? un créateur ignoré de tous ? "
Oui, un créateur ignoré de tous. Ce qui différencie l'artiste du créateur c'est le consensus autour de lui pour le définir comme un artiste.
"les gens qui écrivent du code informatique, ceux qui fabriquent des bases de données et les informent sont-ils des créateurs au même titre que Florent Pagny ou Marcel Proust ? "
Oui mais ils ne sont pas reconnus ainsi dans nos sociétés.
"à partir de quand (et quel est donc le critère ??) décide-t-on que telle intervention sur un objet mérite le titre de création ? "
La question est biaisée dès le départ, un objet peut très bien être mis en scène sans avoir subit d'intervention de la part d'un créateur.
"Est-ce que le droit de la propriété intellectuelle dit ce qu'est une création ? "
Non il définit seulement des œuvres.
"Pourquoi mon boulanger a-t-il ouvert des yeux gros comme des billes quand j'ai dit à propos de son "book" de création de gâteaux de mariage (remplis de photos délirantes de gâteaux complètement hallucinés), que c'était un boulot d'artiste ? "
Car les boulangers se considèrent comme des artisans loin des préoccupations des "artistes"... C'est la vision "républicaine" de la culture (qui ne peut venir que du "haut") qui est ici prépondérante.
"quel est le pourcentage de créateurs dans la population française ? 0,1 % ? 10 % ? 100 %? "
On est proche des 8% si je me rappelle bien, mais avec la définition restreinte des études menées (culture au sens "républicain").
"peut-on dire que seul Dieu mérite le nom de créateur (et que pour le reste, nous ne sommes que des nains sur les épaules de géants qui sont eux-mêmes des nains dont en dernier ressort on peut tabler sur le fait qu'ils ne font que modifier un petit peu l'oeuvre de Dieu ?) "
Dieu ou mon fils qui fait de la pâte à modeler ou des legos ? D'où la gêne souvent occasionnée à dire de quelqu'un qu'il est créateur/artiste... c'est le placer dans une position "dominante" à son insu...
"Tous les créateurs doivent-ils être considérés comme des artistes ? ou le contraire ?"
Tous les créateurs sont potentiellement des artistes (voir réponse 4).
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le mythe d'internet comme société du partage
Re: le mythe d'internet comme société du partage
Perso,
quand j'aborde le thème de la culture par tous,
je n'aspire pas a ce que tout le monde soit artiste bien évidemment.
Par contre que tout le monde est la possibilité de s'exprimer oui ; l'idée est d'alimenter de manière plus fidèle à ce qui nous anime tous l'inconscient collectif.
Tous auteurs, mais forcément pas tous artistes ; artistes est pour moi celui qui en fait le métier ou celui qui en crève de ne pas pouvoir le faire.
Pour autant la culture ne peut etre que celle des artistes ? je ne crois pas ; par contre l'industrie culturelle oui.
L'idée est donc aussi que la culture puisse tout simplement dépasser ce que l'on nous présente comme culture et qui n'est que l'industrie culturelle. Rien contre elle a priori mais nous déplorons tous je crois ce que certains en ont fait.
quand j'aborde le thème de la culture par tous,
je n'aspire pas a ce que tout le monde soit artiste bien évidemment.
Par contre que tout le monde est la possibilité de s'exprimer oui ; l'idée est d'alimenter de manière plus fidèle à ce qui nous anime tous l'inconscient collectif.
Tous auteurs, mais forcément pas tous artistes ; artistes est pour moi celui qui en fait le métier ou celui qui en crève de ne pas pouvoir le faire.
Pour autant la culture ne peut etre que celle des artistes ? je ne crois pas ; par contre l'industrie culturelle oui.
L'idée est donc aussi que la culture puisse tout simplement dépasser ce que l'on nous présente comme culture et qui n'est que l'industrie culturelle. Rien contre elle a priori mais nous déplorons tous je crois ce que certains en ont fait.
Re: le mythe d'internet comme société du partage
ok
mais tu sais bien que ça me tient à coeur d'éclaircir ce que nous voulons dire quand nous parlons
or..
je me demande ce que tu veux dire par
tu as noté que je parlais surtout de "créateur"
sur quelles bases distingues-tu (cette question s'adresse à chacun d'entre nous, y compris à moi) les mots suivants :
artistes, créateurs, auteurs
je crois que toute les ambiguïtés auxquelles nous sommes confrontés quand nous parlons de tout cela viennent de ce que ces mots sont utilisés de manière tout, à fait différente par les uns et par les autres (et ça se voit aussi bien dans les reportages de TF1 que chez certains "grands" philosophes, et aussi, et pour commencer, dans le code de la propriété littéraire et artistique !! sans oublier évidemment les discours des libristes, des industriels de la culture et du ministère (surtout le ministère) (tout ce que j'ai écrit sur le libre parle de ces ambiguïtés en fait)
je doute que se référer à un "inconscient collectif" éclaircisse quoi que ce soit
quand tu dis "s'exprimer".. bon.. c'est bien joli.. pas mal d'internautes s'exprime.. enfin, sur twitter, on peut dire de manière un peu louche et vague, mais ça se comprend quand même, que les gens s'expriment.. et après ? est-ce ce genre d'expession dont tu parles ?
je pense à la différence entre "exprimer une idée" et "s'exprimer"
ça suppose qu'il y ait un truc à l'intérieur qu'on sorte comme ça (par un moyen quelconque, à l'aide d'un langage, par exemple la musique, la peinture, la parole etc..)
le truc c'est qu'il me paraît un peu oiseux de parler de s'exprimer sans tenir compte de :
devant qui on exprime
ce qu'on veut exprimer (éventuellement quel effet on en espère)
ce qu'on dit ou ce qu'on fait en réalité
de quelle place on dit ou on fait cela
bref.. s'exprimer me parait pas très clair non plus
je fais mon wittgenstein de salon là.. mais c'est pour la bonne cause hein !!
mais tu sais bien que ça me tient à coeur d'éclaircir ce que nous voulons dire quand nous parlons
or..
je me demande ce que tu veux dire par
c'est pas une critique, c'est une manière de susciter plus de clartéPar contre que tout le monde est la possibilité de s'exprimer oui ; l'idée est d'alimenter de manière plus fidèle à ce qui nous anime tous l'inconscient collectif.
tu as noté que je parlais surtout de "créateur"
sur quelles bases distingues-tu (cette question s'adresse à chacun d'entre nous, y compris à moi) les mots suivants :
artistes, créateurs, auteurs
je crois que toute les ambiguïtés auxquelles nous sommes confrontés quand nous parlons de tout cela viennent de ce que ces mots sont utilisés de manière tout, à fait différente par les uns et par les autres (et ça se voit aussi bien dans les reportages de TF1 que chez certains "grands" philosophes, et aussi, et pour commencer, dans le code de la propriété littéraire et artistique !! sans oublier évidemment les discours des libristes, des industriels de la culture et du ministère (surtout le ministère) (tout ce que j'ai écrit sur le libre parle de ces ambiguïtés en fait)
je doute que se référer à un "inconscient collectif" éclaircisse quoi que ce soit
quand tu dis "s'exprimer".. bon.. c'est bien joli.. pas mal d'internautes s'exprime.. enfin, sur twitter, on peut dire de manière un peu louche et vague, mais ça se comprend quand même, que les gens s'expriment.. et après ? est-ce ce genre d'expession dont tu parles ?
je pense à la différence entre "exprimer une idée" et "s'exprimer"
ça suppose qu'il y ait un truc à l'intérieur qu'on sorte comme ça (par un moyen quelconque, à l'aide d'un langage, par exemple la musique, la peinture, la parole etc..)
le truc c'est qu'il me paraît un peu oiseux de parler de s'exprimer sans tenir compte de :
devant qui on exprime
ce qu'on veut exprimer (éventuellement quel effet on en espère)
ce qu'on dit ou ce qu'on fait en réalité
de quelle place on dit ou on fait cela
bref.. s'exprimer me parait pas très clair non plus
je fais mon wittgenstein de salon là.. mais c'est pour la bonne cause hein !!
Re: le mythe d'internet comme société du partage
Déjà 1000 excuses de mes formulations ; je ne suis pas très fort à l'écrit. J'ai pris une définition sinon pour : L'inconscient collectifdana a écrit :[...]je me demande ce que tu veux dire par[...]Par contre que tout le monde est la possibilité de s'exprimer oui ; l'idée est d'alimenter de manière plus fidèle à ce qui nous anime tous l'inconscient collectif.
"L'inconscient collectif est un concept de la psychologie analytique qui s'attache à désigner les fonctionnements humains liés à l'imaginaire qui sont communs ou partagés quels que soient les époques et les lieux, et qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives." (wikipedia)
Celui qui le détient dispose d'un réel pouvoir ; C'est celui par lequel les gens se reconnaissent. Il influe le schéma de pensée et les prises de décision à tous les niveaux.
Ou est la culture la dedans? Le parallèle est que la Culture (avec un grand C) véhicule les idées et apparait comme la représentation de nos fonctionnements. (qu'est ce que l'amour , qu'est ce que le bonheur? est il celui de posséder ?...par exemple )
Avec les médias de niches, instaurer une certaines forme de culture c'est aussi instaurer une certaine forme de pensée et de fonctionnement. Ceux dont nous sommes les pantins l'ont bien compris. La bataille est à ce niveau très loin des préoccupations pécunières des artistes.
Internet n'arrange rien à leurs affaires ; Nous passons d'une influence verticale à une influence transversale ; la culture, naïve, pertinente sur un média neutre ne transporte pas certaines idées mais toutes les idées quelle qu'en soient leur nature ; ça demande bien évidemment aux pantins que nous sommes de savoir considérer la pertinence de ce qui leur est présenter ; un apprentissage nécessaire...une charnière à passer. Notre génération est un peu désemparée face à cela.
Depuis longtemps on décrit cet imbroglio terminologique. Le mot "assise" n'a pas le même sens dans le chant lexical d'un agenceur de mobilier ou d'un tribunal. Il en est de même pour le reste.dana a écrit :sur quelles bases distingues-tu (cette question s'adresse à chacun d'entre nous, y compris à moi) les mots suivants ? :artistes, créateurs, auteurs.[...]
artistes, créateurs, auteurs : ces termes sont ils décrit sur un aspect juridique, philosophique, religieux, sociologique...? de quoi parle t on?
La chose est complexe (et ne peut être simple) et il est sur que la télé ou la radio ne donne pas le temps de pouvoir expliquer la chose ; une belle excuse d'ailleurs pour tout mélanger et se servir de cet imbroglio à dessein pour servir ses propos.
D'autant que les pantins que nous sommes n'ont pas l'habitude des thématiques complexes ; paresse intellectuelle directement liée à la pauvreté de l'inconscient (se disant) collectif que l'on nous perfuse.
Voilà ce qu'est pour moi l'enjeu de la culture par tous, de la libre diffusion et de la neutralité du net. C'est assoir une légitimité des influences transverses ; la hiérarchie se voudra être celle instaurée par le dénominateur commun. Disons le mot : une démocratie culturelle.
Je comprend ta remarque ; a quoi servirait il d'être un orateur devant une assemblée vide ou cachée derrière un rideau numérique? Quelle légitimité aurait on de dire ceci ou cela ?dana a écrit :[...]
Ca suppose qu'il y ait un truc à l'intérieur qu'on sorte comme ça (par un moyen quelconque, à l'aide d'un langage, par exemple la musique, la peinture, la parole etc..)
le truc c'est qu'il me paraît un peu oiseux de parler de s'exprimer sans tenir compte de :
devant qui on exprime
ce qu'on veut exprimer (éventuellement quel effet on en espère)
ce qu'on dit ou ce qu'on fait en réalité
de quelle place on dit ou on fait cela
bref.. s'exprimer me parait pas très clair non plus
Le but n'est il pas simplement que chacun puisse poser son empreinte d'une part, piocher et divulguer ce qui nous fait réagir d'autre part? Ne le faisons nous pas déjà depuis des siècles cela? Ne serait ce que via les brèves de comptoirs?
Et ce n'est pas de l'utopie ; le but est de tendre vers.
Parrallèle
Pour des modes complexes de calculs, les mathématiciens ont développé des techniques permettant de résoudre des équations à plusieurs inconnus ; notamment pour la fabrication d'un pont (calcul de structure), ils divisent par maillages l'ensemble des poutres. Ils réalisent alors un calcul a chaque maille et révèlent chacune des contraintes (torsion, flexion, cisaillement) à chacune des mailles. Le tout donne une tendance : oui le pont tiendra ; non il va se casser la gueule au premier coup de vent.
Les mathématiques étant emprunte d'une certaine philosophie, on comprend là que c'est le maillage de toutes les idées, dont certaines seront contraignantes, d'autres supports que s'érige une passerelle qui tendra à être une édification solide et pérenne.
bon, je m'arrête là je n'ai pas répondu a tout ; y a bcp de choses là...
Re: le mythe d'internet comme société du partage
je connaissais pas enrique vila-matas.je pense aux bouquins délirants d'enrique vila-matas sur les artistes sans oeuvres..
en parcourant rapidement le net à son sujet, j'ai cru comprendre que l'un de ses thèmes favoris était "le livre dans le livre"... ou le livre qui parle du livre.
et ça me fait penser à cette histoire de nain perché sur les épaules d'un géant, lui même perché etc... et ça me fait penser à youtube aussi. parce que sur une page youtube, on a les commentaires, qui parlent de la vidéo. et souvent la vidéo, est elle-même un mix ou un arrangement qui "parle" d'une autre vidéo... qui peut parler elle-même d'une autre vidéo, etc.
plus haut, je parlais de l'idéologie du partage, et puis je me suis dit qu'on pourrait tout aussi bien parler du partage des idéologies. voir que ce serait même peut-être plus adapté à Internet. parce que le boulanger, son pain, il se partage pas sur Internet.
enfin bref.
Internet, prélude à une société du partage... oui. mais à part des idées, ça partage pas grand chose d'autre. enfin c'est déjà pas mal. sauf qu'il faut effectivement prendre en compte cette histoire d'empillement de nains et géants. Et à partir de là, on pourrait se dire que l'Internaute avisé n'aurait de cesse d'explorer le net à la recherche du géant de base, histoire de réussir une fois pour toute à faire la part des choses entre l'artiste et l'artisant, entre le créateur et le copieur.
Mais Dieu travaille de façon mystérieuses
Comme les rhizomes
Et un commentaire tout naze sur Youtube peut aider à l'apparition d'un géant pas trop nain (je zappe ici la théorie du chaos avec ses papillons...)
bon et donc : tous artsites ? aucune idée.
mais tous contributeurs à ce que les "vrais" artistes feront, certainement.
comme les LO sans clause nd
yeah !