oui.. mais attention tout de même à relativiser l'article d'Albini, ou du moins à la réactualiser
ce genre de contrat aujourd'hui n'existe plus que pour d'énormes prods sur les majors à pas moins de 100 000 ex..
Les moyennes maisons de disque, hors majors, ont quasiment disparu depuis la rédaction de l'article
il ne reste donc qu'une myriade de micro ou petits labels, dont certains fabriquent encore des scuds certes (ceux dont j'ai cité le nom dans un message plus haut, ou les labels de cd1.com par exemple en France), d'autres plus du tout, d'autres fonctionnent plutôt comme des artisans, sur un modèle très très très différents de ce que décrit Albini
Donc : Surtout ne généralisons pas une situation extrêmement complexe et variée
Ce qui est certain, c'est que le petit label sympa d'antan
qui sort ces 500 ex en espérant les écouler dans x magasins de disque grâce à une chronique des inrocks et quelques concerts, ça ne marche plus.. Les rares distributerus qui s'intéressent à ce genre de labels râment comme des malades pour placer leurs disques dans les rayons : généralement ils arrivent après la bataille, les gros distributeurs sont passés par là, c'est eux qui font la pluie et le beau temps à coup de cadeaux et de promotions. À cela s'ajoute que les disquaires qui restent, à quelques rares exceptions près, appartiennent à de grosses chaînes (je citerai pas de nom). Même à la FNAC, où on trouvait autrefois de vrais passionnés, qui faisaient leurs propres choix, c'est devenu de simples rayons dont la composition et l'organisation est décidée en amont par la centrale d'achat nationale, qui évidemment se contente de répercuter le marché et la volonté des distributeurs.
C'est un fait. Avec Another Record, j'ai vraiment travaillé de cette manière entre 2000 et 2006, mais il faut se rendre à l'évidence, ça ne suffit plus.
Autre remarque, la part de l'artiste sur une vente de disque.. c'est un sujet qui n'a de sens que sur les majors aujourd'hui.. Les petits labels font ce qu'ils peuvent et il s'agit plutôt d'un contrat de soutien entre l'artiste et le label, d'une collaboration, pas du tout d'un bisness en vue de gagner de la thune. En général, l'artiste va toucher en nature un certain nombre de scuds, charge à lui de les revendre. Mais l'essentiel est ce que le label apporte à l'artiste : par exemple il paye le studio, ou le mastering, ou le pressage ou organise une tournée, ou fait toute la promo, enfin bon, c'est énorme.. c'est précisément pour cela qu'on signe sur un label, pour bénéficier de cette activité de cette compétence etc.. Donc ne crions pas à l'exploitation des artistes quand il s'agit de petites structures s'il vous plaît (d'autant plus que la plupart du temps, ces structures sont animés par des bénévoles).
Les majors on peut cracher dessus tant qu'on voudra par contre, mais bon, c'est un autre monde, et ça n'avancera pas à grand chose de le faire ici
mais enfin tout cela mes amis c'est un monde qui meurent depuis dix ans.. J'aurais pu écrire exactement la même chose en 2000, voire avant. Ce genre de causerie est complètement inactuelle.