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Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Ca y est, HADOPI à sortie l'artillerie marketing : après un mauvais départ ils mettent le paquet pour nous convaincre que se sont EUX les good guys.
Je ne commenterais pas, ni les affiches, ni le message véhiculé. Préparez-vous juste à être légèrement énervé par ces dernières.
C'est d'ailleurs précisément la raison de ce post.
HADOPI, PUR, et toutes ces conneries : on s'en fout. Mais alors à un point.... je dirais même qu'on s'en balance GALACTIQUEMENT.
Notre combat est un bien non-rival
De la même façon qu'écouter un morceau de musique n'empêche personne de l'écouter aussi, HADOPI ne peut pas nous empêcher de faire ce que nous faisons.
N'oublions jamais que c'est la plus grande force du libre : contrairement à beaucoup d'autre combat qui se heurte PHYSIQUEMENT à l'opposition, nous pouvons littéralement manœuvrer en parallèle ; sans interférence, avec ce que nous combattons.
Je n'insisterais jamais assez sur le point que je viens de soulever, car c'est notre meilleure arme. Essayer de contrer HADOPI ou de convaincre tout ces gens qu'ils ont tord serait -au mieux- une perte d’énergie et -au pire- suicidaire.
Tout ce que nous avons à faire, c'est ce que nous avons toujours fait :
essayer de faire ce qu'on fait du mieux qu'on peut. Des outils fantastiques ont été mis en place et ils ont besoin d'être améliorés constamment.
- Les sites ont besoins d'êtres mis au gout du jours
- les festivals ont besoins de main-d’œuvres
- On a besoin des outils pour guider les gens dans ce méandre (dans lesquels nous sommes nous-mêmes un peu perdu)
et j'en passe et des meilleurs...
On à pas de temps à perdre à répondre à leurs provocation, et cil n'y a que la perspective des belles choses à venir chez nous qui peuvent refaire partir à la hausse notre énergie.
Choisissons nos amis
Dans les faits, trouver des alliés dans le monde culturel est un combat de tout les instant tant la situation est critique pour tout le monde (i.e. les caisses sont vides).
Il faut les entendre ces petits labels (qui devraient être nos meilleurs potes depuis bien longtemps) rentrer dans la spirale du "sauve qui peut" en pactisant avec n'importe qui et en essayant d'"innover" tout azimuts. Comment leur en vouloir? On ne réfléchit pas droit quand on est dans l'urgence.
Là où, partout, la "responsabilité individuelle" s'affiche comme l'arbre devant la forêt, nous devons mettre en avant les problèmes systémiques.
Là encore ne perdons pas notre temps à raisonner ceux qui essaie de protéger leur lopin de terre (souvent derrière de beaux discours fraternels). En revanche, notre combats peut trouver bien des échos avec d'autres indignés tant tout est liés une fois les choses un peu mis en perspectives.
Le futur de la musique libre est génial. Allons-y joyeusement en jetant un œil amusé sur ceux qui se battent pour les derniers os.
Je ne commenterais pas, ni les affiches, ni le message véhiculé. Préparez-vous juste à être légèrement énervé par ces dernières.
C'est d'ailleurs précisément la raison de ce post.
HADOPI, PUR, et toutes ces conneries : on s'en fout. Mais alors à un point.... je dirais même qu'on s'en balance GALACTIQUEMENT.
Notre combat est un bien non-rival
De la même façon qu'écouter un morceau de musique n'empêche personne de l'écouter aussi, HADOPI ne peut pas nous empêcher de faire ce que nous faisons.
N'oublions jamais que c'est la plus grande force du libre : contrairement à beaucoup d'autre combat qui se heurte PHYSIQUEMENT à l'opposition, nous pouvons littéralement manœuvrer en parallèle ; sans interférence, avec ce que nous combattons.
Je n'insisterais jamais assez sur le point que je viens de soulever, car c'est notre meilleure arme. Essayer de contrer HADOPI ou de convaincre tout ces gens qu'ils ont tord serait -au mieux- une perte d’énergie et -au pire- suicidaire.
Tout ce que nous avons à faire, c'est ce que nous avons toujours fait :
essayer de faire ce qu'on fait du mieux qu'on peut. Des outils fantastiques ont été mis en place et ils ont besoin d'être améliorés constamment.
- Les sites ont besoins d'êtres mis au gout du jours
- les festivals ont besoins de main-d’œuvres
- On a besoin des outils pour guider les gens dans ce méandre (dans lesquels nous sommes nous-mêmes un peu perdu)
et j'en passe et des meilleurs...
On à pas de temps à perdre à répondre à leurs provocation, et cil n'y a que la perspective des belles choses à venir chez nous qui peuvent refaire partir à la hausse notre énergie.
Choisissons nos amis
Dans les faits, trouver des alliés dans le monde culturel est un combat de tout les instant tant la situation est critique pour tout le monde (i.e. les caisses sont vides).
Il faut les entendre ces petits labels (qui devraient être nos meilleurs potes depuis bien longtemps) rentrer dans la spirale du "sauve qui peut" en pactisant avec n'importe qui et en essayant d'"innover" tout azimuts. Comment leur en vouloir? On ne réfléchit pas droit quand on est dans l'urgence.
Là où, partout, la "responsabilité individuelle" s'affiche comme l'arbre devant la forêt, nous devons mettre en avant les problèmes systémiques.
Là encore ne perdons pas notre temps à raisonner ceux qui essaie de protéger leur lopin de terre (souvent derrière de beaux discours fraternels). En revanche, notre combats peut trouver bien des échos avec d'autres indignés tant tout est liés une fois les choses un peu mis en perspectives.
Le futur de la musique libre est génial. Allons-y joyeusement en jetant un œil amusé sur ceux qui se battent pour les derniers os.
-
ChristopheE
- Messages : 283
- Inscription : 24 avr. 2005, 11:16
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Je ne partage pas complètement ton avis.
Effectivement sur le papier, hadopi ne devrait avoir aucune incidence sur les cultures libres, au contraire, en faire la promotion comme une offre légale parmi d'autres.
Mais ce qui est valable en théorie ne l'est pas en pratique.
J'en veux pour preuve un faisceau d'indices qui tentent à prouver que certains lobbies industriels ont délibérément choisi de promouvoir et faire promouvoir par le législateur et le gouvernement leurs contenus appelés "offre légale" sans y adjoindre naturellement et avec justesse les cultures libres qui sont légales par nature là où les cultures industrielles ne le sont qu'aux forceps et dans des conditions burlesques.
Le phénomène dont je cause ici est collatéral.
Il s'agit de l'élimination des cultures libres parce que les FAI mettront systématiquement en avant les contenus dont ils font la promotion contractuellement et en aucun cas des contenus culturels libres qui ne leur rapporte rien.
Par ailleurs les systèmes de "filtrages" vont devenir des systèmes de "sélection", de prescription forcée, l'ultime outil marketing : Empêcher le consommateur d'aller consommer des cultures indépendantes libres et le diriger systématiquement vers des produits industriels, et ce dès la connexion à internet.
Il se pourrait, ce qui nous fera rire puis pleurer, que Dogmazic.net soit considéré rapidement comme un site "dangereux", j'en prend le pari ici.
Ne sous-estimez pas la malice de certains industriels et ne sur-estimez pas la capacité des publics à contourner les systèmes de prescription forcée.
Sans parler enfin de la labellisation officielle de certains sites comme Jamendo , qui comptent un grand nombre d'oeuvres relevant de la gestion collective des droits d'auteur (Sacem) ou du système de protection anglo-saxon (Copyright / Publishing).
Cette situation devrait conduire à la fermeture pure et simple de ce site mais va conduire à une labellisation officielle, de qui se moque-t-on?
Certains esprits étroits vont dire "super, ils ont grugé le système", d'autres qui comprennent les conséquences que cela peut avoir seront triste pour l'avenir très chaotique que cela prépare à l'existence même des licences libres qui pourraient ainsi être considérées comme un outil ingérable et nocif à la protection des droits d'auteurs, non par sa nature, mais par les usages inconscient et irresponsables que certains en font.
Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
Ce n'est pour le moment pas le cas.
Effectivement sur le papier, hadopi ne devrait avoir aucune incidence sur les cultures libres, au contraire, en faire la promotion comme une offre légale parmi d'autres.
Mais ce qui est valable en théorie ne l'est pas en pratique.
J'en veux pour preuve un faisceau d'indices qui tentent à prouver que certains lobbies industriels ont délibérément choisi de promouvoir et faire promouvoir par le législateur et le gouvernement leurs contenus appelés "offre légale" sans y adjoindre naturellement et avec justesse les cultures libres qui sont légales par nature là où les cultures industrielles ne le sont qu'aux forceps et dans des conditions burlesques.
Le phénomène dont je cause ici est collatéral.
Il s'agit de l'élimination des cultures libres parce que les FAI mettront systématiquement en avant les contenus dont ils font la promotion contractuellement et en aucun cas des contenus culturels libres qui ne leur rapporte rien.
Par ailleurs les systèmes de "filtrages" vont devenir des systèmes de "sélection", de prescription forcée, l'ultime outil marketing : Empêcher le consommateur d'aller consommer des cultures indépendantes libres et le diriger systématiquement vers des produits industriels, et ce dès la connexion à internet.
Il se pourrait, ce qui nous fera rire puis pleurer, que Dogmazic.net soit considéré rapidement comme un site "dangereux", j'en prend le pari ici.
Ne sous-estimez pas la malice de certains industriels et ne sur-estimez pas la capacité des publics à contourner les systèmes de prescription forcée.
Sans parler enfin de la labellisation officielle de certains sites comme Jamendo , qui comptent un grand nombre d'oeuvres relevant de la gestion collective des droits d'auteur (Sacem) ou du système de protection anglo-saxon (Copyright / Publishing).
Cette situation devrait conduire à la fermeture pure et simple de ce site mais va conduire à une labellisation officielle, de qui se moque-t-on?
Certains esprits étroits vont dire "super, ils ont grugé le système", d'autres qui comprennent les conséquences que cela peut avoir seront triste pour l'avenir très chaotique que cela prépare à l'existence même des licences libres qui pourraient ainsi être considérées comme un outil ingérable et nocif à la protection des droits d'auteurs, non par sa nature, mais par les usages inconscient et irresponsables que certains en font.
Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
Ce n'est pour le moment pas le cas.
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
je m'en doute bien , vu que ce texte est (en partie seulement) une réflexion amorcée à par tes 2 dernières productionsJe ne partage pas complètement ton avis.
Oui... sauf que c'est pas comme ça que ça marche. Les acteurs institutionnels ils vont pas se jeter à corps perdu dans le libre juste parce qu'on a l'air sympa.Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
Ce n'est pour le moment pas le cas.
Le monde de la culture est une grosse machine qui, comme toutes les grosses machines, aime user les vielles recettes et n'en changera qu'avec une formidable inertie.
Et puis soyons honnête!! Si l'HDOPI se mettait à défendre les licences libres est-ce que nous voudrions de leur label? Voudrions-nous être estampillé par la haute autorité de N. Sarkozy?
Voudrions-nous vraiment travailler main dans la main avec les maisons de disques, si elles se mettaient à voir l'intérêt financier des LLO? Même si ça signerait la fin des soucis d'argent de MLO, accepterions-nous?
Bien sûr que non!
On ne PEUT PAS à la fois dire que nos gouvernants ont une politique culturelle de merde et réclamer leur reconnaissance.
on ne PEUT PAS à la fois pointer du doigt les injustices du système de distribution de la musique tout en espérant qu'ils nous tendent gentiment la main
Le seul truc à faire, c'est cuisiner la meilleure soupe possible dans notre coin. Mais attention, ça ne veut pas dire tout seuls! Il y a tout un tas de gens avec lesquels je regrette qu'on ne travail pas d'avantage... que ce soit parmi le logiciel libre, certains élu, ou de nombreux mouvements citoyens, politiques etc...
En revanche pour les "acteurs culturels institutionnels"... ceux qui veulent nous filer un coup de main pas de soucis, mais les autre je m'en cogne.
-
ChristopheE
- Messages : 283
- Inscription : 24 avr. 2005, 11:16
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Je ne suis pas pour une "reconnaissance" mais simplement du respect.
C'est à dire de veiller à ce que les cultures libres soient accessibles à tous quel que soit le FAI et qu'elles soient citées systématiquement lorsqu'on parle abusivement d'offre légale au lieu de dire "offre commerciale protégée"
Donc il ne s'agit pas de "main tendue" mais bien d'inviter la partie politique des institutions Kulturelles de ce pays à respecter la place des cultures indépendantes libres pour ce qu'elles sont, surtout les pratiques et les usages d'ailleurs, tout le monde peut trouver une place sans gêner les autres et chacun peut tracer sa route dans une indifférence froide et bienséante.
Cela dépasse le cadre strict du libre de mon point de vue, c'est une pathologie collective.
Ce que je critique, ce n'est pas la politique culturelle de ce pays, elle n'est pas forcément "parfaite", et ne se limite pas à la lutte contre les "pirates", bien heureusement.
Ce que je critique c'est bien l'utilisation du prétexte culturel ou du prétexte du droit d'auteur (il a bon dos celui là) pour favoriser de manière déloyale et insupportable tel ou tel autre groupe industriel en face des productions indépendantes, voire artisanale si je puis m'exprimer ainsi, ou même individuelles.
Donc en ce sens je ne demande ni l'aumône , ni une "reconnaissance" quelconque des cultures libres (de toutes façons elles sont déjà reconnues dans des lieux culturels hors d'internet), mais un juste respect d'une part et une concurrence "libre et non faussée d'autre part".
Parce qu'il s'agit bien d'une "concurrence" au final, mise en place à partir de 2006 jusqu'à aujourd'hui visant à exclure tout autre contenu de l'internet que celui produit par l'industrie des loisirs numériques. (je rappelle les dons de bons d'achat "virgin" ou "universal" sais plus, à l'assemblée nationale lors des débats DADVSI en 2006).
Même si personne bien entendu ne veut prononcer ou écrire ce mot, c'est de la concurrence entre différents contenus.
Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.
Rien de plus.
C'est à dire de veiller à ce que les cultures libres soient accessibles à tous quel que soit le FAI et qu'elles soient citées systématiquement lorsqu'on parle abusivement d'offre légale au lieu de dire "offre commerciale protégée"
Donc il ne s'agit pas de "main tendue" mais bien d'inviter la partie politique des institutions Kulturelles de ce pays à respecter la place des cultures indépendantes libres pour ce qu'elles sont, surtout les pratiques et les usages d'ailleurs, tout le monde peut trouver une place sans gêner les autres et chacun peut tracer sa route dans une indifférence froide et bienséante.
Cela dépasse le cadre strict du libre de mon point de vue, c'est une pathologie collective.
Ce que je critique, ce n'est pas la politique culturelle de ce pays, elle n'est pas forcément "parfaite", et ne se limite pas à la lutte contre les "pirates", bien heureusement.
Ce que je critique c'est bien l'utilisation du prétexte culturel ou du prétexte du droit d'auteur (il a bon dos celui là) pour favoriser de manière déloyale et insupportable tel ou tel autre groupe industriel en face des productions indépendantes, voire artisanale si je puis m'exprimer ainsi, ou même individuelles.
Donc en ce sens je ne demande ni l'aumône , ni une "reconnaissance" quelconque des cultures libres (de toutes façons elles sont déjà reconnues dans des lieux culturels hors d'internet), mais un juste respect d'une part et une concurrence "libre et non faussée d'autre part".
Parce qu'il s'agit bien d'une "concurrence" au final, mise en place à partir de 2006 jusqu'à aujourd'hui visant à exclure tout autre contenu de l'internet que celui produit par l'industrie des loisirs numériques. (je rappelle les dons de bons d'achat "virgin" ou "universal" sais plus, à l'assemblée nationale lors des débats DADVSI en 2006).
Même si personne bien entendu ne veut prononcer ou écrire ce mot, c'est de la concurrence entre différents contenus.
Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.
Rien de plus.
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
+1Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.
Ne croyons pas que nous sommes à l'abris des choses ; celà représente trop d'argent.
Un amendement proposé au sujet de la pédagogie auprès des scolaires sur "l'offre légale" a été rejeté lors de hadopi II (proposé par Brard) ; il demandait simplement d'aborder aussi les œuvres sous licences libres et d'expliquer à nos bambins ce qu’étaient les licences libres.
Amendement refusé. (!)
Il avait été rédigé par des membres de l'April.
Christophe dit rarement des bêtises.
Et j'invite vraiment tout le monde à prendre conscience de se qu'il se passe, et de se joindre aux efforts que ce soit dans l'arène ou dans le maquis.
Mon avis.
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Débattons Christophe, en toute amitié bien sûr ^^
Je me rappelle notamment de mon intervention devant ce mônsieur en parlant d'artistes Sacem sur certains sites (genre Jemendo) : (avec un mouvement de la main) "oui, oui, à la mââârge, à la marge..."
Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.

Ma récente entrevue avec M.Walter à ce sujet montre que l'Hadopi a été "maladroite dans sa sémantique concernant le thème 'offre légale'". Déclaration confirmée ici :ChristopheE a écrit :Je ne partage pas complètement ton avis.
Effectivement sur le papier, hadopi ne devrait avoir aucune incidence sur les cultures libres, au contraire, en faire la promotion comme une offre légale parmi d'autres.
Mais ce qui est valable en théorie ne l'est pas en pratique.
J'en veux pour preuve un faisceau d'indices qui tentent à prouver que certains lobbies industriels ont délibérément choisi de promouvoir et faire promouvoir par le législateur et le gouvernement leurs contenus appelés "offre légale" sans y adjoindre naturellement et avec justesse les cultures libres qui sont légales par nature là où les cultures industrielles ne le sont qu'aux forceps et dans des conditions burlesques.
Néanmoins, et là je te rejoins sur les effets d'une telle labélisation et où je rejoins totalement l'article que j'ai cité, cela crée de fait "un marché à deux entrées" : celle labélisée, sure, "pur", et une "jungle internet" où tout n'est pas sécurisé, et potentiellement illégal...Éric Walter a écrit : « L’objectif n’est pas de séparer les plateformes labellisées des plateformes non labellisées. Le label ne veut pas dire légal, le label est un signe pour que l’utilisateur sache avec certitude que le contenu est légal. Cela ne veut pas dire que sur d’autres, qui n’auraient pas demandé de labellisation, le contenu ne le soit pas. »
Source : http://www.pcinpact.com/dossiers/hadopi ... /192-1.htm
Je me rappelle notamment de mon intervention devant ce mônsieur en parlant d'artistes Sacem sur certains sites (genre Jemendo) : (avec un mouvement de la main) "oui, oui, à la mââârge, à la marge..."
Très sincèrement cela se passe déjà aujourd'hui (voir SFR et Universal, Bouygues et TF1, et les MVNO (nrj et cie)). On renverse ta phrase et on peut constater qu'aucun FAI ne fait la promotion d'œuvres libres aujourd'hui. Veux-tu dire que cela deviendra plus difficile ? Mais est-ce qu'une licence libre ou ouverte n'est pas déjà une "labélisation" ?ChristopheE a écrit : Le phénomène dont je cause ici est collatéral.
Il s'agit de l'élimination des cultures libres parce que les FAI mettront systématiquement en avant les contenus dont ils font la promotion contractuellement et en aucun cas des contenus culturels libres qui ne leur rapporte rien.
Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.
Je ne connais pas le poids des cultures libres par rapport aux cultures dites industrielles. Il me semble qu'en voyant le peu de concerts, d'événements, qu'elle est encore d'une faible importance par rapport aux monstres médiatiques que tu cites. Ce que tu décris est plus large que la simple confrontation entre cultures libres et industries culturelles. Cela remonte à l'histoire même de cette industrie depuis les années 60, puis les révolutions industrielles (à mon sens) de la radio FM et du CD dont la tentation est toujours de créer un circuit fermé à base d'inconscient collectif et de primeur de présence dans les médias... (autrefois publics, aujourd'hui privés)ChristopheE a écrit : Par ailleurs les systèmes de "filtrages" vont devenir des systèmes de "sélection", de prescription forcée, l'ultime outil marketing : Empêcher le consommateur d'aller consommer des cultures indépendantes libres et le diriger systématiquement vers des produits industriels, et ce dès la connexion à internet.
Il se pourrait, ce qui nous fera rire puis pleurer, que Dogmazic.net soit considéré rapidement comme un site "dangereux", j'en prend le pari ici.
Ne sous-estimez pas la malice de certains industriels et ne sur-estimez pas la capacité des publics à contourner les systèmes de prescription forcée.
"à la marge, à la marge..." selon Walter.ChristopheE a écrit :Sans parler enfin de la labellisation officielle de certains sites comme Jamendo , qui comptent un grand nombre d'oeuvres relevant de la gestion collective des droits d'auteur (Sacem) ou du système de protection anglo-saxon (Copyright / Publishing).
Cette situation devrait conduire à la fermeture pure et simple de ce site mais va conduire à une labellisation officielle, de qui se moque-t-on?
Non pour le moment, nous sommes pris comme un "effet de mode" en marge des débats sur internet et le droit d'auteur. Quand nous aurons un poids important dans les têtes et les esprits (DES festivals, DES théâtres, DES opéras...), effectivement, là on pourra se poser la question d'une menace importante de l'empire sur nous. Je pense que la menace est percevable mais qu'elle touche toutes les sphères des militants culturels, des petites structures (salles de concerts, associations culturelles, labels, disquaires (!), radios locales...) comme de certaines subventionnées... Et que c'est bien là que se situe le combat à mener, pas seulement "le libre contre le reste".ChristopheE a écrit : Certains esprits étroits vont dire "super, ils ont grugé le système", d'autres qui comprennent les conséquences que cela peut avoir seront triste pour l'avenir très chaotique que cela prépare à l'existence même des licences libres qui pourraient ainsi être considérées comme un outil ingérable et nocif à la protection des droits d'auteurs, non par sa nature, mais par les usages inconscient et irresponsables que certains en font.
Donc oui, le futur de la musique libre pourrait être génial si la société et les acteurs culturels institutionnels avaient pris conscience de ce qui se met en place et l'avaient rejeté en masse.
Ce n'est pour le moment pas le cas.
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Un truc qui m'échappe là, ça veut dire quoi déposer une œuvre chez Hadopi ?Aisyk a écrit : Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Ça veut dire qu'ils ne surveillent pas "toutes" les œuvres par défaut mais bien qu'il faille les déposer au préalable avant qu'elles ne fassent partie d'un échantillon surveillé.Zeco a écrit :Un truc qui m'échappe là, ça veut dire quoi déposer une œuvre chez Hadopi ?Aisyk a écrit : Je rappelle que l'Hadopi n'intervient que parce les œuvres sont déposées chez elle. Là aussi, il y a du travail auprès de la culture indépendante (labels/producteurs) à faire concernant ces dépôts. Par exemple Jarring Effects n'a pas déposé le moindre artiste chez l'Hadopi.
http://www.pcinpact.com/actu/news/60692 ... es-tmg.htm
- monpauvrelieu
- Messages : 388
- Inscription : 20 avr. 2011, 23:14
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
“déposer une œuvre chez Hadopi”: leur envoyer un fichier numérique audio ou vidéo. ils le mettent sur eMule et Cie, et celui qui le télécharge est coupable de cotrefaçon puisqu'en même temps il le met à la disposition d'autres intenautes. Mais comme celui qui les accuse a provoqué l'infraction, il ne peut pas l'accuser de contrefaçon. Par contre, le fait que la ligne ne soit pas sécurisée avec diligence ou taxi ou tramway, ce n'est pas Hidiopit qui l'a provoqué, donc on accuse de ne pas avoir sécurisé (comprendre "filtré en version Minitel surveillé") la ligne.
EDIT: je suis trop lent
EDIT: je suis trop lent
Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
En parlant d'Hadopi, je me permets de faire tourner à nouveau (?) cette page très bien fait et mise à jour très récemment...
http://linuxmanua.blogspot.com/2009/04/ ... adopi.html
http://linuxmanua.blogspot.com/2009/04/ ... adopi.html