Ca fait beaucoup de commentaires les uns à la suite des autres, mais comme vous commentez à plusieurs, je ne vois pas comment faire autrement. Ca va vous faire long à lire...DECAY a écrit :Alors posons-nous cette question, mais si j'en suis à y mettre de la valeur morale c'est de facto car je ne sais pas comment faire autrement.Mais en fait vous êtes d'accord sur une chose : vous trouvez que c'est "mal" de monnayer une levée de clause NC. Que le "mal" réside dans la clause elle-même ou dans l'abus qui en serait fait.
Vous raisonnez donc en terme de valeur morale absolue. Et, à mon avis, c'est faire complètement fausse route.
La vraie question qui devrait se poser, c'est, en partant du monde tel qu'il est (capitaliste), comment fait-on pour faire vivre, grossir, et perdurer un champ d'activités culturelles libéré du marché.
La valeur morale est, quoi que tu en dises, un rempart face au capitalisme qui en est dénué.
Et la clause NC n'est pas un début de solution.
Le libéralisme nous guète car nous sommes en gestion individuel et je suis d'accord avec toi que solidairement parlant ça n'est pas le top. Mais les licences servent aussi à ça : rassembler les auteurs (d'où l'importance de l'éthique implicite à chaque licence et je me met à tourner en boucle, mais tu vois ce que je veut dire).
La valeur morale face au capitalisme c'est comme la feuille de papier face à la balle de 45, c'est à peu prêt aussi utile.
Ce que je comprends de ce que dit Incaudavenenum c'est qu'il cherche à éveiller en vous la notion du bien et du mal pour vous amener à comprendre son point de vue. Et contrairement à une idée un peu trop répandu, il y a une notion de bien et de mal dans le capitalisme, sauf que la morale est inversée.
La clause NC ( non commercial ) est un début de solution. Cette oeuvre n'est pas monnayable donc pas une marchandise. Certains pourront compléter que j'ai raison mais qu'on peut aussi rajouter que cette oeuvre n'est pas monnayable jusqu'à ce que l'auteur le décide. Mais même dans ce cas, je leur répondrais que l'art n'est toujours pas une marchandise dans l'absolu. Elle a été réduit à cet état par le capitalisme et accepté en partie par les auteurs "qu'il faut bien qu'ils mangent."
Alors quoi, on doit mourir de faim plutôt que de vendre son savoir-faire ?
La gestion individuelle comme le dis Collegue, ce n'est pas se condamner à rester seul dans son coin. Et le fait de mettre ses oeuvres sous licences libres ne suffit pas à faire communauté. C'est cette réalité qu'exprime Aisyk avec son "Dogmazic c'est aussi une association, donc qui compte sur vous !!! (dons ou temps)".
Et, à mon avis, tout le problème de la musique libre, avec à son point d'orgue l'apparition de la négation du libre qu'est jamendo pro, est là. Pas de communauté, pas de collectif, pas de poids, tout le monde est donc livré à lui-même face au Capital qui voit dans la musique libre une manne inépuisable de petits auteurs corvéables à merci contre une part de rêve ou contraints par la réalité économique à brader leurs oeuvres pour rien.
Seule solution, faire la part entre ce qui est dans la sphère marchande de ce qui n'y est pas, et ça c'est un positionnement politique.