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Recadrons la BY...

Tout ce qui concerne les différences et points communs entre les licences libres existantes...
glue
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Re: Recadrons la BY...

Message par glue »

DECAY a écrit :
Mais en fait vous êtes d'accord sur une chose : vous trouvez que c'est "mal" de monnayer une levée de clause NC. Que le "mal" réside dans la clause elle-même ou dans l'abus qui en serait fait.
Vous raisonnez donc en terme de valeur morale absolue. Et, à mon avis, c'est faire complètement fausse route.
La vraie question qui devrait se poser, c'est, en partant du monde tel qu'il est (capitaliste), comment fait-on pour faire vivre, grossir, et perdurer un champ d'activités culturelles libéré du marché.
Alors posons-nous cette question, mais si j'en suis à y mettre de la valeur morale c'est de facto car je ne sais pas comment faire autrement.
La valeur morale est, quoi que tu en dises, un rempart face au capitalisme qui en est dénué.
Et la clause NC n'est pas un début de solution.

Le libéralisme nous guète car nous sommes en gestion individuel et je suis d'accord avec toi que solidairement parlant ça n'est pas le top. Mais les licences servent aussi à ça : rassembler les auteurs (d'où l'importance de l'éthique implicite à chaque licence et je me met à tourner en boucle, mais tu vois ce que je veut dire).
Ca fait beaucoup de commentaires les uns à la suite des autres, mais comme vous commentez à plusieurs, je ne vois pas comment faire autrement. Ca va vous faire long à lire...

La valeur morale face au capitalisme c'est comme la feuille de papier face à la balle de 45, c'est à peu prêt aussi utile.

Ce que je comprends de ce que dit Incaudavenenum c'est qu'il cherche à éveiller en vous la notion du bien et du mal pour vous amener à comprendre son point de vue. Et contrairement à une idée un peu trop répandu, il y a une notion de bien et de mal dans le capitalisme, sauf que la morale est inversée.

La clause NC ( non commercial ) est un début de solution. Cette oeuvre n'est pas monnayable donc pas une marchandise. Certains pourront compléter que j'ai raison mais qu'on peut aussi rajouter que cette oeuvre n'est pas monnayable jusqu'à ce que l'auteur le décide. Mais même dans ce cas, je leur répondrais que l'art n'est toujours pas une marchandise dans l'absolu. Elle a été réduit à cet état par le capitalisme et accepté en partie par les auteurs "qu'il faut bien qu'ils mangent."
Alors quoi, on doit mourir de faim plutôt que de vendre son savoir-faire ?

La gestion individuelle comme le dis Collegue, ce n'est pas se condamner à rester seul dans son coin. Et le fait de mettre ses oeuvres sous licences libres ne suffit pas à faire communauté. C'est cette réalité qu'exprime Aisyk avec son "Dogmazic c'est aussi une association, donc qui compte sur vous !!! (dons ou temps)".

Et, à mon avis, tout le problème de la musique libre, avec à son point d'orgue l'apparition de la négation du libre qu'est jamendo pro, est là. Pas de communauté, pas de collectif, pas de poids, tout le monde est donc livré à lui-même face au Capital qui voit dans la musique libre une manne inépuisable de petits auteurs corvéables à merci contre une part de rêve ou contraints par la réalité économique à brader leurs oeuvres pour rien.

Seule solution, faire la part entre ce qui est dans la sphère marchande de ce qui n'y est pas, et ça c'est un positionnement politique.
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aisyk
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Re: Recadrons la BY...

Message par aisyk »

glue a écrit : Il y a confusion de ta part. Le droit d'auteur est un droit donné aux auteurs par la révolution de 1789, et il n'y a rien de romancé là-dedans, c'est un fait historique.
La Sacem quant à elle créée en 1851, est effectivement une société comme tu daignes me le rappeler si gentiment et non un syndicat comme je l'ai écrit ( mais en employant ce terme je me souciais moins de la forme juridique et plus de l'action du collectif en question ), a effectivement parmis ses membres les éditeurs.

La présence des éditeurs au sein de cette société est liée à ses statuts, statuts auquels les auteurs ont participé à rédiger. Je n'en connais pas la raison exacte aussi je me contenterai de déduire qu'ils ont passé des accords avec les auteurs et qu'ils sont donc resté proches de leurs intérêts. Il existe d'autres bizarreries de ce genre dans la société, comme les commités d'entreprises où toutes les composantes de l'entreprise sont représentées. Je ne dis pas que c'est équivalent, je dis juste que je ne vois pas pourquoi les éditeurs ne pourraient pas être présent à la Sacem. Maintenant qu'ils aient pris de plus en plus de pouvoir au fil du temps et que la Sacem ne remplisse plus tout-à-fait le rôle pour lequel elle a été créée, c'est un autre débat.

Le débat que nous avons est qu'il y a un problème selon moi et Incaudavenenum, et peut-être d'autres qui ne se sont pas exprimés, avec la gestion individuelle défendue par le libre. Et il me semble que nous avons expliqué pourquoi suffisamment dans les commentaires précédents.

Hors il semble que proproser du collectif dans la musique libre ( peut-être le mot syndicat qui hérisse le poil de certains ) ne soit pas bien vu ou reçu avec tièdeur.

Nous avons évoqué pourquoi une structure collective pourrait être nécessaire.

Comme l'a rappelé quelqu'un dans un autre sujet concernant la charte que vous voulez mettre en place, une charte n'engage pas, ce n'est pas une loi, pas une structure à laquelle on adhère, c'est juste de l'air, qui fait peut-être du bien à ceux qui l'écrivent car elle correspond à leurs propres aspirations, mais ça s'arrête là.

Je vous poserais donc cette question. Est-ce là tout ce que vous pouvez produire au maximum ?
Petite histoire du droit d'auteur :
En 1777, Beaumarchais fonde la première société d’auteurs pour promouvoir la reconnaissance de droits au profit des auteurs. Mandaté par cette société d’auteurs, il entre en guerre avec la Comédie-Française : il bloque une répétition de cette troupe qui a le privilège de choisir ses pièces et garde abusivement les 1/9e des recettes qui devaient normalement revenir aux auteurs. Puis, à son instigation, les auteurs refusent de lui livrer des pièces nouvelles. Dans la nuit du 4 août 1789, les révolutionnaires français abolissent l’ensemble des privilèges, puis les lois du 13 et 19 janvier 1791 et du 19 et 24 juillet 1793 accordent aux auteurs le droit exclusif d'autoriser la reproduction de leurs œuvres pendant toute leur vie puis aux héritiers pendant une durée de cinq ans. À l’issue de ce délai, l’œuvre entre dans le domaine public.
J'ai bien dit que la différence majeure entre le droit d'auteur apparu en 1789 et celui que nous connaissons aujourd'hui est la présence des éditeurs. Mais là je parle bien de droit, pas seulement de la Sacem. Beaumarchais a créé la première société de gestion de droit d'auteurs, la SACD. La Sacem est venue bien après en introduisant l'éditeur au cœur du système. Là où Beaumarchais souhaitait un réel pouvoir des auteurs face à des privilèges trop puissants, la Sacem crée de facto une fusion d'intérêt entre des éditeurs et des auteurs. Le CPI mentionnera par la suite (après la révision de la Convention de Berne en 1908) les éditeurs de la même manière qu'un auteur et leur accorde des droits du même acabit.
Une raison historique : un éditeur à l'époque était un éditeur de partitions. Les auteurs devaient vendre des partitions pour tirer un revenu substantiel. C'est une logique de domination économique qui a prévalu.

Un exemple récent : JJ.Goldman est éditeur (il a monté sa boîte d'édition à son nom), compositeur, auteur. Il récupère 100% des sommes qu'il perçoit à la Sacem. Un auteur inscrit à la Sacem qui a un éditeur n'en récupère que 50%. Ce n'est pas lié au fonctionnement de la Sacem, c'est inscrit dans le CPI dans la partie des droits patrimoniaux, quelque soit le contrat de cession de droits qui peut contenir des dispositions de rémunérations autres que celles concernant les redevances.

Sur la question du collectif de l'action collective...
Je dirai très volontiers que je me désolidarise d'une peur irraisonnée à l'égard du syndicalisme. Je pense qu'effectivement une structure collective doit pouvoir être en situation de représentation pour défendre, donner des avis, et permettre de donner un cap, décidé collectivement. Et pour moi les discussions que nous avons ne sont pas à mon sens de manière à remettre en cause l'action collective, mais plutôt à en définir ses contours. Par contre on peut se poser la question qu'un positionnement politique doive venir de l'Association Musique Libre! ou d'un syndicat. C'est bien aussi de cette question qu'il est nécessaire de parler, car on le voit bien avec nos débat ici, avec un positionnement anti-capitaliste, on a pas beaucoup de marge de manœuvre pour réaliser un des objectifs de l'association : défendre et représenter toutes les composantes des artistes ayant faits des choix différents (et pas seulement celui de la NC)
Mankind_concept
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Re: Recadrons la BY...

Message par Mankind_concept »

Ah Ah Ah, cela faisait un moment que je proposais de virer la paternité :wink: Mais personne n'avait relevé. Incaudavenenum, je te remercie d'avoir lancé ce débat.
glue
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Re: Recadrons la BY...

Message par glue »

Aisyk a écrit : Sur la question du collectif de l'action collective...
Je dirai très volontiers que je me désolidarise d'une peur irraisonnée à l'égard du syndicalisme. Je pense qu'effectivement une structure collective doit pouvoir être en situation de représentation pour défendre, donner des avis, et permettre de donner un cap, décidé collectivement. Et pour moi les discussions que nous avons ne sont pas à mon sens de manière à remettre en cause l'action collective, mais plutôt à en définir ses contours. Par contre on peut se poser la question qu'un positionnement politique doive venir de l'Association Musique Libre! ou d'un syndicat. C'est bien aussi de cette question qu'il est nécessaire de parler, car on le voit bien avec nos débat ici, avec un positionnement anti-capitaliste, on a pas beaucoup de marge de manœuvre pour réaliser un des objectifs de l'association : défendre et représenter toutes les composantes des artistes ayant faits des choix différents (et pas seulement celui de la NC)
Concernant l'histoire de la Sacem, comme je l'ai déjà écrit, je ne suis pas un spécialiste, aussi je te remercie pour ce petit historique qur tu as pris le temps de me faire. Maintenant j'en sais un peu plus.

Je ne sais pas pour Incaudavenenum, mais pour moi il ne s'agit pas exactement d'un positionnement anti-capitaliste. Fondamentalement je hais cette doctrine qu'est le capitalisme et dont tout le monde aujourd'hui peut observer les résultats néfastes sur la vie des gens. Mais je ne suis pas pour sa destruction immédiate et violente. Simplement parce que je pense qu'on ne se débarasse pas de 30 ans de conditionnement de cette façon.

Je suis donc plus pour qu'on tienne compte du Capitalisme qui est partout autour de nous et qui régit notre vie entière et que plutôt que de faire semblant de l'ignorer nous commencions à élaborer des stratégies pour s'en passer progressivement. Il faut déprogrammer le capitalisme qui est en nous et programmer autre chose. On ne s'en rend pas bien compte mais nous avons des réflexes puissants liés à cette doctrines, des choses que l'on trouve tout-à-fait normal, des raisonnements qui nous empêchent d'imaginer autre chose et qui nous plonge dans des abîmes de désespoirs, une tendance au suicide qui devient normale...

Plutôt que d'être en opposition frontale avec le capitalisme et donc en opposition frontale avec nous-mêmes, peut-être est-il plus judicieux de procéder par étape en mettant juste de l'ordre dans nos idées.

Ce n'est pas être stalinien que de ranger son cerveau et de donner à voir aux autres et de leur demander leur avis.

Le capitalisme est fondé sur l'idée du marché lui-même basé sur l'offre et la demande qui fixe la valeur marchande des choses.

Est-il si délicat de proposer que l'on retire les oeuvres sous licences libres de ce marché par le biais d'une clause associé à un collectif qui engage ses adhérents ? N'est-ce pas juste logique ?

Je ne dis pas que c'est aussi facile que d'écrire une charte, ça ne l'est pas, mais qu'aurait à perdre un acteur historique comme Musique libre de consacrer sa matière grise collective et son temps à dresser les contours d'une telle initiative ?

Ne serait-ce pas l'ultime horizon d'une association qui a su, dans ses développements rester intègre et rester en dehors des sirènes bassements commerçantes que de proposer de faire communauté autour d'une idée noble, solidaire et sociale, donc politique des licences libres ?
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dj3c1t
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Re: Recadrons la BY...

Message par dj3c1t »

Est-il si délicat de proposer que l'on retire les oeuvres sous licences libres de ce marché par le biais d'une clause associé à un collectif qui engage ses adhérents ? N'est-ce pas juste logique ?
logique... ben, sans doute.
enfin tout dépend de la logique à laquelle tu fais référence.
pour ce qui est d'une autre logique, ça fait quelques posts que je raconte que retirer les licences libres du marché revient en fait à interdire purement et simplement les licences libres.

Pour retirer les licences libres du marché sans les faire complètement disparaître, ça implique de devoir faire un choix sur ce qu'on va définitir comme étant des usages commerciaux. Et donc vouloir appliquer ça à une asso et à tous ses adhérents (en l’occurrence, là on parle de ML, hein), ça revient à :

1) mettre tout les adhérents d'accord sur ce qu'est une utilisation commerciale
2) éjecter ceux qui ne sont pas OK avec les définitions retenues
3) puis veillez à ce que les adhérents qui ont dit "OK" le soient vraiment, et agissent bien en conséquence

pourquoi pas, hein.
si ML veut partir par là
grand bien lui fasse
et dans ce cas, j'me barre pour du vrai ^^
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incaudavenenum
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Re: Recadrons la BY...

Message par incaudavenenum »

dj3c1t a écrit : pour ce qui est d'une autre logique, ça fait quelques posts que je raconte que retirer les licences libres du marché revient en fait à interdire purement et simplement les licences libres.

Pour retirer les licences libres du marché sans les faire complètement disparaître, ça implique de devoir faire un choix sur ce qu'on va définitir comme étant des usages commerciaux. Et donc vouloir appliquer ça à une asso et à tous ses adhérents (en l’occurrence, là on parle de ML, hein), ça revient à :

1) mettre tout les adhérents d'accord sur ce qu'est une utilisation commerciale
2) éjecter ceux qui ne sont pas OK avec les définitions retenues
3) puis veillez à ce que les adhérents qui ont dit "OK" le soient vraiment, et agissent bien en conséquence

pourquoi pas, hein.
si ML veut partir par là
grand bien lui fasse
et dans ce cas, j'me barre pour du vrai ^^
Erreur et inversion du problème ML.
Tu as peur que ML se transforme en en asso qui impose la gestion collective des droits de diffusion commerciale à tous ses adhérents. Or, c'est ML qui impose le dogme de la gestion individuelle à tous ses adhérents.
Je ne sais pas comment vous fonctionnez à RSR, mais j'ai cru comprendre qu'il y avait chez vous des libristes comme toi mais aussi des utilisateurs convaincus de la clause NC. Y a t-il dans vos statuts une référence à la sacro-sainte gestion individuelle ? Votre CA ou bureau ou ce qui en tient lieu, exprime-t-il un parti pris ?

ML, par sa légitimité historique, par la taille de son archive, par l'implication de ses anciens et actuels membres, méritait de représenter TOUTES les composantes de la musique libre. Avec des statuts qui conservent partiellement la référence à la "gestion individuelle" sans mentionner nulle part la possibilité d'une gestion collective, avec un bureau qui n'a de cesse de questionner la clause NC (encore deux threads ouverts récemment à ce sujet par Tumulte et Aisyk, sans compter les innombrables références au prétendu "flou" de la non-commercialité), ce sont les "collectivistes" comme moi qui sont poussés vers la sortie.
Barre-toi si tu veux, mais à mon avis, tu aurais bien tort : tu es ici chez toi, ce qui n'est décidément pas mon cas.

De plus, il n'a jamais été question pour qui que ce soit de transformer ML en SPRD ! Pour ma part, j'aurais juste voulu que ML accepte enfin de représenter AUSSI les partisans de la libre diffusion sous NC avec gestion collective des droits de diffusion commerciale (par une nouvelle SPRD, par une SACEM rénovée, par l'Etat, par un soviet d'auteurs... c'est une autre question).

Lorsque je défends l'idée d'auteurs acceptant collectivement de retirer les licences libres du marché, ce qui ne peut se faire que si les diffusions sur le marché se font hors licences libres, avec une gestion collective, je ne parle pas d'interdire les licences libres sur le marché ! Il n'y a que la loi qui pourrait faire cela, et t'as de la chance : je ne suis pas au pouvoir. Seuls ceux qui sont prêts à en accepter les contraintes iraient vers la gestion collective, bien évidemment, de même que personne, aujourd'hui, n'est obligé d'adhérer à la SACEM.
Tu me diras que dans ce cas, les libristes allergiques au collectif seront toujours libres de brader leur zic sur le marché et de faire de la concurrence déloyale aux autres auteurs. Bien sûr, mais je suis convaincu que les auteurs déjà à la SACEM plus les auteurs sous licences libres adhérant à une gestion collective représenteraient l'immense majorité (pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons, mais on s'en fout, des raisons subjectives, seuls comptent les effets objectifs). Il y aurait un effet de masse et les licences libres ne seraient plus considérées a priori comme un outil de dumping fun et branché. Et du coup, les irréductibles ne représenteraient qu'une part très négligeable de la production musicale, tellement négligeable qu'elle serait beaucoup moins sollicitée par les marchands (et ça, je ne suis pas sûr que certains libristes, qui rêvent précisément de concurrencer la SACEM, en fait, en aient vraiment envie). Les auteurs en question pourraient aussi du coup avoir l'assurance qu'ils sont sollicités pour la qualité de leur zic et non parce qu'on les suppose moins chers, mais bon, je répète tout ça depuis des lustres sans parvenir à faire vraiment avancer le débat sur Dog ou à ML (et je ne parle même pas des autres sites où j'ai cru bon de débattre). Tu as vu comme il a fallu ramer, juste pour que ML accepte de pondre un communiqué sur l'accord CC-SACEM ? Et heureusement que RSR a fait le gros du boulot ! Depuis que je suis membre de l'asso, j'ai réussi à obtenir la suppression d'une référence à la gestion individuelle dans les statuts, et (pour faire court) l'adoption du communiqué de RSR comme communiqué conjoint. Il me serait plus facile de faire bouger la SACEM en lui soufflant dessus !

Bref, si quelqu'un doit tirer sa révérence, c'est bien moi. Alea jacta est, comme disait, je crois, Mélenchon en quittant le PS (à moins que je ne confonde avec un autre).
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incaudavenenum
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Re: Recadrons la BY...

Message par incaudavenenum »

J'avais oublié de répondre à DECAY sur des trucs qui me semblent significatifs.
DECAY a écrit :hé hé les libristes pourraient te répondre qu'ils ne veulent plus de gens syndiqué....
Tu as dit que tu blaguais en écrivant ceci, mais je suis bien convaincu que tu as tout de même mis le doigt sur une réalité : j'ai l'intuition qu'une grande partie des libristes font de l'urticaire rien qu'à l'idée de se soumettre à une règle collective. Mélange d'infantilisme et d'héritage soixante-huitard mal compris (et mal digéré). Ce n'est pas le propre du libre, d'ailleurs, mais le narcissisme débridé de notre époque a trouvé un terrain particulièrement favorable dans l'atavisme de l'artiste nombriliste et dans l'atavisme du geek scotché à son écran (qui ont fait si bon ménage dans le petit monde de la musique libre).

DECAY a écrit :Sinon les extrémistes tels que moi ne définissent pas les oeuvres comme tu le fait. Pour moi il y a des oeuvres et quand elles sont libre elles sont de facto "meilleurs" car elles tiennent de facto comptent des réalités politique et éthique d'aujourd'hui. Et ensuite, il y a des oeuvres historique. Le reste c'est de la merde.
Car la seule manière pour une soit-disante "oeuvre" commercial de devenir une oeuvre à mes yeux est de passer par le filtre historique.
Je ne sais si ton point de vue est extrémiste, je peux tout de même dire qu'il est infirmé par mes propres goûts. Je peux très bien trouver d'enfer une musique commerciale et trouver à chier une musique libre diffusée sous licence "Anarchie vaincra, fuck la société". Moi qui suis partisan de la NC, je ne vais pas trouver une oeuvre "meilleure" parce qu'elle est sous NC plutôt que sous LAL. Je me dirais juste que l'auteur a fait un choix stratégique de diffusion qui ne me paraît pas être le meilleur. De même, face à une musique commerciale qui me plaît, je peux déplorer qu'elle serve "à ça", mais cela n'enlève rien à la qualité de l'oeuvre. Face à une oeuvre produite par un gros con de droite, je peux me dire que je n'aime vraiment pas l'auteur : ça ne m'empêche pas d'aimer son oeuvre.

Encore un truc : on a trop tendance à ne voir le monde que par le prisme de notre propre expérience, et par exemple, à ne voir la musique qu'en tant que membres de petits groupes et/ou praticiens de home studio. Certaines oeuvres, par exemple des oeuvres symphoniques, n'ont pu voir le jour que dans un cadre marchand avec interventions de mécènes, voire de l'Etat, avec investissements de producteurs... etc. Bien sûr, on peut dire que certains blockbusters, certaines productions pharaoniques, sont de vulgaires pompes à fric et que le prétexte artistique ne justifie pas une telle débauche de moyens. Mais bon, il ne faut peut-être pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain.


DECAY a écrit :Et en ce qui me concerne je ne ressent que très peu de solidarité pour les artistes qui s'accrochent au capital.
A ce compte, on pourrait décréter aussi qu'on ne doit pas ressentir de solidarité avec les ouvriers qui travaillent dans les centrales nucléaires, par exemple. Ben moi si. Et les quelques thunes grapillées par les petits auteurs SACEM ont des conséquences autrement moins graves.

DECAY a écrit : Sur la question de la solidarité, Aisyk, Tumulte et moi, je pense qu'on considère que ça n'est pas à nous d'être solidaire avec les auteurs non-libre, face au capital. Mais bien à ces-dits auteurs d'être solidaire avec nous ce qui est loin d'être le cas, et ce qui n'aide pas au débat (mais c'est peut-être une autre histoire).
En attendant un bouleversement complet de l'économie et des modes de vie (bouleversement qui, s'il se produit un jour, a peu de chance d'advenir d'un seul coup), je propose qu'on ne mette pas délibérément nos camarades sur la paille. Je dis bien nos "camarades" parce qu'à mon sens, les petits auteurs de la SACEM ont plus d'intérêts communs avec nous que nous n'en avons avec, par exemple, Pierre Gérard et Sylvain Zimmer.
Je n'oublie pas que lorsque nous avions monté l'opération jamendouille avec Mankind, nous avions, à notre propre surprise, obtenu plus de compréhension et de soutien auprès d'adhérents de la SACEM qu'auprès de certains libristes patentés. Certains de ces gens que tu trouves si peu solidaires avec nous ont plus que nous l'habitude du collectif et pourraient avoir à t'en apprendre sur la solidarité.
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dj3c1t
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Re: Recadrons la BY...

Message par dj3c1t »

[HS from outer space / Salut je parle de RSR ^^]
incodavenenum a écrit :Je ne sais pas comment vous fonctionnez à RSR, mais j'ai cru comprendre qu'il y avait chez vous des libristes comme toi mais aussi des utilisateurs convaincus de la clause NC. Y a t-il dans vos statuts une référence à la sacro-sainte gestion individuelle ? Votre CA ou bureau ou ce qui en tient lieu, exprime-t-il un parti pris ?
les status de l'asso RSR parlent :
du mouvement des licences de libres diffusion.
Mais ça fait un bail chez RSR que NC ou pas, LAL ou pas, gestion individuelle ou collective, c'est certes des sujets qui nous intéressent mais qu'on place clairement sur un plan très... pratique, et secondaire. on y fait quand même attention car ça nous permet d'avoir un cadre légal de diffusion. après chacun utilise la licence qui lui va le mieux, de la cc-by à la cc-by-nc-nd en passant par la LAL...

le truc avec RSR, c'est le collectif. Chacun apporte sa pierre à l'histoire. Certains font de la veille sur les sujets d'actualité, d'autre rédigent des articles ou des éditos, pour ma part j'interviens surtout sur le site et l’hébergement, mais y'en a aussi qui sont simplement indispensables parce que ce sont des potes et que sans eux on serait comme des cons. D'autres ont de l'expérience à proposer pour l'orga d’événements, etc. y'a pas de rôles attitrés (on a un bureau en tant qu'asso mais c'est surtout pour avoir de la marge sur le plan administratif). y'en a des fois qui disparaissent et réapparaissent plusieurs années après ^^

je sais pas si ça t'avance sur le débat en cours... m'enfin la question qui nous rassemble c'est qu'on est tous musiciens (*) et qu'on se dit que dans un collectif, y'a moyen de faire plus de trucs. plus on est de fous... :)

(*) ceci dit, on est aussi ouverts aux écrivains, peintres, etc.

En bref : on s'inscrit pas sur RSR. On tape la tchatche, on échange... et on devient pote. ou pas. le principal c'est de s'entendre pour pouvoir faire des trucs ensemble.

note importante : cette déclaration n'engage que moi et ne constitue absolument pas une communication officielle de RSR, vu que d'autres personnes dans le collectif sont fortement susceptibles d'avoir une autre vision du truc.

[/HS]
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dj3c1t
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Re: Recadrons la BY...

Message par dj3c1t »

pour en revenir au thème qui nous occupe ici, et clarifier un peu mes réactions ces derniers jours.
Pour ma part, j'aurais juste voulu que ML accepte enfin de représenter AUSSI les partisans de la libre diffusion sous NC avec gestion collective des droits de diffusion commerciale (par une nouvelle SPRD, par une SACEM rénovée, par l'Etat, par un soviet d'auteurs... c'est une autre question).
j'adhère au AUSSI en majuscule.
le truc, c'est ce que quand je suis parti sur ce thread à propos d'une charte, j'avais bien dans l'idée que ML y adhère. et je pense que y'a deux points sur lesquels on est quand même tombés d'accord : l'importance de la légitimité de l'auteur a céder des droits (donc des droits qu'il a le droit de céder), et le fait d'assumer cette cessation (ne pas dire un an après aux acceptants que maintenant les droits cédés ne valent plus rien).

après, y'a toute une approche que tu t'échines à développer ici concernant la lutte contre le Capital. Bon... même si j'ai émis des réserves concernant "ce qui est logique et noble", il y a sans aucun doute beaucoup de noblesse a vouloir un système juste et à réfléchir à comment les licences libres peuvent y contribuer.

mais
si ça implique de devoir imposer une définition des usages commerciaux, c'est une direction que je trouve dangereuse. je suis peut-être parano aussi. mais j'ai vraiment du mal avec ça. aussi louables soient les intentions finales. c'est un "moyen", une "stratégie" à laquelle je n'arrive pas à adhérer.

j'ai aussi sans doute encore beaucoup de choses à apprendre, à comprendre. mais dans l’immédiat, là... par exemple le refus de la cc-by, je trouve ça juste un peu trop radical.
collegue
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Re: Recadrons la BY...

Message par collegue »

note importante : cette déclaration n'engage que moi et ne constitue absolument pas une communication officielle de RSR, vu que d'autres personnes dans le collectif sont fortement susceptibles d'avoir une autre vision du truc.
Non non...c'est une vision qui dans les faits est concrète, et qui colle bien à rsr...
je rajouterais que nous avons une charte, écrite lentement et collectivement, pas parfaite non plus, mais qui cadre bien notre action, , le liant qui nous réuni....
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