m'a rappelé plein de trucs... pas hors sujet du tout. Enfin c'est bien à des idées comme celles racontées par Richard Stallman ou Albert Jacquard auxquelles je pensais, en parlant d'"antidote au rêve américain"
Pour reprendre les mots de Stallman, en parlant de la propriété intellectuelle: "il n'y a pas de telle chose". Pour Stallman la propriété intellectuelle est un "concept" qui désigne une chose qui n'existe pas. Et pour compléter un peu le tableau, dans l'histoire des licences libres, coté musique, on pourrait évoquer aussi Ram Samudrala, avec sa "Free Music Philosophy" :
http://www.ram.org/ramblings/philosophy/fmp.html
Samudrala, comme Stallman, réfute cette idée de propriété intellectuelle.
Mais il ne suffit pas de réfuter l'idée de propriété intellectuelle pour la faire disparaître de la loi. Il y a le code de la propriété intellectuelle. Et historiquement les licences libres, en tout cas telles qu'imaginées par Stallman ou Samudrala, sont une réponse à cette aberration.
Alors après, beaucoup de choses qui ont été pensées comme "un outil de lutte contre" finissent par se trouver, d'une manière ou d'une autre, des propriétés de mise en valeur de ce contre quoi elles sont cencé lutter. Le bio comme outil de mise en valeur d'une industrie pas forcément moins destructrice. Les licences libres comme outil de mise en valeur de la propriété intellectuelle...
Je pense qu'un point crucial dans l'affaire, c'est de se demander finalement ce qu'on entend par "libre" dans licence libre. Stallman et Samudrala parlent de liberté de l'utilisateur. La confusion, en tout cas telle je la vois dans la musique, c'est de parler de liberté du musicien. Le truc c'est qu'effectivement, les licences libres en musique permettent aux zicos de se "libérer" de la SACEM (enfin comme tu le dit kidjazz, fut un temps où c'était pas mal l'idée, avec la SACEM vue comme le MAL, etc), et d'une manière générale, de gagner une sorte d'indépendance. On parle de gestion individuelle de droit d'auteur. Mais ces libertés-là sont celle de l'ayant droit. Les licences libres de Stallman et de Samudrala s'attachent aux libertés des utilisateurs, ce qui n'a rien à voir.
Et c'est cette liberté-là qui, remetant en cause la propriété intellectuelle, remet en cause dans la foulé l'un des pilier du rêve américain.