Pour nous contacter : soyez au rendez-vous sur IRC ! ⋅ Parcourir l'archive musicale Dogmazic ⋅ Notre Blog ⋅ Notre Documentation
Bonjour à tous,

Le forum Musique Libre a migré !

Pas d'inquiétude, vos comptes et vos messages ont été migré ! Mais nous n'avons pas pu migrer les mots de passe, il vous faudra donc cliquer sur "J’ai oublié mon mot de passe" et suivre la procédure.

Welcome back ;)

Gagner sa vie

Tout ce qui concerne les différences et points communs entre les licences libres existantes...
Avatar de l’utilisateur
bituur
Messages : 1368
Inscription : 23 juin 2004, 13:18

Re: Gagner sa vie

Message par bituur »

il a deux questions :

comment tu gagnes de l'argent en étant sous copyleft ?
et
comment tu gagnes de l'argent en étant sous copyright ?

c'est en fait la même chose :

il faut faire de la bonne musique, qu'elle plaise au public, faire des concerts, vendre des disques, etc... ça change un peu sur les passages radios, dans les lieux commerciaux, etc..
mais soyons sérieux et lucides un seul instant :

quand un musicien qui fait de la musique de qualité mais qui n'a pas encore rencontré un public, qui ne fait pas de concerts et ne vend pas de disques, va-t-il passer suffisamment en radio ou dans les lieux commerciaux pour gagner de l'argent ?
réponse : jamais.

ou alors pour passer en radio du jour au lendemain il faut devenir un produit commercial de l'industrie : on change de sujet.

par contre, la diffusion libre, accessible avec moyens minimums, est un puissant outil de reconnaissance.

la clef des revenus (mais pas seulement) c'est la reconnaissance (ou la pub pour les "produits" mais bon :twisted: )
copyleft ou right, peu importe
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: Gagner sa vie

Message par dana »

absolutely
faut faire du Kyo quoi :)
skaal
Messages : 14
Inscription : 15 déc. 2005, 14:19

Re: Gagner sa vie

Message par skaal »

Oulala!
Certaines remarques font franchement flipper:

"Il fait comme les autres, il bosse"
Désolé, être musicien c'est bosser.

"Sinon il fait des concerts, des petits (ou grands) boulots à côté, des anims chez auchan"
Pour les concerts, je suis d'accord... Pour le reste, il semble qu'il y ai d'autres initiatives autrement plus interessantes (voir plus bas).

"Et comme il est très difficile degager un quelconque bénéfice de ses concerts (sur lesquels il faut bien l'avouer, on est souvent de sa poche)"
Tu ne t'y prends peut-être pas comme il faut. C'est extremement rare que je ne ramène pas de quoi payer tous mes musiciens quand je pars faire une date. Cela dépend du prix que tu fixes avec l'organisateur du spectacle.

"si tu commences à faire de la zique dans l'espoir de gagner ta vie avec t'es foutu"
Heureusement que non. Simplement, il ne faut pas partir avec aucun bagage en poche.
Un musicien qui a des compétences trouve du travail.

"tu veux être artiste, ben fais l'artiste. Ce qui n'a aucun rapport avec le buisness, mais alors aucun."
C'est un métier bordel.

Je trouve certains discours franchement intolérants. Je fais partie d'un collectif d'artistes auto-géré. Notre travail consiste à trouver des alternatives économiques pour les artistes qui veulent se professionaliser. Et cela marche. Il faut que les musiciens amateur restent libres de jouer quand ils le veulent défrayés, payés de temps en temps... Ca ne me pose aucun probleme. Mais véhiculer l'idée que l'on ne peut pas se professionaliser sans devenir une 'star' ou je ne sais quoi, c'est faire la preuve qu'on a pas franchement réfléchi au sujet:

Un musicien connait des choses qu'il peut transmettre à d'autres personnes sous forme de cours ou de stages. Il peut faire des remplacements dans des groupes. Il peut faire des concerts. Il peut travailler en lien avec des acteurs institutionnels qui ont des fonds pour soutenir la culture. Il peut trouver des idées interessantes succeptibles d'interesser des financeurs de projets culturels...

Je fais ca toute l'année. Si vous avez envie de vous prendre pour des artistes maudits obligés d'aller vous déguiser en Donald à Auchan ca vous regarde. Si vous pensez qu'un bon musicien est un musicien qui crève la dalle: Ca vous regarde. Musicien peut être un métier et je le prouve au jour le jour ainsi que les gens qui bossent avec moi. Et je ne suis pas une star.
skaal
Messages : 14
Inscription : 15 déc. 2005, 14:19

Re: Gagner sa vie

Message par skaal »

Pardon, j'ai oulbié de repondre à dav:

sur quoi il fait ses sousous:
Il met à disposition du public ses compétences.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: Gagner sa vie

Message par dana »

t'as rien compris à ce que je raconte mec
le dernier mec qui a insinué que je VEUX être un artiste maudit, je lui ai cassé toutes ses dents

que tu t'en sortes en donnant des cours en faisant je cite :
Un musicien connait des choses qu'il peut transmettre à d'autres personnes sous forme de cours ou de stages. Il peut faire des remplacements dans des groupes. Il peut faire des concerts. Il peut travailler en lien avec des acteurs institutionnels qui ont des fonds pour soutenir la culture. Il peut trouver des idées interessantes succeptibles d'interesser des financeurs de projets culturels
c'est TON problème
je refuse ce genre de trucs
je hais les financeurs de la culture
les acteurs institutionnels je les emmerde
donner des cours ou des stages et alors ? quel est le rapport avec l'art ?

beurk

et :
IL PEUT FAIRE DES CONCERTS dis tu ??
mais putain de bordel de merde
encore faudrait il que ces enculés de frileux de kékés de programmateurs de salles subventionnés aceptent de prendre un minimum de risque
plutôt que de faire des jouer des amerloques
putain de bordel de merde

ça fait 5 ans que je me casse les couilles pour essayer de faire jouer les artistes du label
et c'est pour entendre ce genre de conneries :
TU PEUX FAIRE DES CONCERTS
bordel de merde
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: Gagner sa vie

Message par dana »

Et heureusement tu parles pas du talent
heureusement
heureusement

bordel l'art c'est la vie la mort le sexe
pas des machins instituionnels de mes deux putain
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: Gagner sa vie

Message par dana »

allez je vais être constructif :

voilà comment je vois les choses dans un monde meilleur :

1° le modèle dominant : la rareté de l'art véritable

ça m'est venu en lisant à droite à gauche des réflexions sur les moyens de rémunération des artistes (notamment des auteurs-musiciens). La plupart des artistes ou des sympathisants d'artistes, y compris les majors, les défenseurs des licences libres, etc.. cconviennent au moins d'un point : il faut améliorer le revenu des artistes, parce qu'un artiste qui ne gagne pas sa vie en pratiquant son art, perdrait en créativité.
Il y a donc une équation simple : artiste + revenu = créativité.

C'est le modèle de pensée dominant, à droite comme à gauche.

je ne sais pas s'il est juste étant donné que pour ma part, lorsque je travaillais (ainsi que mon ex-épouse), et que je disposais de revenus confortables (2 salaires de profs), je ne créais absolument rien, et que je ne me suis autorisé à vivre en artiste qu'à partir du moment où ma situation a dégénéré socialement.

Ce qu'on omet souvent de signaler (ou du moins qu'on ne présente pas sous une forme aussi cynique) c'est l'origine des revenus de l'art. la meilleure manière qu'on ait trouvé jusqu'à présent de faire de l'argent avec l'art, c'est de conditionner la jouissance de l'oeuvre à un paiement, c'est-à-dire qu'on commercialise la jouissance (c'est le principe même de l'industrie du divertissement), c'est-à-dire encore pour reprendre une expression tirée de mon essai sur la dissémination de la musique : qu'on paye pour jouir.

C'est la raison pour laquelle on considère comme justifié l'existence de droits d'auteur lesquels commencent par restreindre de manière drastique l'accès à l'oeuvre, et, en jouant sur le désir qu'elle est censée procurer, suscitent un paiement en échange de la jouissance promise.

Jouissance d'un côté, rémunération de l'autre. L'artiste fait commerce de son oeuvre comme d'autre de leur corps. L'analogie n'est pas si forcée, et je connais assez bien certains artistes, à commencer par moi-même, qui ont tout à fait en horreur cette idée là et sont incapables d'engager leurs oeuvres dans le champ de la commercialisation.

Ce modèle suppose bien d'autres choses encore (par exemple le primat de la paternité instaurée par le droit d'auteur, une certaine distance mise entre l'artiste et son public, et même plus généralement l'institution de cette distinction, etc..) qui mériteraient discussion.

2° un autre modèle : dépasser le problème de la rémunération de l'artiste

Je voudrais maintenant poser d'autres prémisses afin d'imaginer un autre modèle.
Cette réflexion repose notamment sur la lecture de toute une littérature que vous connaissez sans doute relative à l'iinstauration d'un revenu d'existence inconditionnel.
Je vous renvoie à quelques textes sur le sujet :
http://perso.wanadoo.fr/marxiens/politic/revenuex.htm
http://perso.wanadoo.fr/marxiens/politi ... resson.htm
http://multitudes.samizdat.net/article. ... article=10
Notez bien que cette théorie dépasse d'assez loin le clivage politique traditionnel droite/gauche (la thèse ayant été défendue au départ par des ultra-libéraux américains)

2.1. le revenu minimum d'artiste : un point de vue bien naïf[
L'idée d'un revenu minimum d' artiste a déjà été pensée, de manière assez timide : le principe étant que l'artiste, bénéficiant ainsi d'un revenu pour créer, mettrait ainsi en échange, selon les beaux préceptes couramment dveloppées au XIXème siècle, son art au service de la cité.
Cette thèse, qui m'a toujours semblé un peu naïve (parce que je crois que la tâche de l'artiste consiste au moins autant à se révolter contre la cité que de la satisfaire son bon plaisir, et je crois même qu'un art institutionnalisé constitue la pire des choses, un nivellement de l'art, son désamorçage inévitable : on a vu par exemple ce que sont devenus le rock ou l'art contemporain une fois assumés et digérés et catalogués et subventionnés par l'institution et le marché : de simples enseignes publicitaires, sans aucune pouvoir transgressif), cette thèse donc, achoppe sur un point crucial : la détermination de ce qu'est ou de ce que n'est pas un artiste. IL existe un tel revenu dans certains pays (en Suède notamment), mais il est réservé à des artistes qui ont fait l'école des beaux arts et se sont soumis à des critères administratifs (nombre d'expositions, oeuvres réalisés par an etc..), qui évidemment ne conviennent pas à tous les artistes.
Le problème est qu'une telle détermination (dont la quête me parait tout à fait illusoire : il y a autant de pratiques de l'art que de pratiquants) conduirait forcément au triomphe d'une institutionnalisation de l'artiste : l'exemple français n'est pas encourageant de ce point de vue.

2.2. le revenu d'existence inconditionnel et la gratuité de l'accès aux oeuvres

Je suis pour ma part d'avis d'aller beaucoup plus loin. Et de partir d'une prémisse dont je n'ignore pas l'aspect scandaleux : on ne sait pas au juste ce que c'est qu'un artiste. C'est notamment vrai aujourd'hui : les pratiques artistiques ont littéralement explosées débordant largement les reconnaissances institutionnellles, les starifications du marché. Visitez des sites web comme musique-libre.org pour vous faire une toute petite idée de ces pratiques dans la musique, visitez les galleries de photographies online du site flickr (http://www.flickr.com/). Ces personnes qui présentent leurs oeuvres, à quel titre seraient-elles non habilitées à être reconnues comme artistes, je vous le demande ? Et j'en dirais autant des peintres du dimanche, des poètes compulsifs, etc.. On ne s'est jamais vraiment préoccupé de mesurer le champ de cette diversité de l'art, hypnotisé qu'on est par les critères traditionnels et notamment celui-ci : il existe un art véritable (autrement dit, il existe des pratiques créatives qui ne mérite pas vraiment, sans qu'on explique jamais pourquoi, le nom d'art), et cet art DOIT être rare (il doit l'être parce que sinon l'artiste véritable perd son privilège, le critique n'a plus de raison d'être, le marché n'a plus rien à vendre, l'institution plus de prix à remettre).

Il faut oser dire qu'il y a beaucoup plus d'artistes qu'on le pense généralement.

C'est la raison pour laquelle je pense qu'un revenu minimum d'artiste ne présente que des désavantages. Il n'y a pas lieu à mon avis de faire un sort spécifique à l'artiste et de lui accorder un manne en vertu de sa spéicifité - qu'on aurait de la peine à établir.

La question de la rémunération de l'artiste doit donc être abandonnée au profit d'une considération bien plus large : et c'est ici que je récupère l'idée d'un revenu d'existence inconditionné. Lequel est versé à tous, sans condition justement, qu'il soit ou non artiste, sous la forme d'un versement mensuel (qu'on évalue autour de 1000 euros), reconduit toute la vie, revenu suffisamment important pour subsister normalement - c'est-à-dire au delà du seuil de pauvreté, ce qui n'est pas du rmi je le rappelle, lequel est d'une part "conditionnel", et d'autre part son montant est en deça du seuil de pauvreté - ce qui à bien y réfléchir laisse tout de même songeur sur l'objectif des politiques de ce pays).

Un tel revenu inconditonné n'empêche évidemment pas celui qui le souhaite de faire fortune, en travaillant par exemple, éventuellement même de faire fortune de son art, si telle est sa vocation. Mias elle assure à quiconque un confort de vie minimum, y compris aux artistes.

Du coup la question spécifique de la rémunération de l'artiste ne se pose plus. L'artiste étant considéré comme n'importe quel citoyen (et non plus distingué en vertu de je ne sais quelle spécificité), la question des sources de sa rémunération de ne se pose plus. PLus la peine dès lors de taxer la jouissance de son oeuvre : la communauté paye déjà dans un sens pour cela à travers cette allocation universelle (même si la création en saurait être considérée comme ce en échange de quoi est versé ce revenu minimum d'existence). Mais surtout, l'argumentation qui supporte l'idée des droits d'auteur tombe d'elle même.

On devrait dès lors considérer que l'accès à toute oeuvre doive être libre (c'est-à-dire non-empéché, non restreint), et gratuit (c'es-à-dire qu'on ne paye plus pour jouir.

Mais me direz vous, c'est la fin de toute l'industrie du divertissement ! Lequel comme tout système marchand est fondé sur la croyance que l'art véritable (celui qui mérite qu'on paye pour en jouir est RARE !

Hé bien, je ne pleurerais pas si tous les salariés des majors pointent au chomage (puisqu'ils bénéficieront du revenu minimum d'existence). Je ne pleurerais pas si les journalistes, les crituques, si tout le système de l'art s'écroule. Il finira par s'écrouler de toutes façons.

Parce que l'art véritable, comme ils disent, n'est pas rare.
skaal
Messages : 14
Inscription : 15 déc. 2005, 14:19

Re: Gagner sa vie

Message par skaal »

Casses mes dents si tu veux... (sic)

Effectivement le fait que je développe certaines activités, c'est mon problème.
Tu peux refuser, hair, emmerder qui tu veux, si tu ne dis pas pourquoi, cela n'a aucune valeur à mes yeux.

Le rapport entre l'art et la formation, il ne date pas d'hier. Je te donnes juste un exemple, dans certains pays d'Afrique, les griots sont considérés comme gardiens de la connaissance.

Je suis d'accord avec toi sur le fait que les programmateurs de salles subventionnées sont de plus en plus frileux et tu fais bien de le souligner.

Cependant, je ne t'obliges pas à utiliser les mêmes moyens que moi pour gagner de l'argent.

Je n'ai jamais dit que se professionaliser en musique, c'est tout rose. Au contraire. C'est dur. Mais il y a du fric à aller chercher. Il est là pour soutenir la culture et c'est à nous de dire quelle culture. Qu'est ce que tu propose au juste comme solution?

Crois-tu vraiment que tu deviens la petite pute des politiques quand tu prends le fric qui est là pour ça? Tu te gourres à mon avis. Le monde est comme il est. On peut le changer, mais ca prendra du temps. Et face à la starac, du temps, on en a pas.

Tu fais partie des gens qui se battent et qui restent intègres. C'est bien. J'ai choisi une autre facon de me battre. Avec leurs armes. Prends moi pour un pantouflard si tu veux, mais actuellement, je suis en position de faire changer des choses (localement, j'en conviens). Peux-tu en dire autant?

Nous defendons des idées communes et nos moyens diffèrent. Plus nous nous tirerons dans les pattes et plus les gros pontes genre Universal deviendront forts.

Passes ta colère sur les gens qui le méritent.

Le petit gars qui posait la question: "avec quoi je gagne ma vie?" je lui ai répondu. C'est ma solution. Je n'irais jamais faire le guignol à Auchan. Je défends mon art en le transmettant aux autres et cela me convient. Je n'ai pas dit que tout le monde devait faire ça (contrairement à d'autres sur ce forum qui pensent qu'il n'y a qu'une solution).

Moi, j'en fais des concerts. Désolé.
skaal
Messages : 14
Inscription : 15 déc. 2005, 14:19

Re: Gagner sa vie

Message par skaal »

D'accord avec toi sur la plus part des choses que tu propose....
C'est pas pour demain, malheureusement.

Et je ne vois pas pourquoi je parlerais de talent. Tu te fais des idées préconcues par rapport à ca.

A tu déja chérché des financements pour jouer ta musique?
Moi oui et on ne m'a jamais demander de modifier quoi que ce soit au contenu de mes oeuvres.

Je parle du terrain: j'y suis tous les jours.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: Gagner sa vie

Message par dana »

Je parle du terrain: j'y suis tous les jours.
moi aussi
Répondre