Re: pour ceux que ça intéressent
Publié : 04 mai 2006, 17:17
Réfutation en deux points :
– le postulat d'un capitalisme dont la logique régit tous les aspects de la vie et des pratiques individuelles est erroné. De nombreux comportements humains ne sont pas imputables à une logique capitaliste, mais plutôt à des désirs et pulsions personnels. Le désir de créer, le désir de partager ses créations, et le désir de partager des idées et d'en recevoir, ne répondent pas à une logique capitaliste.
(Note: et non, ce n'est pas parce que l'on n'est pas dans un fonctionnement capitaliste que c'est un fonctionnement communiste ! La théorie des flux de biens et de capitaux concerne, après tout, les biens et les capitaux…)
– le capitalisme* s'occupe des biens rivaux. Pendant longtemps, la théorie capitaliste a été incapable de considérer l'existence de bien non rivaux ayant un potentiel économique. L'idée selon laquelle le partage non régulé de biens amène à la catastrophe est basée sur l'expérience malheureuse des commons (terrains cultivables communs) au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne… avec la croissance démographique, la gestion de ces terrains communs est devenue erratique. Débâcle et réquisition des terres par les lords et les bourgeois* (voilà ce qu'on appelle une réforme agraire !).
Sauf que voilà, toute activité humaine ne produit pas forcément un bien rival, ne pouvant être possédé que par une seule personne. Il existe d'autres choses : la culture, l'information, le savoir.`
La théorie capitaliste telle qu'on la dépeint généralement fait peu de cas de la culture, de l'information et du savoir. Leur prise en compte lui est difficile.
Enfin, l'inscription de la culture, de l'information et du savoir au sein d'une logique capitaliste marchande n'est pas naturelle, mais nécessite des biais et des restrictions :
– le droit d'auteur pour établir un monopole* artificiel* sur la diffusion de l'œuvre ;
– le support physique pour donner une matérialité à ce qui reste néanmoins une œuvre de l'esprit, difficilement incarnée.
Voili voilou, tu peux donner le lien pour ce fil de discussion à ton ami, ça pourrait l'intéresser.
Dans la foulée, petite pub perso :
http://www.covertprestige.info/musique-et-internet
---
* Les termes "capitalisme", "bourgeois", "monopole" ou "artificiel" ne constituent en rien une condamnation morale (manquerait plus que ça…)
– le postulat d'un capitalisme dont la logique régit tous les aspects de la vie et des pratiques individuelles est erroné. De nombreux comportements humains ne sont pas imputables à une logique capitaliste, mais plutôt à des désirs et pulsions personnels. Le désir de créer, le désir de partager ses créations, et le désir de partager des idées et d'en recevoir, ne répondent pas à une logique capitaliste.
(Note: et non, ce n'est pas parce que l'on n'est pas dans un fonctionnement capitaliste que c'est un fonctionnement communiste ! La théorie des flux de biens et de capitaux concerne, après tout, les biens et les capitaux…)
– le capitalisme* s'occupe des biens rivaux. Pendant longtemps, la théorie capitaliste a été incapable de considérer l'existence de bien non rivaux ayant un potentiel économique. L'idée selon laquelle le partage non régulé de biens amène à la catastrophe est basée sur l'expérience malheureuse des commons (terrains cultivables communs) au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne… avec la croissance démographique, la gestion de ces terrains communs est devenue erratique. Débâcle et réquisition des terres par les lords et les bourgeois* (voilà ce qu'on appelle une réforme agraire !).
Sauf que voilà, toute activité humaine ne produit pas forcément un bien rival, ne pouvant être possédé que par une seule personne. Il existe d'autres choses : la culture, l'information, le savoir.`
La théorie capitaliste telle qu'on la dépeint généralement fait peu de cas de la culture, de l'information et du savoir. Leur prise en compte lui est difficile.
Enfin, l'inscription de la culture, de l'information et du savoir au sein d'une logique capitaliste marchande n'est pas naturelle, mais nécessite des biais et des restrictions :
– le droit d'auteur pour établir un monopole* artificiel* sur la diffusion de l'œuvre ;
– le support physique pour donner une matérialité à ce qui reste néanmoins une œuvre de l'esprit, difficilement incarnée.
Voili voilou, tu peux donner le lien pour ce fil de discussion à ton ami, ça pourrait l'intéresser.
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* Les termes "capitalisme", "bourgeois", "monopole" ou "artificiel" ne constituent en rien une condamnation morale (manquerait plus que ça…)