bituur rappelle :
ah, préciser enfin qu'il est possible pour les musiciens depuis pas mal de temps de choisir si les visiteurs peuvent commenter le morceau ou pas (c'est dans le form. d'enregistrement des morceaux)
oui

je prolonge les remarques de hash là :
Je sais bien que les commentaires débiles et méchants gratuitement peuvent atteindre quelqu'un et lui faire du mal mais c'est aussi un risque qu'il faut accepter lorsque l'on publie sa musique.
et comme lui j'en appelle à un peu de cohérence et de respect
comme toujours on veut le beurre et l'argent du beurre et la crémière
le "commentaire" vite fait sur internet c'est vraiment un des trucs les plus typiques d'internet. Avant ça, globalement, si tu voulais exprimer une opinion "publique" sur la musique (ou n'importe quoi d'ailleurs : l'actualité, la politiques, les arts, etc..) fallait devenir journaliste ou chroniqueur, ou bien monter un fanzine etc.. Ça n'empêchait évidemment pas les auditeurs ou els citoyens de penser ce qu'ils en pensaient mais : l'immense majorité des opinions demeuraient exprimées de manière "privée", entre postes, ou directement à l'artiste par exemple (le mec qui fait l'effort de venir te causer à l'issue d'un concert, ou le timide : "j'aime bien ce que vous faites

"
bon
Que cette possibilité de commenter tout et n'importe quoi et de le faire savoir publiquement, voilà qui participe à mon humble avis du mythe de l'individu autonome dont le moindre avis importerait, et qui s'en trouve mieux d'avoir la possibilité de transmettre son opinion ainsi. "Voilà ce que j'en pense", "ha ben je me sens mieux de l'avoir dit, je me sens plus libre, plus puissant, j'ai l'impression d'exister un peu plus" etc..
Evidemment, c'est du flan ! c'est une illusion un mythe, puisqu'il n'en reste pas moins qu'en dépit de cette possibilité de trouver un espace où il peut laisser ses propres opinions un peu partout, l'individu demeure soumis à des tas de contraintes et déterminations sociales, médiatiques etc.
C'ets quand même marrant qu'à une époque où des tas de discours dénonce le caractère aliénant et contraignant des médias, ce pouvoir soi-disant implacable, au sens où les médias forgeraient l'opinion (laquelle ?), on voit dans le même temps le moindre péquin se lancer dans un commentaire infini du monde..
Plus accablant je trouve, c'est que beaucoup d'artistes jouent ce jeu là, accordent une importance à ces commentaires qu'on laisse comme on fait sa crotte aux toilettes plusieurs fois par jour.
Autrefois il est vrai, l'artiste n'avait d'autres sources de commentaires sur son oeuvre que celles publiées parcimonieusement par les médias, c'est-à-dire, à moins d'être très connu, pas grand chose. Ce qui donnait au journaliste un pouvoir considérable (dans le cas d'artistes susceptibles). Aujourd'hui même l'artiste quasiment inconnu a de quoi nourrir son narcissisme à travers ces commentaires de péquins tout aussi inconnus que lui.. J'attendais fébrilement le papier qu'avait écrit machin dans les inrocks sur l'album de dana hilliot, aujourd'hui, n'importe qui attend fébrilement les commentaires que vont publier n'importe qui sur jamendo ou dogmazic.
Que je me fasse bien comprendre ici : c'est exactement la même chose. D'où que ça vienne.
L'argument du "ha oui, mais demeurer à l'écoute des conseils des uns et des autres, comment ma musique est perçue ça peut permettre de m'améliorer", c'est du flan.. Juste une manière de cacher la vérité : un commentaire ça renfoirce le narcissisme ou ça le détruit, c'est comme un jeu de hasard vraiment.. un coup de poker..
Je n'ai rien contre le fait de renforcer le narcissisme cela dit
mais faut au moins être honnête et le reconnaître.
Ce monde là, devient un vaste miiroir où les uns et les autres se mirent les uns dans les autres, et ces petits bouts de phrase là, nommés commentaires, ça sert justement à ça.
DE mon côté évidemment, j'ai profité de l'occasion offerte par dogma de refuser les commentaires, et je n'en fais qu'avec parcimonie moi-même.
Je m'en porte vraipment pas plus mal, je vous conseille d'essayer.