Admettons que le capitalisme ne soit pas libéral ce qui de mon point de vue est un non sens.
là comme j'ai essayé de l'expliquer c'est une question de méthode
je veux bien admettre que le capitalisme puisse s'épanouir (?) dans un système libéral, mais pour en rester à ce niveau de généralités qui à mon avis ne mène nulle part, il est difficile de considérer que la Chine ou certains pays d'asie du sud est (et bien d'autres régions du monde) soient des régimes libéraux

le moins qu'on puisse dire est que les prérogatives de l'état dans ces pays dépassent largement ce qu'on supporterait en France

or, le capitalisme s'y déploie manifestement fort à son aise
mais là c'est pareil : dire le "capitalisme", moi je mettrais au pluriel, les différentes formes de capitalisme.
le travail d'un économiste sociologue comme Richard Sennet par exemple est très intéressant à ce sujet
(cf. par exemple de cet auteur :
le nouveau capitalisme)
Qu’est-il alors ? Qui a pensé le capitalisme si ce n’est en partie les libéraux, Marx compris ?
Après pour ce qui est de l’interaction philosophie / réel / histoire c’est effectivement une vaste question.
Marx portait-il Staline en germe ? Non. Mais il a grandement inspiré Lénine et les bolcheviks via la fameuse étape de la dictature du prolétariat censée précéder l’abolition de l’État (étape qui bien sûr jamais ne vint bien au contraire…).
Pour Nietzsche c’est bien plus complexe. Sachant il me semble que ses écrits ont été dans un premier temps dénaturés de manière à les faire paraître antisémites alors que le philosophe ne l’était pas du tout.
ça veut dire quoi "inspiré" ?
tu veux dire que Lénine a lu marx ? ok. mais il y a des tas de gens qui ont lu Marx, y compris des hommes politiques des réformateurs, et ça n'aboutit pas forcément à la dictature du prolétariat..
Quand à Nietszche.. si tu lis la généalogie de la morale, on peut voir aisément comment les mouvements antisémites se régalèrent.. à cela près que Nietzsche n'avait que mépris pour les dits antisémites qui n'avaient rien pané évidemment.. c'était un troupeau de plus..
Si on prend l’exemple des anarchistes, l’une des plus grandes réalisations de ce mouvement eut lieu durant la guerre d’Espagne. Pourtant alors que les anarchistes sont les ennemis déclarés de tout gouvernement, il se trouva des libertaires pour être ministres durant cette période !
Ce qui me pose problème avec les penseurs libéraux,
lesquels ? parce que "l'homme mauvais par nature" heu franchement, faudra que tu me montres les textes là

Certes dans sa version utilitariste, on a d'abord un individu mû par des intérêts égoïstes, dans la tradition de Hobbes (qui n'est certainement pas le précurseur du libéralisme quon a parfois voulu décrire)
bon : est-ce que ça suffit à dire que l'homme est par nature "mauvais" ??
et y'a quand même des tas de libéraux qui sont aussi des humanistes
Chez Adam Smith on est quand même à l:'opposé exact d'une vision pessimiste de la nature humaine !! la capacité au désintéressement, la capacité d'identification à l'autre (l'empathie), même s'il faut la forcer un peu, enfin bon..
c’est qu’au fond leur conception de l’homme est négative. L’homme est mauvais : mettons donc tout en place pour limiter sa malfaisance. Mais l’homme c’est un lieu commun n’est ni fondamentalement mauvais ni fondamentalement bon. Il n’est ni totalement égoïste ni totalement altruiste. Pourquoi donc ne pas envisager des structures, un système qui permettent d’encourager des valeurs tels que l’altruisme, l’entraide et l’émulation plutôt qu’un système encourageant l’égoïsme, les querelles de tribunaux, la concurrence etc. Je veux dire que le libéralisme tolère bien entendu des valeurs tel que la fraternité mais il ne les encourage pas, au contraire il pousse non pas même à l’individualisme mais au solipsisme. Pourquoi ne pas imaginer un système qui respecterait l’autonomie tout en favorisant l’entraide ?
là encore sur les libertés négatives, oui, c'est une tradition forte chez certains libéraux.
Il faut lire ici le texte classique de isaiah berlin,
les deux concepts de la liberté. C'est passionant et hautement discutable. Au sein même de, la philosophie libérale, ce concept de liberté négative (c'est-à-dire en gros l'absence d'empêchement) a donné lieu à de passionants débats (et pas que chez les libéraux d'ailleurs) : Rawls et amartya Sen consacrent des pages entières à en discuter.
D'ailleurs
Pourquoi ne pas imaginer un système qui respecterait l’autonomie tout en favorisant l’entraide ?
:
ben tu devrais lire les libéraux d'aujourd'hui, ceux de gauche, par exemple le passionant
classique d'amartya sen :
Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté. Odile Jacob, 2000
je crois qu'on a dans ce texte de sérieux outils (notamment la notion de capabilité, les libertés positives, ou bien encore sa réflexion sur les biens communs) pour aider à imaginer ce à quoi tu aspires
Mais l’homme c’est un lieu commun n’est ni fondamentalement mauvais ni fondamentalement bon. Il n’est ni totalement égoïste ni totalement altruiste. Pourquoi donc ne pas envisager des structures, un système qui permettent d’encourager des valeurs tels que l’altruisme, l’entraide et l’émulation plutôt qu’un système encourageant l’égoïsme, les querelles de tribunaux, la concurrence etc. Je veux dire que le libéralisme tolère bien entendu des valeurs tel que la fraternité mais il ne les encourage pas, au contraire il pousse non pas même à l’individualisme mais au solipsisme
écoute
ne le prends pas mal, mais là ce que tu dis correspond à une version très marquée du libéralisme, représentée par des gens comme Robert Nozik, pour lequel effectivement, à tout prendre l'homme préfererait jouir peinard tout seul sans s'emmerder avec le reste du monde

mais mon dieu, c'est une des versions de la pensée libérale, et on y trouve exactement l'opposé dans d'autres versions
c'est là où c'est difficile de causer
parce que :
1° tu prends la partie pour le tout (comme si Nozik ou les libertariens étaient les seuls représentants du vaste continent de la pensée libérale).
2° Tu pars du principe que libéralisme et capitalisme sont équivallent, ce qui est complètement simpliste
bon j'essaie de faire des efforts, mais tu vois que c'est immensément plus complexe que ta version non ?
(et je ne sais pas si c'est un savoir à la con.. je crois que c'est un savoir oui, il se trouve que j'ai lu pas mal de choses, voilà, j'y peux rien)