Re: Forum de l'Irma sur les musiques actuelles
Publié : 27 juin 2005, 12:00
j'entends tout ce que tu énonces... et peut comprendre le point de vue...
ne vois aucune démarche de prosélytisme, et encore moins de fabrique du consentement
juste un possible (vive la langue françaises et ses multiples "traductions" : impossible) dépassement de catalogues de rhétorique partisanes et corporatistes... pour faire avancer le schmilblick
une métaphore à la Blondin :
« A voir des joueurs s'échiner à progresser sur le terrain en faisant circuler un ballon dans la direction opposée à celle de l'objectif qu'ils se proposent de lui faire atteindre, à les voir se débarrasser soudain de ce trésor qu'ils ont eu tant de mal à s'approprier en l'expédiant hors des limites du jeu, à les voir s'entremêler pour des colloques où la loi de la jungle et celle du Talion s'imposent à l'esprit, l'impression première pourrait suggérer qu'une équipe de rugby constitue un ramassis d'anarchies absurdes, capricieux et féroces.
Or, le fait même que le rugby, à l'inverse du football qui s'en prévaut tellement, ne soit pas un sport universel le désigne précisément comme un jeu de sociétés ou mieux : le jeu d'une société, l'émanation d'un certain mode de civilisation, son reflet définissable et son porte-parole. Il va d'évidence que chaque nation, chaque région, chaque club, joue avec un accent qui lui est propre et que, ainsi entendu, le rugby est un moyen d'expression. Mais, dans la mesure exacte où il est un sport de contacts au plein sens du terme, il n'exclut pas le dialogue et peut s'ériger à la hauteur d'un langage commun à une élite, dont la singularité très précieuse serait d'être à la fois allègre et grave, rusé et moral, violent et intelligent. Alors, on s'aperçoit que l'essentiel n'est peut-être pas de jouer contre l'adversaire mais de jouer avec lui; que "ces haines vigoureuses" dont parle déjà Molière procèdent en général d'un fonds traditionnel de prodigalité et sont à mettre au compte de ceux qu'Andy Mulligan a appelé les "anges ivres"; et qu'il est loisible d'augurer que les brutes les plus obtuses, échangeant plus tard les souvenirs de leurs affrontements, n'en retireront que le sentiment attendri d'avoir vécu de pairs à compagnons les beaux loisirs de la jeunesse. Par-là, on pressent déjà que le rugby s'inscrit spontanément dans un décor sentimental et qu'on y respire l'air d'un pays où l'homme capable de porter un ballon ovale contre sa poitrine s'avancera. » [Antoine Blondin]
enfin bon, la route est longue, semée d'embuches parfois, mais...
ps: pour irma/foruma, comme dit dans un mail : l'irma est membre du comité de pilotage du foruma et à ce titre participe à son élaboration et à son fonctionnement au même titre que les autres...
bonne journée
au plaisir de vous lire
ne vois aucune démarche de prosélytisme, et encore moins de fabrique du consentement
juste un possible (vive la langue françaises et ses multiples "traductions" : impossible) dépassement de catalogues de rhétorique partisanes et corporatistes... pour faire avancer le schmilblick
une métaphore à la Blondin :
« A voir des joueurs s'échiner à progresser sur le terrain en faisant circuler un ballon dans la direction opposée à celle de l'objectif qu'ils se proposent de lui faire atteindre, à les voir se débarrasser soudain de ce trésor qu'ils ont eu tant de mal à s'approprier en l'expédiant hors des limites du jeu, à les voir s'entremêler pour des colloques où la loi de la jungle et celle du Talion s'imposent à l'esprit, l'impression première pourrait suggérer qu'une équipe de rugby constitue un ramassis d'anarchies absurdes, capricieux et féroces.
Or, le fait même que le rugby, à l'inverse du football qui s'en prévaut tellement, ne soit pas un sport universel le désigne précisément comme un jeu de sociétés ou mieux : le jeu d'une société, l'émanation d'un certain mode de civilisation, son reflet définissable et son porte-parole. Il va d'évidence que chaque nation, chaque région, chaque club, joue avec un accent qui lui est propre et que, ainsi entendu, le rugby est un moyen d'expression. Mais, dans la mesure exacte où il est un sport de contacts au plein sens du terme, il n'exclut pas le dialogue et peut s'ériger à la hauteur d'un langage commun à une élite, dont la singularité très précieuse serait d'être à la fois allègre et grave, rusé et moral, violent et intelligent. Alors, on s'aperçoit que l'essentiel n'est peut-être pas de jouer contre l'adversaire mais de jouer avec lui; que "ces haines vigoureuses" dont parle déjà Molière procèdent en général d'un fonds traditionnel de prodigalité et sont à mettre au compte de ceux qu'Andy Mulligan a appelé les "anges ivres"; et qu'il est loisible d'augurer que les brutes les plus obtuses, échangeant plus tard les souvenirs de leurs affrontements, n'en retireront que le sentiment attendri d'avoir vécu de pairs à compagnons les beaux loisirs de la jeunesse. Par-là, on pressent déjà que le rugby s'inscrit spontanément dans un décor sentimental et qu'on y respire l'air d'un pays où l'homme capable de porter un ballon ovale contre sa poitrine s'avancera. » [Antoine Blondin]
enfin bon, la route est longue, semée d'embuches parfois, mais...
ps: pour irma/foruma, comme dit dans un mail : l'irma est membre du comité de pilotage du foruma et à ce titre participe à son élaboration et à son fonctionnement au même titre que les autres...
bonne journée
au plaisir de vous lire