Re: Ignorons gaiement HADOPI, PUR et compagnie
Publié : 15 juin 2011, 15:35
En fait la reconnaissance est plus facile à obtenir que le respect qui induit un sentiment de considération. On peut reconnaître les licences libres pour ce qu'elles sont et les mépriser. Mais au moins elles sont reconnues et prises en compte.ChristopheE a écrit :Je ne suis pas pour une "reconnaissance" mais simplement du respect.
Je ne comprends pas cette phrase. Tu veux que les cultures libres soient incluses dans l'offre des FAI ? Pourquoi ?C'est à dire de veiller à ce que les cultures libres soient accessibles à tous quel que soit le FAI et qu'elles soient citées systématiquement lorsqu'on parle abusivement d'offre légale au lieu de dire "offre commerciale protégée"
Pour voir mis en avant des plateformes centralisatrices qui se servent de certaines licences libres de diffusion comme d'un alibi ?
C'est justement le problème. D'un côté une culture marchandisée représentée par des acteurs identifiables avec des ramifications chez les politiques et de l'autre, une pratique non centralisatrice, non évaluée, sur laquelle il n'existe pas d'études sur lesquelles les pouvoirs publiques pourraient s'appuyer.Donc il ne s'agit pas de "main tendue" mais bien d'inviter la partie politique des institutions Kulturelles de ce pays à respecter la place des cultures indépendantes libres pour ce qu'elles sont
Ce que tu critiques c'est le libéralisme économique qui avec la complicité des politiques tuent toute formes d'expressions "artisanales" au profit de grands groupes multinationaux. C'est désormais valable dans tous les domaines de la vie et c'est un vaste combat qui dépasse le Libre.Ce que je critique c'est bien l'utilisation du prétexte culturel ou du prétexte du droit d'auteur (il a bon dos celui là) pour favoriser de manière déloyale et insupportable tel ou tel autre groupe industriel en face des productions indépendantes, voire artisanale si je puis m'exprimer ainsi, ou même individuelles.
Je ne sais pas d'où sort cette affirmation, parce que dans mon expérience quotidienne, je retrouve souvent au mieux une confusion entre Libre et libre de droits hors Internet, la plupart du temps, les notions de liberté dans l'art sont comprises comme la possibilité de faire ce que l'on veut en tant qu'artiste. Même sur Internet d'ailleurs et pas seulement chez Jamendo.Donc en ce sens je ne demande ni l'aumône , ni une "reconnaissance" quelconque des cultures libres (de toutes façons elles sont déjà reconnues dans des lieux culturels hors d'internet), mais un juste respect d'une part et une concurrence "libre et non faussée d'autre part".
Je ne comprends pas ce que la "Concurrence libre et non faussée" vient faire là. Comme Tumulte, je pense que la culture libre n'est pas en concurrence avec la culture marchandisée. Je pense comme lui qu'elle est un monde parallèle et qu'elle ne rejoint la culture marchandisée que quand on utilise les licences libres pour faire de la promo, pour faire du lowcost comme le dit Sam, ou comme contenu gratuit pour plateforme centralisatrice.
Oui c'est de la concurrence entre contenus, donc dans un contexte marchand et du point de vue de l'industrie de la propagande et de l'amusement dans le but d'abrutir les masses. Mais strictement les artistes libres ne sont pas en concurrence avec les produits culturels de l'industrie.Parce qu'il s'agit bien d'une "concurrence" au final, mise en place à partir de 2006 jusqu'à aujourd'hui visant à exclure tout autre contenu de l'internet que celui produit par l'industrie des loisirs numériques. (je rappelle les dons de bons d'achat "virgin" ou "universal" sais plus, à l'assemblée nationale lors des débats DADVSI en 2006).
Même si personne bien entendu ne veut prononcer ou écrire ce mot, c'est de la concurrence entre différents contenus.
Sauf qu'à l'époque on ne parlait pas de légalité. L'usager d'Internet échange tant du Libre que du non Libre de manière naturelle. Internet est conçu pour cela.Le libre qui était déjà en place et en développement sur le net depuis 99/2000, qui constitue la plus grande offre légale possible échangée sur internet (200 000 000 d'oeuvres et je suis pessimiste) et qui n'a rien demande à personne au départ, va se retrouver finalement , repoussé à coup de lois orientées, d'usages irresponsables et de filtrage-conditionnement des accès, en marge de l'internet, quand il devrait en être naturellement le centre.
C'est avec l'avènement du Web 2.0 marchand que ça s'est compliqué et que le Légal sur le Réseau est devenu un terme récurrent. Distinguer le Légal du Pirate est un moyen de réduire l'offre et donc de retourner à la rareté artificielle avec laquelle seulement les marchands sont capables de faire de l'argent.
Cette culture libre que tu veux fédérée, mettre en avant, mettre au même niveau que la culture marchandisée existe toujours et se développe de par les usages des usagers d'Internet et du Web. Ce n'est pas parce qu'on ne la cite pas ou rarement qu'elle n'existe pas et ne prospère pas. Bien au contraire.
Je crois que même parmi les acteurs "visibles" du Libre comme ici, on a du mal à accepter que le Libre est autonome, furtif, partout, invisible, qu'il se construit seul sans l'aide d'une entité centralisatrice, en dehors du politique, en dehors de la concurrence, de manière anarchique, au son de quelques discours de personnalités reconnues de temps en temps.
Je suis d'accord avec Tumulte dont je comprends la prose, moins avec ce qui suit et qui est argumenté comme un discours technocratique d'adjoint à la culture de mairie.
Hadopi, et autres labels débiles du type PUR sont des épiphénomènes.
En tant que citoyen, je me sens concerné par toutes ces conneries liberticides, Dadvsi, Acta, Hadopi, PUR, et celles qui viendront les compléter. En tant que Libriste, non.
La guéguerre concernant l'offre en streaming entre les FAI Orange et SFR via Universal contre Deezer, tout ça c'est du caca en barre, de la bagarre industrielle entre marchands pour avoir un monopole et imposer UN Internet à leurs clients qui n'a rien à voir avec Internet. Ca ne concerne pas les culture libres.
De mon point de vue, bien sûr.