Rufus a écrit :
Les relations humaines sont basées sur l'amour, ce qui inclue son contraire la haine. Mais je ne t'oblige pas à me croire sur ce point.
La croyance, c'est pas trop mon rayon. Je ne sais pas sur quoi sont basées les relations humaines dans l'absolu, mais il me semble que des penseurs aussi opposés que Marx et Adam Smith évoquaient plutôt la notion d'intérêt, par exemple.
Et puis l'amour... pour définir ce que c'est en général... bof. Mais si j'en crois Lacan (qui n'était pas à une connerie près), je peux te donner raison lorsque tu assimiles la création artistique à un acte d'amour : "l'amour c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas". En fait, ça me semble une excellente définition de la musique libre, ça ! Mouarf.
Rufus a écrit :Quant à la clause Nc, si tu en es un tel défenseur, pourquoi l'appliquer simplement à tes oeuvres, pourquoi ne pas le faire pour des choses plus importantes, comme ta vie ?
Par exemple en plaçant ton alter égo civil sous Nc pour avertir tous les employeurs de la Terre que ton temps, tes compétences et ta force de travail ne sont pas à vendre ?
Dans ce cas, je veux bien que ça devienne le genre humain. Sinon, c'est juste de l'ego mal placé.
C'est le gars qui dit que la création artistique est un acte d'amour qui me parle d'ego mal placé ? Hé hé. Parce que, prétendre qu'offrir nos bouses musicales au public qui n'a rien demandé est un acte d'amour, ça relève d'une singulière boursoufflure de l'ego, m'est avis.
Bon, à part ça, je suis bien d'accord pour mettre ma vie sous clause NC, tu vois, et c'est même un peu ce que je m'efforce de faire, dans l'ensemble, au point d'avoir choisi comme boulot un truc que je ferais même volontiers bénévolement (pas à temps plein, non plus, faut pas pousser) si une allocation me permettait par ailleurs de subvenir à mes besoins.
Rufus a écrit :Tes créations ne sont pas une marchandise ? C'est je crois ta conception de la clause restrictive Nc ( dis-moi si je me trompe, je confonds peut-être avec un autre )
Tu ne te trompes pas, et tu le sais parfaitement, depuis le temps.
Rufus a écrit :C'est le statut d'auteur conféré par le droit qui te permet de l'affirmer, le même droit qui dit que télécharger une oeuvre c'est la voler et la contrefaire.
La même loi qui te dit ne pas tuer ton voisin...
La même loi qui expulse les immigrés...
Ben oui, y a à boire et à manger dans la loi. La question n'est pas celle de la loi, mais celle de notre intérêt et des forces en présence. Si je peux utiliser la loi (qu'il m'arrive de combattre par ailleurs) pour échapper un tant soit peu à la dictature de la marchandise, je ne vais pas me gêner.
Rufus a écrit :Empêcher quelqu'un d'en faire commerce, c'est uniquement possible parce que le droit est de ton côté, le même droit qu te permet de mettre en justice une association pour non respect de cette clause et de la mettre sur la paille si le coeur t'en dit.
N'importe quoi. Qu'est-ce que c'est que ces absolus à la mord-moi-le noeud ? Déjà, pourquoi je voudrais mettre une asso sur la paille ? Ensuite, pourquoi une asso voudrait forcément utiliser ma musique sans respecter ma licence de diffusion ? Et si c'était le cas, à côté du droit théorique, quel pouvoir concret aurais-je en tant qu'auteur isolé non-membre d'un organisme de gestion collective des droits d'auteur ? Quelle envie de me coltiner un conflit juridique ? Quelle capacité de financement pour m'offrir un avocat ? A quoi cela rime-t-il d'échafauder de tels scénarios ? Qui sommes-nous en réalité ? Trois pelés incapables de la moindre action collective émettant quelques notes inaudibles dans un monde surchargé de bruit. Musique libre, combien de divisions ?
Nos licences sont des déclarations d'intention, ou des épouvantails, selon le point de vue. Honnêtement, ça ne va pas plus loin. Et c'est déjà mieux que rien tout de même (peut-être).
Rufus a écrit :Ce droit, alors que ton intention est le partage, te permet de pousser quelqu'un à commettre un délit simplement pour non respect d'un souhait de petit tyran.
Dire aux gens : vous pouvez écouter ma zic (sans obligation), l'étudier, la triturer, la rmixer, la rejouer... tant que ce n'est pas dans le champ commercial, c'est un souhait de petit tyran ?
Et tu dis quoi de ceux qui t'obligent où que tu ailles à écouter leurs merdes commerciales à fort volume et qui te traient de voleur si jamais, à force de matraquage, tu as la faiblesse de les télécharger illégalement parce qu'après avoir acheté toutes les autres merdes dont on veut te gaver (ou simplement après avoir essayé de trouver de quoi survivre) tu n'as plus les moyens ni l'envie de raquer ?
Rufus a écrit :je sais bien que tu comptes ainsi sortir tes oeuvres de tous les sites plein de pubs, de toute tentative d'utiliser un de tes morceaux pour un clip Nike sur Youtube et ce genre de choses. Mais qu'en est-il de la réalité ?
As-tu un moyen de savoir ce que l'on fait effectivement des tes oeuvres sur le Net et dans la réalité ?
Non.
Bien sûr. Et alors ? Même la clause BY ne peut être garantie, si tu vas par là.
Veux-tu aussi m'enlever le droit d'affirmer grâce à mes clauses BY NC SA ce que je souhaite ?
Rufus a écrit :Comme les ayant-droits pro Hadopi qui croient qu'il suffit qu'ils disent pour que ce soit.
Tu veux absolument assimiler les partisans des clauses NC et ND à des pro Hadopi. Alors que depuis 2005, on est quelques uns à dire que ces clauses relèvent d'un choix esthétique et/ou éthique légitime de l'auteur qui, en conférant au mélomane une entière liberté d'écoute voire de diffusion non-commerciale, accorde déjà des droits considérables et — ne t'en déplaise — supérieurs au "tous droits réservés" du CPI.
Rufus a écrit :J'ai l'air, peut-être, de prôner une vision utopique du Libre mais au contraire, je parle de réalisme. Ces clauses restrictives ne sont que des fantasmes qui peuvent mener devant la justice juste les gens les moins intelligents ou les plus respectueux de la loi.
Les autres s'en battent les nouilles.
Il est au contraire totalement irréaliste de penser qu'un des trois pelés que nous sommes dans le tout petit monde de la musique libre risque de mener qui que ce soit devant la justice. Le réalisme, c'est d'examiner les rapports de force réels. Nous sommes, au mieux, une poignée de gentils propagandistes inorganisés. Faire de nous des juges Burgaud en puissance (je force juste un peu le trait), ça, c'est du fantasme... ou une bonne amorce de troll.
Rufus a écrit :(...)
Mais imagine que je décide par le biais du droit que tout ce qui sera en dehors du sujet, strictement sera désormais banni. C'est l'équivalent d'une clause Nd.
Ca serait une atteinte à ta liberté d'expression.
Wouaou ! Non mais franchement...
A t'entendre, faudrait mettre des pancartes "la clause ND tue la liberté d'expression". T'es sûr qu'elle ne donne pas du poil au nez aussi ?
Rufus a écrit :Imagine maintenant que j'empêche tous sites comportant de la pub de recopier certains de mes arguments même en respectant la Paternité.
N'importe quoi. La clause ND n'interdit pas le droit de citation. En revanche, si j'ai la possibilité de dire aux sites de merde bourrés de pub que je ne veux pas qu'ils utilisent ma musique, je ne vais pas me gêner, sachant évidemment que ça ne me paiera pas de quoi aller pêter les rotules du contrevenant (dommage). La liberté d'expression des publicitaires, je l'emmerde autant que je peux, c'est-à-dire pas suffisamment à mon goût.
Décidément, le mot "liberté" devient tellement galvaudé que bientôt, il va falloir trouver un autre terme.
NC rules !