Libre Accès, c'est surtout le réseau mondain de Jérémie Nestel (pratique pour se poser en "représentant" du libre face à des politiques alors qu'on ne représente que soi-même). Fonctionnement incompréhensible, implication dans des trucs foireux ou louches (ex : SARD), confusionnisme idéologique... Bref, pas une référence sérieuse, je trouve.
Je m'étonne d'ailleurs de voir toujours Dogmazic figurer comme membre : je croyais que c'était révolu, ou alors j'ai raté un épisode.
Pas le temps de regarder la conférence, mais la liste des intervenants ne fait pas envie.
Equilibre a écrit : puis il y était dit à un certain moment que les artistes au lieu de se faire embaucher par des labels/majors devraient pouvoir plus facilement faire appel à des services. Je m'explique, un label s'occupe de la promotion, de la mise en bouteille d'un album pour qu'il soit ensuite fraîchement pressé, du coup cela donne lieu à un contrat entre le label et l'artiste en définissant les parts de chacun sur les ventes des copies de l'oeuvre. Ceci est une solution facile pour l'artiste, il lui suffit de signer en bas de la page mais peut-être cela est-il peu viable financièrement pour lui.
Ainsi, en référence à la conférence, un artiste désirant faire sa promotion lui-même peut faire appel à des services, par exemple il peut demander à ce que l'on lui fasse la pochette de son album, un graphiste passera peut-être deux à trois heures dessus puis l'enverra à un imprimeur, l'artiste prend en charge les frais (en espérant qu'il soit sûr de ses ventes) avec une tarification à l'heure ou par le biais d'un devis à contrario d'un contrat obligeant l'artiste à céder une partie de ses ventes au label. Cela pourrait aussi être un service d'enregistrement en studio pour son album auto-produit.
N'importe quoi ! Donc, au lieu de "se faire embaucher", il faut "faire appel à des services" ? Transposé à toute l'économie, ça serait le rêve de l'UMP : des travailleurs qui ne sont plus payés mais qui s'offrent des services. On n'en est d'ailleurs déjà pas loin avec le modèle de l'auto-entrepreneur, pauvre
individu gérant individuellement les contrats individuels qu'il négocie individuellement avec ses clients et fournisseurs (qui eux, ne sont pas des individus, le plus souvent, mais des vraies entreprises, voire de très grosses boîtes), privé des protections sociales dont bénéficient encore un peu les salariés, n'ayant pas droit au chômage, dépendant de l'ignoble RSI (régime social des indépendants) qui va le mettre sur la paille sans lui accorder de droit à une retraite décente... etc.
C'est ça, le nouveau modèle défendu par le joli monde la musique libre ?
Sans moi.
Mais revenons à cette histoire de label.
Un label, classiquement, ça mise sur un artiste. Le bénéfice pour chaque partie dépend du type de contrat signé, du succès obtenu... Et effectivement, ça n'est pas forcément à l'avantage de l'artiste, surtout que depuis que les financiers ont pris le contrôle de la plupart des labels, ceux-ci n'ont tendance à investir que sur des succès planétaires garantis et donc à ne plus prendre aucun risque. C'est ainsi que des majors comme Univers sale signent parfois de simples contrats d'édition avec une avance concédée au groupe pour qu'il auto-produise un album, ce qui permet de palper des droits en cas de succès, sans avoir risqué un kopeck.
Il existe aussi des micro-labels, ou labels associatifs, voire labels virtuels, qui sont bien incapables d'investir autre chose que du temps et de la passion. Ceux-là ont le mérite d'exister et ne font assurément pas payer les artistes pour leurs "services".
Et puis il y a une foultitude d'artistes qui s'auto-produisent (la quasi-totalité des inscrits sur Dogmazic), qui se démerdent avec les moyens du bord, font un peu tout eux-mêmes, ou recourent aux aides bénévoles des copains voire des fans (mais le mécénat
individuel est une utopie qui n'a jamais permis la production d'albums dignes de ce nom), voire se payent avec leurs économies les "services" de professionnels (studio d'enregistrement, graphistes...). Bon, l'auto-production est un fait, et les oeuvres réalisées peuvent avoir le charme et l'authenticité devenues si rares dans les grosses productions, voire une qualité rivalisant avec celle des "pros", notamment grâce à la démocratisation (cependant très relative) des techniques numériques de production. Ce bouillonnement que nous connaissons bien ici est la substance même de l'activité musicale dont l'industrie musicale ne présente que l'écume. Et les licences libres ou ouvertes sont précisément un utile outil de diffusion des oeuvres ainsi réalisées dans un cadre libre de toute contrainte commerciale. MAIS en aucun cas l'auto-production ne peut ni ne doit être un "nouveau modèle" pour l'industrie musicale dans une économie capitaliste. Produire un artiste, ce n'est pas lui faire payer un service ! Ceux qui prétendent le contraire sont au mieux des illuminés, au pire de vils escrocs.
Equilibre a écrit :Ce que propose ce label est une tarification au service, avec un prix pré-établi pour le côté promotionnel ainsi qu'un contrat sur les ventes en ligne, dommage qu'il n'y ai pas possibilité de seulement demander les articles de promotion mais bon, il faut bien faire vivre les gens qui sont derrière et ceci n'est pas gratuit, à moins que certains ici sont prêt à lancer un label dès demain en investissant des sommes relativement grandes sans vouloir de retour sur investissement.
Ce "label" n'en est pas un du tout. Il n'investit absolument rien sur les artistes. Les seuls qui investissent, ce sont les artistes pigeons eux-mêmes. Il n'y a pas "des gens qui sont derrière" à faire vivre. Il y sans doute, si ce n'est pas un gag, juste un mec qui veut tenter un coup (encore plus maladroit que celui tenté par Jamendo) pour attirer un capital-risqueur. Eh oui, pour lancer un label, un vrai, il faut une énorme capacité d'investissement et sans doute avoir déjà un pied dans l'industrie musicale : ça ne s'improvise pas du jour au lendemain au sortir d'une école de commerce. Et ça ne revient pas à vendre des briquets à la con à de jeunes pigeons.
Ceci n'est en rien "une alternative au schéma traditionnel, qui propose le pressage de CD, de réalisation graphique et d'autres choses mais sans en prendre l'exclusivité de la gestion des droits contrairement à la Sacem / Suisa." Il est d'ores et déjà tout à fait possible de faire presser des CD etc sans passer par la SACEM et sans se voir promettre par un escroc de pouvoir "vivre de sa musique".
Equilibre a écrit :Petite question, DaMDi, as-tu quelque chose contre les rappeurs ? Pourquoi s'en prendre aux gens qui font ce genre de musique et pas les autres ?
Sans vouloir répondre à la place de DaMDi : peut-être que beaucoup de jeunes rappeurs inexpérimentés et un peu poseurs, qui n'ont pas forcément connu la pratique besogneuse d'un instrument, par exemple, sont les proies idéales de tout ce qui promet de l'argent facile ?
Equilibre a écrit :Personnellement, je demanderai à l'éditeur de ce site qu'est-ce qu'il l'a poussé à monter cette plateforme, quelles sont ses valeurs, quels milieux il a rencontré (le libre, celui de la gestion individuel non-libre etc) juste pour m'en faire une meilleur opinion, bonne ou mauvaise.
Il n'y a sur lui aucun renseignement sur le site de Founedisc, ce qui est déjà louche.
Et strictement aucune référence aux licences libres.
Equilibre a écrit :Après si des artistes sont mous du cerveau, libre à eux.
On n'est pas "libre" d'être "mou du cerveau". Ce n'est absolument pas une question de liberté
individuelle : ceux qui se laisseront pigeonner par ce type d'arnaque sont les victimes du marketing et de l'inculture ; leur choix n'est pas libre... mais il peut avoir des conséquences pour tout le monde si ce genre de machin prend de l'importance. Les renvoyer (avec les bisounours de Jamendo) à leur liberté individuelle est inconséquent, je trouve. Il vaudrait mieux réfléchir aux moyens de contrecarrer ce genre d'escroquerie et d'empêcher leurs initiateurs et leurs suiveurs de nuire.