Salut les gens,
Petit point d'entrée de jeu, les licences CC 3.0 présentes sur le site sont les version "Unported", dites internationales, bases des futures 4.0 qui n'auront plus de portages localisés. L'article que j'avais signé sur mon blog à ce sujet portait sur la version 3.0 FR (donc "Ported") que je vous invite à lire aussi :
http://aisyk.blogspot.fr/2011/07/creati ... ns-30.html
http://aisyk.blogspot.fr/2011/12/evolut ... 6-des.html
Vous avez un peu raison et pas tous à la fois.
QuandDJ Quality dit :
Remarque importante : la plupart des gens télécharge illégalement de la musique propriétaire pour l'écouter, mais il y a rarement des personnes condamnées pour cela. Alors, pour un téléchargement d'une musique sous licence libre qui finalement portait atteinte au droit d'auteur d'autrui à cause d'un sample utilisé illégalement ou d'une mélodie ressemblant trop à une autre propriétaire, il viendrait bien mal que l'auditeur soit sanctionné, vu qu'en toute bonne foi il ignorait l'illégalité.
Note : HADOPI n'a pas arrêté le téléchargement illégal, cela porte par contre atteinte à la vie privée des internautes et aux libertés fondamentales de chacun...
Il parle évidemment des gens qui téléchargent et pas des personnes qui vont réutiliser les œuvres pour éventuellement un projet artistique, une sonorisation, une commercialisation (compilation de soutien pour une association...). Les licences sans restrictions globales (pas de "NC", pas de "ND") ne font pas partie de cette réflexion.
Questions posées par FreeMusicFactory
Par ex : un musicien met un morceau avec un sample d'un film copyrighté en CC 3.0. Il en a le droit, puisque la 3.0 le permet. Et Dogmazic le proposant, il est d'autant plus dans son "droit". Pourquoi modérer le morceau ? Sur quelle base ?
Autre question : ce morceau est utilisé dans le respect de la licence pour un projet X, et le détenteur des droits poursuit l'initiateur du projet X. Peut-il se retourner contre l'auteur, voire Dogma ?
Première question : J'ai répondu sur cette nécessité plus haut. Je rajoute que si nous souhaitons ardemment participer à une révolution des pratiques en matière de droit d'auteur, que la culture c'est aussi pouvoir faire en sorte que des "nains puissent se jucher sur des épaules de géant", c'est une pratique et un enjeu à prendre en compte. Permettre à tout un chacun de pouvoir réutiliser les œuvres légalement, les retoucher, les remixer... sans devoir fondamentalement contacter des auteurs ou ayant-droits qui peuvent parfois être morts, avoir changé d'adresse, ne plus être contacté...
Je rappelle cette conférence de Lessig :
http://www.ted.com/talks/view/lang/fr//id/187
Je sais que ça va faire réagir donc je précise ma pensée.
La question n'est pas de ne pas communiquer les œuvres dérivées aux auteurs originaux, je continuerai à dire que c'est on ne peut plus normal et cordial d'avertir, de communiquer à l'auteur original l’œuvre dérivée que l'on a produite, voire même d'avoir un accord "moral".
À mon sens, on se doit de penser après. Si l'auteur est mort, injoignable, et que le projet sur lequel nous souhaitons travailler est important, il ne faut pas laisser à des ayant-droits tout pouvoir sur le devenir d’œuvres qui peuvent très bien retrouver un sens de Biens Commun (sur l'accessibilité notamment). Alors la question qui nous est posée ici, est peut être plus que le cadre qui nous oblige aujourd'hui à choisir entre "communication ou pas", mais peut être plus la durée ou les conditions de l'obligation de contacter l'auteur ou les ayant-droits lors de réutilisations d'une œuvre.
Autre réponse (à ton autre question) :
Contre l'auteur, oui, mais cela n'effacera pas le préjudice subit précédemment par la constitution du Projet X.
Contre Dogmazic, non. Enfin, si nous n'avons pas reçu de lettre stipulant l'infraction et la demande de retrait de celui-ci, Dogmazic ne craint rien, en vertu de la loi LCEN (
http://droit-de-commerce.blogspot.fr/20 ... ilite.html ).
In fine je réagis à ce qu'a écrit Incaudavenenum que je trouve très intéressant :
Si je puis me permettre, soit dit en passant : modérer les extraits cinématographiques, les discours politiques, le moindre bout de sample illicite... n'est-ce pas aller un peu au-delà des précautions légitimes pour sombrer dans un légalisme obsessionnel qu'on ne retrouve même pas au sein des institutions officielles ?
Là il y a ici une question d'expression et de droit à l'expression que je rattacherai aussi au droit d'expression sur scène. Le droit d'auteur est un cadre limitatif, et la question de la liberté d'expression est toujours autant d'actualité. Dans les pays anglo-saxons la liberté d'expression est stipulée dans la constitution et est un fondement essentiel. En France et plus particulièrement en Europe, c'est cette idée là qui est reprise :
L'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme de 1950 (qui s'adresse à tous les États membres du Conseil de l'Europe, beaucoup plus large que l'Union européenne) dispose :
« 1 Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations. »
« 2 L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire. »Source:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3% ... expression
Mais rien ne nous empêche, légalement parlant, de fermer les yeux sur toutes ces questions là, par militantisme pro-liberté d'expression, et de suivre les recommandations d'une lettre qui nous enjoindrait à supprimer telle œuvre au motif qu'elle serait contraire à un droit d'auteur.