kokonotsurecords a écrit :Heu personnellement, je ne ferais pas un parallèle entre le mythe du Héros transmis par Homère et le pseudo mythe moderne de l'artiste pop.
D'ailleurs, je ne l'ai pas fait.
Cela dit, parler de "pseudo" mythe est une grave erreur.
Ce n'est pas parce qu'une industrie culturelle a participé à la propagation d'un avatar d'un archétype qu'elle l'a créé. Elle en serait bien incapable.
kokonotsurecords a écrit :Effectivement, je ne dissocie pas le monde dans lequel évolue un individu de ce qu'il est et de ce qu'il fait. Pour moi, artiste, actes et oeuvre sont liés. Je ne sais plus qui a dit : nous sommes jugés par nos actes. Un artiste est jugé d'aprés ce qu'il transmet via les medias, quel que soient ces medias.
Je te répondrai pas une citation :
Il n'est plus du tout à la mode de parler de société de consommation. Pourtant, rien n'indique que nous en soyons sortis, bien au contraire. « Le monde moderne se présente comme une immense accumulation de marchandises. » Jamais peut-être la célèbre formule de Karl Marx qui ouvre Le Capital n'a eu autant d'actualité. L'histoire retiendra sans doute des dernières années de ce siècle l'extension de l'économie marchande à presque toute la planète (5).
Si l'on a souvent fait remarquer le rôle joué par les multinationales dans les romans de Gibson — dans son univers, les personnages entretiennent essentiellement des relations de commerce : achat, vente (et vol) d'objets ou d'informations — on a rarement souligné dans quel cadre ces relations ont lieu.
La consommation, écrit Jean Baudrillard dans Le Système des objets, « n'est ni une pratique matérielle, ni une phénoménologie de "l'abondance", elle ne se définit ni par l'aliment qu'on digère, ni par le vêtement dont on se vêt, ni par la voiture dont on se sert, ni par la substance orale et visuelle des images et des messages, mais par l'organisation de tout cela en substance signifiante ; elle est la totalité virtuelle de tous les objets et messages constitués dès maintenant en un discours plus ou moins cohérent. La consommation, pour autant qu'elle ait un sens, est une activité de manipulation systématique de signes. […] Pour devenir objet de consommation, il faut que l'objet devienne signe, c'est à dire extérieur de quelque façon à une relation, qu'il ne fait plus que signifier — donc arbitraire et non cohérent à cette relation concrète, mais prenant sa cohérence, et donc son sens, dans une relation abstraite et systématique à tous les autres objets-signes. »
Dans le roman de Georges Pérec Les Choses, les deux « héros » n'ont de relation qu'à travers les objets dont ils rêvent et qu'ils parviennent ou non à acquérir. Comme nous avons perdu l'habitude de penser à notre société comme à une société de consommation, nous nous sommes contentés de considérer les objets-signes présents dans les romans de William Gibson comme des « objets de mode ». Or ils ne sont devenus des objets de mode que parce qu'ils étaient des objets-signes, par rapport auxquels s'organisent les relations des personnages à eux-mêmes, et entre eux. C'est donc en tant qu'objets-signes qu'il convient de les étudier.
kokonotsurecords a écrit :Et je ne comprends pas bien ce que tu appelles structure mentale et force inconsciente dans un monde où on crée des "héros" de toute pièce.
Je ne peux pas répondre parce que je me place sur un plan abstrait, et dans le domaine de la psychologie humaine, alors que, toi, tu te situes sur un plan concret et dans celui du marketing.
kokonotsurecords a écrit :Y-a-t'il un parallèle entre le fait de marcher sur la foule et les soi-disants exploits d'un certain fils de Dieu ?
Mmm… tiens, je n'y avais pas pensé.
Voyons… Iggy des débuts en tant que figure christique rebelle/alternative… mmm…
Ouaip, c'est amusant. Je vais y réfléchir en replongeant dans ma doc.
kokonotsurecords a écrit :Effectivement, je n'aime pas le punk en tant que pseudo mouvement culturel qui reste quand même un exemple de ce qui se fait de mieux en marketing.
Si j'ai mis la couverture de
Please kill me dans mon message, c'était justement pour éviter ce genre de réponse totalement à côté du sujet. 8)
Donc, je précise :
Le punk est un "mouvement" qui plonge ses racines dans les années 60 et se cristallise à New York dans la première moitié des années 70. Le punk anglais qui vient ensuite n'en est qu'un avatar.
Please Kill Me comme l'autobiographie de Dee Dee Ramone sont très instructives à ce sujet.
kokonotsurecords a écrit :Mais bon, on ne va pas transformer ce post en affrontement Marketing contre Mythes.
Il me semble que ta position et la mienne sont claires sur le sujet maintenant

Je ne vois pas en quoi j'ai pris une position quelconque. J'ai fait une remarque, consécutive à une observation, c'est tout.