dana a écrit :Faut voir le changement de ton dès lors que l'intellectuel aborde des choses qui lui paraissent digne de passion (stockhausen, proust, renoir)
Il y a vraiment un écart générationnel et social dans la considération de la culture.
Et encore. Il y a des conceptions qui se transmettent. Les jeunes aujourd'hui ne cacheront pas l'importances qu'ils accordent aux formes culturelles dites « populaires », mais ils continueront à affirmer qu'elles sont inférieures à certaines formes instituées. Ou du moins ils l'affirmeront devant tout représentant (symboliquement parlant) de l'institution, parce que l'institution c'est le pouvoir, et que les critères institutionnels passent donc avant les critères personnels dès que l'on doit rendre des comptes (étude, sondage…) à l'institution.
Enfin c'est juste ce que je me dis.
dana a écrit :sur les oeuvres de la culture qu'on dit avec condescendance populaire
Si l'on est dans une société démocratique,
si le peuple est le pouvoir et le référent,
alors la culture du plus grand nombre (médiatique, télévisuelle) est LA culture de référence, et n'a pas besoin d'adjectifs.
Seules les formes culturelles qui s'en éloignent devraient être qualifiées : on aurait alors non pas la culture instituée et la culture populaire, mais la culture tout court, et à la périphérie la culture « des élites ».
Ceci dit, si l'on appliquait cette logique, on ne ferait que renverser les choses : le plus grand nombre devient la nouvelle institution, tandis que la culture dite « des élites » constitue une nouvelle sous-classe, elle aussi régie par ses institutions.
Bref, ça ne nous sert pas à grand chose. Je devrais aller me coucher, moi.
dana a écrit :Les chercheurs américains fonctionnent tout à fait à l'inverse.
Des fois je serais bien tenté d'être américain. À vrai dire je suis très « objectivisant » et tout, bien à la Française, mais j'essaie de m'américaniser un peu. Ça ne marche pas trop mal.
dana a écrit :Ce texte délicieux est tiré d'un livre que j'avais toujours laissé de côté : les rêveries du promeneur solitaire de JJ Rousseau
Argh, étudié à la fac et même pas lu en entier (j'ai du lire 40% du bouquin, la veille de l'exam…). Putain j'ai passé trois ans à lire des trucs (pas toujours en entier !) pour les cours, j'aurais dû les lire pour moi. Ça m'est arrivé (avec Jaccottet en particulier), mais trop rarement.
dana a écrit :(préférant Tolkien, Joyce ou Claude Simon)
Attention, je peux disserter des heures sur Tolkien, auteur particulièrement méconnu (trop adulé par les uns et bêtement méprisé par les autres…).
La grande question chez Tolkien, c'est celle de la création. Ce type est plein de contradictions. D'une part il nourrit l'ambition de CRÉER une mythologie anglaise, et d'autre part cette mythologie (le Silmarillion) affirme à chaque page le péché de vanité de celui qui se prétend créateur pur (position que seul Dieu peut tenir), on non pas simple créateur associé. D'ailleurs, pour créer cette mythologie, il ré-utilise celles des peuples voisins !
…
Et après il y a des cons de service pour venir nous parler du manichéisme, de la lutte du bien contre le mal chez Tolkien, tout ça. Pff… c'est limite comme si on voulait pointer les invraisemblances scientifiques chez Philip K. Dick : on s'en fout royalement.
Hop, on est passés de Lost à la littérature.
