dana a écrit :et puis aussi parce que j'ai commencé à fréquenter ce truc qu'on appele agoravox
putain vous connaissez ? c'est hallucinant dès qu'un type dit un truc intéressant et réfléchi, tu as une volée de débiles mentaux (mais très contents d'eux quand même) qui lui tombent dessus
l'ère du vide en fait non c'est pas l'ère du vide mais comment séparer le bon grain de l'ivraie dans tout ce merdier avant c'était plus simple :
ah ben oui, mais heureusement on est gouverné par une férule lucide et aimante :
lemondecitoyen : après dadvsi, donnedieu 2.0, le retour ! il revient et il n'est pas content :
Le rapport que doit remettre Marc Tessier au ministre, en janvier prochain, devra “dégager des modèles de développement préservant (…) les grands équilibres économiques“. La mission du rapporteur est aussi de faire le point sur la “pertinence et l’efficacité de l’encadrement juridique et fiscal du secteur” et à cet égard, il devra proposer les “évolutions nécessaires“.
Le ministre de la Culture “souhaite que la presse puisse occuper la place qui lui revient sur ces nouveaux territoires“.
donc t'inquiète pas, séparation de l'ivraie, on y pense pour nous.
-cela dit, le problème que tu abordes dans ce texte est un des angles, et l'étymologie duale de sharing, partager : échanger/diviser est intéressante, montrant bien l'ambivalence, et que plaquer un mot, se gargariser d'un concept, ne suffit pas à faire le bien ou être bon. (parenthèse : genre, le libéralisme c'est bien, la concurrence c'est bon. le consommateur a le choix donc le grand souci des agents économiques est de lui offrir le meilleur au meilleur prix. forcément. toujours. - autres exemples possibles nombreux, hein)
- mais il y a un autre angle connexe, que bernard noël appelle la "castration mentale", par la "sensure". c'est l'envahissement de l'attention par une masse telle d'informations, d'oeuvres, de sens, et par la "simple" marchandisation : réduction au stade purement économique de marchandise de tout, que ce qui s'exerçait autrefois sous forme de contrainte, de censure (avec un c), et qui empêchait toute construction démocraitque, n'a même plus besoin de recourrir à ces moyens grossiers ; c'est plus invisible, plus subtil, c'est la sensure (avec un s).
à ce moment effectivement, chacun abandonné à son itinéraire de consommateur prolétarisé (c'est-à-dire privé de la maîtrise, dépouillé de ses savoir-vivre et réduit à une pure machine à consommer) heureux et docile, les outils de liste 2.0 que tu analyses, on peut les dire social sharing, ça n'a aucune importance, et aucune fécondité pour la construction ni de l'individu ni du collectif.
pour faire écho à la critique de mpop, cela est-il cependant déterminant ? ou n'est-ce pas qu'un symptôme du risque/danger que tu observes, juste un effet / marqueur du syndrome de l'homo-databasification a-démocratique ou anti-démocratique.
Alain Deloche, un chirurgien (fondateur de Chirurgien sans frontières) a écrit un bouquin sur sa vie, son parcours, assez étonnant.
il raconte notamment une histoire qu'il avait apprise de François Ceyrac, ce jésuite (je crois) qui a passé sa vie au Cambodge, et fut notamment témoin de ceci :
après le génocide khmer rouge, plein de gens de plein de pays étaient là pour aider, notamment pour examiner les candidatures à l'exil.
une femme, qui avait perdu son mari et tout le reste de sa famille, avait gardé ses trois enfants auprès d'elle, et recueilli un orphelin, devenu son fils.
un jeune coopérant américain, muni de tout l'équipement informatique, qui la recevait, lui posa notamment la question : combien avez-vous d'enfants ? elle répondit 'quatre'.
alors lui : 'madame, vous mentez, je vois dans les données que je peux consulter sur vous que vous avez trois enfants ; je ne peux donc accepter votre candidature à l'émigration dans notre pays'
elle alla se cacher, se coupa la langue parce que sa parole l'avait déshonoré et mourut d'hémorragie dans la nuit.
c'est pas directement le sujet. mais bon. ça dresse une ligne rouge.
les base de données, les listes, la computation, c'est très bien, très efficace, ça rend de grands services.
mais il n'y a plus aucune place pour la miséricorde.
là est le danger de fond. ce que vise ton texte par le biais du risque démocratique. l'homo-database, c'est le risque de dissociation, c'est aussi le risque "d'annulation" pure et simple. mais le risque n'est pas le web2.0 ou les bases de données en tant que tels, c'est l'usage. employés par le complexe dominant actuel, qu'on pourrait appeler "Mammon copyrighté panoptique", là ça devient problématique, pour le moins.