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Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 22 nov. 2006, 22:45
par Geoffroy
Bonsoir Nitrom,
j'ai pas trop le temps de répondre, mais je suis passé par là, et ton idée me séduit grave. Si çà se monte, tu as ma participation assurée, d'autant plus que le concept d'artisanat d'art correspond bien à l'esprit de mes pochettes (pour Chrysalide, du moins).
Bien à toi,

Geoffroy.

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 00:03
par BOOSTIE
Salut, je trouve l'idée séduisante et intéressante mais je ne crois (hélas) pas que ce soit viable économiquement ou pas là tout de suite. Tout est une question de timing et la musique libre encore trop peu de gens savent ce que c'est y compris les artistes (j'en sais kkchose avec ohmix-radio et des artistes inscrits à la Sacem comprennent pas pourqui je peux pas diffuser).

Il y a aussi l'idée du CD-R. c'est clair ça nous arrange, nous qui faisons de la zik, mais bon nombre de personnes qui achètent un CD veulent un vrai CD ! Là faut le budget et tu vas éliminer du monde.

Je pense que sans "tête d'affiche" connue et reconnue, sans locomotive ça ne peut pas marcher. L'exemple de Creative Commons est bon :
http://creativecommons.org/wired/
Quoi de plus vendeur... ?

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 00:30
par aisyk
Je vois vos localisations... que des bordelais !

Bon, c'est quand que vous vous la faites cette bouffe entre vous et que vous en parlez :)

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 03:03
par -banni-
Je vois que le débat s'étoffe un petit peu, des idées contradictoires apparaissent.
De quoi pousser le raisonnement plus loin.

Je réfléchissais un peu à tout ça cet aprés-midi...

Autant, un artiste qui s'inscrit à la Sacem, on sait ce qu'il veut :

1- protéger ses créations comme on dépose un brevet : le premier qui a déposé est officiellement l'ayant-droit.

2- mettre ses créations dans les mains de ceux qui vont en exploiter la diffusion.

C'est donc une personne qui cherche à faire de son art son métier.


Mais un artiste en Licence de Libre Diffusion, quel objectif poursuit-il ?


La réponse est certainement multiple, l'artiste en LLD, qu'il ait choisi consciemment ou pas ce type de licence, est difficile à mettre dans une case quant à ses motivations.

Certains s'inscrivent dans des courants musicaux identifiés et en respectent totalement les codes que ces courants soient grand public ou trés spécialisés.

D'autres s'expriment en totale liberté sans ligne directrice autre que la création sans arrière-pensée.

Des micro-labels avec ou sans statuts juridiques, des collectifs naissent d'un besoin d'avoir du poids, de créer du relationnel, d'exporter son art dans la réalité, de jouer live, d'être reconnus ( dans le sens noble du terme ).



Il n'est pas possible pour les artistes en LLD de trouver une seule solution qui réponde à leurs besoins à tous.

Ou alors, on procède comme les majors et on crée de la rareté en expulsant de la "ligne éditorial" de la méga structure, tout ce qui n' entre dans aucune case...cette option est possible, c'est souvent le résultat auquel aboutit un système capitaliste qui ne pense qu'en terme de rentabilité...

C'est pourquoi, je crois au disquaire indé, aux freecafés, aux disques dans les commerces équitables, au relais de structures associatives, au net label et à la vente en ligne au même titre que l'artiste qui utilise le réseau pour se faire connaître individuellement.

Tout ça est possible en même temps car tout le monde n'aura pas sa place dans toutes ces possibilités...tout est à imaginer.


Pour ce qui est du CD-R, je ne suis pas d'accord.
Quelle est la différence aujourd'hui entre une gravure industrielle et une gravure made in myself ?

Le sticker ?
Avec les imprimantes qualité photo, les CD imprimables et les graveurs Lightscribes, on peut laisser aller sa créativité et le collectionneur mélomane s'y retrouvera.

En tant que dj, j'achetais beaucoup de vinyls promo, des vinyls avec stickers blancs avec juste une bête étiquette collée au beau milieu ou un papier format A4 glissé dans une pochette plastique transparente.

On n'est pas obligé de faire du clônage de ce qui se fait dans les Fnac et autres supermarchés, là aussi on peut inventer une façon de faire...

Les objets ethniques que les gens achètent sur les marchés sont imparfaits, ils sont fait par des humains et ça plaît.

Pa la peine non plus de graver ou de fabriquer des centaines d'objets, sauf si cette fabrication devient votre activité principale ( et pourquoi pas ) s'il y a un marché.

On peut aussi mettre des moyens techniques en commun pour aider ceux qui n'en disposent pas.

L'objet d'une telle boutique ou toute autre solution, c'est d'amener les artistes en LLD dans le monde réel et de créer de vrais liens entre l'artiste, les mélomanes, les lieux où jouer live et les médias.

Il y a aussi d'autres "métiers" dont nous aurons besoin:
Des gens dont le métier est motivé par leur passion pour le libre mais qui savent vendre les artistes : on peut appeler ça un agent.
On aura besoin de photographes, de vidéastes, d'ingé-son, de sonorisateurs, de gestionnaires, que sais-je....


Voilà pour l'instant....

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 12:02
par aisyk
Ma petite expérience perso :

J'ai créé avec d'autres personnes, un bar associatif dans une mjc, le lieu est sympa mais il manque de vie (manque de personnel surtout). Tout ça pour vous dire que ces lieux là demandent beaucoup d'investissements humains et en temps, et qu'il faut les faire vivre, alors passer, vendre des disques de musique libre pourquoi pas, mais il faudrait des personnes à temps partiel ou plein temps sur le truc.
Dans tous les cas, pour être assez bien investi dans les mjc, je pourrai vous dire qu'ils sont très attentifs à toutes les démarches de projets

Sinon, en parlant de commerce équitable, vous pouvez vous appuyer sur les boutiques Artisans du Monde, il y en a pas mal en France, et je pense que ça pourrai bien les intéresser, je suis certain qu'il y en a une à Bordeaux :) puisqu'il y en a 3 sur Lyon :) Mais là aussi, ce qu'ils demandent ce sont des journées/soirées d'information avec des rencontres, cela demande du temps et de l'énergie.

Sinon, côté "artiste", puisque j'en suis un aussi, je serai intéressé par le côté "artisanal", je créerai des disques différents à chaque fois, mais le soucis sera le nombre, le temps passé à les faire et le salaire que je pourrai en retirer (si je passe 2 heures à créer l'objet, si je passe 5 heures pour créer la musique, je me facturerai combien ? 70E ? Ca revient cher le disque)
Autre idée faire du live continuellement avec plusieurs plugins vst, avec des réglages maisons pilotés par un contrôleur midi... pour que le processus de création prenne moins de temps. Mais on se limiterai en terme de recherche/création/construction...
Après est-ce que tous les artistes sont compétents pour créer leurs propres pochettes, visuels sur leurs disques... On peut bien savoir jouer d'un instrument mais être une brelle en ce qui concerne photoshop... (Solution d'un collectif ?)

Proposer l'idée à des sites collaboratifs entre artistes tels que MCP serait une autre bonne idée je pense, mettre toutes les énergies disponibles au "service" de la boutique.

Voilà, petites réflexions.

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 13:53
par dana
excusez moi si j'ai pas tout saisi

quelques questions :

Il s'agit bien d'une boutique en "dur" dans le réel ?pas un truc sur internet ?
(alors là, faut du financement.. Et je vous apprendrais rien en rappelant que les disquaires "indépendants" ont quasiment disuparu du paysage commercial ces dernières décennies.. C'est pas pour rien;. Suffit de faire un bref calcul de budget prévisionnel.. c'est injouable. A la chambre de commerce j'avais fait des recherches là dessus.. La réalité c'est que la plupart des boutiques (libraires, disquaires etc.) fonyt leur chiffre d'affaire sur une dizaine de références, pas plus, le reste c'est du stock.. et ça se vend pas ou mal)

Ce serait pour vendre essentiellement de la musique ? Parce que des boutiques style comerce équitable, éventuellement ça peut marcher.. Si on a de quoi investir, des fonds suffisants au départ, mais la musique, je crains que ce ne soit pas le produit le plus vendeur.. je crains qu'au bout d'un moment, le boutiquier se retrouve surtout condamné à vendre des fringues indiennes ou de l'artisanat sud-américain..

Les labels indie vendent ou bien sur internet ou bien (rarement) ont quelques références à la FNAC. iL reste quelques magasins de disque spécialisés ici ou là, dans les grandes villes. Mais bon, les mecs galèrent. ET pour les labels c'est pas toujours facile : le disquaire est obligé de mettre en avant le dernier Placebo parce qu'il sait que son chiffre d'affaire en dépend.

Est-ce que la sépcificité des licences libres suffiraient à produire un argument de vente ? heu.. J'en doute fort.. Au niveau des ventes, licence libre ou pas, téléchargement autorisé ou pas, ça change pas grand chose (avec another record, on n'a jamais constaté de diférence notable : qu'un scud soit ou non en téléhcragement libre ou en CC, ça change pas grand chose : ce qui fait qu'il y a des ventes, c'est le BUZZ autour du scud, la promo, les concerts surtout - on vend surtout en concert. Si le scud est bien placé sur les rayons de la fnac éventuellement ça fait de l'effet, mais ça n'arrive jamais : les distributeurs qui s'occupent des petits labels passent toujours après les big distro des majors, et il n'y a plus de palce en tête de gondole. Surtout depuis que la fnac fonctionne avec une centrale d'achat (avant : le responsable du magasin pouvait encore imposer ses coups de coeur, maintenant c'est terminé)

Les frais inhérents à une boutique réelle sont monstrueux. Et les banques ne prêteront jamais pour ce type d'entreprise. Mais ça fait déjà 20 ans que c 'est comme ça..

Créer une association plutôt qu'une entreprise au sens commercial du terme, bien des gens ont déjà essayé. L'association les musicophages à Toulouse fonctionnent ainsi, avec une boutique dans laquelle on trouve plein de scuds indie et des bouquins des bds.. ils organisent des concerts etc..
http://www.musicophages.org/
visite le site et n'hésite pas à contacter Nicolas ou Laure
C'est une équpe vraiment super sympa et géniale. Et qui se démène comme des fous depuis des années.. Ils te diront ce qui leur paraît réaliste ou non.

Maintenant, si tu as des fonds suffisants pour lancer un tel projet, why not, mais il faudra beaucoup beaucoup de sous..

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 17:39
par -banni-
Eh bien voilà un avis qui remet les pieds sur terre :D

Il s'agit, en effet d'une boutique dans le réel mais avant tout, d'un sujet de discussion...

Le parallèle avec les disquaires indé traditionnel est intéressant car c'est le point de départ de mon raisonnement.
Il se trouve que j'ai collaboré avec un pendant un temps entre 98 et 2001.

L'investissement le plus important est le stock.

On est tributaire d'un prix fournisseur élevé puisqu' il fait déja sa marge, et du prix de vente de la concurrence sur lequel on est obligé de s'aligner et qui dispose d'une centrale d'achat faisant du chiffre d'affaire sur d'énormes quantités.

Résultat, le disquaire indé vend quasiment à prix coûtant et paie de sa poche les charges fixes.

Pour en revenir à mon pote le disquaire indé...

Lui, son truc c'était le disque rare, l'édition introuvable, la musique électronique de qualité ou la chanson Française côtée.
Il passait rarement par les fournisseurs, trop chers mais faisait beaucoup d'achats de stocks d'autres magasins et les particuliers.
Pour vous donner un ordre d'idée :
100 disques pour 400 frs dont à la revente deux disques rares ou recherchés qui payaient l'investissemnt initial, soit X50 sur deux disques et payant l'intégralité du stock.
Ca demande une bonne connaissance de la musique sur support, du monde des collectionneurs etc...
Dans le domaine de l'électro, il y a aussi des djs qui vendent leurs promos hors commerce que leur envoie les labels pour qu'ils les jouent, souvent des versions introuvables, des disques pas encore sortis etc...

Bref, tout ça pour dire qu'il pouvait faire son chiffre d'affaire sur 5 disques dans le mois.

Le problème vient du couple : fournisseur, distributeur.

Maintenant, supprimons ces deux problèmes :

Le fournisseur est l'artiste donc pour l'indé, l'investissemnt pour le disquaire =0
Malgré le pourcentage reversé à l'artiste, le disquaire peut faire une marge qui lui permette de vivre.

Le distributeur ne vend pas les même produits donc pas la peine de s'aligner sur ses prix.

Le stock est de l'argent immobilisé mais dans le cas de cette boutique, il s'agit d'un dépôt-vente, donc pas de stock.
C'est d'autant plus intéressant que n'ayant pas de contrainte de cet ordre, le "boutiquier", ne sera pas tenté d'expulser tel ou tel artiste parce qu'il ne se vend pas donc pas de phénomène de rareté, un disque peut rester invendu ad vitam eternam.

La seule vraie inconnue c'est de savoir si il y a une clientèle pour ce type de musique dans le réel.

J'étais parti de la discussion sur l'envie ou pas des gens d'acheter dans le réel un vinyl alors que son contenu est téléchargeable gratuitement sur le net et toi, Dana, tu m'as répondu que oui. :twisted:

Je vois dans ce topic des artistes qui s'inquiètent du volume à produire pour être vendus dans une telle boutique.

Pourquoi ?

Le produit en boutique n'est pas une fin en soi, c'est un moyen.
Pas un moyen de vivre de la vente de ses produits mais plutôt un moyen de créer du buzz, de se déplacer et de rencontrer.

Nous faisons tous des CD, des visuels sans que personne ne nous demande rien, je propose juste de les mettre en vente dans une boutique.

Sans concerts, showcases et autres festivals à la clef, vendre de la musique libre ne profiterait qu'au vendeur et ce ne serait qu'un moyen de plus d'exploiter un filon, ce genre de boutique est donc un relais, une interface entre artiste, mélomanes et lieux de concerts.

Pour les boutiques de commerces équitables, je pense que ça nécessite de monter une structure intermédiaire entre les artsites et les boutiques, une sorte de coopérative disposant d'un catalogue et qui propose des produits finis. ( cellophanés, étiquetés etc...)

Le seul truc que je n'aime pas dans cette idée, c'est le fait qu'on ne contrôle plus la façon de vendre nos créations et que ça n'est que du commerce.
C'est donc passif, le client potentiel passe devant ou pas, il va donc falloir démarquer le produit, faire du marketing, étudier le prix de vente etc...on entre progressivement dans le monde de la rareté, le commerçant n'achetant au bout d'un moment que les références qui se vendent le mieux, la structue intermédiaire excluant du catalogue les trucs les moins vendus.
Mais comme je l'ai déja écrit, c'est une dérive possible des LLD.

La boutique :

Nom : FreeBoo!

Forme juridique : Entreprise individuelle.
Je n'ai aucun patrimoine à protéger donc pas la peine de se mettre en SARL.

Régime fiscal : micro-entreprise.
C'est de la gestion de budget familiale, un livre de recettes/dépenses et une déclaration de ressoures dans ma feuille d'impôt. Pas de déclaration de TVA.

Etant bénéficiaire de minima sociaux, j'ai droit à une exonération de certaines charges pendant un an.

L'investissemnt principal est le local.
J'en ai repéré un tout rikiki, genre 20 m² pas loin de chez moi et bien placé, je vais me renseigner sur les modalités de location dans la semaine.

Reste l'abonnement internet/téléphone et EDF à ouvrir.

Il ne s'agit pas d'un investissement mirobolant bien que je n'ai pas encore finit de le chiffrer.

Pour moi, le problème n'est pas là.

Le problème est de savoir si les artistes sont intéressés par ce type de projet et si les mélomanes suivront.

J'ai vu le site de la médiathèque, c'est intéressant mais ça e correspond pas à ma vision des chose.
Dans mon projet, l'asso 1901 n'est pas envisagée.

Voilà pour l'instant....

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 18:17
par dana
bon ben là c'est du détaillé et du concret
(tu es bénéficiaire de l'ACCRE donc.. si tu as besoin de conseils, demande moi, j'ai créé mon truc en septembre et je bénéficie de l'ACCRE)
Le problème est de savoir si les artistes sont intéressés par ce type de projet et si les mélomanes suivront.
oui
les artistes, et les labels, ça tu peux le savoir en faisant un mailing (humm si ça répond... il y a déjà pas mal de vendeurs - mailorder, quelques disquaires, des distro, des boutique internet.. )
pour les mélomanes ben alors là
c'est bien le problème
suis très très pessimiste à ce niveau

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 20:07
par dj3c1t
faut prévoir des stations d'écoute.

Re: records shop indé vendant du "libre"

Publié : 23 nov. 2006, 20:45
par -banni-
Un pc de récup avec un méga disque dur.
Tous les artistes playlistés dans Sonbird, par exemple, le tout relié à un systéme son Hifi et en libre accés.
Seuls les visuels sont en bacs.

D'autres idées ?