Eh bien voilà un avis qui remet les pieds sur terre
Il s'agit, en effet d'une boutique dans le réel mais avant tout, d'un sujet de discussion...
Le parallèle avec les disquaires indé traditionnel est intéressant car c'est le point de départ de mon raisonnement.
Il se trouve que j'ai collaboré avec un pendant un temps entre 98 et 2001.
L'investissement le plus important est le stock.
On est tributaire d'un prix fournisseur élevé puisqu' il fait déja sa marge, et du prix de vente de la concurrence sur lequel on est obligé de s'aligner et qui dispose d'une centrale d'achat faisant du chiffre d'affaire sur d'énormes quantités.
Résultat, le disquaire indé vend quasiment à prix coûtant et paie de sa poche les charges fixes.
Pour en revenir à mon pote le disquaire indé...
Lui, son truc c'était le disque rare, l'édition introuvable, la musique électronique de qualité ou la chanson Française côtée.
Il passait rarement par les fournisseurs, trop chers mais faisait beaucoup d'achats de stocks d'autres magasins et les particuliers.
Pour vous donner un ordre d'idée :
100 disques pour 400 frs dont à la revente deux disques rares ou recherchés qui payaient l'investissemnt initial, soit X50 sur deux disques et payant l'intégralité du stock.
Ca demande une bonne connaissance de la musique sur support, du monde des collectionneurs etc...
Dans le domaine de l'électro, il y a aussi des djs qui vendent leurs promos hors commerce que leur envoie les labels pour qu'ils les jouent, souvent des versions introuvables, des disques pas encore sortis etc...
Bref, tout ça pour dire qu'il pouvait faire son chiffre d'affaire sur 5 disques dans le mois.
Le problème vient du couple : fournisseur, distributeur.
Maintenant, supprimons ces deux problèmes :
Le fournisseur est l'artiste donc pour l'indé, l'investissemnt pour le disquaire =0
Malgré le pourcentage reversé à l'artiste, le disquaire peut faire une marge qui lui permette de vivre.
Le distributeur ne vend pas les même produits donc pas la peine de s'aligner sur ses prix.
Le stock est de l'argent immobilisé mais dans le cas de cette boutique, il s'agit d'un dépôt-vente, donc pas de stock.
C'est d'autant plus intéressant que n'ayant pas de contrainte de cet ordre, le "boutiquier", ne sera pas tenté d'expulser tel ou tel artiste parce qu'il ne se vend pas donc pas de phénomène de rareté, un disque peut rester invendu ad vitam eternam.
La seule vraie inconnue c'est de savoir si il y a une clientèle pour ce type de musique dans le réel.
J'étais parti de la discussion sur l'envie ou pas des gens d'acheter dans le réel un vinyl alors que son contenu est téléchargeable gratuitement sur le net et toi, Dana, tu m'as répondu que oui.
Je vois dans ce topic des artistes qui s'inquiètent du volume à produire pour être vendus dans une telle boutique.
Pourquoi ?
Le produit en boutique n'est pas une fin en soi, c'est un moyen.
Pas un moyen de vivre de la vente de ses produits mais plutôt un moyen de créer du buzz, de se déplacer et de rencontrer.
Nous faisons tous des CD, des visuels sans que personne ne nous demande rien, je propose juste de les mettre en vente dans une boutique.
Sans concerts, showcases et autres festivals à la clef, vendre de la musique libre ne profiterait qu'au vendeur et ce ne serait qu'un moyen de plus d'exploiter un filon, ce genre de boutique est donc un relais, une interface entre artiste, mélomanes et lieux de concerts.
Pour les boutiques de commerces équitables, je pense que ça nécessite de monter une structure intermédiaire entre les artsites et les boutiques, une sorte de coopérative disposant d'un catalogue et qui propose des produits finis. ( cellophanés, étiquetés etc...)
Le seul truc que je n'aime pas dans cette idée, c'est le fait qu'on ne contrôle plus la façon de vendre nos créations et que ça n'est que du commerce.
C'est donc passif, le client potentiel passe devant ou pas, il va donc falloir démarquer le produit, faire du marketing, étudier le prix de vente etc...on entre progressivement dans le monde de la rareté, le commerçant n'achetant au bout d'un moment que les références qui se vendent le mieux, la structue intermédiaire excluant du catalogue les trucs les moins vendus.
Mais comme je l'ai déja écrit, c'est une dérive possible des LLD.
La boutique :
Nom : FreeBoo!
Forme juridique : Entreprise individuelle.
Je n'ai aucun patrimoine à protéger donc pas la peine de se mettre en SARL.
Régime fiscal : micro-entreprise.
C'est de la gestion de budget familiale, un livre de recettes/dépenses et une déclaration de ressoures dans ma feuille d'impôt. Pas de déclaration de TVA.
Etant bénéficiaire de minima sociaux, j'ai droit à une exonération de certaines charges pendant un an.
L'investissemnt principal est le local.
J'en ai repéré un tout rikiki, genre 20 m² pas loin de chez moi et bien placé, je vais me renseigner sur les modalités de location dans la semaine.
Reste l'abonnement internet/téléphone et EDF à ouvrir.
Il ne s'agit pas d'un investissement mirobolant bien que je n'ai pas encore finit de le chiffrer.
Pour moi, le problème n'est pas là.
Le problème est de savoir si les artistes sont intéressés par ce type de projet et si les mélomanes suivront.
J'ai vu le site de la médiathèque, c'est intéressant mais ça e correspond pas à ma vision des chose.
Dans mon projet, l'asso 1901 n'est pas envisagée.
Voilà pour l'instant....