nitrom a écrit :Le libre a besoin d'être dans le réel.
Le libre a besoin de vrais labels, d'agents artistiques, de salles, d'un réseau pour que les artistes rencontrent leur public, d'un réseau et c'est seulement grâce à ça qu'on finira par faire la part des choses entre les charlatans libéraux du web qui ne voit dans les LLD qu'un autre moyen de faire du fric et qui passeront à autre chose demain sans se préoccuper d'avoir tué une belle idée et ceux qui sont en LLd et en font la promotion parce que c'est un choix artistique, politique et philosophique parce que c'est une belle idée.
Pour moi ceci est essentiel.
Par contre
Ce qui me désespere dans le libre, c'est la capacité latente d'autodestruction de ce mouvement, que ce soit en querelles inutiles ou en dispersion individualiste de chacun de ses acteurs.
Je ne suis pas désespéré, au contraire, quand on voit de nouvelles initiatives. Parce que ça prouve que le monde des LLD est toujours en mouvement, en réflexion, en cogitation. Toutes les initiatives sont bonnes à prendre, même l'AIMSA qui a une vision jusqu'au-boutiste des droits d'auteurs (suppression de paiement de droits d'auteurs pour les diffuseurs).
Maintenant, je pense que le mouvement pour s'épanouir demande à avoir une véritable assise juridique, fiable, viable et visible.
Dans mes recherches sur les différents moyens de gestion des droits d'auteur je me rends compte que parfois on réinvente l'eau chaude. La Sacem n'existe pas pour rien. Son fonctionnement, sa rigidité, ses conditions d'adhésion sont critiquables mais l'idée même d'une société de gestion
collective des droits d'auteurs est pertinente dans une société où une grosse partie des utilisations du droit d'auteur se font de manière incontrôlée et incontrôlable (les fameux "forfaits sacem" pour le coiffeur du coin). Et tout est verrouillé comme cela. Tous les professionnels qui utilisent de la musique paient un forfait Sacem, c'est normal, c'est dans les moeurs comme de payer sa baguette de pain après l'avoir demander à sa gentille boulangère.
La gestion individuelle des droits d'auteurs peut se faire sur internet, parce que c'est l'endroit rêvé pour cela. Par contre c'est aussi une jungle mondiale où les recours ne sont pas si évidents. Dans le monde réel, c'est aussi une jungle mais les choses sont plus complexes.
Aisyk sur MCP a écrit :"Je suis patron d'un petit bar, on est deux à être salarié. J'aime bien passer de la musique pour faire découvrir aux gens des trucs, passer des musiciens alternatifs, voire des trucs que des potes musicos m'apportent. Je paie donc un forfait sacem tous les trimestres qui me permet de passer toute la musique que je veux."
Voici le système tel qu'il existe aujourd'hui. Pas de déclaration de playliste (n'imagine même pas le boulot que ce serait pour chaque lieu qui diffuse de la musique), toutes les rémunérations pour "droit d'auteur" se font par des "sondages" sur ce qui se passe sur les radios (commerciales et associatives), et sur les ventes de disques.
Là cette personne, on lui présente notre petit Dogmazic national :
"Super idée, en plus y a de la qualité et tout et tout, mais tu vois ici, y a pas d'ordinateur. Je voudrais bien passer de la musique libre, en plus que ça à l'air gratuit, mais je veux aussi passer du high tone, du zenzile, du brassens, du brel... Je veux payer les artistes, car je trouve normal de les rémunérer quand je passe de la musique, mais je ne veux pas payer pour des artistes que je ne passe pas..."
Là dessus, re-travail entre nous. On se dit que "merde, les droits d'auteurs ça permet quand même un petit complément de revenu aux artistes, que c'est normal que les structures paient pour utiliser telle ou telle musique dans un cadre commercial". On potasse... et on trouve une "faille". Les forfaits Sacem sont négociables si le lieu passe moins de 30% d'artistes Sacem (et il faut leur prouver...), le forfait diminue. On se dit que finalement la musique libre se doit aussi d'avoir une rémunération... on essaie de se faire un prix (on ne savait pas combien le bar payait en taxe Sacem).
On revient voir la personne.
"Tiens je me suis rendu compte en regardant mes cd chez moi que j'avais très peu de disques "Sacem" chez moi, la plus grosse majorité, ce sont des disques auto produits..."
On se regarde, et on dit "banco".
"Mais tu sais que tu peux payer moins cher ton forfait ?"
"Ah bon ?"
"Oui si tu diffuses moins de 30% du catalogue de la Sacem ! Tu paies moins !"
"Ah et comment je peux savoir si tel ou tel artiste est à la Sacem ou pas ?"
"...................._' euh..... faut aller voir sur leur site, ils ont une section qui dit que......"
"Tu sais je ne m'y connais pas du tout en informatique moi... et puis il faudrait que je fasse des playlistes des artistes que je passe... ça me ferait trop de boulot en plus, on est deux et c'est déjà lourd..."
Voici le système tel qu'il existe aujourd'hui...