Re: hommage à Lorient et aux lorientais (tous les lorientais)
Publié : 20 déc. 2008, 12:23
après réflexion (et une causerie avec une amie à ce sujet)
j'ai pensé à la théorie des cadres de l'expérience de ervin goffman (qui inventât ce qu'on pourrait appeler la microsociologie)
le problème de l'humour, c'est que ça n'a pas le même impact et les mêmes effets selon les cadres dans lequel les discours sont prononcés
je racontais comment par exemple dans ma jeunesse, et encore aujourd'hui, on peut se fendre la poire "en privé" c'est-à-dire dans un cadre très spécifique, entre personnes qui se connaissent bien, et dire des énormités sur les pauvres, les arabes, les juifs, le néolibéralisme, sarkozy et carla etc. Voici un cadre où on peut aller très loin dans le cynisme, sans que les protagonistes en soient choqués. Pourquoi ? Parce qu'en plus des énoncés, il y a tout un tas d'informations, des gestes, des mimiques, des attitudes, le ton de la voix, et tout ce qu'on croit savoir de la véritable pensée et moralité des interlocuteurs, qui dégoupille en quelque sorte le caractère ignoble de certains énoncés
tous ces éléments d'informations supplémentaires n'apparaissent évidement pas dans un cadre tel que internet, d'où l'indignation, due en partie au fait qu'on ignore tout de ce que pense vraiment l'auteur du texte
un texte brut comme ça, ou un message dans un forum, c'est très ambigü, ça porte forcément à malentendu
quoique, un site comme "l'organe" annonce quand même franchement la couleur, c'est des iconoclastes, on sait à quoi s'attendre si on a un peu d'expérience de ce genre de littérature
prenons un troisième cadre : le spectacle humoristique satirique : je pense aux énormités que Desproges a pu raconter sur scène : là encore, le cadre fournit un ensemble de clés d'interprétation, l'expérience est déjà signifiée en quelque sorte, on sait que c'est de la satire, un genre littéraire vieux comme la littérature (on pratique depuis les grecs la satire)
ce même genre d'humour, maintenant, mis en scène lors d'un congrès du front national, à la tribune devant un paquet de fafs, sûr que c'est pas les mêmes rires, pas les mêmes interprétations
enfin bon
je crois qu'il vaut mieux s'abstenir de faire de la satire sur des trucs manifestement aussi sensibles que les restaus du coeur, quand bien même je suis convaincu que ce truc là ne devrait plus exister, que c'est une espèce d'hybride assez ignoble entre une réalité sociale accablante et le show bizz et un moralisme à la mort moi le minou.
j'ai pensé à la théorie des cadres de l'expérience de ervin goffman (qui inventât ce qu'on pourrait appeler la microsociologie)
le problème de l'humour, c'est que ça n'a pas le même impact et les mêmes effets selon les cadres dans lequel les discours sont prononcés
je racontais comment par exemple dans ma jeunesse, et encore aujourd'hui, on peut se fendre la poire "en privé" c'est-à-dire dans un cadre très spécifique, entre personnes qui se connaissent bien, et dire des énormités sur les pauvres, les arabes, les juifs, le néolibéralisme, sarkozy et carla etc. Voici un cadre où on peut aller très loin dans le cynisme, sans que les protagonistes en soient choqués. Pourquoi ? Parce qu'en plus des énoncés, il y a tout un tas d'informations, des gestes, des mimiques, des attitudes, le ton de la voix, et tout ce qu'on croit savoir de la véritable pensée et moralité des interlocuteurs, qui dégoupille en quelque sorte le caractère ignoble de certains énoncés
tous ces éléments d'informations supplémentaires n'apparaissent évidement pas dans un cadre tel que internet, d'où l'indignation, due en partie au fait qu'on ignore tout de ce que pense vraiment l'auteur du texte
un texte brut comme ça, ou un message dans un forum, c'est très ambigü, ça porte forcément à malentendu
quoique, un site comme "l'organe" annonce quand même franchement la couleur, c'est des iconoclastes, on sait à quoi s'attendre si on a un peu d'expérience de ce genre de littérature
prenons un troisième cadre : le spectacle humoristique satirique : je pense aux énormités que Desproges a pu raconter sur scène : là encore, le cadre fournit un ensemble de clés d'interprétation, l'expérience est déjà signifiée en quelque sorte, on sait que c'est de la satire, un genre littéraire vieux comme la littérature (on pratique depuis les grecs la satire)
ce même genre d'humour, maintenant, mis en scène lors d'un congrès du front national, à la tribune devant un paquet de fafs, sûr que c'est pas les mêmes rires, pas les mêmes interprétations
enfin bon
je crois qu'il vaut mieux s'abstenir de faire de la satire sur des trucs manifestement aussi sensibles que les restaus du coeur, quand bien même je suis convaincu que ce truc là ne devrait plus exister, que c'est une espèce d'hybride assez ignoble entre une réalité sociale accablante et le show bizz et un moralisme à la mort moi le minou.