Je suis d'accord avec toi, ils démontrent une forme de mépris envers tout ce qui ne leur ressemble pas. Ca peut, effectivement, être dù à un problème de génération mais le problème c'est que je connais quatre personnes qui ont autour de 60 ans et qui comprennent Internet et l'enjeu de la loi Hadopi. C'est pourquoi en faire un problème générationnel me gène, ça simplifie trop les choses et ça mène à penser que l'intelligence serait un truc de jeunes. Ce qui est faux.
Bon, et puis, ça a un côté, tirer sur l'ambulance que je trouve facile. Albanel n'a pas 70 ans, pourtant, elle te lance sans rire qu'il y a un parefeu dans la suite Open Office.
Dans l'émission Ce soir ou jamais, Jean-Claude Carrière et François Frèrebeau ne sont pas vraiement de la même génération et pourtant. Frèrebeau qui se qualifie lui-même de technophile n'est pas foutu de parler de cette loi et de ses implications en terme d'atteintes aux libertés autrement que comme un vieu con. Jean -Claude Carriere quant à lui, on sent bien qu'il reste bloqué sur le droit d'auteur et qu'il a du mal à creuser plus avant sa réflexion.
Tous ces gens sont dans la confusion car ils ne parviennent pas à avoir plusieurs niveaux de lecture du sujet, et que la technologie, soit ils en ont peur, soit ils n'en ont pas besoin, donc ne l'utilisent pas, soit tout ça à la fois.
D'un côté, Carriere fustige les "pirates" et a un comportement condescendant face à Joseph Paris et son modèle économique, de l'autre, il conclut l'émission en disant que le cinéma français ne s'est jamais aussi bien porté et n'a jamais fait autant d'entrées.
Il nous dit donc lui-même que le piratage favorise les films en salles. Succulent

D'ailleurs Joseph Paris l'a relevé lui aussi.
Dommage que ce soit arrivé en fin d'émission.
Moi, je crois que le problème n'est pas générationnel mais une question de compétence.
D'un côté des artistes Sacemisés, salariés des Majors ou labels pseudo-indés incapables de parler de quoi que ce soit en profondeur, même de politique. Arditi parlant de politique, c'est le café du commerce. De l'autre des artistes amateurs, autodidactes, multicompétents pour être en mesure de se défendre face à un système qui fonctionne beaucoup sur la croyance et le manque de curiosité.
Le résultat : personne ne parle des mêmes chose mais le crédit va aux plus connus.
Nous sommes des prophètes en terre païenne.