La préoccupation de l'artiste moyen sous LLD ou pas semble être toujours la même : Gagner de la thune avec SONART.
Apparemment, les artistes pensent qu'il y a une forme de légitimité à récupérer le fruit de son travail sous la forme d'une réttribution en euros. Pourquoi pas.
Mais fonder sa vie d'artiste sur cet espoir, c'est finir par faire autre chose à terme. un peu comme la moto

je dirais que la preoccupation legitime de l'artiste est de pouvoir s'adonner à la pratique de son art tout le temps qu'il lui est nécessaire. Ainsi, tous les artistes (et tous les arts) n'imposent pas les mêmes nécessités. Certains trouveront nécessaire de faire ça à plein temps, leur pratique artistique occupant tout leur temps (donc exit le temps pour un boulot alimentaire, mais aussi exit une vie de famille, mais aussi exit le temps consacré à la "com" etc.). D'autres n'auront besoin que de 3 h par semaine, sans pour autant que ça soit une "pratique d'amateur du dimanche".
Ca peut être par choix ou par contrainte. Un violoniste doit travailler son instrument tous le jours. Et un violoniste qui ne ferait que 3h de violon par semaine serait vite "limité" dans son art... (et du coup passera pour un musicien du dimanche

)
Certains ont donc besoin de faire 15h de musique par jour et ce ed manière tout à fait légitime. D'autres peuvent avoir un boulot etc. et réussir à créer une oeuvre qui va rester dans l"histoire etc.
Et la dérive, c'est de penser que la vie d'artiste est un métier comme un boulot salarié etc. et que parce qu'on crée des oeuvres, on a droit d'avoir un salaire mensuel qui nous fasse vivre.
Un artiste pour vendre le produit de son travail va devoir le vendre.
Pour ça, c'est comme pour n'importe quoi d'autre, il faut déja savoir si il existe un créneau dans lequel ce qu'on fait s'inscrit ( un marché ). De deux choses l'une, soit, le créneau existe et alors il va falloir trouver un biais pour que le client vienne acheter ma musique et pas celle du voisin, soit le créneau n'existe pas et là on va se retrouver à faire du développement; c'est risqué, long et surtout coûteux en temps et en argent. ( l'artiste prudent qui n'en veut des sous évitera )
Conclusion : L'art est un produit comme les autres, on le vend de la même façon, en communicant.
Ce raisonnement est spécieux car il est construit sur une pensée "traditionnelle", cette pesnée surlaquelle est bâtie toute l'industrie de la culture etc.
Une Nina Paley par exemple développe son modèle économique sur un modèle ouvert où elle n'a pas à "aller vendre" son "produit".
http://www.sitasingstheblues.com/SitaReport1/img0.html
mon point de vue, c'est que l'avantage fondamental des licences libres sur le modèle classique, c'est justement que l'artiste libre n'a pas à se transformer en commercial et en communiquant. L'oeuvre se suffit à elle-même. C'est le principe de la dissémination.
On se doit donc de créer des oeuvres à la fois personnelles et exceptionnelles. Et de les mettre en partage.
Pour vendre en France, il faut être en règle avec la loi. On doit donc créer une entité dîte morale.
La plus simple, notamment pour exister auprés des institutions, intervenants techniques, mairies, Consiel Généraux, salles, etc, est l'association loi 1901 . Facile à monter, ne coûte pas cher ( 36 euros ), permet d'ouvrir un compte en banque et de percevoir des subventions. C'est une bonne structure juridique pour un label. Coûts de gestion trés faible, pas besoin de local.
Ensuite vient tout le panel des structures commerciales allant de l'entreprise individuelle, en passant par l'EURL, la SARL, voir la coopérative. Dernièrement est arrivé le statut de l'auto-entrepreneur.
Dans le cas où vous voudriez vendre votre musique sous la forme de fichiers ou de supports divers et variés, vous êtes obligés de passer par une telle structure.
l'association n'est qu'un déplacement du problème et au demeurant, cette solution adoptée par la plupart des artistes (libres ou non) n'est pourtant pas une solution légale au sens où ce n'est souvent pas l'artiste lui-même qui sera le président de la structure, puisque le président n'est pas rémunérable, ce sera donc un simple faire-valoir, un frère ou un cousin, qui sera nommé pour la forme.
Par ailleurs, ce n'est pas une solution intéressante du tout. pour 100 euros qui entrent dans l'assoc', l'artiste, forcément salarié par elle, ne touchera que 25% de cette somme, le reste partant en charges patronales et salariales.
Pour ce qui est de vivre de la scène, soit on passe par une structure juridique comme pré-citée, soit par un prestataire.
Deux possibilités :
L'intermittence,
la note d'auteur.
Dans les deux cas, il faudra passer par une structure tiers.
Pour l'intermittence, il s'agit d'un contrat à durée déterminée passé avec une entreprise agrée disposant d'une licence d'entrepreneur du spectacle. Cet entreprise vous salarie et prend une commission au passage. Vous avez tous les avantages sociaux des salariés et cela ouvre des droits aux assedics, si bien sûr vous cumulez suffisamment d'heures dans l'année. La note d'auteur quant à elle est une facture émise par un artiste / auteur affilié à l'AGESSA.
Une troisième possibilité est le portage salarial. Des structures de portage salarial pour les artistes commencent à voir le jour. Vous êtes alors salariés par une entreprise de portage.
En dehors de ces possibilités, tout travail est au noir. Outre le fait que c'est risqué légalement, ça n'est surtout pas concevable pour une activité sur le long terme.
- La loi considère que tout artiste musicien qui se produit est salarié. Mais on est salarié quand il y a une relation de subordination. Il n'y aucune raison d'être salarié quand une telle relation de subordination n'existe pas. Ainsi, c'est le cas de l'artiste qui est lui-même l'organisateur de son propre spectacle.
- le statut d'auto-entrepreneur est très intéressant, très facile à mettre en oeuvre (tout peut se faire par internet) et contrairement à d'autres statuts, on n'a à payer des charges que par rapport aux rentrées d'argent réelles. Si 0 rentrée d'argent, on a 0 charge à payer.
Et sinon, en gros, c'est 13% sur le chiffre d'affaires en vente de marchandise, 23% sur le chiffre d'affaire en service (notez que c'est différent des autres statuts d'entrepreneurs indépendants où les charges portent sur le bénéfice, ce qui change pas mal la donne !

mais bon, quand on crée soit-même les marchandises à vendre, ça reste intéressant)
Le problème, c'est que l'artiste musicien ne peut pas adopter ce statut.
Pour pouvoir adopter le statut d'auto-entrepreneur, il faut être soit commerçant, soit profession libéral (il y aussi artisan mais je crois qu'il y a un litige en cours par rapport à ça... bon). Profession libérale mais pas n'importe laquelle, il faut que ça soit une profession rattachée au RSI mais pour la retraite uniquement, ou qui fasse partie de la liste des professions libérales du CIPAV.
Maheureusement il y a des listes CIPAV un peu différentes et de toute façon, sont exclus :
- les musiciens salariés
- les auteurs
ce qui est normal puisque pour les premiers, il existe l'intermittence (qui n'est pas un statut, on devrait donc dire le cachet) et pour les seconds, le statut d'auteur (qui est très facile à obtenir comme statut puisqu'il y a AUCUNE formalité

)
mais le statut reste ouvert pour la vente par exemple de ses produits. Un artiste pourrait par exemple faire le choix de toujours faire des prestations bénévoles (donc pas de travail au noir puisque le bénévolat est autorisé), et vendre ses CD et autres produits dérivés en tant qu'autoentrepreneur. Là il est artiste "bénévole" et simple commerçant (peu importe ce qu'il vend).
Sachant, que si on est intermittent et qu'on touche des indemnisations chômage etc. les revenus en tant qu'autoentrepreneur vont évidemment modifier les conditions d'indemnisation.
Comme pour la solution de l'assoc, comme pour la solution du portage, c'est une solution bâtarde.
Mais le propos important, c'est la gestion individuelle.
"l'artiste musicien libre" n'est pas un "subordonné", il n'est ni un musicien jouant dans un orchestre, ni un chanteur interprète qui fait les choeurs dans un groupe de variété, etc.
Enfin il peut, mais ce n'est pas ça la spécificité prorpre qu'il revendique.
Au contraire, l'artiste musicien libre affirme son indépendance, revendique la gestion individuelle etc. Il est donc le maître d'oeuvre de tout son spectacle. Il fait tout de A à Z, et s'il collabore avec d'autres, ce sont d'autres qui sont dans la même optique d'indépendance etc.
En ce sens, l'artiste libre ne peut pas être payé en cachet (qui implique la subordination).
Il n'existerait donc pas de "statut" pour l'artiste musicien libre ?
Si, il existe, et ce statut est évoqué dans ce paragraphe que j'ai déjà cité dans le thread où on parlait de la révision de la loi sur le spectacle :
Lefebvre des professions libérales 2004 (art620) a écrit:
artistes du spectacle : les rémunérations qui leur sont versées présentent normalement le caractère de traitement et salaires (code du travail, art. L762-1). Toutefois, s'ils organisent eux-mêmes et pour leur propre compte des représentations ou des concerts, ils sont taxés au titres des bénéfices des professions non commerciales. Ou des BIC lorsque, compte tenu des conditions dans lesquelles ils se livrent à cette activité, ils peuvent être considérés comme exerçant la profession commerciale d'entrepreneur de spectacle).
Sur la "note de Droit d'Auteur" :
Une telle note ne concerne que les auteurs, c'est la "facture" d'une cession de droit d'exploitation.
La note de DA comprend la TVA, à 5,5% et, par le système dit de la retenue à la source, le 'diffuseur' devra s'occuper de verser 4,7% de TVA à l'état. il devra aussi payer 0,85% d'agessa etc.
l'auteur n'a pas à s'inscrire à l'AGESSA. D'ailleurs il ne peut pas tant que ses revenus en droits d'auteur ne dépassent pas un certain seuil et après il devra rester au-dessus de ce seuil pour pouvoir resté affilié. Et de toute façon qui dit affiliation dit paiement chaque trimestre des cotisations.
Alors Koko parle de "deux possibilités" dans son exposé pour les prestations live : l'intermittence et la note de DA.
Non, les deux vont ensemble.
L'intemittence c'est le cachet. Le cachet paye le travail salarié de l'artiste, en tant qu'interprète.
la note de DA paye sa création.
Si Koko joue live la musique de Sam (

), Koko recevra un chèque de la part de l'organisateur pour sa prestation live mais koko fera aussi une note de DA pour la musique de Sam et le chèque émis par l'organisateur sera pour sam.
C'est de meme quand un organisateur remet les cachets ; par contrat un seul du groupe d'artiste est responsable pour la perception et la répartition du cachet.
Non, un cachet, c'est le salaire. il y a donc contrat de travail. et un contrat de travail, c'est individuel.
Conclusion : Pour vivre de sa musique, il faut un statut juridique, ça demande à se documenter, à comprendre comment fonctionne les lois de son pays et du temps.
Une autre solution que je n'ai pas étudiée consiste à monter sa boîte dans un autre pays de l'europe, aux UK par exemple, où les conditions d'autoentreprises sont bien plus simples.
Enfin, la dernière solution :
Signer sur un label. Le rêve pour la plupart des artistes. La voiture de fonction, le salaire mensuel, les droits qui pleuvent, les tournées avec les putes et la coke, le prestige, l'érection permanente, Josiane la secrétaire, le look de l'artiste dans la rue ( oulah, lui c'est un artiste... ), les notes de frais.
BLAM !!!
Certainement la moins bonne des solutions. Pourquoi ?
C'est effectivement une mauvaise solution.
Surtout pour tout l'argent que l'artiste y perd :
http://www.negativland.com/albini.html
Surtout parce que c'est un piège à con la plupart du temps :
http://www.mosesavalon.com/introduction_flash.htm
Surtout parce que l'industrie de la musique veut au nom du profit tuer la musique :
http://video.google.com/videoplay?docid ... 4008931882
Mais pourquoi pas. On peut vivre de la musique industrielle (sic). quand je faisais du scénar pour la télé, c'était 5% de créativité personnelle (et encore !)... si l'objectif, c'est juste de se faire de la thune avec de la musique qu'on fait, ça peut marcher. Tout le reste devenant une démarche d'autopromotion pour se vendre aux boîtes.
Quelques piste :
Dogmazic, bien sûr,
les licences libres et ouvertes parce que quit à être copier autant que ce soit légal,
Pragmazic, un distributeur qui ne fait que dans le libre, il suffit de monter son asso 1901 et de passer la sélection.
Etre humble et patient
- cesser d'avoir pour objectif de "vivre" de son art (ce qui est très différent d'avoir des rentrées d'argent en faisant commerce de son art)
- utiliser une licence libre de type CC BY SA (eh beh oui, utiliser la clause NC, c'est POUR être hors du champ du commerce... la logique en vigueur qui veut qu'on doit utiliser la levée de la clause NC etc., c'est une démarche qui éloigne du "libre" (a fortiori quand parallèlement, cela n'empêche pas les contrefaçons (ceux qui réinventent l'eau chaude appellent ça la copyfraud

) et démarches du type jamendopro etc.)
- créer des oevures personnellles et exceptionnelles qui ne ressemblent à rien d'autre (j'entends suovent parler de "concurrence", c'est absurde, les oevures d'art ne se font pas concurrence. un tableau de Leonard de Vinci ne fait pas concurrence à un tableau de jackson Pollock. Deux outils peuvent être en concurrence (un stylo, une machine à écrire ?... MS Office ou Open Office ?), pas deux oeuvres d'arts. C'est comme pour l'expression des pensées humaines. elles ne sont pas en concurrence. Ou alors on considère que les pensées sont interchangeables, les oeuvres d'art interchangeables, les hommes interchangeables... les employés sont interchangeables parce que ec sont de vulgaires outils

)