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Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 00:24
par a-Sansara
petite apparté sur le langage
je n'ai jamais cru, et ça depuis tout petit, que le langage pouvait être d'emblée neutre et consensuel. je n'ai jamais pensé que le langage pouvait servir à se comprendre. Je me suis toujours méfié des consensus. j'ai toujours coupé les cheveux en 4. Mon premier prof de philo disait : 'mais monsieur S. vous prenez les choses de tellement haut, vous remettez tout en question, si bien que vous ne parvenez jamais à traiter le sujet". j'ai pas changé (t'expliquer le pourquoi de ça me mènerait trop loin, mais tu as des textes dans mes pages writings qui te mettront sur la voie si ça t'intéresse.

je rejoins cette pensée, ça m'a toujours hérissé cette posture, parce que c'est bien une posture, voir une imposture philosophique. l'emploi d'une langue commune n'implique pas un langage commun. déjà dans le fait même du langage, entre l'avenement d'une pensée, la traduction intérieure en tant qu'idée, l'expression qui surrajoute un (mais je dirai n) filtre, la réception avec décodage à la clef dans les termes de sa propre (in)compréhension, puis retour à l'envoyeur avec les mêmes processus, bref croire à la précision d'un langage parce qu'il serait préalablement fixé, déterminé, délimité, me semble être une grosse farce. d'autant que ça manque de poésie cette façon mécanique d'exprimer sa pensée. Il en reste que bien souvent nous usons de mêmes mots pour parler d'autres choses, ou bien inversement nous employons de mots différents pour parler de même chose, bonjour les quiproquos et ça se passe pourtant tout les jours depuis des lustres.

Je ne crois pas à l'unicité d'un langage. je crois en réalité à la pluralité des languages, de part notre vécu. Nous trimballons avec nous pas simplement des sens, si imprécis soient-il, mais des tonnes d'impressions, nous chargeons nos mots d'émotions : nous nous approprions un langage, qui devient notre et qui diffère selon chacun. on peut nier ceci, et vouloir absoluement s'en tenir et s'en référer aux gros catalogues d'académiciens poussiereux qui seraient censés nous ramené sur un chemin moins chaotique, c'est à dire un "droit" chemin, mais j'ai le sentiment que c'est une issue condamnée, ou bien alors qu'on réponde d'abord au questionnement : "qu'est-ce que définir ?" non, la démarche appropriée me semblerait plutôt au contraire celle qui consiste à assumer notre incapacité à communiquer précisemment, à se faire pleinement comprendre - d'ailleurs la compréhension peut-elle seulement être partielle ? ou l'on comprends vraiment, c'est à dire pleinement, dans l'ensemble, une vision holisitique en quelque sorte, ou l'on ne comprends pas vraiment, c'est à dire en réalité pas du tout, mais l'entre deux n'est pour moi que pure illusion -, et donc à apprivoiser le langage de l'autre, ou d'être apprivoiser par lui, et réciproquement, pour que la rencontre entre deux univers puisse véritablement avoir lieue.

simplement le système actuel à bien compris ses propres failles et il s'est empressé de les comalter, c'est la raison pour laquelle la rigidité du droit exclue la souplesse de la philosophie.
je crois aussi que le mot amateur est vecteur de valeurs, tout comme le mot artiste. ils s'inscrivent dans un contexte qui est vivant, évolue, et qui n'est pas figé (enfin dépend à quelle échelle on se focalise dessus lol), et leur utilisation sont connotés et contiennent en eux les germes d'une idéologie. Preuve en est il me semble le leurre "*ac". cet exemple montre bien de quelle façon on use du langage en tant qu'arme pour détourner l'attention. le concept étoilac n'a absoluement pas pour vocation de promouvoir ou former (lol la blague) des artistes, c'est en réalité bien plus terrifiant : leur véritable nom serait bien d'avantage "fans factory". ça à déjà existé par le passé sous une autre forme ce qui ne veut pas dire pour autant qu'on atteind ici le point g (du monsieur, ça n'a rien d'orgasmique), mais la dérive est véritablement dangereuse, d'autant parce que maintenant la pratique s'installe ouvertement, pas en tant que mouvance, mode, vouée à disparaître, mais bien plutôt en tant que prémice (et je préfèrerais prémisse...) d'une ère froide et sans saveur

ceci-dit pour revenir au sujet qui nous concerne, je lirai volontier ton texte dana avant de simplement réagir sur ton questionnement, à chaud et sans savoir comment s'axe plus précisément ta réflexion. mon sentiment celà étant, après avoir lu les postes ici et ton plan et sa fin sur la probable guerre, est que la probable guerre est déjà installée, très étendue, et ce depuis fort longtemps même si elle commence seulement à ouvertement être déclarée. je te ferais parvenir si ça te dis mes retours d'ici peu (valeur toute relative lol)

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 13:57
par sonic
rien à voir, mais le doc n'est plus accessible..

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 14:17
par dana
le nom de domaine est down
j'essaie de le réactiver
putain ils sont un peu lourds chez ovh

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 15:16
par a-Sansara
yep je me disais bien aussi, je vais m'en rabattre aux lectures proposées.

sinon, ça n'existe pas déjà un "essaiforge" ?

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 15:19
par Rico
sinon, ça n'existe pas déjà un "essaiforge" ?
on essaie de monter quelque chose dans le genre sur doc.musique-libre.org

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 16:02
par a-Sansara
ha cool, je vais y faire un saut, merci

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 02 août 2006, 16:08
par Rico
ha cool, je vais y faire un saut, merci
c'est encore en chantier, toute contribution est la bienvenue :)

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 03 août 2006, 04:42
par dana
a-sansara wrote :
mais la dérive est véritablement dangereuse, d'autant parce que maintenant la pratique s'installe ouvertement, pas en tant que mouvance, mode, vouée à disparaître, mais bien plutôt en tant que prémice (et je préfèrerais prémisse...) d'une ère froide et sans saveur
dans mes bras frêre pluraliste et inquiet des nivellements et des ratiboisages
(je lis les posts que tu as écrit depuis que tu écris sur le forum, c'est passionant, mais j'ai pas le temps de répondre soigneusement là, j'y songe cependant, crois le bien !)

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 03 août 2006, 06:10
par a-Sansara
lol l'enlacement de deux barbus, ça promet

non mais ne te prends pas le choux, je suis bouillonnant parfois mais pas pressé, et puis les textes vont pas s'envoler, d'autant que quand on le sent sera toujours le meilleur moment, parole de fait néant

Re: professionnels versus amateurs

Publié : 03 août 2006, 19:39
par dana
bon bon
vu que le serveur another record est en panne manifestement (le mec a pas l'air pressé de le redémarrer)
j'ai mis le texte sur archive.org
http://www.archive.org/details/dana_hil ... s_amateurs
voili voilou