dana a écrit :dana hilliot is my model !
par pitié non
oui mais dana, tu ne t'appartiens plus !

dana n'est pas dana hilliot. dana rote et pète et je l'ai jamais rencontré… dana hilliot, lui, est un type toujours brillant, qui sait écrire « peu me chaut » et que je rencontre quand je veux en ouvrant un ou deux fichier PDF. en réalité tu t'appelles michel ou lucien, et tu n'es que mon égal humain. mais Dana Hilliot, cette abstraction plumitive et emmepétriplitique qui rédige des essais théoricoréflexifs pointus, ne peut être qu'un "modèle" (C'est-à-dire un étrier, une marche, un amer, un point d'appui... car comme dirait l'autre, un modèle n'est que cela — toute autre acception étant aliénante…)
Et ce sont effectivement les êtres humains qui comptent. Rien ne vaut le travail les mains dans la terre (même si ça peut être épuisant par ailleurs). Et mes nobles "aspirations narcissiques" se retrouvent plus dans l'envie de participer à des rencontres d'artistes qui rotent et pètent que dans celui de satisfaire des besoins égocentriques quelconques. D’ailleurs voir mon nom dans les crédits d'un bouquin ou d'un programme tv, ça ne m'a jamais apporté de satisfaction particulière. par contre quel bonheur insoutenable d'être le témoin ou l'acteur de moments humains de créations... un instant qui soudain prend forme, et c'est là. Et c’est indéniable. et c'est un instant unique, magique.
voilà pourquoi la posture de mon picolabel est radicalement documentaire, voilà pourquoi j'organise des rencontres d'artistes, sorte d'« interviews musicales » sur le vif, en situation, réalistes (tiens d'ailleurs en avril, j’« interviewe » Godon

)... Et en fait j'attends d'avoir assez de thune pour retrouver ma liberté de mouvement qui me permettra de prendre le train pour aller enregistrer qui je veux n'importe où. Ma quête impossible est cette recherche de la rencontre humaine magique. Si elle advient, et je sais que cela peut advenir parfois, là, ça devient narcissiquement valorisant. et comme je suis un jouisseur.
Je trouve extrêmement dommage qu'il y ait tant de monde qui bosse tout seul dans son coin. Bien sûr chacun a sa personnalité mais qu'il y en ait autant qui reste dans son coin, ça me fait très bizarre... je trouve extrêmement dommage aussi que des initiatives funs et subversives comme Meuh! ne génèrent pas de participation. Lennon et Maccartney n'arrêtaient pas d'écrire des songs en mettant en place un putain de cercle vertueux de la création... Mais je ne doute pas que Meuh! randonnera effectivement cet été, même en mini troupeau, que le projet que j’ai lancé avec AltF4 assurément donnera quelque chose... et mon seul souhait est que cent projets concrets naissent et aboutissent (hiphopdomain, super projet ! ! !) etc. non mais ça m’étonne vraiment que ça ne fleurisse pas plus que ça...
Pourquoi ai-je l’impression d’un monde qui ne communique pas vraiment, peu de soutien, peu mains tendues, toujours les mêmes qui parlent sur les forums (dogmazic ou ailleurs !)... alors on dépose ses trucs et on s’en va, point barre. Mondes cloisonnés, compartimentés... Comme ces groupes de musique qui font un concert et qui restent entre eux, ils font chacun leur set et y’a pas eu de réel échange, et encore moins d’envie d’un bœuf, ou d’une envie de projet en commun ou… quoi, on est donc déjà tous si blasés, le cerveau bouffé par la publicité ?! ou c'est le coup des mondes clos des voisins de pallier ?… Certes on ne change pas les gens, mais des portails comme dogmazic permettent à des gens de bonne volonté de mettre leurs envies en communs et de créer des synergies, et ça, c’est irremplaçable ! : ) (même si dogmazic n’est pas encore la plateforme la plus conviviale répondant parfaitement à son triple objet — mais elle évolue dans ce sens etc et tout ça c'est indéniablement positif).
Plus des gens monteront des labels qui regroupent des gens, ont un point de vue fort à défendre, favorisent les rencontres, les créations, les critiques, les encouragements réciproques, plus chacun sera porté par d'autres, plus le monde de la musique s'en trouvera bien. C'est l'intérêt et la force des petites structures et des réseaux. (Je ne parle d'ailleurs même pas seulement du monde de la musique libre, je parle en général (personnellement, partager un moment de création musicale avec un artiste du libre et un artiste sacem ou autre, je n'ai pas vu de différence - mais c'est un autre débat).
Parallèlement, une structure distributive commerciale comme Pragmazic est une véritable aubaine. Et par ailleurs un vrai pari et un super défi. Chapeau ! Au début, je pensais que c'était un cdbaby ou un soundoo des "labels libres". Ce n'est pas tout à fait le cas et je trouve ça dommage cette "présélection" qui sera forcément partiale et surtout, oui surtout, parce que cela ne tient pas compte de la forme « guerilla » des groupuscules hétéroclites qui ont des points de vue "éditoriaux" forts et donc qui évoluent, portés par la bonne volonté de leurs acteurs etc.
Chaque label ou collectif d'artistes est porteur de réalités, de fantasmes, de rêves qui leur sont propre et ces différences sont justement ce qui constitue leur raison d'être et leur charme, et il me semble que ce sont ces choses qui doivent être mises en avant (sinon on est dans le cadre d'une formalisation staracadémicienne, emmtivienne, fnacienne etc).
Ce sont par ailleurs autant de structures labélisantes en devenir, perfectibles et qui vont s'améliorer, se modifier au fur et à mesure (par exemple, en étant confronté à la réalité d'un "public qui achète" (et pas de celui "télécharge gratos") etc etc). Seul le réel nous sauve de nos démons et en ce sens, je pensais, fantasmais, un pragmazic plus pragmatique, plateforme expérimentale qui expérimente les différents modèles économiques portés par les différents labels. Ce caractère propre à l'expérimentation en grandeur nature qui permet à chaque label de prendre son temps, un peu comme les artistes qui ont besoin d'un certain nombre d'albums avant de parvenir au succès ou plutôt à la maturité. Ou dogmazic qui évolue. Ou chaque personne qui évolue. Avec ses remises en cause, ses encouragement etc.
J’ai pu bosser pour de gros éditeurs qui publient sans exigence des bouquins. Comme si la routine industrielle avait mis un voile devant le regard des décideurs et laissait passer les choses sans les remettre en question, stopper la machine ou au contraire la laisser tourner pour qu’au prochain tour, l’élan soit mieux recadré etc. tout ça par le dialogue, la discussion sur la nature du contenu ici et maintenant, en cherchant à connaître l’autre, en faisant de la critique constructive, et en ayant un regard extérieur. En d'autre terme en faisant son boulot d'éditeur (de livres). Tout cela bien sûr avec la rigueur qui permet de trancher la merde. Ce qui peut faire le propre de la relation humaine dans ce qu’elle a de meilleur était absent, noyé par les mailles du politiquement correct bien sympa et bon enfant qui engourdit le cerveau et où on est juste des tuyaux, des fonctions, des machines, et contents de l'être. C’est le piège des grosses structures, des gros sous, des hiérarchies rigides. création sans conscience n'est que ruine de l'âme
L’avantage du monde du libre c’est qu’il est tout petit, qu’on y trouve de tout, de grands artistes, des artistes médiocres, des artistes médiocres qui vont s'améliorer, tous les styles, toutes les façons de faire, souvent avec peu de moyens, façon «maquis»... et il y a des tas de petits regroupements, labels et collectifs qui grouillent de vie et de personnalité. les plateformes "portails" commerciales de distribution devraient être des fenêtres ouvertes capable de laisser la magie se faire, donnant toujours sa chance aux politiques éditoriales de chaque label, et de toute façon toujours avec une vision à long terme de la relation…
(Par contre, un point que je n'ai pas vu traité ou qui m'a échappé concerne la publicité. avec quels moyens pragmazic va-t-elle "prospecter les clients', dans ce grand public qui ignore tout du monde dit du libre etc...? )
voilà. je vous ai bien barbé avec mon fantasme du jour
Mais tu as raison dana, c’est pas loin d’une relation sexuelle... sur scène, ou ailleurs… Dès qu’il s’agit de création (de songs, de labels, de rencontres…), on n’est pas loin de la procréation en somme… Et en fait je suis un putain de libertin à la recherche d'autres libertins (tines !!!) pour organiser de gigantesques partouzes créatives
dana a écrit :bon,
on se voit quand alors ?

ben donc, ben quand tu veux !

demain ?

non, je sais, on se trouve un jour ou deux prochainement et on enregistre un 10 titres à deux (ou plus)...
ça le fait ça, non ?
PS : tiens ben voilà, ce que j'ai pu lire dans le dogmazine confirme qu’effectivement mon nanolabel n’entre pas trop dans le cadre de pragmazic !...
