Je ne m'étais jamais penché à fond sur ce type de problématique, donc je n'ai peut-être pas connaissance de tous les enjeux (et en tout cas aucune connaissance des débats antérieurs sur cette question), mais si j'ai bien compris, le gars qui a mis le bandeau est un orthodoxe du libre au sens "logiciel libre".
Nul doute que l'utilisation pour la musique de licences ouvertes est dérivée de pratiques mises en place dans le monde du logiciel, mais il me semble que les orthodoxes devraient prendre en compte le fait qu'une oeuvre artistique n'est pas de même nature qu'un programme informatique (et donc nous lâcher un peu la grappe sur la définition du mot "libre").
Si on reprend par exemple les 4 types de liberté qu'Aisyk lui-même affichait sur son blog, on se rend compte qu'il y en a au moins une qui n'est pas pertinente pour la musique.
Liberté 2 : La liberté d'étudier le fonctionnement du programme (Ceci suppose l'accès au code source du programme)
Quel est en effet le code source pour de la musique ?
Partition, fichiers midis, pistes séparées, réglages d'effets ?
Comment étudier le fonctionnement d'une musique ?
Si on s'en tient à la stricte définition, une oeuvre intranscriptible sous forme de partition et dont l'auteur ne serait pas en mesure de fournir les sons isolés, ne pourrait être considérée comme de la musique libre, même en étant diffusée sous LAL. Le comble !
Il me semble donc que la musique libre (quelle que soit l'appellation des licences et leur degré d'ouverture) ne peut répondre à la lettre aux définitions mises en place pour les logiciels.
La musique libre, ce serait donc plutôt un ensemble de pratiques fondées sur la gestion individuelle des droits d'auteur, au sein de laquelle coexistent deux tendances :
– l'utilisation de licences ouvertes comme simple outil de promotion, faute de "mieux",
– l'utilisation de licences ouvertes dans un but subversif (les partisans de la LAL ayant pour stratégie d'infester le système, tandis que ceux de la clause NC s'emploient plutôt à faire exister l'art en dehors du système – mais dans les deux cas, la finalité n'est-elle pas la même ?).